Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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sacrolisthésis l.m.

sacrolisthesis

Glissement du sacrum en avant par rapport à la cinquième vertèbre lombaire ; il est dû à un relâchement des ligaments sacro-iliaques.
L’affection peut être secondaire à de petits traumatismes répétés ou à un accident. Elle peut s’installer progressivement au cours de la grossesse. Il se traduit cliniquement par l’exagération de la lordose et des douleurs lombaires.

J. Gourdon, chirurgien orthopédiste français (1932)

Étym. lat. : os sacrum : sacrum, gr. : listhêsis : glissement

Syn. hiérolysthésis (A. Lippens), sacrum basculé (Gourdon), rétrospondylolisthésis

[I1]

sage-femme n.f.

midwife

Femme diplômée qui pratique l'art des accouchements.
Il existe douze mille sages-femmes exerçant en France, une minorité d'entre elles à titre libéral. Elles appartiennent à la profession médicale, et non paramédicale, et ont le droit de prescrire des examens et des traitements ; mais leur compétence est limitée au diagnostic, à la surveillance de la grossesse, à la préparation à la naissance, à la pratique de l'accouchement eutocique sans manœuvre intrumentale, à la surveillance des suites de couches et des nouveau-nés normaux, à la contraception. La profession est ouverte aux hommes.
 SAG gene sigle angl. pour S-antigen visual arrestin
Gène situé sur le locus chromosomique 2q37.1 codant pour des membres de la famille protéique arrestine/bêta-arrestine qui participe à la désensibilisation agoniste-médiée des récepteurs couplés à la protéine G et cause un amortissement spécifique de la réponse cellulaire aux stimuli tels que les hormones, les neurotransmetteurs et les signaux sensoriels
Des mutations de ce gène sont responsables de la maladie d’Oguchi.

Syn. RP47, S-AG

→ Oguchi (maladie de), arrestine

salpingectomie partielle l.f.

partial salpingectomy

Ablation par laparotomie ou cœliochirurgie d'une partie de la trompe utérine, p. ex. dans le cas d'une stérilisation-résection ou dans le traitement de la grossesse tubaire.

salpingite du postabortum l.f.

post- postabortum salpingitis
Inflammation tubaire survenant dans le décours d'une interruption spontanée ou volontaire de grossesse.
Elle est favorisée soit par une rétention ovulaire partielle, soit par une intervention septique (instruments insufisamment stérilisés ou état inflammatoire préalable).

salpingotomie percoelioscopique l.f.

laparoscopic salpingotomy

Incision de la trompe de Fallope, au cours d'un examen laparoscopique, dans le cadre p. ex. du traitement de la grossesse tubaire non rompue.

Syn. césarienne tubaire

scalènes (syndrome gravidique des) l.m.

scalens' syndrome

Syndrome neurologique observé pendant la grossesse, simulant une compression de l'artère sousclavière et des racines inférieures du plexus brachial (C8 et D1) dans le défilé costo-claviculaire ou dans le défilé intrascalénique.
Le tableau classique se caractérise par des signes d'ischémie du membre supérieur : diminution des pouls huméral et radial, réduction de la tension artérielle humérale, refroidissement de la main, syndrome de Raynaud. On observe également des algies brachiales avec paresthésies digitales.

schizophrénie (épidémiologie de la) l.f.

schizophrenia (epidemiology)

Malgré des "zones d'ombre" majoritaires, seront retenus : un âge de survenue entre 15 et 35 ans, avec une répartition d'ensemble égale entre les deux sexes ; un taux de prévalence moyenne en Europe entre 2,5 et 5,3 p.1000 ; une incidence de 0,11 à 0,59 p.1000. Soutenue par diverses études, une diminution de ces états n'est pas exclue.
Si la répartition des schizophrénies apparaît comparable dans le monde, la validité de ces données a souvent été mise en question du fait de critères diagnostiques différents, de l'exclusion de patients guéris ou stabilisés et aussi d'une appréciation insuffisante, voire erronée, des facteurs présumés étiologiques et de leur rôle.
Ainsi, une incidence plus élevée à l'âge adulte chez des enfants de mères exposées à une épidémie de grippe au cinquième mois de leur grossesse, reste discutée.
Deux fois supérieure à celle de la population générale, la mortalité est surtout due : à la pathologie infectieuse ; à des morts subites liées ou non aux neuroleptiques sédatifs ou à un syndrome malin ; majoritairement à des suicides par dépression surtout secondaire à la chimiothérapie et/ou à une prise de conscience de la situation. Elle serait plus fréquente dans certaines populations, p. ex. au Japon.

→  schizophrénie

scorbut n.m.

scurvy

Maladie provoquée par une carence en vitamine C, se manifestant par une hyperkératose folliculaire avec hémorragies périfolliculaires, notamment sur les jambes, puis par un purpura ecchymotique ainsi  que par un érythème et des hémorragies des papilles interdentaires précédant une gingivite hypertrophique hémorragique avec déchaussement dentaire.
Elle se caractérise aussi par un état subfébrile, une asthénie, des épistaxis, des hématuries, des troubles gastro-intestinaux, un retard de cicatrisation des plaies et, surtout au cours de la grossesse, une anémie. Une cachexie progressive peut conduire à la mort.
Le test de fragilité capillaire en soumettant l’avant-bras, avec un tensiomètre, à une pression de 100 mm Hg pendant 4 à 6 minutes, fait apparaître des pétéchies. L’hypoconcentration plasmatique en acide ascorbique peut être mesurée avant d’être corrigée.
Cette affection, fréquente du XVème au XVIIIème siècles dans les collectivités (marins, prisonniers) soumises à un régime alimentaire dépourvu de légumes et de fruits frais, est devenue rare. La maladie de Barlow est la forme infantile de cette avitaminose C.
La réponse à la supplémentation en vitamine C est rapide.

T. Barlow, Sir, médecin britannique, membre de l'Académie de médecine (1883)

Étym. de l'islandais skyrbjurgr : tumeur qui s'ulcère

→ Barlow (maladie de), avitaminose C, scorbut infantile

sécrétion lactée l.f.

milk secretion

Produit des cellules spécialisées de la glande mammaire qui élaborent, à partir de leur propre substance ou de matériaux prélevés électivement dans le sang, des produits qu'elles excrètent pour servir à la nutrition du nouveauné.
L'excrétion est provoquée lors de la tétée et induite par une préparation hormonale de la glande durant toute la grossesse.

Étym. lat. secretio : séparation, émission

Sécurité sociale l.f.

social security

Organisation de la protection sociale basée sur un système national de répartition et de solidarité.
Cet ensemble des régimes de base de protection sociale comporte quatre branches : maladie, famille, vieillesse, accidents du travail et maladies professionnelles.
En France, la Sécurité sociale n’existe pas comme entité administrative unique. D’une part, les régimes ne sont pas différenciés les uns par rapport aux autres. D’autre part, au sein du régime général (le plus important par le nombre de ses affiliés), le financement et la gestion des trois grands risques couverts se sont séparés en trois organismes : l’un affecté aux allocations familiales, un autre aux retraites de vieillesse, et un autre à l’assurance maladie, aux accidents du travail et maladies professionnelles ainsi qu’aux soins liés à la grossesse et à la maternité.
Ainsi, c’est souvent par erreur que, dans le langage courant, on dit sécurité sociale, quand il faudrait dire régime général ou assurance malade.
Les prestations de l’assurance maladie sont complétées par celles versées par les mutuelles ou complémentaires santé.

→ maladie, famille, vieillesse, accidents du travail et maladies professionnelles régime général, mutuelle

sextuplé n.m.

sextuplet

Enfant issu d'une grossesse multiple avec six fœtus.

sFlt-1 sigle angl. pour soluble fms-like tyrosine kinase

Forme circulante tronquée du récepteur Flt-1 du VEGF.
sFlt-1est secrété principalement par les cellules trophoblastiques pendant la grossesse, mais aussi par les cellules endothéliales vasculaires, les monocytes, les macrophages et les plaquettes. Il séquestre VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor) et PlGF (Placenta Growth factor) dans le plasma et les empêche d’exercer leur rôle pro-angiogénique. En cas de pré-éclampsie, un excès de sFlt-1 est secrété par le placenta, se traduisant par une augmentation de sa concentration plasmatique qui induit une dysfonction endothéliale, une hypertension artérielle et une protéinurie. La mesure du rapport PlGF/sFlt-1 paraît constituer un bon marqueur du risque d’éclampsie chez la femme enceinte.

→ placental growth factor, VEGF, éclampsie, pré-éclampsie

signe de Cullen l.m.

Cullen's sign

Coloration bleutée de l'ombilic liée à un abondant hémopéritoine en rapport, le plus souvent, avec une grossesse extra-utérine rompue.

T. S. Cullen, gynécologue américain (1916)

[O3]

signe du halo l.m.

halo sign

1) En scanographie pulmonaire, aspect en "verre dépoli" entourant une opacité ronde.
Sans être pathognomonique, une telle image est évocatrice d'une aspergillose invasive.
2) Au cours de la grossesse, hyperclarté ou anneau clair siégeant autour de la tête fœtale qui apparaît sur des radiographies puis sur des échographies.
Il traduit un épaississement ou un œdème du cuir chevelu, signe fréquent d’anasarque qui peut se rencontrer également en cas de mort du fœtus in utero.

→ halo naevus

[K1,O6]

signes sympathiques de grossesse l.m.p.

morning sickness of pregnancy

Ensemble symptomatique subjectif fait de nausées ou vomissements, sialorrhée, fatigue, tension mammaire, qui perturbent les premières semaines de la grossesse.

Soskin (test de) l.m.

Soskin’s test

Epreuve d’induction des règles par la prostigmine autrefois proposée pour le diagnostic précoce de grossesse, l’injection n’entraînant alors aucun saignement.

S. Soskin, endocrinologue canadien (1940)

souffle funiculaire l.m.

funicular murmur

Souffle synchrone au pouls fœtal perçu à l’auscultation du placenta à partir du deuxième trimestre de la grossesse, dû au flux sanguin dans les artères du cordon.

souffrance fœtale chronique l.f.

chronic foetal distress

État correspondant à une altération progressive de la croissance et de la vitalité du fœtus in utero.
Elle peut être due à une cause embryonnaire ou fœtale : une malformation fœtale par anomalie chromosomique ou par tératogenèse, p. ex. une embryopathie virale  (rubéole, infection à cytomégalovirus) ou parasitaire (toxoplasmose). Elle peut être la conséquence d’une intoxication chronique maternelle par le tabac, l’alcool ou les stupéfiants. Elle peut être secondaire à une maladie maternelle, p. ex. une toxémie gravidique. Dans un tiers des cas elle est idiopathique. Elle se traduit cliniquement par un retard de croissance intra-utérin, une hauteur utérine trop faible pour le terme de la grossesse. A l’échographie, la circonférence abdominale du fœtus et la longueur du fémur sont d’abord réduites puis, au stade ultime, le diamètre céphalique bipariétal. La vélocimétrie Doppler montre une réduction du flux dans les artères ombilicales, dans les artères utérines en cas de maladie vasculaire de la mère, et dans les artères cérébrales du fœtus en cas d’atteinte très sévère. La perte de la variabilité du rythme cardiaque à l’enregistrement cardiotocographique indique un risque imminent de mort fœtale in utero et l’urgence d’une extraction fœtale. Pour les fœtus viables et non malformés, le seul traitement est en effet l’extraction fœtale.

→ retard de croissance intra-utérin, hypotrophie fœtale, cardiotocographie

Spiegelberg (critères de) l.m.p.

Spiegelberg’s criteria

Critères qui permettaient d’affirmer le siège ovarien d’une grossesse extra-utérine, notamment l’aspect normal de la trompe et la présence de tissu ovarien autour du sac ovulaire.

O. Spiegelberg, gynécologue allemand (1878)

statique pelvienne féminine (troubles de la) l.m.p.

female pelvic disorders

Perturbation chez la femme de la position respective des organes, muscles et aponévroses du bassin, susceptible de se traduire par l'extériorisation d'un ou plusieurs organes pelviens et de provoquer une incontinence urinaire.
Elle est favorisée par l'hypotonie musculaire et par le relâchement ligamentaire de la grossesse ou de la ménopause.

stéatose hépatique aigüe gravidique l.f.

acute pregnancy fatty liver

Syndrome caractérisé par une stéatose microvésiculaire massive des hépatocytes, sans nécrose ni infiltration inflammatoire (deuxième syndrome décrit par Sheehan) qui survient entre le 7ème et le 9ème mois de la gestation, avant tout chez une primipare.
Les signes cliniques comprennent : vomissements, douleurs abdominales, ictère, signes d'encéphalopathie et d'atteinte rénale.
Les données du laboratoire sont, au début, assez peu perturbées (syndrome cytolytique hépatique discret ou absent) ; mais on peut rapidement observer des signes d'insuffisance hépatocellulaire (hyperammoniémie et surtout abaissement des facteurs hépatiques de la coagulation, en particulier du facteur V), et une hyperuricémie est habituelle (comme dans la toxémie). L'évolution est généralement fatale (dans 90% des cas au bout de 5 à 10 jours d'évolution), avec une mortalité fœtale de 95% ; mais elle peut aujourd'hui être évitée grâce à une interruption rapide de la grossesse. On ne connaît pas l'étiologie de ce syndrome qui doit être rapproché de celui de Reye de l'enfant et de l'adolescent.

H. L. Sheehan, anatomopathologiste britannique, membre de l'Académie de médecine (1937) ; R. D. Reye, anatomopathologiste australien (1963)

Étym. gr. stear, steatos : graisse

→ Sheehan (maladie de), Reye (syndrome de)

stérilité féminine l.f.

female infertility

Incapacité d’une femme à concevoir un enfant, constatée après au moins deux ans de vie conjugale régulière sans contraception et avec désir de grossesse.
Elle représente la moitié des cas de stérilité conjugale. La cause peut en être : tubaire, due à l’obstruction complète ou partielle des trompes par les séquelles d’une salpingite ; utérine, due à un léiomyome, une synéchie totale ou partielle de la cavité ou du col de l’utérus, une infection de la glaire cervicale ; péritonéale, due à une endométriose ; ovarienne, due à une polykystose avec anovulation ; hypophysaire, due à une hyperprolactinémie ; thyroïdienne, due à un myxœdème fruste ; surrénale, due à une forme hétérozygote de déficit congénital en 21 bêta-hydroxylase ; hypothalamique, due à une altération de la sécrétion de la LH-RH quelquefois d’origine psychologique.

→ LH.-RH

streptococcie n.f.

streptococcia

Infection provoquée par un streptocoque.
Les infections qu’il provoque varient beaucoup selon les espèces. Ainsi, les streptocoques bêta-hémolytiques des groupes A, C et G sont responsables d’angines aigües, de la scarlatine, d’infections cutanées, de dermohypodermites aigües et de bactériémies, alors que les streptocoques des groupes D et H et les streptocoques ingroupables le sont d’endocardites subaigües et les streptocoques du groupe B d’infections néonatales.
Sa présence dans le vagin au cours de l'accouchement fait courir au nouveau-né un risque d'infection, de pneumonie, de septicémie ou de méningite. Il est donc fréquemment recherché au cours de la grossesse, dans les semaines qui précèdent la naissance. S'il est identifié, un traitement antibiotique est proposé pour la mère, soit systématiquement, soit plutôt en présence de risques supplémentaires d'infection néonatale tels qu’ une rupture prolongée des membranes de l'œuf, ou de la fièvre pendant le travail.

→ Streptococcus

Studdiford (critères de) l.m.

Studdiford's criteria

Ensemble des arguments qui permettent de conclure au caractère primitif d'une grossesse abdominale : trompes et utérus sains, œuf de plus de douze semaines reposant directement sur le péritoine.

W. E. Studdiford, gynécologue obstétricien américain (1942)

sulfate de magnésie l.m.

magnesium sulphate

Médicament administré par voie intraveineuse ou intramusculaire pour traiter les convulsions de la crise d'éclampsie.
Il est également prescrit dans les pays anglo-saxons pour traiter l'hypertension de la grossesse et la menace d'accouchement prématuré. Bloquant la jonction neuromusculaire, il abolit les réflexes ostéotendineux et permet de juger d'un éventuel surdosage et d'éviter le risque d'un arrêt cardiorespiratoire.

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