Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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fistule pancréatique l.f.

pancreatic fistula

Communication entre un canal pancréatique et l'extérieur du pancréas pouvant atteindre d'autres organes digestifs, le péritoine, la plèvre ou la peau.
Les principales causes sont les poussées de pancréatite aigüe nécrosante, les pseudokystes et la chirurgie d'exérèse (où la fistule part de la tranche de section du pancréas). Le traitement demande la mise au repos du pancréas par la suppression de l'alimentation orale, associée si besoin à des injections d'analogues de la somatostatine qui diminuent la sécrétion pancréatique exocrine.
Edit 2018

Étym. lat. fistula : canal

→ somatostatine, pancréatite, pseudokyste

[L1]

fistule rectale l.f.

rectal fistula

Malformation congénitale par anomalie du développement embryonnaire, réalisant un abouchement anormal du rectum.
Chez le garçon : ouverture anormale du rectum dans les voies urinaires du fait d'un défaut de cloisonnement du cloaque en rectum et sinus urogénital.
Chez la fille : ouverture anormale du rectum dans le vestibule, par absence du périnée du fait d'un défaut de cloisonnement du cloaque primitif.
Edit 2018

Étym. lat. fistula : canal

[O6,L1,M2]

fistule rectovaginale l.f.

recto-vaginal fistula

Communication anormale entre le vagin et l’ampoule rectale.
Elle se traduit par l’issue de matières fécales par le vagin. Elle succède en général à une déchirure obstétricale, plus rarement à un cancer du col et du vagin ou une complication de son traitement, chirurgical ou radiothérapique. Quand son origine est traumatique, elle s’opère par voie basse pour le tiers inférieur du vagin, par voie abdominale pour les fistules hautes.
Edit 2018

Étym. lat. fistula : canal

[L1,O3]

fistule rénodigestive l.f.

reno alimentary fistula

Communication pathologique des cavités intrarénales avec un segment du tube digestif.
Elle concerne habituellement le côlon, le duodénum ou l'estomac, et résulte de la fistulisation d'un phlegmon périnéphrétique ou d'un abcès rénal dans la structure viscérale creuse de voisinage. C'était une complication des pyonéphroses lithiasiques négligées. Leur traitement est chirurgical, associant la néphrectomie à la réparation digestive.
Edit 2018

Étym. lat. fistula : canal

→ phlegmon périnéphrétique, pyonéphrose

[L1,M2]

fistule sigmoïdovésicale l.f.

vesico-sigmoidal fistula

Fistule faisant communiquer le côlon sigmoïde avec la vessie.

Étym. lat. fistula : canal

→ fistule colovésicale

[L1,M2]

Édit. 2018

fistule trachéo-œsophagienne non traumatique l.f.

Communication entre l'œsophage et l'arbre trachéobronchique, révélée par des fausses routes à répétition lors de l'absorption des liquides, causes d'épisodes de suppurations bronchopulmonaires.
Son étiologie est variable :
- complications de la ventilation artificielle et de la trachéotomie.
- tumorale par nécrose d'un carcinome œsophagien dans la trachée ou l'une des bronches principales. Il est exceptionnel qu'une tumeur maligne trachéobronchique se fistulise dans l'œsophage. Un traitement radio et/ou chimiothérapique peut être cause de la fistule, par nécrose tumorale ;
- la tuberculose peut être en cause par l'intermédiaire d'une adénopathie intertrachéobroncho-œsophagienne au stade de fonte caséeuse, parfois au stade de pierre ;
-les complications des corps étrangers ;
-les complications post-opératoires (chirurgie vertébrale, de l’œsophage, laryngectomie)
- enfin, il est des fistules congénitales.
Affirmer le diagnostic repose sur la clinique et la trachéobronchoscopie pour localiser avec précision la fistule.
Dans les fistules tumorales malignes, le traitement est palliatif, instrumental, donnant des résultats médiocres le plus souvent.
Lorsque la fistule est congénitale, le traitement est chirurgical tout comme en cas d'origine tuberculeuse après mise en route du traitement antituberculeux.

Étym. lat. fistula : canal

Syn. fistule oeso-trachéale

→ fistule trachéo-oesophagienne ou oeso-trachéale traumatique

[L1,K1]

Édit. 2018

fistule trachéo-oesophagienne congénitale l.f.

Syn. fistule œsotrachéale congénitale

→ fistule œsotrachéale congénitale

[L1,K1,O1,Q2]

Édit. 2018

fistule trachéo-œsophagienne traumatique l.f.

traumatic tracheo-oesophageal fistula

Communication par ulcération de la membraneuse trachéale et de la paroi antérieure de l'œsophage en regard, le plus souvent d'origine ischémique.
La survenue de cette complication des intubations trachéales par voie oropharyngée, nasopharyngée ou par trachéotomie est due à la présence permanente d'une sonde œsophagienne rigide et d'un ballonnet endotrachéal trop gonflé pendant plusieurs jours.
Le diagnostic est évoqué tantôt lors de la reprise de l'alimentation par voie orale, tantôt par la présence de salive abondante ou de liquide nutritif par reflux dans l'aspiration trachéale. À la reprise de l'alimentation, le diagnostic est fait sur l'apparition d'une toux retardée d'une ou deux secondes après la déglutition. Le diagnostic étant suspecté, la trachéoscopie s'impose (de préférence au tube rigide), car l'ulcération de la membraneuse est facilement repérée.
Le traitement est simple : suture œsophagienne et petite résection trachéale souvent circulaire suivie de sa suture avec interposition d'un lambeau musculaire bien vascularisé entre les deux viscères, en regard des zones suturées.

Étym. lat. fistula : canal

Syn. fistule oeso-trachéale traumatique

[L1,K1,O1]

Édit. 2018

fistule uréthrorectale acquise l.f.

secondary urethro-rectal fistula

Communication anormale entre l'urèthre et le rectum, complication secondaire de la chirurgie prostatique d'exérèse (adénomectomie ou prostatectomie).
Elle nécessite une réparation chirurgicale, habituellement par voie transanale ou transanosphinctérienne.

Étym. lat. fistula : canal

[L1,M2]

Édit. 2018

fistule uréthrorectale congénitale l.f.

congenital urethro-rectal fistula

Communication anormale entre urèthre postérieur et rectum, accompagnant l'imperforation anale.
Elle est traitée initialement en même temps que l'abaissement rectal mais peut être cause ensuite de torsion ou angulation du canal uréthral, facteurs d'obstruction relative.

Étym. lat. fistula : canal

[L1,M2,O2]

Édit. 2018

fistule vésico-intestinale l.f.

vesico-intestinal fistula

Communication anormale entre la vessie et un segment intestinal, grêle ou côlon, liée habituellement à l'évolution d'une affection digestive primitive : diverticulose colique, maladie de Crohn, cancer du côlon.
Elle se traduit par pneumaturie, fécalurie, infection vésicale, écoulement urinaire par le rectum. Les modalités de son traitement, chirurgical, varient avec la maladie causale.

B. B. Crohn, gastroentérologue américain (1932)

Étym. lat. fistula : canal

[L1,M2]

Édit. 2018

Fitz-Hugh-Curtis (syndrome de) l.m.

Fitz-Hugh-Curtis’ syndrome

Périhépatite infectieuse provoquant des adhérences fibreuses épaisses entre la capsule de Glisson du foie et la coupole diaphragmatique.
Elle est due à une infection génitale et péritonéale à Chlamydia trachomatis ou Neisseria gonorrhea. Elle entraîne des douleurs qui peuvent simuler une cholécystite aigüe. Elle est diagnostiquée lors des cœlioscopies pratiquées pour salpingite chronique.

T. L. Fitz-Hugh Jr, médecin interniste (1934) et A. H. Curtis, gynécologue (1930), tous les deux américains

→ périhépatite d'origine génitale

[D1,L1,O3]

Édit. 2018

flatulence n.f.

flatulence

Accumulation d'air dans l'estomac ou les intestins, cause de sensation pénible de ballonnement de l'abdomen attribuée par le sujet à un excès de gaz digestifs, et accompagnée parfois d'éructations.
Elle traduit une insuffisance digestive gastrobiliopancréatique ou, à un stade majeur, une occlusion intestinale.

Syn. météorisme, ballonnement

[L1]

Édit. 2018

flatulent adj.

flatulent

Caractérise la sensation désagréable entraînée par l’accumulation de gaz digestifs.

→ flatulence

[L1]

Édit. 2018

flore intestinale l.f.

gut flora

Ensemble des populations microbiennes qui, dès la naissance, colonisent le tractus intestinal et se maintiennent en équilibre grâce aux interactions entre les différents composants biotiques et abiotiques du milieu.
Le tractus intestinal des mammifères est normalement stérile à la naissance ; les premières bactéries qui s'y multiplient sont des entérobactéries, des streptocoques, des lactobacilles puis des Bifidobacterium ; chez l'adulte, on trouve de nombreuses bactéries anaérobies strictes ainsi que diverses levures, des protozoaires et des virus. La flore dépend de l'espèce hôte; elle est influencée par l'alimentation, une antibiothérapie. Elle est responsable de modifications du bol alimentaire, de modifications anatomiques du tube digestif, de stimulation du système immunitaire de l'hôte et elle protège le tube digestif contre des agressions dues à des bactéries potentiellement pathogènes.

Syn. microbiome intestinal, microbiote intestinal

→ effet de barrière, microbiote, microbiome intestinal, microbiote intestinal, microbiome, flore bactérienne

[D1,L1]

Édit. 2018

signe du flot l.m.

cork sign

Signe clinique pour la recherche de l’existence d’une quantité abondante de liquide abdominal : la main posée à plat contre un flanc, perçoit l’onde de choc provoquée par la percussion de l'autre flanc, prouvant la présence d’une ascite ou chez la femme enceinte d’un hydramnios.

→ ascite, hydramnios

[L1,O3]

Édit. 2018

flot transthoracique l.m.

Signe clinique de recherche de l’existence d’un kyste hydatique situé sur la convexité du foie :
la main gauche placée en-dessous de l’omoplate, perçoit des ondulations provoquées par la percussion de la paroi thoracique antérieure par la main droite.

A. Chauffard, médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1909)

→ kyste hydatique

[[K1,L1]]

Édit. 2018

fluorose n.f.

fluorosis

Intoxication chronique par le fluor, manifestée par une défectuosité de l'émail dentaire qui est tacheté de brun et, plus rarement, par une sclérose osseuse.
Elle peut-être d’origine alimentaire ou professionnelle (tableau n° 32).
La sclérose osseuse, qui est généralisée et symétrique mais qui respecte le crâne et les extrémités, est caractérisée par un densification associée à des productions osseuses d’origine périostée et à des ossifications ligamentaires. Elle s’accompagne de raideur musculaire et de paralysie et peut aboutir à la mort.

P. F. Møller, médecin radiologue danois et S. V. Gudjonsson, médecin danois (1932)

Syn. maladie de Velu-Speder, darmous

→ ostéopathie fluorée

[L1,P3]

Édit. 2018

fluoro-uracile n.m.

fluoro-uracile

Médicament antimitotique de la classe des antimétabolites, de type anti-pyrimidique, utilisé dans la chimiothérapie, notamment des cancers digestifs, de l’ovaire et du sein.
Il s’administre par voie veineuse. Sa prodrogue est la capécitabine qui s’administre par voie orale. Des pommades au 5 FU sont utilisées dans les cancers baso-cellulaires de la peau, ou les états précancéreux tels la maladie de Bowen ou l’érythroplasie de Queyrat.
5 FU et capécitabine ont les mêmes risques de toxicité, hématologique, digestive (nausées, vomissements, diarrhée, mucites), syndrome main-pied, beaucoup plus rarement cardiaques.
Le métabolisme des fluoropyrimidines dépend majoritairement de l’activité de la dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD), enzyme clé du métabolisme et de l’élimination des fluoropyrimidines, qui inactive plus de 80 % du 5-FU au niveau hépatique permettant la réduction du 5-FU en 5-fluoro-5,6-dihydrouracile, lui-même hydrolysé puis éliminé. Il existe des variabilités interindividuelles importantes de l’activité de cette enzyme liées à des mutations du gène de la DPD, responsables d’une réduction, avec pour conséquence, une accumulation des métabolites actifs du 5-FU et un risque accru de toxicité aiguë, précoce et grave.

Sigle 5 FU

→ capécitabine, maladie de Bowen, érythroplasie de Queyrat, syndrome main-pied

[F2,G5,L1,O3,O5]

Édit. 2018

FNLT sigle m. pour Fer Non Lié à la Transferrine

non transferrin bound iron

Partie libre du fer plasmatique qui circule lié à des molécules de faible masse moléculaire.
Normalement sa concentration est faible ; dans l'hémochromatose génétique il peut atteindre des valeurs de 15 à 20 mmol/L.
Le fer non lié joue probablement un rôle dans la constitution d'une surcharge comme dans l'induction, par le biais de réactions radicalaires, de lésions hépatocytaires.

→ hémochromatose génétique

[L1]

Édit. 2018

foie n.m.

hepar (TA)

liver

Glande abdominale, brun rouge, d’un poids moyen de 1500g, qui sécrète la bile et assure un grand nombre de fonctions métaboliques indispensables à la vie.
Le foie occupe la région sous-phrénique droite, la partie supérieure de la région coeliaque et la partie attenante de la loge sous-phrénique gauche. On lui décrit deux faces : une face diaphragmatique subdivisée en une face supérieure et une face postérieure ; une face viscérale, inférieure. La partie supérieure de la face diaphragmatique et la face viscérale sont séparées par un bord inférieur mince. Le foie est entouré de trois tuniques : séreuse ou péritonéale, sous-séreuse et fibreuse. Cette dernière se continue au niveau du hile avec la capsule fibreuse péri-vasculaire.
La morphologie externe du foie permet de décrire quatre lobes : droit, gauche, carré et caudé. Ces lobes ne correspondent pas à la distribution vasculo-biliaire à l’intérieur de l’organe qui seule détermine la segmentation hépatique.
La segmentation vasculo-biliaire permet de distinguer dans la partie gauche du foie : un secteur latéral gauche composé des segments II et III et un secteur médial gauche qui constitue le segment IV. La partie postérieure du foie est constituée par le lobe caudé qui représente le segment I. On distingue dans la partie droite du foie : un secteur médial droit composé des segments V et VIII, et un secteur latéral droit composé des segments VI et VII. Cette segmentation est dite portale car centrée sur la distribution des branches de la veine porte.
Il existe une segmentation dite hépatique correspondant à la distribution intra-parenchymateuse des veines hépatiques qui cheminent dans les scissures séparant les secteurs et segments portaux. Ces deux systématisations hépatique et portale se chevauchent : « Dans la scissure d’une systématisation donnée se trouve un pédicule principal de l’autre systématisation » (C. Couinaud).
Le foie est une glande exocrine du fait de la sécrétion de la bile. Il a aussi de multiples fonctions métaboliques glucidiques, lipidiques, protidiques et des activités de détoxication et d’épuration. Il joue un rôle important dans la synthèse des protéines plasmatiques et constitue un lieu de stockage des vitamines A, D, K, B et du fer.

C. Couinaud, chirurgien et anatomiste français (1954 et 1957)

[A1,L1]

Édit. 2018

foie accordéon l.m.

Variations du volume hépatique observées au cours de l’évolution de l’insuffisance ventriculaire droite.

→ foie cardiaque

[A1,L1,K2]

Édit. 2018

foie cardiaque l.m.

cardiac liver

Ensemble des anomalies hépatiques secondaires à des altérations hémodynamiques résultant de l’insuffisance cardiaque.
Une hépatomégalie de stase congestive initiale peut, dans l’insuffisance cardiaque chronique, évoluer vers des lésions de cirrhose hépatique (cirrhose cardiaque).

→ foie systolique, foie accordéon

[A1,L1,K2]

Édit. 2018

foie alcoolique l.m. ???

Association des lésions hépatiques secondaires à l’alcoolisme chronique : hépatite alcoolique, stéatose, cirrhose

→ hépatite alcoolique, stéatose, cirrhose

[G4,L1]

Édit. 2018

foie clouté l.m.

hobnail liver

Foie dont la surface est marquée par la présence de granules.
Son origine est cirrhotique.

→ foie marronné, cirrhose hépatique

[G4,L1]

Édit. 2018

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