Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

792 résultats 

résonance plasmonique de surface l.f.

La résonance plasmonique de surface est une technique optique permettant la détection d’un ligand (molécule organique, biologique, micro-organisme, …) se fixant à un récepteur immobilisé (adsorbé) à la surface d'une couche métallique.
Le système de détection SPR mesure la variation de l'indice de réfraction au voisinage de l'interface quand le ligand se fixe aux récepteurs. Le plasmon de surface est une onde à décroissance exponentielle des deux côtés de l’interface séparant un métal (or, argent, etc.) d’un milieu diélectrique sans pertes (milieu biologique par exemple), parallèlement à laquelle elle se propage. Le champ électromagnétique dans le milieu biologique présente un caractère d’onde évanescente, c’est-à-dire d’amplitude décroissant exponentiellement avec la distance à l’interface. La fixation de molécules sur l’interface va modifier l’information contenue dans l’onde tant au niveau de sa phase que de son amplitude. L’onde plasmon joue le rôle de sonde dans le milieu où se situe la réaction biomoléculaire. L’information pourra alors être recueillie soit sur la phase soit sur l’amplitude du faisceau réfléchi. Généralement, l’onde incidente, polarisée transverse magnétique (TM), traverse d’abord un prisme de verre d’indice de réfraction élevé et se réfléchit sur l’interface recouverte de métal sous un angle d’incidence supérieur à l’angle critique défini par rapport au milieu biologique. Ce prisme constitue le dispositif de couplage de l’onde incidente avec l’onde de surface (plasmon de surface).
La résonance plasmonique de surface ne nécessite aucun marquage préalable des molécules cibles, permet une détection en temps réel qui peut être quantitative. En outre, les capteurs SPR peuvent être régénérés par injection d’une solution dite de régénération.

→ interactomique

[B,B2,B3]

rétraction de la petite courbure l.f.

lesser curvature retraction

Sur une radiographie gastrique après opacification, incurvation fixe de la petite courbure, centrée sur la lésion ulcéreuse.
Cet aspect en faveur de la bénignité est souvent associé à une convergence des plis et à une réaction antrale.

rétroaction n.f.

feedback

1. Dispositif de "rétrocontrôle" et d'"alimentation en retour" propre aux systèmes cybernétiques, qui asservit les agents actionnant une machine aux effets qu'elle produit continuellement.
Ainsi est permise en général la correction des écarts entre les effets réels et les effets désirés : feedback négatif. Par contre, au-delà des valeurs critiques de certains paramètres, le feedback peut devenir positif et susciter une réaction explosive ou un changement brutal d'état.
2. Du fait de l'analogie des comportements d'apparence "finalisée" des organismes vivants, ces mécanismes sont un axe majeur de recherche en physiologie.
En neurophysiologie, psychologie et thérapeutique psychiatrique, il s'agit d'une approche importante : application par exemple à la rééducation vésicale chez les paraplégiques ou sphinctérienne anale chez les opérés.
3. Effet rétroactif de régulation appliqué en particulier aux hormones.
En endocrinologie, la variation de sécrétion d'une glande endocrine est capable d'inhiber ou de déclencher celle de sa stimuline hypophysaire. Il est dit négatif quand l’augmentation de la teneur du plasma en une hormone freine sa propre production, comme le font par exemple les gonadotrophines sur l’antéhypophyse par l’intermédiaire de l’œstradiol ou de l’inhibine. En neurophysiologie, psychologie et thérapeutique psychiatrique, il s'agit d'un éclairage important.

Syn. contrôle rétroactif

→ biofeedback

ribonucléase n.f.

ribonuclease

Enzyme de la catégorie des phosphodiestérases qui catalyse la scission de liaisons phosphodiester dans les molécules d'acide ribonucléique.
La ribonucléase de pancréas de bœuf dite ribonucléase A est un polypeptide de masse moléculaire 12 683 Da. Elle contient 124 acides aminés et 4 ponts disulfure. Son action s'exerce sur des liaisons entre un acide phosphorique lié en 3' à un nucléotide pyrimidique, et la fonction alcool primaire en 5' d'un autre nucléotide. La réaction commence par un transfert de la liaison sur la fonction alcool libre en 2' du nucléotide pyrimidique, ce qui scinde le polynucléotide sans hydrolyse ; secondairement, le phosphodiester cyclique obtenu est hydrolysé. Les ribonucléases T1 et T2 de la takadiastase (d'Aspergillus oryzae) scindent respectivement les liaisons 5' de nucléotides guanyliques et adényliques. Les ribonucléases de venins de serpent hydrolysent les liaisons en 3' situées près des extrémités des chaines.

Abrév. RNase

Richardson (test de) l.m.

Richardson’s test

Test de grossesse par réaction colorimétrique urinaire.

G.C. Richardson, gynécologue américain (1951)

Rivalta (réaction de) l.f.

Rivalta’s reaction

Réaction permettant de distinguer les épanchements inflammatoire de ceux qui sont mécaniques.
L’adjonction de quelques gouttes provenant de l’épanchement dans de l’eau distillée additionnée d’acide acétique entraîne un trouble quand il s’agit d’un exsudat et reste limpide dans le cas d’un transsudat.

F. Rivalta, anatomopathologiste italien (1895)

→ exsudat, transsudat

rythme alpha l.m.

α rythm

En électroencéphalographie, rythme formé d'oscillations de 8 à 12 cycles/sec, d'une amplitude de 50 à 100 microvolts (ondes α).
C'est le rythme normal de l'adulte éveillé, au repos et yeux fermés. Il prédomine sur la partie postérieure du crâne et cesse dès l'ouverture des yeux (réaction d'arrêt).

Syn. rythme de Berger

Sabin et Feldman (test de) l.m.

Sabin-Feldman’s test, dye-test

Test sérologique d’affinité tinctoriale longtemps considéré comme la méthode de référence pour le sérodiagnostic de la toxoplasmose, consistant à mettre en présence des toxoplasmes vivants, entretenus sur ascite de Souris, du complément et des dilutions du sérum à étudier.
Dans la technique originale, l’action des anticorps spécifiques sur des toxoplasmes vivants était appréciée in vivo par la perte d’affinité tinctoriale pour le bleu de méthylène (d’où le nom de la méthode : dye-test ou test de coloration). Par la suite, ce test a été simplifié par l’examen en microscopie à contraste de phase, montrant, en cas de réaction positive, des toxoplasmes lysés (d’ou le nom actuel de test de lyse).

A. Sabin, microbiologiste américain et H. A. Feldman, épidémiologiste américain (1948)

Syn. dye-test, test de lyse

→ toxoplasmose

sandwich (technique) l.f.

sandwich technique

Technique utilisée pour la détection d'un anticorps ou de cellules productrices d'anticorps sur des coupes ou des frottis.
Une première couche d'antigène est appliquée ; après un certain temps de réaction, une deuxième couche d'anticorps spécifiques de l'antigène est appliquée, marquée au fluorochrome. Ainsi l'antigène est pris en sandwich entre deux couches d'anticorps.

Sarcoptes scabiei hominis l.m.

Sarcoptes scabiei hominis, itch mite
Acarien de très petite taille (250 à 350 µm), responsable de la gale humaine ou scabiose.
Ce parasite vit dans la peau, entre la couche cornée et le corps muqueux de Malpighi où, responsable du prurit, il creuse des sillons ou des tunnels terminés par une microvésicule perlée correspondant à une réaction œdémateuse locale liée à sa présence.

Étym. gr. sarx : chair ; coptô : couper

→ sillon scabieux, gale, scabiose

scissurite n.f.

pleural fissure thickenning

En radiologie pulmonaire, terme impropre pour désigner la visibilité accrue d'une scissure, parfois épaissie par une réaction pleurale ancienne.

→ scissure (image de)

sclérodermiforme (syndrome) l.m.

sclerodermiform syndrome

Syndrome cliniquement proche d'une sclérodermie pouvant être observé dans de multiples circonstances.
Il peut s’agir, entre autres, de :
- maladies dysmétaboliques (mucinose papuloscléreuse, amylose systémique, porphyrie cutanée tardive, diabète, hypothyroïdie, phénylcétonurie);
- états  de sénescence prématurée (syndrome de Werner, progeria) ;
- pathologie tumorale (lymphomes T, tumeurs carcinoïdes) ;
- pathologie immunitaire (réaction du greffon contre l'hôte) ;
- maladies professionnelles chez les utilisateurs de dérivés chlorés, de dérivés de l'éthylène, de benzène, toluène ou xylène, de chlorure de vinyle chez les nettoyeurs d'autoclaves ;
- d’intoxications médicamenteuses par bléomycine, anorexigènes, L-tryptophane, sotalol, D-Pénicillamine ;
- du syndrome des huiles frelatées espagnoles...

→ hypodermite par injection de vitamine K, sclérodermie thérapeutique

sclérose en plaques l.f.

multiple sclerosis

Affection inflammatoire démyélinisante atteignant des sites dispersés de la substance blanche du cerveau, respectant donc le cortex, et de la moelle, qui évolue de façon discontinue dans ses formes communes.
Le nom de cette affection fréquente (40 à 60 pour 100 000 habitants des climats tempérés, trois femmes pour deux hommes) procède des premières descriptions anatomocliniques. Les lésions consistent en plaques disséminées qui correspondent à des foyers de démyélinisation élective des gaines myéliniques des oligodendrocytes, respectant les axones (dissociation myélinoaxonale) et qui, perdant par la suite leur caractère inflammatoire, évolueront vers la gliose astrocytaire (sclérose), puis s'accompagneront d'une atteinte axonale relative.
Débutant surtout entre 20 et 40 ans, sa symptomatologie est très polymorphe : pyramidale, sensitive, cérébelleuse, visuelle (névrite optique rétrobulbaire). Elle s'associe à des atteintes d'autres nerfs crâniens, sphinctériennes et génitales, psychiques (classique "euphoria sclerotica") et neuropsychologiques.
Il n'y a pas de parallélisme entre les symptômes, les signes d'examen et les données de l'IRM, examen essentiel au diagnostic, qui retrouve des foyers disséminés sous-corticaux bien visibles dans les séquences en T2 et en FLAIR (FLuid Attenuated Inversion Recovery). De nombreuses plaques sans expression clinique sont réparties notamment dans les régions périventriculaires des deux hémisphères. Dans le LCR, une biosynthèse intrathécale d'immunoglobulines, voire une réaction cellulaire, témoigne de l'activité de la maladie. La notion d'anomalies des potentiels évoqués (PEV, PEA, PES) est en faveur de la dissémination du processus.
L'évolution se fait par poussées (formes rémittentes), puis selon des formes dites régulièrement progressives. Certaines sont progressives d'emblée.
La pathogénie met en jeu des facteurs de prédisposition génétiques et des facteurs environnementaux (peut-être de nature infectieuse), expliquant la répartition géographique prédominante dans les régions tempérées et les populations "caucasiennes".
Les glucocorticoïdes sont utilisés lors des poussées. Les traitements de fond utilisent les immunosuppresseurs, ainsi que les antiviraux et immunomodulateurs comme les interférons ß-1a et ß-1b.

Sigle SEP

→ sclérose en plaques et troubles psychiques, mitoxantrone, Uthoff (phénomène d'), FLAIR

sclerosing lipogranuloma l. angl.

1) En clinique, nodule hypodermique des organes génitaux masculins survenu après traumatisme ou auto-injections de corps étrangers, s'apparentant donc aux cytostéatonécroses mammaire ou d'autres localisations.
2) En histologie, réaction granulomateuse à corps étranger autour de particules lipidiques exogènes, donc synonyme de granulome lipophagique.

H.F. Smetana et W. Bernhard, anatomopathologistes américains (1950)

→ cytostéatonécrose posttraumatique, lipogranulome

sensibilité croisée l.f.

cross sensitivity

Sensibilité constatée entre deux antigènes lorsque l'injection de l'un de ces antigènes confère une sensibilité également à un autre antigène.
Il peut s'agir de la réaction d'une cellule immunocompétente ou d'un organisme tout entier.

septum interlobulaire l.m.

interlobular septum

Cloison conjonctive séparant les lobules adipeux de l'hypoderme les uns des autres et contenant des vaisseaux.
Quand elle est le siège d'une réaction inflammatoire, on parle d'hypodermite septale.

sérologie syphilitique l.f.

syphilitic serology

Recherche et dosage, dans un sérum, des anticorps spécifiques de Treponema pallidum, agent de la syphilis.
Le diagnostic de syphilis repose sur la positivité de plusieurs tests :
- réaction à antigène lipidique non tréponémique : VDRL (Venereal Disease Research Laboratory),
- réactions à antigènes tréponémiques spécifiques : TPHA (Treponema Pallidum Haemagglutination Assay),  FTA-abs test (Fluorescent Treponema Antibody absorption test). (Le test d’immobilisation des trémonèmes de Nelson n’est plus pratiqué).
Les tests VDRL et TPHA sont utilisés pour le diagnostic rapide de dépistage de la syphilis et peuvent être quantifiés.
Dans la syphilis primaire, le FTA-abs test et le TPHA se positivent entre le 7ème et le 15ème jours, le VDRL plus tardivement. Au cours de la syphilis secondaire, tous les tests sont positifs. Dans la syphilis tertaire, les tests sont faiblement positifs, voire négatifs. Dans la syphilis congénitale précoce, toutes les réactions sont positives.
Une fausse positivité isolée du test VDRL peut s’observer dans les dysglobulinémies, certaines viroses (hépatites, mononucléose infectieuse), le lupus érythémateux systémpique et la sclérodermie.

séroréaction n.f.

seroreaction

Réaction sérologique, sérodiagnostic.

sésamoïdite n.f.

sesamoïditis

Réaction inflammatoire ou pseudo-inflammation d'un os sésamoïde.
Les plus fréquentes sont l'altération du sésamoïde du jumeau externe ou fabella, et la sésamoïdite interne ou externe sous la tête du 1er métatarsien décrite par Freiberg 1914 et connue sous le nom de maladie de Renander (1924).

A. H. Freiberg, chirurgien orthopédiste amérain (1914) ; A. Renander, médecin radiologue suédois (1924)

→ os sésamoïde, maladie de Köhler

sialylation n.f.

sialylation

Action de fixer un acide sialique sur un substrat qui est en général une glycoprotéine.
La réaction de sialylation est catalysée par une enzyme appelée sialyl-transférase

Étym. gr. sialon : salive

→ acide sialique, sialyl-transférase

sida acr. pour Syndrome d’Immuno Déficience Acquise

aids (Acquired ImmunoDeficiency Syndrome)

Syndrome d’immunodéficience consécutive à une infection par les virus de l’immunodéficience humaire (VIH).
Environ 42 millions de personnes ont été contaminées par le VIH jusqu’en 2003,  dont 95% vivent dans des pays du tiers monde. On dénombre chaque année en France environ 5 000 nouveaux cas de contamination par le VIH.
Le virus peut être transmis par contact, hétérosexuel ou homosexuel, par le sang (piqûre accidentelle, échange de seringues par les utilisateurs de drogues, transfusions ou injections de produits sanguins contaminés), ou par transmission de la mère à l’enfant à travers le placenta, lors de l’accouchement ou par l’allaitement. Après une primo-infection suivie d’une période asymptomatique de durée variable, caractérisée par une production massive de virus et de lymphocytes T avec diminution progressive du nombre de lymphocytes T CD4 circulants, avec effondrement du rapport T4/T8, la période de sida est caractérisée par une lymphadénopathie généralisée progressive accompagnée d’infections à germes opportunistes, de tumeurs et de manifestations neurologiques.
Les traitements associant des inhibiteurs de transcriptase inverse et des antiprotéases permettent, dans les cas favorables, d’abaisser la virémie au-dessous du seuil de détection des méthodes d’amplification par réaction en chaîne de la polymérase (PCR). Cependant, l’action de ces traitements sur le réservoir de virus (cellules dendritiques au sein des tissus lymphoïdes) n’est pas encore démontrée.
Au cours de la grossesse, le virus se transmet au foetus avec une fréquence supérieure à 20%  en l’absence de traitement, essentiellement au moment du passage dans la filière génitale. Le traitement par les médicaments rétroviraux pendant la grossesse permet de réduire l’infection fœtale à moins de 10%, voire maintenant à probablement moins de 5% .

→ virus de l'immunodéficience humaine, séropositif au VIH

sidération n.f.

sideration

État de stupeur émotive dans lequel le sujet, figé, inerte, donne l'impression d'une perte de connaissance ou réalise un aspect catatonique par son importante rigidité, voire un tableau pseudoparkinsonien du fait des tremblements associés.
Au réveil peuvent se manifester des troubles divers, tels que mutisme, hypoacousie ou amaurose.
Décrite par A. Fribourg-Blanc pendant le premier conflit mondial comme une inhibition totale mettant le sujet hors d'état d'avancer ou d'ébaucher un geste de défense, elle se rencontrait dans le cadre de l'ictus émotif (E. Dupré) ou de la terreur catalepsiante des auteurs français classiques. Il s'agit en général d'une réaction à un traumatisme psychique majeur (guerre, catastrophe, deuil subit, etc.).

A. Fribourg-Blanc, médecin général neuropsychiatre français (1888-1963) ; E. Dupré, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1862-1921)

Étym. lat. sideratio : position et action funeste des astres et du soleil

singe vert (maladie du) l.f.

green monkey disease

Maladie due au virus de Marburg, mortelle dans près de 30% des cas, qui associe fièvre, troubles digestifs, éruption maculopapuleuse, conjonctivite et hémorragies (gingivales, digestives et aux points de ponction).
On observe une nécrose du parenchyme hépatique sans modification architecturale ni réaction inflammatoire, réalisant le tableau d’une hépatite lobulaire extensive non systématisée.

→ Marburg (maladie de), Marburg (maladie de)

sinusite n.f.

sinusitis

Inflammation aigüe ou chronique de la muqueuse d'un sinus osseux, d'origine infectieuse ou liée à un désordre de la réaction inflammatoire comme dans la polypose nasosinusienne.
Elle peut être uni- ou bilatérale et toucher un ou plusieurs sinus.

site accepteur d'épissage l.m.

splice acceptor, splice acceptor site

Extrémité aval d’un intron impliquée dans son excision. Elle se trouve dans le contexte d’une séquence consensus qui assure la spécificité de la réaction d’épissage.

→ exon, intron, épissage, excision

[Q1]

Édit. 2017

| page précédente | /32 | page suivante