Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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fièvre de Katayama l.f.

Katayama fever

Manifestations cliniques fébriles de la phase d’invasion d’une schistosomose orientale à S. japonicum, pouvant comporter des céphalées ou une hépatite aigüe, associées à une hyperéosinophilie sanguine.
Cette fièvre est inconstante, la plupart des patients infectés restant pauci ou asymptomatiques jusqu’à l’apparition des signes cliniques qui traduisent le passage à la chronicité de cette parasitose.

→ schistosomose, Schistosoma japonicum 

[D1,D2,F1,L1]

Édit. 2018

fièvre jaune l.f.

yellow fever

Arbovirose sévère due au virus amaril (virus à ARN du genre Flavivirus) dont le tableau clinique complet est celui d'une hépato-néphrite hémorragique.
Les tableaux cliniques peuvent être très variés, depuis des cas inapparents ou frustes jusqu'à des cas mortels, le plus souvent par hépatite aiguë, insuffisance rénale ou myocardite. L'évolution dure habituellement de 8 à 12 jours. En cas de guérison, celle-ci est totale ; seule persiste alors une immunité définitive.
La fièvre jaune sévit par cas sporadiques, par petites épidémies (quelques cas groupés) ou, plus rarement de nos jours, par d'importantes épidémies (plusieurs centaines de cas) en milieu urbain ou péri-urbain. La répartition géographique actuelle de la fièvre jaune recouvre une grande partie de l'Afrique et de l'Amérique intertropicales. Il existe plusieurs cycles épidémiologiques, notamment un  cycle selvatique impliquant des singes et des moustiques forestiers (différents Aedes en Afrique, Aedes aegypti, des Haemagogus et des Sabethes en Amérique), et un cycle urbain, interhumain dans lequel la transmission est assurée par Aedes aegypti.
Il n'existe aucun traitement étiologique. La prévention repose sur le contrôle des vecteurs domestiques et la vaccination. Cette vaccination antiamarile est la seule vaccination obligatoire (OMS) dans les régions endémiques (présence de la maladie) ou réceptives (présence des vecteurs potentiels et prévention contre l’introduction du virus). Officiellement, elle confère une protection durant dix ans.

Syn. typhus amaril

→ vaccin fièvre jaune, Flavivirus

[D1,D4,M1,L1]

Édit. 2018

fièvre Q l.f.

Q fever

Infection par  Coxiella burnetii, parfois transmise par la piqûre et les déjections de différents acariens (Amblyomma, Dermacentor, Rhipicephalus, Ixodes, Argas, Ornithodoros) et dont le réservoir est constitué par de nombreux animaux sauvages.
Il s'agit d'une maladie très polymorphe. L'incubation est en moyenne de 20 jours. Sous sa forme aiguë, elle se manifeste souvent par un syndrome pseudo-grippal, une hépatite ou une pneumopathie. Un exanthème est fréquent. Des manifestations neurologiques (méningite, encéphalite, névrite, diplopie…), rénales (protéinurie), hématologiques (thrombopénie, anémie), cardiovasculaires (péricardite, myocardite) s'observent parfois. La forme chronique se manifeste généralement par une endocardite chez des patients déjà porteurs d'une anomalie valvulaire. En cas d'infection lors de la grossesse, un accouchement prématuré ou une mort fœtale peut survenir. Le traitement repose sur l'antibiothérapie par doxycycline ou fluoroquinolones. Les infections inapparentes sont certainement fréquentes. Elle est cosmopolite et peut sévir par épidémies saisonnières ou sous forme de cas sporadiques.
De nombreuses espèces de tiques, appartenant à des genres variés, peuvent transmettre C. burnetii.
Cette bactérie infecte de nombreux animaux sauvages et domestiques. Le bétail représente la première source des contaminations humaines, surtout lors de la mise bas (maladie professionnelle) mais ce sont les rongeurs qui constituent le principal réservoir de germes. 

E. H. Derrick, microbiologiste australien (1937) ; F. M. Burnet, Sir, virologue et immunologiste australien, prix Nobel de Médecine en 1960 (1937)

Étym. de query fever (fièvre étrange). A ne pas confondre avec la fièvre à tiques du Queensland

Syn. maladie de Derrick et Burnet

→ Coxiella burnetii

[D1,D4,L1,K1,E2]

Édit. 2018

fil (épreuve du) l.f.

string test

Procédé d’isolement des germes à élimination biliaire.
L’épreuve consiste en l’ingestion d’une capsule contenant un fil dont une extrémité est liée à la joue. Après 4 heures le fil est retiré, et la portion imprégnée par la bile est ensemencée pour la caractérisation des germes. L’examen était traditionnel, par exemple dans les salmonelloses, lorsqu’une antibiothérapie préalable ne permettais plus l’isolement sanguin de la bactérie.

→ salmonellose

[L1,D1]

Édit. 2018

Finsterer (signe de) l.m.

Finsterer’s signe

Bradycardie survenant parfois au cours d’hémorragies intrapéritonéales.

H. Finsterer, chirurgien autrichien (1877-1955)

[K2,L1]

Édit. 2018

FIP1L1-PDGFRA gene sigle angl.

Gène de fusion entre le gène FIP1L1 et une partie du gène PDGFRA, situé sur le chromosome 4.
Cette mutation somatique, acquise durant la vie et présente dans les cellules hématopoïétiques, est responsable de la leucémie chronique à éosinophiles associée à FIP1L1-PDGFRA

J. Gotlib, hématologiste américain et J. Cools, médecin généticien belge (2008) ; Carmen P. Montaño-Almendras, biologiste bolivienne (2012)

→ leucémie chronique à éosinophile associée à FIP1L1-PDGFRA

[F1,Q2]

Édit. 2018

fissure anale l.f.

anal fissure

Ulcération superficielle, longitudinale, au niveau des plis radiés de l'anus, caractérisée par des douleurs rythmées par la défécation et une contracture du sphincter interne.
La fissure anale, le plus souvent unique, polaire, postérieure sauf chez la femme et n'atteint pas la ligne pectinée. Elle est ovalaire à large pôle inférieur cutané. Dans sa forme évoluée, elle peut être surmontée, au pôle externe par une marisque et prolongée au pôle interne par une papille hypertrophiée (complexe fissuraire). Le fond de la fissure atteint les fibres circulaires du sphincter interne.
Son extrémité inférieure peut être œdémateuse et recouverte d'un petit condylome ou fibrome "sentinelle".
La traduction clinique de la fissure anale est la douleur déclenchée par la défécation. La contracture du sphincter interne et l'intensité de la douleur rendent l'exploration difficile sans anesthésie locale ou régionale. La fissure anale peut se compliquer d'une infection sous-fissuraire et sur les berges de la lésion.
Le traitement est basé sur la leïomyotomie (section partielle du sphincter interne) dans la majorité des cas.
Le problème diagnostique est de savoir distinguer la fissure anale, lésion bénigne souvent en rapport avec des difficultés de la défécation, des autres fissurations de la région : cancer de l'anus à forme fissuraire, maladie de Crohn, fissurations ou ulcérations vénériennes.
L'examen anatomopathologique des fissures anales excisées est impératif.

B. B. Crohn, gastroentérologue américain (1932)

Étym. lat, fissura : fente, crevasse 

→ condylome, cancer de l'anus, maladie de Crohn

[L1]

Édit. 2019

fissure du ligament rond du foie l.f.

fissura ligamenti teretis hepatis (TA)

fissure for ligamentum teres of liver, fissure for round ligament of liver

Sillon étroit et profond visible sur la face inférieure et la face postérieure du foie.
Il est composé de deux segments situés de part et d’autre de l’extrémité gauche de la porte hépatique qu’il croise perpendiculairement : un segment antérieur, sillon de la veine ombilicale, et un segment postérieur, fissure du ligament veineux. Il constitue, sur les faces inférieure et postérieure du foie, la limite droite du lobe gauche du foie.

Étym. lat, fissura : fente, crevasse 

Syn. anc. sillon antéro-postérieur gauche du foie, sillon longitudinal principal du foie, sillon longitudinal gauche du foie, sillon principal du foie, sillon du ligament rond du foie

[A1,L1]

Édit. 2018

fissure du ligament veineux l.f.

fissura ligamenti venosi (TA)

fissure for ligamentum venosum

Segment postérieur de la fissure du ligament rond du foie.
Sur la face postérieure du foie il fait suite au sillon ombilical de la face inférieure du foie (partie antérieure de la fissure du ligament rond du foie). Son extrémité crâniale s’incline à droite et aboutit à l’extrémité crâniale du sillon de la veine cave inférieure. Il sépare le lobe caudé de la face postérieure du lobe gauche du foie. Ses lèvres donnent insertion à la partie postérieure du petit omentum. Il contient le conduit veineux chez le fœtus ou le ligament veineux fibreux qui le remplace chez l’adulte.

J. Arantius, anatomiste et médecin italien (1530-1589)

Étym. lat, fissura : fente, crevasse 

Syn. anc. sillon d’Arantius, sillon du canal d’Arantius, sillon du canal veineux, sillon vertical gauche du foie

[A1,L1]

Édit. 2018

fistule aérodigestive l.f.

tracheoesophageal fistula

Fistule mettant en communication les voies respiratoires, trachée ou bronche, avec le tube digestif, le plus souvent l'œsophage.

Étym. lat. fistula : canal

[L1,K1]

Édit. 2018

fistule biliobronchique l.f.

bronchobiliary fistula

Communication fistulaire entre un segment des voies biliaires avec une bronche, provoquant l'expectoration de bile.
En cas de kyste hydatique ou d'un abcès biliaire perforé à travers le diaphragme et la plèvre, elle peut être à l'origine d'une vomique biliaire.

Étym. lat. fistula : canal

[A3,L1,K1]

Édit. 2018

fistule biliocutanée l.f.

bilio-cutaneous fistula

Fistule rarissime résultant d'une ouverture de la vésicule biliaire à la peau.

Étym. lat. fistula : canal

[A3,L1,J1]

Édit. 2018

fistule biliogastrique l.f.

bilio-gastric fistula

Fistule résultant de la perforation de la vésicule biliaire ou des voies biliaires dans l'estomac, complication devenue très rare d'une cholécystite aigüe.

Étym. lat. fistula : canal

[A3,L1]

Édit. 2018

fistule bilio-intestinale l.f.

bilio-intestinal fistula

Fistule résultant de la perforation de la vésicule ou des voies biliaires dans l'intestin.
Elle peut se présenter sous deux formes : fistule cholécystoduodénale, ou fistule cholécystocolique rare, accompagnée d'une colite avec diarrhée, due au passage de la bile dans le gros intestin.

Étym. lat. fistula : canal

[A3,L1]

Édit. 2018

fistule bronchotrachéo-œsophagienne non traumatique l.f.

Communication entre l'œsophage et l'arbre trachéobronchique, révélée par des fausses routes à répétition lors de l'absorption des liquides, causes d'épisodes de suppurations bronchopulmonaires.
Son étiologie est variable :
- tumorale par nécrose d'un carcinome œsophagien dans la trachée ou l'une des bronches principales. Il est exceptionnel qu'une tumeur maligne trachéobronchique se fistulise dans l'œsophage. Un traitement radio et/ou chimiothérapique peut être cause de la fistule, par nécrose tumorale ;
- tuberculeuse parfois, en cause par l'intermédiaire d'une adénopathie intertrachéobroncho-œsophagienne ;
- congénitale.
Affirmer le diagnostic repose sur la clinique et la trachéobronchoscopie pour localiser avec précision la fistule.
Dans les fistules tumorales malignes, le traitement est palliatif, instrumental, donnant des résultats médiocres le plus souvent.
Lorsque la fistule est congénitale, le traitement est chirurgical comme en cas d'origine tuberculeuse après mise en route du traitement antituberculeux.

Étym. lat. fistula : canal

[A3,K1,L1,P1]

Édit. 2018

fistule colovésicale l.f.

colovesical fistula

Fistule faisant communiquer le côlon avec la vessie.
Elle résulte le plus souvent de l'inflammation d'un diverticule ou d’un cancer du côlon sigmoïde ou encore d’une maladie de Crohn.

Étym. lat. fistula : canal

→ fistule sigmoïdovésicale, Crohn (maladie de), côlon sigmoïde

[A3,M2,L1]

Édit. 2018

fistule gastrique l.f.

gastric fistula

Trajet faisant communiquer la cavité gastrique avec l'extérieur de la paroi abdominale (il est alors d'origine chirurgicale, c'est une gastrostomie), ou encore avec un viscère voisin (fistule gastroduodénale ou gastrocolique, due à la perforation d'un ulcère, d’une tumeur…).

Étym. lat. fistula : canal

→ gastrostomie

[A3,L1]

Édit. 2018

fistule gastrocolique l.f.

gastrocolic fistula

Fistule faisant communiquer l'estomac avec le côlon transverse, conséquence de la perforation d'un ulcère ou d’un cancer gastrique dans le côlon.

Étym. lat. fistula : canal

[A3,L1]

Édit. 2018

fistule gastrojéjunocolique l.f.

gastro-jejuno colic fistula

Fistule faisant communiquer l'estomac, l'anse jéjunale et le côlon transverse, due à la perforation d'un ulcère térébrant et perforant apparu sur une gastroentérostomie.

Étym. lat. fistula : canal

[A3,L1]

Édit. 2018

fistule hépatique l.f.

hepatic fistula

Trajet fistuleux allant du foie à la peau et donnant lieu à un écoulement biliaire.

Étym. lat. fistula : canal

→ fistule biliaire

[A3,L1]

Édit. 2018

fistule intestinale l.f.

fistula of the bowel

Ouverture anormale de l'intestin grêle avec écoulement du liquide intestinal (chyme) soit à l'extérieur, soit dans un autre viscère (fistule interne : vessie, côlon, vagin…).
On parle de fistule quand une partie du liquide intestinal s'échappe par un orifice anormal de l’intestin grêle ou quand la totalité du liquide s'écoule à l'extérieur (par ex. anus artificiel). La gravité de la situation dépend des dimensions des orifices, de leur nombre, de l'abondance de l'écoulement et surtout du niveau de la fistule : plus elle est haute (jéjunale), plus elle retentit gravement sur l'état général.
Les causes sont variées : fistules postopératoires (les plus fréquentes) spontanées ou provoquées (iléostomie), post-traumatiques ou morbides spontanées (par ex. tuberculose de l’intestin grêle ou iléite).
L'examen clinique permet d'apprécier le siège de l'orifice, son caractère, la teneur du liquide, son débit, l'état des téguments, l'existence d'un plastron et le retentissement sur l'état général. L'étude radiologique du trajet permet surtout d'apprécier la perméabilité de l'anse efférente.
Le traitement associe des gestes chirurgicaux directs ou indirects et la rééquilibration hydro-électrolytique et nutritionnelle, en utilisant souvent un appareillage (aspiration du liquide intestinal, irrigation éventuelle par l'acide lactique en fonction du pH).

Étym. lat. fistula : canal

[A3,L1]

Édit. 2018

fistule œsophagienne l.f.

oesophageal fistula

Fistule faisant communiquer l'œsophage avec la peau du cou ou un organe de voisinage.

Étym. lat. fistula : canal

[A3,P1,L1]

Édit. 2018

fistule œsophagocutanée l.f.

oesophageal cutaneous fistula

→ fistule œsophagienne

[A3,L1]

Édit. 2018

fistule œsotrachéale l.f.

tracheo-oesophageal fistula

Étym. lat. fistula : canal

Syn. fistule trachéo-oesophagienne

[L1,K1]

Édit. 2018

fistule œsotrachéale congénitale l.f.

congenital oesotracheal fistula

Communication entre la trachée et l'œsophage par un conduit anormal.
Embryologiquement, vers la quatrième semaine, le diverticule respiratoire apparaît, puis le septum oesophagotrachéal sépare progressivement le primordium respiratoire en avant, et l'oesophage en arrière. La fistule est le plus souvent associée à l’atrésie de l’œsophage. La fistule œsotrachéale peut exister sans atrésie de l’œsophage mais cette forme ne représente que 4 % des anomalies congénitales de l’œsophage. Il s’agit d’anomalies rares diagnostiquées habituellement en période néonatale. La révélation à un âge plus tardif est exceptionnelle.
La fistule siège dans deux tiers des cas au niveau thoracique, dans les autres cas à l'étage cervical. Elle est soit isolée, soit associée à une atrésie de l'œsophage. Dans ce dernier cas, il peut exister deux fistules à des niveaux différents. Le diagnostic doit être fait dans les minutes qui suivent la naissance ; il repose sur l'introduction systématique d'une sonde digestive qui bute sur l'obstacle ou par l'injection d'air à la seringue suivie d'une radiographie thoracique. L'injection de quelques mL d'air par une sonde supposée placée dans l'estomac ne donne pas le bruit hydroaérique caractéristique à l'auscultation du creux épigastrique.. Si le diagnostic n’est pas posé à la naissance et seulement lors des premières tétées, les voies aériennes sont alors inondées par le liquide dégluti, créant une situation quasi irréversible. Dès que le diagnostic de l’atrésie de l’œsophage est effectué, une sonde est mise en place dans la bouche de l’enfant afin d’aspirer en permanence sa salive. Le nourrisson est nourri par voie intraveineuse ou par gastrostomie. L’intervention chirurgicale a pour but de fermer la fistule trachéo-œsophagienne associée à l’atrésie et de raccorder les deux culs de sac œsophagiens pour reconstituer un tube continu (réalisation de l’anastomose).
Dans les fistules isolées, l'association trouble de la déglutition, infections pulmonaires récidivantes et distension gazeuse gastro-intestinale sont les signes habituels. Le diagnostic est porté sur l'opacification de l'œsophage prouvant la fistule et la bronchofibroscopie montrant l'orifice fistuleux cathétérisable. Le seul traitement est la fermeture chirurgicale de la fistule, qui doit être réalisée le jour de la naissance ou à J1.
Edit 2018

Étym. lat. fistula : canal

Syn. fistule trachéo-oesophagienne congénitale

→ atrésie de l'œsophage.

[L1,K1,O1,Q2]

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