Albers-Schönberg (maladie d') l.f.
Albers Schönberg’s disease
H. E. Albers-Schönberg, chirurgien et radiologue allemand (1904)
[I,Q2]
Édit. 2017
Albright (syndrome d'ostéodystrophie autosomique dominante d') l.m.
Albright disease
Pseudohypoparathyroïdisme avec petite taille, faciès lunaire, brachydactylie et bachymétacarpie, calcifications et ossifications sous- cutanées, hypocalcémie et augmentation de l'hormone parathyroïdienne dans le sérum avec hyperplasie parathyroïdienne.
Le retard mental est inconstant ou modéré. Sont observés surcharge pondérale, mains et pieds aux doigts courts avec brièveté inégale et asymétrique des métacarpiens et métatarsiens), calcifications sous-cutanées et des parties molles notamment du scalp, des mains et des pieds. L’affection peut se compliquer de cataracte, de calcifications des noyaux gris centraux ou plus diffuse de l’encéphale (syndrome de Fahr), de néphrocalcinose.
Dans la pseudohypoparathyroïdie IA (PHP-IA) le gène Gs a une fonction anormale altérant la production des protéines assurant la liaison entre le récepteur de l’hormone parathyroïdienne et l’unité effectrice qui contribue à l’activation de l’ATP en AMPc en réponse à l’adénylate cyclase) ; l’ubiquité des protéines de liaison explique la coïncidence habituelle de résistances associées (aux gonadostimulines, la GH, la TSH, la leptine, les catécholamines, au glucagon, à la mélanogenèse …) ce qui contribue à la diversité des phénotypes. Dans la forme IB (PHP-IB) où n’est pas observée d’anomalie phénotypique, ni non plus clairement de résistances hormonales associées à celle de la PTH, les altérations génétiques de GS impliquent une anomalie de la syntaxine. La maladie prend une expression différente selon le sexe du parent transmetteur (empreinte génétique) : les pères des sujets atteints de PSHP de type 1A sont ordinairement atteints de la même situation ; en revanche les mères ont simplement un phénotype de pseudopseudohypoparathyroïdie (habitus d’Albright sans anomalie métabolique ou hormonale, notamment du calcium sanguin et du taux de PTH). L’affection est autosomique dominante (MIM 103580, MIM 103581) ou plus exceptionnellement autosomique récessive (MIM 203330).
F. Albright, médecin endocrinologue américain, membre de l'Académie de médecine (1942)
Syn. AHO, pseudohypoparathyroïdisme de type IA, ostéodystrophie héréditaire d'Albright
[I2, O4, Q2]
Édit. 2020
alcalose compensée ou décompensée l.f.
alkalosis with or without alkalemia
Elle est dite décompensée si la concentration artérielle en H+ est plus faible que la normale (pH > 7,42).
Étym. arabe al kali : cendre pour lessive, puis alcalinité
[C2]
Édit. 2017
alcaptone n.f.
alkaptone
Acide 2,5-dihydroxy-phénylacétique, intermédiaire des voies métaboliques du catabolisme de la phénylalanine et de la tyrosine.
Syn. acide homogentisique
[C1 ]
Édit. 2017
alcénoxyphosphatide n.m.
alkenoxyphosphatide
Substance analogue aux glycérophospholipides phosphatidiques dans laquelle l'acide gras fixé sur le C1 du glycérol est remplacé par un aldéhyde gras lié par une liaison éther éthylénique : R-CH=CH-O-CH2-.
Les alcénoxyphosphatidyléthanolamines sont particulièrement abondantes dans le cerveau et le cœur. On donne à ces phospholipides le nom de plasmalogènes parce qu'ils libèrent un aldéhyde par une hydrolyse ménagée ; reconnaissables en histologie par la coloration rouge qu'ils donnent avec la fuchsine bisulfitée, dite réaction de Feulgen.
Syn. alkénoxyphosphatide
[C1]
Édit. 2017
alcool n.m.
alcohol
1) Nom générique des composés organiques de formule R-OH, résultant de la substitution théorique du groupe OH à un atome d’hydrogène sur un carbone saturé d’un hydrocarbure.
On distingue :
-les alcools primaires : R-CH2OH
-les alcools secondaires : R-CHOH-R’
- les alcools tertiaires :
En nomenclature internationale, on fait suivre de la désinence -ol le nom de l’hydrocarbure correspondant (ex. : éthanol à partir d’éthane).
2) À la pharmacopée, le terme alcool désigne un mélange d’éthanol et d’eau dont la teneur en éthanol doit être comprise entre 94,7 et 96,6 p. 100 (V/V).
3) Dans le langage courant, le terme alcool sans qualificatif désigne l’alcool éthylique de titre indéterminé.
Celui-ci doit être précisé lorsque l’on considère particulièrement les effets pharmacologiques et toxicologiques.
Étym. arabe, al–cohol : substance subtile
[C1,G3,G4]
Édit. 2017
alcool absolu l.m.
absolute alcohol
Alcool éthylique pur.
L'alcool absolu, exposé à l'air, se charge d'humidité jusqu'à 5% en volume, pour donner l'alcool à 95°.
alcoholature
Préparation galénique obtenue par macération à parties égales d’une plante médicinale fraîche dans l’alcool éthylique.
Étym. arabe, al–cohol : substance subtile
[G3)]
Édit. 2017
alcool batylique l.m.
batyl alcohol
Alcool gras dont la structure est un éther d'alcool cétylique (alcool gras en C16) et de glycérol.
Il est trouvé dans les produits de saponification des alcoxyglycérides et des alcoxyphosphatides naturels.
Étym. de Batis, genre de poisson hypotrème
[C1]
Édit. 2017
alcool benzylique l.m.
benzylic alcohol
Alcool de formule globale C6H5CH2OH , trouvé naturellement dans certaines plantes.
L’alcool benzylique est utilisé pour ses propriétés antiseptiques et analgésiques. Il est également utilisé comme solvant dans l’industrie cosmétique mais aussi dans les peintures, encres et vernis.
Syn. phénylméthanol
[C1]
Édit. 2017
alcool butylique l.m.
butyl alcohol
Syn. butanol
→ butanol
[C1]
Édit. 2017
alcool carnaubique l.m.
arnaubyl alcohol
Alcool gras à très longue chaîne, présent dans certaines cires.
Il a été trouvé dans les cires du carnauba brésilien Copernicia cerifera.
[C1]
Édit. 2017
alcool cétylique l.m.
cetyl alcohol
Alcool gras à 16 carbones présent dans les cires animales.
C'est le principal alcool gras du blanc de baleine, où il est surtout estérifié par l'acide palmitique sous forme de palmitate de cétyle.
Étym. gr. ketos : gros poisson
[C1]
Édit. 2017
alcool chimylique l.m.
chimyl alcohol
Alcool gras dont la structure est un éther d'alcool stéarique (alcool gras en C18) et de glycérol.
Il est trouvé dans les produits de saponification des alcoxyglycérides et des alcoxyphosphatides naturels.
Étym. lat. chimaera : chèvre ou monstre à demi-chèvre
[C1]
Édit. 2017
alcool-déshydrogénase (ADH) n.f.
alcohol dehydrogenase
Enzyme à nicotinamide-adénine-dinucléotide (NAD) catalysant l'oxydation d'alcool en aldéhyde ou en cétones.
L'ADH est un enzyme cytosolique constitué de 2 sous-unités dont 5 types ont été individualisés : alpha (ADH1), bêta (ADH2), gamma (ADH3), delta (ADH4), epsilon (ADH5), chacun étant codé au niveau d'un locus distinct ; un polymorphisme génétique existe au niveau des locus ADH2 (bêta 1, bêta 2, bêta 3) et ADH3 (gamma 1, gamma 2).
Les sous-unités identiques s'assemblent généralement entre elles formant des iso-enzymes dont les propriétés cinétiques (Km et Vmax) sont très différentes. Les iso-enzymes qui jouent le plus grand rôle physiologique sont ceux codés par les ADH 1 à 3 ; ils sont principalement présents dans le foie mais aussi dans le rein et le tube digestif. L'association entre un iso-enzyme et le développement d’une maladie alcoolique du foie n'a pas à ce jour été démontrée.
Étym. arabe, al–cohol : substance subtile
→ alcoolisme, nicotinamide-adénine-dinucléotide
[C1,C3,Q1 ]
Édit. 2017
alcoolémie l.m.
blood alcohol concentration (BAC), level (BAL), alcoholaemia
Teneur sanguine en alcool éthylique, exprimée en grammes par litre en France et en milligrames par cent millitres dans les pays anglo-saxons.
Il existe deux méthodes de dosage :
1) les méthodes enzymatiques font appel à l’oxydation de l’éthanol en éthanal par une coenzyme soit l’alcool déshydrogénase qui présente une spécificité étroite pour l’éthanol, soit l’alcool oxydase, de spécificité moins bonne (interférence avec le méthanol). La mesure finale s’effectue par absorption soit dans l’ultra-violet, soit dans le visible (réaction de Trinder) ;
2) les méthodes chromatographiques utilisent la chromatographie en phase gazeuse (CPG) selon deux modes principaux, soit l’injection d’une dilution du sang dans le chromatographe, soit le mode d’espace de tête dans lequel on analyse uniquement le gaz surmontant une dilution du sang total dans un flacon serti.- La détection est réalisée par ionisation de flamme.
Dans le cadre médico-légal, seules les méthodes par CPG peuvent être utilisées, sur sang total. En routine clinique, elle peut être dosée par technique enzymatique. Même à jeun cette teneur n'est jamais complètement nulle. Mais il existe une relation nette entre la fréquence d'accident de la route (mesuré ici par le nombre d'accidents de buveurs par rapport à celui de sujets à jeun) et l'alcoolémie du conducteur. Le schéma ci-contre, emprunté à une étude anglaise sur des accidents mortels (OCDE, 1988) donne le facteur de risque apporté par l'alcool : les jeunes conducteurs sont particulièrement sensibles à une élévation de l'alcoolémie. En Europe la limite légale tolérée est de : 0,2 g/L en Suède, 0,5 g/L dans les pays latins et 0,8 g/L dans les pays anglophones ou alémaniques. A 0,5 g/L les jeunes conducteurs ont déjà un facteur de risque deux fois plus grand que celui des conducteurs plus âgés.
A : jeunes conducteurs, buveurs occasionnels
B : conducteurs plus âgés, buveurs occasionnels
C : conducteurs, buveurs invétérés.
Toutefois il faudrait expliquer pourquoi, chez des conducteurs plus âgés, le facteur de risque est plus faible que chez les jeunes et parler du facteur d’induction enzymatique.
À compter du 15 septembre 1995, la loi française a fixé à 0,5 g. d'éthanol par litre de sang la concentration à partir de laquelle la conduite d'un véhicule est délictueuse, même en l'absence d'incident ou d'infraction au code de la route. Cette disposition est applicable à l'ensemble des crimes et délits de droit commun, aux auteurs comme aux victimes.
De manière courante et métonymique, "alcoolémie" est utilisée abusivement en lieu et place de "teneur d'alcoolémie ».
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé; gr. haima : sang
Syn. éthanolémie
→ alcool éthylique, alcoolisme aigu, éthylomètre, risque (facteur de)
[G3,G4]
Édit. 2017
alcoolique adj., n.m. ou f.
alcoholic
1) Qui a trait à l’alcool.
2) Appliqué à une personne, terme imprécis qui peut avoir plusieurs sens :
- personne qui aux yeux de son entourage, consomme trop de boissons contenant de l’alcool,
- personne atteinte d’une alcoolopathie organique ou mentale.
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé
[C1,G3,G4]
Édit. 2017
alcoolique dangereux l.m.
dangerous alcoholic
Sujet ivre ou alcoolique, dont le comportement atteint ou laisse pressentir un degré de violence débordant les capacités de tolérance de l'entourage, et menaçant son intégrité.
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé
→ loi du 15 aril 1954, dangerosité en psychiatrie
[E3,G3,G4]
Édit. 2017
alcooliques anonymes l.m.
anonymous alcoholics
Association de personnes se proclamant "alcooliques", ayant le projet de renforcer leur propre abstinence dans l'aide aux alcooliques non abstinents.
Son action est fondée sur l'expression anonyme et publique de témoignages personnels de chaque membre à l'égard de l'éthanol, et sur un programme de "restructuration" en douze étapes proposé au sujet désireux de s'abstenir, avec parrainage individuel par un abstinent confirmé.
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé
Sigle AA
[E1,E3,G3,G4]
Édit. 2017
alcooliques (obligation de soins aux) l.f.
compulsory care of alcoholic persons
[E3,G3,G4]
Édit. 2017
alcoolisation n.f.
alcoholisation
1) Consommation de boissons alcooliques par une personne ou un groupe, pendant une période donnée, estimée quantifiable sans jugement normatif.
L'alcoolisation active résulte d'une intention délibérée. L'alcoolisation passive est réalisée par l'introduction expérimentale, par quelque voie que ce soit, d'éthanol chez l'animal en général. Sous le même terme, on décrit la consommation de l'enfant soumis aux pressions socioculturelles familiales.
2) Injection d’alcool dans un but thérapeutique.
P ex. au niveau d’une tumeur primitive hépatique, ou d’un ganglion nerveux (alcoolisation du ganglion trigéminal dans la névralgie du trijumeau ).
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé
[B4,G3,G4]
Édit. 2017
alcoolisation du foie l.f.
hepatic alcoholization
Traitement des hépatocarcinomes par voie percutanée avec injection in situ d'une substance corrosive : alcool absolu, acide acétique, etc.
Cette technique n’est plus utilisée dans le traitement du carcinome hépatocellulaire, dans les pays occidentaux, remplacée par la radiofréquence.
Expression impropre.
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé
[B4,F2,L1]
Édit. 2017
alcoolisme n.m.
alcohol-related problem, alcoholism (ne s'emploie qu'à propos des alcoolo-dépendants)
1. État pathologique caractérisé par une alcoolo-dépendance et/ou une alcoolopathie.
2. Ensemble des lésions viscérales secondaires à une consommation excessive d'alcool.
3. Appliqué à une collectivité, ce terme recouvre une tentative de quantification du phénomène en amalgamant les divers états pathologiques, les conséquences sociales de l'alcoolisation, certains troubles du comportement, etc.
Le concept de "fléau", qui est souvent appliqué, accentue la confusion et gêne l'évaluation.
Introduit par le suédois Magnus Huss (1849), le mot d'alcoolisme désigne, en langage courant, tout état pathologique lié à une consommation d'éthanol dont la fréquence ou l'intensité est dangereuse pour le sujet.
M. Huss, médecin suédois (1807-1890)
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé
[E1,G3,G4]
Édit. 2017
alcoolisme aigu l.m.
acute alcoholism
Intoxication dont les effets apparaissent peu après l'ingestion d'une boisson alcoolique.
L'état ébrieux ou ébriété (ataxie, dysarthrie et confusion), forme initiale ou mineure de l'ivresse apparaît à partir d'un taux sanguin allant de 0,5 à 1,5 g/L. Au-dessus de 2 g/L la marche est difficile sinon impossible. Après 3 g/L le patient est généralement dans le coma (ivre mort) ou du moins fortement obnubilé, il peut mourir en état de choc. Par accoutumance, les alcooliques chroniques tolèrent des taux élevés.
Les effets d'une intoxication isolée se dissipent assez rapidement. Si le réveil tarde, suspecter l'association d'alcool et d'autres substances. De toute façon, éviter tout lavage gastrique, mais mettre en œuvre une surveillance cardiorespiratoire, les perfusions glucosées doivent être additionnées de thiamine (vitamine B1), les analeptiques doivent être maniés avec prudence. La dialyse extrarénale ne doit être utilisée qu'en cas extrême.
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé
→ alcool éthylique, alcoolémie, ébriété, ivresse
[E1,G2,G3,G4]
Édit. 2017
alcoolisme chronique l.m.
chronic alcoholism
→ alcoolopathie, alcoolopathie et anesthésie
[E1,G3,G4]
Édit. 2017
alcoolisme chronique (indicateurs biologiques de l') l.m.p.
biological indicators of chronic alcoholism
Détection d'une alcoolisation individuelle "à risque" qui repose sur le dosage d'enzymes ou d'autres paramètres sanguins.
Ce sont essentiellement :
- la gamma-glutamyl-transpeptidase (γ GT), enzyme participant au transport transmembranaire d'aminoacides -dont le gamma-glutamyl- depuis un peptide jusqu'à un accepteur. En France, les valeurs normales admises sont inférieures ou égales à 28 UI/L. chez la femme et à 38 UI/L. chez l'homme ;
- le volume globulaire moyen des hématies, normalement compris entre 85 et 95µ3, et qui reste un des meilleurs moyens de détection sous réserve d'un constat de la macrocytose moins de trois heures après le prélèvement.
Sont également utilisés : les variations du taux sérique de la delta-aminolévulinate-déshydratase, de l'alpha-1-déshydratase, de la désialotransferrine, du glutamate-déshydrogénase, et le rapport des taux sériques d'immunoglobuline A et de transferrine (IGA/Tf).
La spécificité de la γGT est de 0.80 et sa sensibilité de 0.85. Le contexte clinique reste donc important à prendre en compte.
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé
[C1,E1,G3,G4]
Édit. 2017