dégénérescence wallérienne l.f.
wallerian degeneration
Désintégration de l'axone et de la gaine de myéline, observée au niveau de la partie distale d'une fibre périphérique séparée du corps cellulaire.
Dans les nerfs myélinisés du système nerveux périphérique, ce sont les cellules de Schwann qui assurent l'élaboration de la gaine de myéline.
Les débris myéliniques sont pris en charge par des macrophages qui, pour une part au moins, sont d'origine schwannienne. Les fonctions de conduction disparaissent en quelques jours. Elles réapparaissent lors de la remyélinisation, effectuée à mesure par les cellules de Schwann restées en place.
Étym. lat. degenerare : dégénérer
déglutition n.f.
deglutition, swallowing
Processus permettant le transfert du contenu buccal dans l’estomac.
Elle comporte trois phases successives schématiques. La 1ère phase est orale, volontaire, assurant le passage du bol alimentaire de la cavité buccale vers le pharynx ; la langue propulse le bol alimentaire en arrière et le voile s’élève. La 2ème phase est pharyngo-laryngo-œsophagienne, réflexe, avec des mécanismes de protection et de propulsion : la protection du cavum est assurée par la contraction réflexe du voile, celle du larynx par la contraction des muscles laryngés et par la base de langue. La propulsion du bol alimentaire est provoquée par la contraction des muscles pharyngés puis par l’ouverture réflexe du sphincter supérieur de l’œsophage. La 3ème phase, œsophagienne est assurée par la contraction péristaltique de la musculature œsophagienne.
Ce fonctionnement neuromusculaire complexe involontaire et réflexe dans ses phases 2 et 3 est assuré par un centre bulbaire ainsi que par les dernières paires nerveuses crâniennes.
Après réception sensitive surtout oropharyngée, les voies afférentes naissent du nerf glossopharyngien (IXème paire crânienne), des branches pharyngée et laryngée internes du pneumogastrique (X ème paire) et du trijumeau (V ème paire). Elles vont au noyau solitaire du tronc cérébral et sont relayées vers une population neuronale spécifique de la formation réticulée, qui est le centre rhombencéphalique de la déglutition. Celui-ci est voisin du centre respiratoire. Une coordination est réalisée entre les divers centres.
La voie efférente est formée de motoneurones destinés à des muscles striés, localisés dans les noyaux moteurs des V ème, VII ème, IX ème, XII ème paires crâniennes et le noyau ambigu de la
X ème paire.
Une lésion du tronc cérébral, une tumeur cervicofaciale ou des voies aérodigestives supérieures peuvent atteindre le réflexe de déglutition.
La survenue d’une anomalie de la déglutition nécessite un examen locorégional spécialisé : endoscopie, radiomanométrie.
Étym. lat. deglutio : j’avale
déglutition clignotante l.f.
blinking deglutition
W. Ewart, médecin britannique (1848-1929)
déglutition infantile l.f.
swallowing with tongue, thrust habit
Déglutition normale du nourrisson devant disparaître avec l’apparition et l’utilisation des dents.
Lors de la déglutition infantile, la langue s’étale entre les arcades alors qu’en déglutition normale, l’adulte serre les dents. Cet étalement de la langue est la cause de nombreuses anomalies dans le domaine de l’orthodontie.
Ce type de déglutition est conservé chez l’adulte uniquement lorsqu’il boit.
Étym. lat. deglutio : j’avale
Degos (génodermatose en cocarde de) l.f.
Degos’genodermatosis in rosette
R R. Degos, membre de l’Académie de médecine (1947),O. Delzant et H. Morival, dermatologues français (1947)
Degos (maladie de) l.f.
Degos' disease
Papulose atrophiante maligne comportant des localisations viscérales multiples, surtout digestives, neurologiques et oculaires.
D'évolution le plus souvent fatale, cette affection rare, d'étiologie inconnue, se manifeste notamment par des atteintes du système nerveux central, polymorphes et multifocales, et parfois du système nerveux périphérique. Des manifestations psychiatriques ont été décrites.
R. Degos, dermatologiste français, membre de l’Académie de médecine (1942)
Degos (papulose atrophiante maligne de) l.f.
Degos’ papulosis atrophiante malignant
R. Degos, dermatologiste français, membre de l’Académie de médecine (1942)
→ papulose atrophiante maligne
dégoût (cure de) l.f.
disgust cure
→ aversion
dégranulation n.f.
degranulation
Processus induit par une stimulation cellulaire conduisant à la disparition des granulations cytoplasmiques.
Dans le cas des mastocytes et des basophiles, il aboutit à la libération de médiateurs préformés tels que le TNFa et l’histamine responsable du choc anaphylactique. Dans le cas des éosinophiles, la dégranulation conduit à la libération extracellulaire de protéines cytotoxiques vis-à-vis de l’endothélium, de l’épiderme, des cellules pulmonaires, trachéales, cardiaques ou nerveuses par des protéines des granules telles que la peroxydase, la protéine cationique de l’éosinophile et la neurotoxine dérivée de l’éosinophile ; ce phénomène est impliqué dans certaines réactions inflammatoires. Dans le cas des polynucléaires neutrophiles la dégranulation conduit à la libération d’enzymes des granules azurophiles (élastase, neuraminidase, cathepsine G) ou des granules spécifiques (collagénase). C'est ce processus qui, à l'intérieur d'un phagosome, provoque la mort et la dégradation de bactéries englobées.
dégranulation des basophiles l.f.
basophile degranulation
Phénomène dans lequel on observe une décoloration des granulations basophiles sous l'action d'un antigène responsable de la libération dans le milieu environnant de deus types de médiateurs : les uns préformés et les autres néoformés.
Les médiateurs préformés sont l’histamine, la sérotonine, le facteur chimiotactique des polynucléaires neutrophiles (NCF) et le TNF α (mastocytes muqueux).
Les médiateurs néoformés sont le PAF acéther, les prostaglandines, les leucotriènes et les interleukines IL-3, IL-4, IL-5.
Il s'agit d'une réaction de type I, IgE dépendante. Ces mécanismes sont mis en jeu par le pontage, par des épitopes identiques présents sur l’antigène, de deux molécules d’anticorps de classe Ig E fixées sur des récepteurs cellulaires correspondants (RFc έ1). Il en résulte un signal transmembranaire d’activation aboutissant à la dégranulation.
dégranuler v.
to degranuler
Faire disparaître les granulations d’une cellule.
degré (°C, °K et K) n.m.
degree
Unité des échelles de température correspondant à la centième partie de la différence des températures d'équilibre, sous une pression de 1’atmosphère, de l'eau et de la glace d'une part, de l'eau et de la vapeur d'autre part.
Selon la température à laquelle est attribuée la valeur zéro, on distingue :
1- l'échelle des températures centésimales (échelle Celsius, du physicien suédois qui la créa en 1742), mesurées en degrés centésimaux (°C), dont le zéro correspond à l'équilibre eau-glace ;
2- l'échelle des températures absolues, mesurées en degrés kelvin (°K), ou kelvins (K), (du physicien anglais William Thomson, lord Kelvin), dont le zéro, décalé de 273 unités vers le bas par rapport à celui de la précédente, correspond à l'annulation des énergies cinétiques de translation des fluides.
degré alcoolique l.m.
alcoholic degree
degré chlorométrique l.m.
chlorometric grade
Expression utilisée pour apprécier la richesse en hypochlorites de solutions utilisées pour la désinfection : c’est le nombre de litres de chlore actif que peut fournir un litre de solution sous l’action de l’acide chlorhydrique.
L’eau de Javel titre de 16 à 40°, la liqueur de Dakin 1°,5
H. D. Dakin, chimiste britannique (1915)
degré de liberté l.m.
degree of freedom
Dans les comparaisons d’une variable à n classes avec une autre variable à l classes, le degré de liberté est égal à (n – 1) x (l – 1).
Ces degrés de liberté déterminent le seuil de signification des tests statistiques;
[E1]
Édit. 2020
degré volumique l.m.
volumetric degree
Pourcentage du volume d'éthanol dans une boisson alcoolisée.
Dénomination substituée à celle de degré alcoolique.
Par exemple, il existe une même quantité d'alcool pur, soit un cl, dans les doses standard suivantes : bock de bière de 25 cl à 4%, vol. 25 x 4 = 1 ; verre de vin de huit cl à 12 vol. ; verre d'alcool fort de 2,5 cl à 40 vol.
Syn. degré alcoolique, degré alcoolométrique, degré volumétrique
de Grouchy (syndrome de) l.m.
de Grouchy’s syndrome
Aberration chromosomique liée à une délétion partielle des chromosomes 18p.
Il existe un nanisme, une arriération mentale, une microcéphalie pas très marquée. Il y a parfois des anomalies céphaliques graves (cébocéphalie, cyclopie, probocis avec arhinencéphalie). On trouve des malformations digitales mineures, et des anomalies cardiaques souvent viables (canal artériel, sténose aortique, hypertrophie ventriculaire). La racine du nez est aplatie donnant l’impression d'un hypertélorisme qui n'existe que rarement. Les anomalies oculaires mineures sont assez variables et peuvent consister en épicanthus, ptosis, strabisme, microcornée, staphylome postérieur et atrophie optique. C’est la première délétion observée dans l'espèce humaine. En dehors de malformations particulièrement sévères, la survie est possible et certains patients ont plus de 60 ans, quelques femmes ont eu des enfants et ont transmis l'anomalie.
J. de Grouchy, médecin généticien français (1963)
déguanidase n.f.
deguanidase
Enzyme catalysant l'hydrolyse de fonctions guanidiques.
On en distingue plusieurs types : 1) les déguanidases qui libèrent l'urée, comme l'arginase qui hydrolyse l'arginine en ornithine et urée. 2) les déguanidases qui libèrent deux molécules d'ammoniac et le dioxyde de carbone, comme l'arginine-dihydrolase. 3) les guanidodésimidases qui libèrent une molécule d'ammoniac, transformant p. ex. l'arginine en citrulline.
Dehaene (classification de) l.f.
Dehaene’s classification
Classification des manifestations du syndrome d'alcoolisme fœtal.
On distingue :
- type 0 : hypotrophie fœtale sans dysmorphie,
- type I : forme d'atteinte légère comprenant un ou deux éléments dysmorphiques sans malformation majeure,
- type II : forme moyenne avec dysmorphie complète associée à une ou deux malformations,
- type III : forme sévère comprenant une dysmorphie importante avec nanisme et une ou plusieurs malformations,
Ph. Dehaene, pédiatre français (1995)
déhiscence n.f.
dehiscence
Séparation de ce qui est naturellement joint, par ex. déhiscence d'une plaie, d'une suture.
Étym. lat. dehiscere : s'ouvrir, se fendre
déhiscence de la cicatrice utérine l.f.
uterine scar dehiscence
Solution de continuité de la muqueuse et de la musculeuse utérines en regard d'une cicatrice opératoire de césarienne, myomectomie, hystéroplastie ou salpingectomie.
Elle survient habituellement au cours du travail et peut se traduire par une douleur sus-pubienne, des métrorragies, une souffrance fœtale et une baisse d'intensité des contractions utérines. Le plus souvent la déhiscence est asymptomatique, visible seulement lors d'une césarienne ou découverte lors d'une révision utérine après l'accouchement par les voies naturelles. Elle s'oppose à la rupture utérine où toutes les tuniques de l'utérus sont atteintes. Lorsqu'elle est de petite taille, la déhiscence est traitée de manière conservatrice par une surveillance stricte et une antibiothérapie. Lorsqu'elle est supérieure à 4 cm, elle nécessite une suture chirurgicale par laparotomie.
Étym. lat. dehiscere : s'ouvrir, se fendre
déhiscence des droits de l'abdomen l.f.
dehiscence of the abdominal wall
Élargissement anormal entre les berges médiales des muscles droits de l'abdomen (musculus abdominus).
Étym. lat. dehiscere : s'ouvrir
→ diastasis des droits, laparoschisis
déhiscence du col utérin l.f.
cervical dehiscence
Modification du col utérin, retrouvée au cours de la grossesse, avec un orifice externe plus ou moins évasé, en particulier chez la multipare.
Étym. lat. dehiscere : s'ouvrir
déhiscence rétinienne l.f.
retinal break
Solution de continuité au niveau du neuroépithélium rétinien.
Les déhiscences peuvent être uniques ou multiples et sont situées le plus souvent au niveau de la rétine équatoriale sous la forme de déchirures à clapet, de trous à opercule ou de trous atrophiques. Elles peuvent être observées au pôle postérieur surtout chez le myope fort. Les déhiscences rétiniennes constituent la lésion indispensable à la formation d’un décollement de rétine rhegmatogène.
Étym. lat. dehiscere : s'ouvrir
déhydroacyl-hydratase n.f.
dehydroacyl-hydratase
Enzyme qui catalyse l'hydratation réversible d'un déhydroacyl-coenzyme A ou d'un autre déhydroacyl-thiol, fixant l'hydroxyle de l'eau sur le carbone b.
Il en existe deux types : 1) l'un, la crotonase, agit sur la forme trans et conduit à un L-b-hydroxyacyl-thiol ; il joue un rôle important dans la b-oxydation des acides gras dans les mitochondries. 2) l'autre agit sur la forme cis et conduit à un D-b-hydroxyacyl-thiol ; il joue un rôle dans la biosynthèse des acides gras.
Syn. énoyl-hydratase