Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

671 résultats 

psychose gravidopuerpérale l.f.

gestational-puerperal psychosis

Psychose, mélancolie, délire ou confusion qui se déclare en cours de grossesse et se prolonge durant les suites de couches.

pyélonéphrite aigüe l.f.

acute pyelonephritis

Néphropathie aigüe infectieuse intéressant le tissu interstitiel, siège d'un œdème et d'une infiltration par les polynucléaires, associée à une infection pyélique.
Elle se traduit cliniquement par un état fébrile parfois sévère de type septicémique, des douleurs lomboabdominale, une pyurie à germes divers tels que colibacille, Proteus, etc. Elle complique fréquemment une infection urinaire basse, parfois méconnue. Sa survenue est favorisée par un reflux vésico-urétéral, un obstacle de la voie excrétrice urinaire, une malformation congénitale, l'état de grossesse, etc. Elle peut récidiver ou évoluer à bas bruit vers la pyélonéphrite chronique.
Le traitement repose sur la prescription d'antibiotiques en urgence et pendant plusieurs semaines, éventuellement associée à la suppression du ou des facteurs déclenchants. La fréquence des pyélonéphrites aigües a fortement diminué grâce au traitement précoce des infections urinaires basses et à l'éventuelle correction des anomalies congénitales ou acquises de la voie excrétrice urinaire.

→ pyélonéphrite chronique, pyonéphrite

pyridoxine n.f.

pyridoxin

Elle se présente comme une poudre blanche cristalline, instable à la lumière en milieu alcalin, stable à la chaleur, soluble dans l'eau, insoluble dans les solvants organiques. Sa carence provoque chez le Rat une dermatite avec eczéma, acrodynie, chute des poils, suivis de troubles neurologiques. Chez le Chien on note une anémie avec agranulocytose. Chez l'Homme le syndrome carentiel est moins bien défini. La pyridoxine est prescrite dans le traitement des troubles neuromusculaires, de certaines dermatoses, des vomissements de la grossesse et dans les carences vitaminiques B, en association avec les autres vitamines de ce groupe. Son administration se fait par voie orale, parentérale ou rectale. L'isoniazide (utilisé dans le traitement de la tuberculose) est un antagoniste de la pyridoxine.

Syn. adermine, pyridoxol, vitamine B6

[Substance vitaminique isolée des levures,des germes de céréales et des tissus animaux,dont l'action biochimique est liée à la transformation en phosphate de pyridoxal 3,Hydroxy,4,5,(hydroxyméthyl),2,méthylpyridine.]

ranaréaction l.f.

ranareaction

Examen biologique qui autrefois utilisait la grenouille mâle pour un diagnostic de grossesse chez une femme .

C. Galli Mainini, médecin endocrinologue argentin (1947)

Syn. réaction de Galli Mainini

rash toxique gravidique l.m.

toxaemic rash of pregnancy, toxic erythema of pregnancy

Dermatose papuleuse très prurigineuse entrainant de nombreuses stries de grattage, débutant par l'abdomen puis par les bras avant de devenir plus diffuse, mais qu'il est en fait difficile de distinguer des autres dermatoses prurigineuses de la grossesse.

G. Bourne, gynécologue obstétricien britannique (1962)

Étym. angl. rash : éruption

Syn. érythème toxique gravidique

→ éruption polymorphe gravidique, herpes gestationis, prurigo gravidique, dermatite papuleuse gravidique, dermatose à IgM linéaire de la grossesse, papules et plaques urticariennes prurigineuses de la grossesse, folliculite prurigineuse de la grossesse

réduction embryonnaire 1.f.

embryonnal reduction

Manœuvre endo-ovulaire destinée à extraire sélectivement un ou plusieurs fœtus dans une grossesse multiple.

régulation des naissances 1.f.

birth control

Ensemble des mesures destinées à programmer les grossesses par un couple, ou à l’échelle d’une nation, par des mesures administratives.
Elles comprennent les méthodes dites naturelles ou médicales de contraception, et dans certains pays les interruptions volontaires de grossesse.

rein mobile l.m.

nephroptosis

Mobilité anormale du rein, qui descend en position verticale.
Cette mobilité rénale anormale (l'ancienne néphroptose) est due à la destruction ou à l'hyperlaxité des éléments tissulaires de la loge lombaire, déjà anatomiquement fragile, associée à l'insuffisance de la musculature lombo-abdominale. Elle survient préférentiellement chez la femme, après grossesse ou amaigrissement important. Une grande variété de conséquences pathologiques lui avait été imputée à tort ; elle peut cependant provoquer des troubles de l'excrétion par plicature pyélo-urétérale. Le rein mobile se distingue du rein ectopique par la reprise de sa place normale en décubitus et le niveau lombaire normal de son pédicule vasculaire, parfois très allongé. La nécessité d'une fixation chirurgicale du rein (néphropexie) est exceptionnelle.

Syn. obs. rein flottant, néphroptose

→ néphropexie

Reiprich (réaction de) 1.f.

Reiprich's test

Diagnostic biologique de grossesse par injection à la rate impubère d'urines de femme présumée enceinte.

W. Reiprich, gynécologue allemand (1933)

Syn. Reiprich (méthode de)

relâchement douloureux de la symphyse pubienne 1.m.

painful relaxation of the pubic symphysis

Douleur pubienne de la fin de grossesse mise sur le compte du relâchement ostéofibreux symphysaire.

relâchement douloureux des symphyses l.m.

painful relaxation of symphysis

Douleur de la ceinture osseuse en fin de grossesse, touchant la symphyse et les articulations sacro-iliaques.

résection tubaire l.f.

tubal resection

Ablation de tout ou partie d'une trompe de Fallope, soit en vue d’une stérilisation, soit pour traiter une affection tubaire, un pyosalpinx ou une grossesse extra-utérine.

responsabilité pénale médicale l.f.

La responsabilité pénale du médecin peut être recherchée pour des atteintes à la personne humaine :

- atteintes à la vie de la personne, atteintes volontaires qui restent exceptionnelles en pratique médicale (art. 221-1 à 221-5 du C. pén.) ; atteintes involontaires pour maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou les règlements (art. 221-6  et 221-7) ;
- atteintes à l’intégrité physique ou psychique de la personne, volontaires, ce qui là encore reste rare, sauf circonstances très particulières (art.222-1 à 222-18) ; involontaires, toujours pour maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou les réglements (art. 222-19 à 222-21) ;
- agressions sexuelles (art. 222-22 à 222-33) ;
- trafic de stupéfiants (art. 222-34 à 222-43) ;
- mise en danger de la personne avec : les risques causés à autrui (art.223-1 et 223-2) ; le délaissement d’une personne hors d’état de se protéger (223-3 et 223-4) ; l’entrave aux mesures d’assistance et l’omission de porter secours (223-5 à 223-7) ; l’expérimentation sur la personne humaine (223-8 et 223-9) ; l’interruption illégale de la grossesse(223-10à 223-12) ; la provocation au suicide (223-13 à 223-15).
Cette longue énumération suffit à démontrer que le médecin est un citoyen comme les autres. Tous ces délits ou crimes ont été un jour ou l’autre commis (à titre exceptionnel) par un médecin  or « nul n’est responsable pénalement que de son propre fait » (art 121-1 du C. pén.), encore que l’article121-2 ait introduit la responsabilité des personnes morales en matière médicale (hôpitaux publics, cliniques privées, laboratoire…).
L’article 121-3 édicte par ailleurs « qu’il n’y a point de crime ou de délit sans intention de le commettre ».
Ici entre en jeu la spécificité médicale. L’acte médical est une atteinte à l’intégrité physique et/ou psychique de l’individu. Il n’est autorisé que par la possession du diplôme de docteur en médecine. C’est l’application même de l’article 16-3 du code civil : « Il ne peut être porté atteinte à l’intégrité du corps humain qu’en cas de nécessité médicale sur la personne ou à titre exceptionnel dans l’intérêt thérapeutique d’autrui. Le consentement de l’intéressé doit être recueilli préalablement hors le cas où son état rend nécessaire une intervention thérapeutique à laquelle il n’est pas à même de consentir ». Le code de déontologie médicale n’exprime pas autre chose dans son article 2 : « Le médecin, au service de l’individu et de la santé publique, exerce sa mission dans le respect de la vie humaine, de la personne et de sa dignité. Le respect dû à la personne ne cesse pas de s’imposer après la mort ».
C’est donc le plus souvent en vertu des articles 222-19 à 222-21 du C. pén. que les plaintes en responsabilité médicales sont déposées au pénal. Elles  représentent 6 à 8% des dossiers d’insatisfaction donnant lieu à condamnation dans 55 à 65% des cas.

→ responsabilité, responsabilité administrative médicale, responsabilité civile des malades mentaux, responsabilité civile médicale, responsabilité pénale, responsabilité pénale atténuée, responsabilité pénale des malades mentaux

retard de croissance intra-utérin global l.m.

global intra-uterine growth retardation (IUGR)

Défaut de croissance du fœtus in utero touchant d'emblée l'abdomen et le cerveau.
Décelé souvent dès le deuxième trimestre de la grossesse, il témoigne alors d'une embryopathie virale (la rubéole p. ex.), parasitaire (la toxoplasmose p. ex.) chromosomique, (une trisomie 18 ou 21 p. ex.), ou d'une toxicomanie par les morphiniques. Son pronostic est réservé.

rétention d'œuf mort l.f.

retention of dead embryo

Persistance dans l'utérus d'une grossesse arrêtée au-delà de 48 heures.

Syn. rétention de fœtus mort in utero

→ rétention de fœtus mort in utero

rétinopathie gravidique l.f.

gravidic retinopathy

Retentissement délétère de l'hypertension artérielle de la grossesse sur la vascularisation rétinienne, associant des hémorragies, des exsudats et parfois un œdème papillaire.

rhinite hormonale l.f.

Rhinite obstructive du premier trimestre de la grossesse observée chez un tiers des femmes enceintes.
L’affection est à rapprocher des variations de perméabilité nasale observées au cours du cycle menstruel.

Richardson (test de) l.m.

Richardson’s test

Test de grossesse par réaction colorimétrique urinaire.

G.C. Richardson, gynécologue américain (1951)

RU 486 l.m.

RU 486

Antagoniste compétitif de la progestérone prescrit pour les interruptions volontaires de grossesse avant 46 jours d'aménorrhée, et pour les évacuations utérines après mort fœtale in utero.

Syn. mifégyne, mifépristone

→ mifépristone

rubéole congénitale l.f.

congenital rubella

Infection par le virus de la rubéole ayant entraîné des malformations fœtales chez l'enfant d'une mère atteinte pendant la grossesse.
Sont associées, à des degrés divers, une cardiopathie, une microcéphalie, une cataracte avec microphtalmie, une surdité et une hypotrophie. Contractée après la 16e semaine d'aménorrhée, la rubéole n'expose pas aux malformations mais cependant provoque une fœtopathie virale avec thrombopénie, anémie hémolytique, hépatosplénomégalie, hypotrophie et anomalies osseuses.

N. M. Gregg, Sir, ophtalmologiste australien (1941)

Syn. syndrome de Gregg

→ Gregg (syndrome de), rubéole, microcéphalie, cataracte, microphtalmie

[A4, D1, K2, H1, P2 ]

Édit. 2019

Rubin (critères de) l.m.p.

Rubin's criteria

Ensemble de signes permettant le diagnostic de grossesse cervicale : absence de parties fœtales dans la cavité utérine, insertion embryonnaire sous la pénétration des artères utérines, présence de glandes cervicales avec les villosités placentaires.

I. C. Rubin, gynécologue obstétricien américain, membre de l'Académie de médecine (1911)

→ grossesse cervicale

rupture de grossesse extra-utérine l.f.

rupture of an ectopic pregnancy

Eclatement spontané d’une trompe siège d’une grossesse ectopique tubaire, dû au développement de l’embryon.
Elle est précoce dans les grossesses interstitielles ou isthmiques, plus tardive dans les grossesses ampullaires où elle succède à un hématosalpinx. L’hémopéritoine succédant à la rupture exige un traitement chirurgical immédiat et souvent une salpingectomie.

rupture utérine l.f.

ruptured uterus

Solution de continuité dans la paroi utérine, lors de l'accouchement, le plus souvent.
La rupture complète, exceptionnelle dans les pays développés, entraîne un choc hémorragique avec une douleur abdominale brutale, la mort du fœtus est fréquente. La rupture partielle, moins grave, est souvent découverte lors d'une césarienne.
La rupture de la paroi utérine se fait au niveau du corps (60 à 80% des cas au segment antérieur) ou du segment inférieur, elle survient soit pendant la grossesse, soit, le plus souvent, pendant le travail. Elle peut se manifester par l'apparition d'une souffrance fœtale aigüe accompagnée d'une hémorragie minime ou être découverte lors d'une césarienne. Elle peut aussi être signalée par une hémorragie de la délivrance ou par un trouble de coagulation de la mère après l'accouchement. Dans tous les cas une révision utérine doit être pratiquée, elle permet de poser le diagnostic.
Les causes favorisant la rupture utérine sont :
- la grande multiparité (plus de 5 enfants),
- les cicatrices antérieures (après césarienne, myomectomie, la cure de malformation utérine, perforation au cours d'un curetage antérieur),
- l'excès de volume utérin causé par un hydramnios,
- les manœuvres de version, au début de l'accouchement surtout, avec une grande rotation aux forceps sur tête non engagée ou au détroit supérieur,
- l'utilisation mal contrôlée des ocytociques, surtout associés à des prostaglandines.
Des antécédents de césarienne ne contrindiquent pas l'analgésie péridurale pour un accouchement par voie vaginale. Dans la plupart des cas, l'analgésie péridurale laisse persister une sensation douloureuse en cas de déhiscence utérine.
La rupture utérine impose une laparotomie exploratrice et, selon l'importance des lésions, une suture utérine ou l'hystérectomie.

Étym. lat. uterus : utérus, ventre de la mère, d'un bateau etc.

rythme cardiaque fœtal l.m.

fetal heart rate

Activité cardiaque fœtale et, par extension, mesure de cette activité.
Il est le témoin de la vitalité fœtale. Son enregistrement par cardiotocographie à capteur Doppler, constitue la méthode la plus utilisée d'appréciation du bien-être fœtal. Pendant la grossesse, les paramètres analysés sont la variabilité instantanée jugée sur l'amplitude des oscillations de battement à battement, les ralentissements et les accélérations du rythme.
Pendant le travail, les anomalies les plus sérieuses sont les décélérations ou ralentissements que l'on classe en précoces ou simultanés, variables et tardifs ou résiduels. Ils témoignent d'une souffrance fœtale aigüe.

sacculation postérieure du col utérin l.f.

uterine cervix’s posterior sacculation

Distension myométriale, durant la grossesse, de la paroi postérieure du col utérin.

→ sacculation

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