Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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antinéoplasiques n.m.p.

antineoplastic agents

Terme générique pour toute substance utilisée dans le but de détruire les cellules cancéreuses ou d'en empêcher la prolifération.
Cette action s'accompagne habituellement d'un effet toxique, particulièrement net sur les tissus normaux à renouvellement rapide (système hématopoïétique et épithélium digestif notamment).

Syn. anticancéreux, antimitotique, cytostatique

→ antimitotique

anti-oxydant n.m.

antioxidant

1) Substance pouvant capter et détruire une des espèces moléculaires de l'oxygène actif telles que le radical hydroxyle HO -.ou l'anion radicalaire superoxyde O2-
De nombreux anti-oxydants sont contenus dans les aliments de nature végétale.
2) Substance introduite dans une forme galénique pour en améliorer la conservation en retardant l'oxydation des principes actifs et des excipients

→ antiradicaux libres

anti-oxygène n.m.

antioxygen

Substance inhibant la formation de métabolites de l'oxygène, qui sont particulièrement réactifs et agressifs pour les cellules.
Les vitamines E (tocophérol) et C (acide ascorbique) sont des anti-oxygènes naturels.

→ anti-oxydant

antipellagreux adj.

pellagra preventing

Qualifie les agents pharmacologiques du traitement de la pellagre, en particulier la vitamine PP (pellagra preventing) ou amide nicotinique.

Syn. pellagropréventif

antiradicaux libres l.m.p.

antioxydants

Substances intracellulaires s'opposant à l'action délétère des radicaux libres sur les structures cutanées.
Elles se composent de systèmes enzymatiques endogènes, comme les superoxydes dismutases, catalases, peroxydases, et de molécules anti-oxydantes le plus souvent d'origine exogène : vitamine E ou alpha-tocophérol, vitamine A et bêta-carotène, vitamine C, sélénium, flavonoïdes, eumélamines. Les antiradicaux libres agissent soit par destruction des radicaux libres, soit par neutralisation de l'oxygène singulet.

Syn. anti-oxydant

→ anti-oxydants

antireflux (dispositif) l.m.

antireflux technique

Point particulier de technique chirurgicale qui s'applique à une anastomose urétérovésicale pour lui permettre de s'opposer à un reflux vésico-urétéral.
La base de ce dispositif est dans la plupart des cas la confection d'un tunnel sous-muqueux dans lequel est glissé l'uretère avant son anastomose.

→ opération antireflux

antireflux endoscopique (technique) l.f.

endoscopic anti-reflux technique

Méthode de traitement endoscopique du reflux vésico-urétéral consistant en l'injection sous contrôle de la vue d'une substance pâteuse inerte, non résorbable, sous l'orifice urétéral refluant et le trajet intramural.
Ce procédé fait l'objet de critiques liées au produit injecté et à la durée aléatoire de son efficacité.

antireflux (opération) l.f.

1 – En chirurgie urologique, intervention destinée à recréer une valve antireflux pour la cure d’un reflux vésico-urétérorénal

Les modalités techniques de ces interventions sont nombreuses :
- préservation du méat urétéral normal (HutchI, Grégoir, plastie muqueuse de Bischoff) ;
- désinsertion et avancement du méat (Innes Williams, HutchII) ;
- désinstion du méat, attraction de l’uretère terminal glissé dans un tunnel sous-muqueux (Cohen, Glenn-Anderson) ;
- véritables réimplantations urétérovésicales après désinsertion et résection plus ou moins étendue de l’uretère terminal (Leadbetter-Politano, Paquin, Mathisen, Lich-Grégoir), le dispositif antireflux reposant sur la confection d’un tunnel sous-muqueux ou d’une trompe urétérale.
Certaines de ces opérations, s’adressant à la cure du méga-uretère refluant de l’enfant, comportent également un modelage urétéral (Hendren).
2 – En chirurgie digestive, intervention destinée à la cure du reflux gastro-œsophagien.
Elle a pour but de pallier l’insuffisance de la contention cardiale en créant un néosphincter du cardia et en reconstituant l’angle de His pour éviter les complications œsopharyngiennes, voire pulmonaires du reflux gastro-œsophagien. Les modalités techniques de ces interventions sont diverses. Certaines, réalisables en cœliochirurgie, sont parmi les plus couramment pratiquées.

R. Nissen, chirurgien suisse (1956); A. Toupet, chirurgien français (1963)

→ antireflux (dispositif), antireflux endoscopique (technique), Coffey (technique de), Cohen (technique de), Leadbetter-Politano (technique de), Lich-Grégoir (technique de), Petit-Leadbetter (technique de), réimplantation urétérovésicale, résection transvésicale de l'uretère terminal

[M2]

Édit. 2017

antireflux urinaire (dispositif) l.m.

urinary antireflux technique

Technique chirurgicale qui s’applique à une anastomose urétérovésicale pour lui permettre de s’opposer à un reflux vésico-urétéral.

→ opération antireflux, reflux vésico-urétéral acquis, reflux vésico-urétéral congénital

[M2]

Édit. 2017

antireflux urinaire endoscopique (technique) l.f.

urinary endoscopic anti-reflux technique

Méthode de traitement par voie endoscopique du reflux vésico-urétéral.
Elle consiste en l’injection, sous contrôle de la vue, d’une substance pâteuse inerte, non résorbable, sous l’orifice urétéral refluant et dans le trajet intramural de l’uretère.
La substance employée doit être à résorption faible ou lente et ne pas migrer localement ou à distance. Aucune substance actuelle ne réalise toutes ces propriétés, c’est pourquoi différentes substances ont pu être proposées (téflon, macroplastique, collagène, etc..).

→ reflux vésico-urétéral acquis, reflux vésico-urétéral congénital

[M2]

Édit. 2017

antiscabieux n.m.

acaricide

Médicament acaricide utilisé dans le traitement de la gale (lindane, malathion, perméthrine).

antiseptique cutanéomuqueux l.m.

cutaneomucous antiseptic

Substance chimique à pouvoir anti-infectieux, soit inhibiteur, soit destructeur, actif sur les micro-organismes du revêtement cutané et muqueux tels que bactéries, champignons, virus, et dont l'innocuité pour la peau et l'organisme l'oppose aux désinfectants, plus caustiques et plus agressifs.
Son intérêt est à la fois préventif et curatif.
Appliqués directement sur la peau et laissés en place s'il s'agit de lotions, crèmes, ou pommades, ou destinés à être rincés, associés ou non à des agents lavants, les antiseptiques sont employés seuls ou combinés avec d'autres produits actifs tels que hydratants ou corticoïdes. Les principaux sont l'alcool éthylique, des oxydants (eau oxygénée), des halogénés, chlorés ou iodés, des dérivés métalliques (sulfate de cuivre et de zinc, sels d'argent, organomercuriels), des ammoniums quaternaires, des acides faibles, des dérivés biguanidiques tels que hexamidine et chlorhexidine, des carbanilides ; les colorants du genre vert et violet de méthyle et éosine, de même que le permanganate de potassium, sont actuellement peu employés.

antitoxine n.f.

antitoxin

Anticorps spécifique, produit par l'organisme humain sous l'action d'une toxine, afin d'en inhiber les effets.

antitoxine diphtérique l.f.

diphteria antitoxin

Anticorps dirigé contre l'exotoxine diphtérique, obtenu par l'hyperimmunisation des chevaux avec de l'anatoxine diphtérique et de la toxine diphtérique.
Les antitoxines diphtériques sont utilisées en sérothérapie pour conférer une immunité passive dans le traitement de la diphtérie, ou à titre prophylactique au cours d'une épidémie.

→ anatoxine diphtérique

antituberculeux n.m.

antituberculosis drug

Qui se rapporte aux médicaments actifs sur le bacille de Koch ou aux actions entreprises contre la tuberculose (lutte antituberculeuse).
Généralement, les médicaments antituberculeux sont utilisés en association, triple le plus souvent, afin d'obtenir une bonne efficacité antibiotique contre ce bacille. L'OMS retient cinq médicaments essentiels : l'éthambutol, l'isoniazide, le pyrazinamide, la rifampicine et la streptomycine.

antiulcéreux n.m.

ulcer-healing drug

Médicament capable de réduire l'excès d'acidité gastrique ou de protéger la muqueuse.
Les uns neutralisent cette acidité par voie chimique et sont appelés topiques (sels de calcium, hydroxydes de magnésium, d'aluminium, sucralfate). D'autres agissent en bloquant la sécrétion d'ions H+ par l'estomac : antihistaminiques H2, type cimétidine, inhibiteurs de la pompe à protons, type oméprazole.

antixérophtalmique adj.

antixerophthalmic

Qualifie les agents pharmacologiques du traitement de la xérophtalmie ou avitaminose A, en particulier la vitamine A ou rétinol.

Antley-Bixler (syndrome d') l.m.

Antley-Bixler’s syndrome

Ensemble malformatif avec crâne trapézoïdal, étage moyen de la face hypoplasique, synostose huméroradiale, courbure antérieure du fémur et fractures.
Il s’agit de fusions anormales de certains os. Il faut ajouter au faciès caractéristique, le front bombé et l'hypertélorisme, une atrésie ou sténose des choanes et des anomalies urogénitales et aux yeux un strabisme, une buphtalmie, des iris ovalaires, et une cataracte. Aux membres on note une camptodactylie, une hypoplasie de l’omoplate, des synostoses huméroradiales et plus inconstamment à l’avant-bras, au carpe et au tarse. Les malformations viscérales atteignent surtout l’appareil urinaire et les organes génitaux internes et externes. L’affection est souvent rapidement létale. Le diagnostic prénatal est possible. Deux types génétiques ont été identifiés : le type 1 est lié à une mutation hétérozygote en 10q26 sur le gène FGF2 codant pour un facteur de croissance des fibroblastes ; le type 2 est lié à une mutation hétérozygote en 7q11.2 sur le gène POR codant pour une oxydoréductase du cytochrome P.
L’affection est autosomique récessive (MIM 207410).

R. M. Antley, médecin et D. Bixler, dentiste et généticien américains (1975)

Syn. ABS, campomélie craniosténotique, synostose trapézoïdocéphalique (syndrome de), acrocéphalo-synankie, ostéodysgénésie multisynostique avec fractures des os longs, ostéodysgénésie multisynostoses et fractures

antre mastoïdien l.m.

antrum mastoideum (TA)

mastoid antrum

Volumineuse cavité mastoïdienne communiquant en avant avec le récessus épitympanique par l’intermédiaire de l’aditus ad antrum.
Elle se développe dans la portion pétreuse de l’os temporal. Cette cellule aérique est présente dès la naissance; à partir d'elle se développent dans le processus mastoïde les autres cellules matoidiennes, plus petites jusqu'à l'age de 5 ans. Son infection est responsable d'une mastoïdite.

Syn. anc.  antre pétreux, antre tympanique, ductus tympanomastoïdeus.

[A1, P1]

Édit. 2020

antre pétreux l.m.

→ antre mastoïdien

anxiété n.f.

anxiety

État psychique caractérisé par un sentiment pénible d'attente, une peur sans objet, une crainte d'un danger imprécis.
À distinguer de la peur, qui est une émotion analogue à celle de l'anxiété, mais liée à un danger objectif et réel. En réalité, cette distinction n'est pas toujours aussi claire.
Les benzodiazépines (anxiolytiques) sont efficaces sur les troubles anxieux, surtout en l'absence de crises de panique et de phobies associées. Les risques de dépendance apparaissent en cas de traitement prolongé. Les psychothérapies, directives ou non, sont souvent indispensables.

→ angoisse

anxiété aigüe l.f.

acute anxiety

Installation soudaine et sans circonstance notable de déclenchement, d’un sentiment pénible d’attente, d’une peur sans objet, dont la forme la plus aigüe est l’attaque de panique.
Récurrente, à prédominance féminine, dépassant rarement quelques minutes, la panique comporte de nombreuses manifestations somatiques (hyperventilation, blocpnée et paresthésies) et psychiques : intense appréhension, peur de perdre le contrôle de soi, de devenir fou, sensation de mort imminente associée parfois à des sentiments dépressifs. Une fuite anxieuse est possible.
Devant un tel tableau, on ne manquera pas de rechercher une composante organique éventuelle (affection coronarienne, hyperthyroïdie, comitialité temporale, etc.). Mais en pratique il s’agit souvent de personnalités névrotiques dominées par une anxiété dite flottante, c’est-à-dire ne survenant pas de préférence dans une situation déterminée. Un niveau psychotique n’est cependant pas exceptionnel, mélancolique, en particulier, avec un risque suicidaire majeur, car l’anxiété infiltre tous les troubles mentaux.
La présence rassurante du médecin, rarement psychiatre lors du premier contact, et son écoute bienveillante sont essentielles. Un traitement antidépressif sédatif (par ex. imipramine, clomipramine), d’abord à dose faible, accompagné d’anxiolytiques (par ex. alprazolam) contribue à réduire l’état anxieux aigu. L’évolution se fait en général vers la répétition, c’est pourquoi une relation thérapeutique au long cours est nécessaire.

Étym. lat. anxietas : inquiétude permanente

Syn. angoisse

→ angor, peur

anxiété (échelle d') l.f.

anxiety (scale of)

→ échelle d'anxiété de Spielberger, échelle visuelle analogique

anxiété de performance l.f.

anxiety of performance

Sentiment éprouvé par un homme qui, lors d'un rapport sexuel, redoute une absence ou une instabilité de son érection.
Ce sentiment très fréquemment ressenti quelle que soit la cause des troubles de l'érection les aggrave singulièrement.

anxiété généralisée l.f.

generalized anxiety disorder

État pathologique dominé par une anxiété qui envahit la vie quotidienne du sujet, ne survenant pas de façon préférentielle dans une situation déterminée et, de ce fait, dite flottante.
Plus fréquente chez la femme, elle se caractérise surtout par des ruminations péjoratives concernant le passé et une attente craintive de l'avenir, avec tension motrice, troubles neurovégétatifs, accentuation de la symptomatologie en fin de journée et endormissement difficile.
L'évolution est volontiers chronique, souvent associée ou conduisant à un état dépressif.
Les chimiothérapies comportent des anxiolytiques, avec leur risque de dépendance, ou des antidépresseurs. Les psychothérapies apportent un complément indispensable.

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