Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Leishmania brasiliensis

Leishmania braziliensis

Agent de leishmaniose cutanée ou cutanéo-muqueuse répandue en Amérique latine, surtout au Brésil.
Il s'agit d'une leishmaniose fréquente et sévère. Après une incubation d'environ trois mois, l'atteinte est d'abord cutanée : lésion primaire d'aspect nodulaire, papillomateux, ulcéré ou ulcéro-végétant, souvent sur la face ; puis elle s'étend aux muqueuses : muqueuse nasale, lèvres, palais, pharynx, …entraînant des mutilations importantes avec destruction des parties molles et du cartilage (
espundia). Des métastases sont possibles par dissémination lymphatique ou sanguine. Le traitement fait appel aux antimoniés. Cette maladie est largement répandue en Amérique latine, de l'Amérique centrale à l'Argentine ; elle tend à s'étendre au milieu sub-urbain, dans des foyers où le Chien pourrait constituer un réservoir domestique. Toutefois, le réservoir naturel de germes est constitué de différents mammifères forestiers sauvages, particulièrement de rongeurs, des marsupiaux, des carnivores. Les vecteurs sont nombreux, les principaux semblant être Lutzomyia wellcomei et L. whitmani.

→ leishmaniose, Leishmania, leishmaniose tégumentaire sud-américaine, leishmaniose cutanée, espundia, antimoniés pentavalents

[D1, D3, J1, P1]

Édit. 2019

Leishmania donovani

Leishmania donovani

Protozoaire flagellé responsable d'une leishmaniose viscérale humaine dans différents foyers de l'Ancien monde, mais aussi de leishmaniose cutanée.
Cette leishmaniose est une maladie anthroponotique, endémo-épidémique, sévissant dans plusieurs foyers étendus : en Afrique de l'Est (Soudan, Sud-Ouest de l'Ethiopie, Nord du Kenya), dans le sous-continent indien (Nord-Est de l'Inde, Népal, Bangladesh).  Le principal réservoir de parasites est l'Homme même si des animaux domestiques (Chiens, Chèvres) semblent parfois être infectés. La transmission est réalisée par piqûre de phlébotome : Phlebotomus martini en Afrique, P. argentipes en Asie. L'espèce
L. infantum est parfois considérée comme une sous-espèce de L. donovani.
 

W. B. Leishman, Sir, anatomopathologiste britannique, membre de l’Académie de médecine (1903) ; C. Donovan, médecin britannique (1903)

→ leishmaniose, leishmaniose viscérale, Leishmania, kala azar, protozoaire, leishmaniose cutanée, phlébotome, Leishmania infantum

[D1, D4]

Édit. 2019

Leishmania guyanensis

Leishmania guyanensis

Agent le plus fréquent de leishmaniose tégumentaire sud-américaine.
Après une incubation de deux à quatre semaines, cette leishmaniose se présente sous l'aspect d'ulcérations croûteuses multiples, indolores, succédant à des papules érythémateuses à base indurée ; des lésions secondaires délabrantes des muqueuses de la face et de la sphère ORL (espundia) peuvent apparaître par dissémination lymphatique. Le traitement repose sur l'administration de pentamidine.
Connue en Guyane sous le nom des "pian-bois", cette leishmaniose cutanée zoonotique est notamment répandue dans le Nord-Est du bassin amazonien et dans les Guyanes où le parasite circule parmi des mammifères forestiers sauvages comme les paresseux, les opossums, les fourmiliers, etc. La transmission est assurée par différents phlébotomes (Lutzomyia umbratilis, L. whitmani, L. anduzei).

Syn. pian-bois

→ leishmaniose, Leishmania, leishmaniose tégumentaire sud-américaine, leishmaniose cutanée, espundia, pentamidine, zoonotique, phlébotome

[D1, D4, J1, P1]

Édit. 2019

Leishmania infantum

Leishmania infantum

Agent de leishmaniose viscérale répandu par foyers dans l'Ancien Monde.
Outre les leishmanioses viscérales qui atteignent souvent l'enfant, cette espèce peut aussi être responsable de leishmanioses cutanées très polymorphes, voire, rarement, de formes muqueuses. La maladie est observée dans les villages et les zones péri-urbaines, notamment dans l'Europe méditerranéenne, en Afrique du Nord, au Proche et au Moyen-Orient jusqu'en Iran, mais aussi en Amérique centrale et du Sud, en Chine. En France, elle sévit en Corse et dans plusieurs foyers répandus des Pyrénées orientales aux Cévennes et à la Côte d'Azur ; dans tous les foyers le réservoir y est le Chien (le parasite est pathogène pour cet animal), plus rarement des carnivores sauvages (Renards, Chacals, …). Les phlébotomes vecteurs majeurs sont Phlebotomus ariasi et P. perniciosus dans le bassin méditerranéen, Lutzomyia longipalpis en Amérique.
Cette espèces est parfois considérée comme une sous-espèce de L. donovani. Quant à l'espèce L. chagasi d'Amérique latine, elle est synonyme de L. infantum.

→ leishmaniose, Leishmania, leishmaniose viscérale, leishmaniose cutanée, phlébotome, Leishmania donovani, Leishmania chagasi

[D1, D4]

Édit. 2019

Leishmania lainsoni

Leishmania lainsoni

Protozoaire flagellé qui est l'un des agents de leishmaniose cutanée dans les zones forestières du Nord du Brésil (état de Para) et dans les Guyanes.
Le réservoir en est le paca, le vecteur Lutzomyia ubiquitalis.

→ leishmaniose, Leishmania, leishmaniose tégumentaire sud-américaine, leishmaniose cutanée, protozoaire

[D1, D4, J1]

Édit. 2019

Leishmania major

Leishmania major

Agent de formes humides de leishmaniose cutanée, répandu par foyers dans l'Ancien Monde.
Le tableau clinique consiste en une ou plusieurs lésions ulcérées développées aux points de piqûre des phlébotomes. Cette leishmaniose zoonotique est répandue en Afrique du Nord, dans l’Est du bassin méditerranéen, au Moyen-Orient, en Asie Centrale (Iran, Ouzbékistan) ainsi qu'en Afrique sahélienne, du Sénégal au Kenya.
De nombreuses espèces de rongeurs sauvages (notamment
Psammomys obesus, Meriones shawi, Rhombomys opimus) constituent le réservoir habituel du parasite. Les principaux vecteurs sont Phlebotomus papatasi dans le bassin méditerranéen et en Asie centrale, P. duboscqi en Afrique subsaharienne.

→ leishmaniose, Leishmania, leishmaniose cutanée, phlébotome, zoonotique, phlebotome

[D1, D4, J1]

Édit. 2019

Leishmania mexicana

Leishmania mexicana

Agent de leishmanioses cutanées et cutanéo-muqueuses du Nouveau Monde.
Cette parasitose peut notamment se présenter en Amérique centrale comme une lésion unique, d'aspect papuleux, nodulaire ou ulcérée ("ulcère des chicleros"), guérissant souvent spontanément. Elle est rencontrée en Amérique depuis l'Argentine jusqu’au Mexique et au sud des États-Unis (Texas).Différents rongeurs sauvages en sont les réservoirs et des phlébotomes du genre Lutzomyia (L. olmeca, L. anthophora) servent de vecteurs.

→ leishmaniose, Leishmania, leishmaniose tégumentaire sud-américaine, phlébotome

[D1, D4, J1]

Édit. 2019

Leishmania naifi

Leishmania naiffi

Agent de leishmaniose cutanée en Amazonie.
Cette leishmaniose ne présente pas d'invasion muqueuse. Elle sévit dans l'Amazonie brésilienne et dans les Guyanes (Guyane française, Surinam). La parasite est retrouvé chez les Tatous. Les phlébotomes vecteurs sont Lutzomyia ayrozai et L. paraensis. 

→ leishmaniose, Leishmania, leishmaniose tégumentaire sud-américaine, leishmaniose cutanée, phlébotome

[D1, D4, J1]

Édit. 2019

Leishmania tropica

Leishmania tropica

Agent d'une forme sèche de leishmaniose cutanée.
La maladie à symptomatologie uniquement cutanée (parfois dénommée "bouton d’Orient"), se présente sous forme de nodules ulcérés recouverts d’une croûte plus ou moins épaisse (forme sèche), laissant une cicatrice indélébile après la guérison. Cette leishmaniose est  répandue par petits foyers dans l'Est du bassin méditerranéen et au Moyen-Orient. Il s'agit d'une affection endémo-épidémique, rurale et surtout urbaine, principalement  anthroponotique, avec parfois un rôle du Chien. Le vecteur ma1eur est Phlebotomus sergenti.

→ leishmaniose cutanée, leishmaniose, Leishmania, anthroponotique, phlebotome

[D1, D4, J1]

Édit. 2019

lemniscus n.m.

lemniscus lateralis (TA)

lemniscus

Tractus nerveux rubanné.

leontiasis ossea l.m.

leontiasis ossea
Déformation du visage par hypertrophie osseuse des os de la face en particulier des maxillaires supérieurs.
Elle est progressive chez l’adulte, en rapport avec une maladie de Paget, une dysplasie fibreuse des os ou une dysplasie crâniométaphysaire.

R. Virchow, anatomopathologiste allemand (1867)

Étym. lat. leo, leonis : lion

leucémie chronique à éosinophile associée à FIP1L1-PDGFRA gene l.f.

FIP1L1–PDGFRA-positive chronic eosinophilic leukemia
Syndrome myéloprolifératif chronique de l’adulte, fréquemment masculin, avec éosinophilie médullaire et sanguine.
L’affection survient chez l’homme jeune (Âge : 20 à 55 ans ; H/F : 17/1) ; la splénomégalie est habituelle. Une atteinte cardiaque est très fréquente.
L’éosinophilie sanguine est supérieure à 1.5 G/L, sans anomalies morphologiques spécifiques ; l’anémie et la thrombopénie sont rares. Le myélogramme est richement cellulaire, avec excès d'éosinophiles à tous les stades; pas d'excès de blastes avec une mastocytose marquée. Les éosinophiles présentent des marqueurs d'activation : CD25, CD23, CD69. La tryptase sérique est modérément augmentée et la vitamine B12 sérique très élevée. Le caryotype est habituellement normal, mais parfois un réarrangement chromosomique est retrouvé (t(1;4) ou t(4;10)), ou une autre anomalie (trisomie 8). Le gène de fusion FIP1L1-PDGFRA est recherché par RT-PCR ou par FISH.
Le traitement avec inhibiteur de tyrosine kinase est très efficace.

D. A. Arber, hématobiologiste américain (2016)

→ FIP1L1–PDGFRA gene, inhibiteur de tyrosine kinase

leucémie chronique à éosinophiles associée à PDGFRB gene l.fém.

PDGFRB-associated chronic eosinophilic leukemia
Syndrome myéloprolifératif associant une éosinophilie à un syndrome mixte myéloprolifératif/myélodysplasique.
Affection de l’adulte masculin marquée par une hépatosplénomégalie et des rashs cutanés.
L’image sanguine et médullaire est celle qui s’apparente à une leucémie myélomonocytaire chronique avec éosinophilie. L’étude cytogénétique identifie une t(5;12)(q31~33;p12) avec une fusion génique ETV6-PDGFRB.

Claire E. Curtis, généticienne britannique (2007) ; D. A. Arber, hématobiologiste américain (2016)

→ PDGFRB gene, ETV6-PDGFRB gene

lichen albus de von Zumbusch l.m.

lichen sclerosus, white spot disease

Éruption cutanée de macules blanches et brillantes rattachée alors par les dermatologues soit au lichen plan, soit à la sclérodermie en gouttes, et que l'on considère actuellement comme une affection autonome désignée sous le terme de lichen scléroatrophique.

L. von Zumbusch, Ritter, dermatologue allemand (1906)

Syn. lichen scléroatrophique, lichen scléreux et atrophique, lichen sclerosus et atrophicus, sclérolichen, lichen porcelainé de Gougerot (1940) (obs.)

→ white spot disease

lichen folliculaire l.m.

lichen peripilaris, lichen acuminatus, lichen planus follicularis

Variété de lichen plan dans laquelle les papules atteignant les follicules pileux sont acuminées et regroupées en petits placards bien délimités, et qui peut être cause d'alopécie cicatricielle.
L'association d'un lichen folliculaire du cuir chevelu et d'une alopécie non cicatricielle des aisselles et du pubis constitue le syndrome de Lassueur-Graham-Little.

E. G. Graham-Little, Sir, dermatologiste britannique (1915)

Syn. lichen plan folliculaire (obs.), lichen plan pilaire (obs.), lichen pilaire (obs.)

→ Lassueur-Graham-Little (syndrome de)

lichénification n.f.

lichenification

Modification de la peau accompagnée d'un prurit intense conduisant au grattage répété et aboutissant à un épaississement cutané en plaques plus ou moins larges quadrillées par des sillons représentant une exagération du relief normal de la peau, avec une composante dyschromique, le plus souvent hyperpigmentée et squameuse souvent associée; elle peut aussi se présenter comme un groupement de petites papules fermes et monomorphes séparées par des sillons profonds.
Il s'agit d'une lésion secondaire au grattage ou au frottement, soit dans le cadre d'une dermatose prurigineuse, notamment la dermatite atopique, soit d'origine psychogène, soit encore par intrication des deux. La localisation vulvaire est l'une des plus fréquentes. La lichénification elle-même peut pérenniser la sensation prurigineuse en créant un cercle vicieux grattage-prurit. Le traitement, qui vise à supprimer le prurit et sa cause, et donc le grattage, a recours aux dermocorticoïdes puissants.

Brocq, prurigo circonscrit de Darier (obs.)

Syn. lichénification circonscrite, lichen simplex chronicus de Vidal (obs.), névrodermite de

→ prurigo, frottement cutané

[J1]

Édit. 2019

lichen nitidus l.m.

lichen nitidus

Affection rare, de cause inconnue, définie par une éruption cutanée de très petites papules, brillantes, peu ou pas prurigineuses, dont l'aspect histologique est celui d'un granulome dermique plus ou moins tuberculoïde de disposition lichénoïde.
Les sites de prédilection de l'éruption sont le fourreau de la verge, les bras et l'abdomen. L'évolution est bénigne et ne nécessite aucun traitement. La parenté avec le lichen plan est discutée car les deux éruptions sont parfois simultanées.

F. Pinkus, dermatologiste allemand (1907)

Étym. lat. nitidus : brillant

lichen pilaire (obs.) l.m.

lichen peripilaris, lichen acuminatus, lichen planus follicularis

E. G. Graham-Little, Sir, dermatologiste britannique (1915)

Syn. lichen folliculaire (obs.), lichen plan pilaire (obs.)

→ lichen folliculaire

lichen scrofulosorum l.m.

lichen scrofulosorum, tuberculosis follicularis

Eruption cutanée très rare caractérisée par l'apparition de papules lichénoïdes, plutôt périfolliculaires, prédominant sur le tronc, d'aspect histologique souvent tuberculoïde, chez un patient, généralement jeune, atteint de tuberculose ou venant de subir une vaccination par le BCG.
Son pronostic est celui de la maladie tuberculeuse associée.

F. von Hebra, Ritter, dermatologue autrichien (1874)

Étym. lat. scrofulosus : porteur de scrofules

Syn. tuberculide folliculaire et lichénoïde

→ dermatose lichénoïde, lésion tuberculoïde, BCG

[D1, J1]

Édit. 2018

lichen simplex chronicus de Vidal l.m. (obs.)

É. Vidal, dermatologiste français, membre de l’Acadmie de médecine (1825-1893)

→ lichénification

ligamentum cruciatum de Weitbrecht l.m.

J. Weitbrecht, anatomiste allemand (1702-1747)

→ rétinaculum des muscles extenseurs du pied

ligne palato-occipitale l.f.

palatooccipitale line l.f.

En neuroradiologie, ligne joignant, sur une radiographie, une tomographie ou une tomodensitométrie de profil du crâne, le bord postérieur du palais osseux au bord postérieur du foramen magnum (opisthion).
Cette ligne, utilisée comme critère d’évaluation de la platybasie et de l’impression basilaire, n'est normalement pas dépassée par la dent de l'axis mais un dépassement de un ou deux millimètres reste cependant dans les limites du normal.

W. E. Chamberlain, médecin radiologue américain (1892-1947), M. McGregor, médecin radiologue sud-africain (1948)

Syn. ligne palatosuboccipitale, ligne de Chamberlain, ligne de McGregor

[B2]

Édit. 2016

linite plastique l.f.

linitis

Cancer infiltrant, transformant tout ou partie de l’estomac en un tube rigide.
La paroi gastrique épaissie est le siège d’une prolifération cellulaire atypique incluse dans un abondant stroma fibreux.
Terme peu usité, remplacé par linite gastrique.

Étym. lat. linea : lin, à cause de la blancheur et de la résistance du tissu pathologique
linite plastique : traduction anglaise du terme français (linite gastrique)

Syn. linitis plastica, linite gastrique

[F2, L1]

Édit. 2019

Lipschütz (erythema chronicum migrans de) l.m.

B. Lipschütz, dermatologue autrichien (1931)

→ erythema chronicum migrans

Lisfranc (désarticulation de) l.f.

Désarticulation de l’avant-pied au niveau des articulations tarsométatarsiennes (tarso-metatarseae) ou interligne de Lisfranc;

J. Lisfranc de Saint-Martin, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1787-1847)

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