Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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syndrome respiratoire du Moyen-Orient  l.m.

Middle East respiratory syndrome

Syndrome respiratoire infectieux zoonotique, potentiellement grave, survenant par petites épidémies ou par cas sporadiques dans différents pays du Moyen-Orient.
Ce syndrome fut identifié, ainsi que le virus responsable, à l'occasion de cas sporadiques survenus dans la péninsule arabique en 2012. Après une incubation de 8 à 12 jours, le tableau clinique débute par une pneumonie d'apparence banale avec fièvre, frissons, myalgies, céphalées, toux, dyspnée, et peut aboutir à une détresse respiratoire aiguë ou parfois à une insuffisance rénale. La létalité semble être de l'ordre de 50 %. Le diagnostic fait appel à des techniques de biologie moléculaire. Nous ne disposons actuellement d'aucun traitement spécifique hormis la cyclosporine A. Des vaccins sont à l'étude.
Des cas humains ont été observés en Arabie, Emirats arabes, Qatar, Oman, Koweït, Yémen, Jordanie,
ainsi que dans différents pays d'Europe et d'Afrique du Nord, chez des voyageurs revenant de région d'endémie. Néanmoins, le virus ne semble pas facilement transmissible d'Homme à Homme. Les dromadaires sont souvent infectés et éliminent le virus dans leurs sécrétions naso-pharyngées, ce qui explique que ce syndrome atteint principalement des personnes ayant des contacts avec ces animaux. Comme pour la plupart des Betacoronavirus, les hôtes habituels du virus, qui en constituent probablement les réservoirs, sont des chauves-souris, les dromadaires infectés n'étant vraisemblablement que des hôtes-relais.

→ Coronaviridae   

système rénine-angiotensine-aldostérone l.m.

renin-angiotensin system

Système endocrine qui intervient dans la régulation à court et à long terme de la pression artérielle.
Les principaux médiateurs du système sont la rénine, l'angiotensine et l'aldostérone.
Toutes les actions physiologiques, pharmacologiques ou pathologiques qui diminuent le volume du sang circulant ou les résistances artérielles provoquent une libération de rénine par les reins. Cette dernière est sécrétée par les cellules à granules de la paroi des artérioles (artérioles efférentes) juxtaglomérulaires.
Trois mécanismes principaux interviennent dans la libération de la rénine : un mécanisme général, la diminution de la volémie qui réduit l'apport sodé au niveau de la macula densa, et deux mécanismes intra-rénaux :
- 1) la diminution de la pression dans l'artère glomérulaire afférente (baroréflexe intrarénal),
- 2) la stimulation du système sympathique qui libère la rénine par action sur les récepteurs β1 de l'artère glomérulaire afférente.
La rénine est un enzyme (aspartyl-protéase) découvert dans le rein. Elle agit sur l'angiotensinogène (α2-globuline synthétisée par le foie) en libérant un décapeptide, l'angiotensine I, qui est la substance à action hypertensive. Ce décapeptide est transformé en angiotensine II (octapeptide) par l'action de l'enzyme de conversion de l'angiotensine. Cet enzyme a une action peu spécifique : p. ex., il agit aussi sur la bradykinine. D'autres enzymes, les angiotensinases, peptidases non spécifiques, dégradent les angiotensines naturelles ou synthétiques.
L'angiotensine II, a une action hypertensive par plusieurs mécanismes :
- vasoconstriction directe (action sur les récepteurs AT1), potentialisation de l'action vasoconstrictrice de la noradrénaline, augmentation de l'activité sympathique, augmentation de la libération de catécholamines par la médullosurrénale ;
- inhibition de l'excrétion rénale du sodium et de l'eau : libération d'aldostérone, modification de l'hémodynamique intrarénale.
Les inhibiteurs de l'enzyme de conversion (captopril et dérivés) sont utilisés pour le traitement de l'insuffisance cardiaque et de l'hypertension artérielle. Des antagonistes non peptidiques des récepteurs à l'angiotensine II (losartan) ont une action antihypertensive. Des inhibiteurs de la rénine sont en cours de développement.

R. Tigerstedt, physiologiste finlandais et P. Bergman, étudiant en médecine suédois, découverte de la rénine (1898)

→ rénine, angiotensine, aldostérone

système veineux l.m.

veinous system

Ensemble vasculaire qui assure le retour du sang des capillaires sanguins au cœur par des veines de diamètre croissant dont la structure varie : veines post-capillaires puis collectrices, dont la structure est similaire à celle des capillaires sanguins, entourées de quelques péricytes.
Progressivement les veines de petit, moyen et gros calibre s’individualisent par la structure de leur média, en général musculo-fibro-élastique (veine saphène interne), ou fibromusculaire (fémorale, rénale), ou avec des cellules musculaires lisses longitudinales (veine cave), ou encore avec une média fibreuse (veines cérébrales, rétiniennes, dure-mériennes). Lors du vieillissement, les veines deviennent plus fibreuses ou fibrosées, mais intima, media et adventice restent individualisées.

test de lavage rénal l.m.

wash out test

Au décours d'une urographie intraveineuse, épreuve consistant à étudier la dilution de l'image pyélocalicielle après injection d'un diurétique puissant.
Normalement on doit obtenir une disparition rapide et symétrique du produit de contraste; la persistance de l'image d'un côté est en faveur d'une sténose de l'artère rénale, parfois responsable d'une hypertension artérielle.
Cette technique, peu fiable, est actuellement abandonnée au profit de l'angiographie numérisée qui visualise directement la sténose.

Syn. test de rinçage rénal

toltérodine  n.m.

C’est un antagoniste compétitif spécifique des récepteurs muscariniques (M2 et M3) mais possèdante une plus grande sélectivité pour la vessie, il est utilisé dans le traitement symptomatique de l’incontinence urinaire par impériosité et/ou de la pollakiurie et de l'impériosité urinaire pouvant s'observer chez les patients souffrant d'hyperactivité vésicale.
Le métabolite 5-hydroxyméthylé est pharmacologiquement actif et intervient dans l’effet thérapeutique chez les métaboliseurs rapides.
Chez l’adulte la dose recommandée est habituellement de 4 mg par jour. Elle est de 2mg par jour chez les patients avec une insuffisance hépatique comme chez les patients ayant une insuffisance rénale dont la filtration glomérulaire est ≤30 ml/min.
Les effets secondaires sont moins importants que ceux observés avec l’oxybutine car la toltérodine cible beaucoup plus la vessie ce qui favorise une diminution des doses avec réduction concomitante des effets secondaires. Ceux-ci existent cependant : sécheresse buccale, troubles gastro-intestinaux, somnolence …
Le produit est contre-indiqué dans le glaucome à angle fermé et la myasthénie.
agents muscariniques, oxybutine

[G5]

Édit. 2017

tomographie par émission de positons l.f.

positron emission tomography (PET)

Technique d’imagerie fondée sur l’annihilation des électrons émis par un radionucléide, préalablement introduit dans l’organisme et électivement fixé par certains organes, opération qui est couplée à une tomodensitométrie.
On utilise le plus souvent comme marqueur le fluorodésoxyglucose marqué au 18F, de 511 KeV, qui se fixe d’autant plus intensément que l’activité métabolique des cellules est plus grande. Une caméra à positons, utilisant la détection en coïncidence, enregistre la répartition instantanée du radionucléide et ses variations métaboliques successives.
Cette technique est particulièrement utile à l’étude des récepteurs cérébraux (scintigraphie des récepteurs, octréotides). Les applications actuelles sont principalement :
- examen préchirurgical d'un cancer pulmonaire qui parait opérable, à la recherche de métastases sauf cérébrales,
- diagnostic de malignité d'une lésion pulmonaire de plus de 1 cm sans calcification, mais certaines lésions inflammatoires peuvent donner de faux positifs et certains carcinomes (bronchioloalvéolaires et neuro-endocrines bien différenciés) de faux négatifs,
- appréciation de l’extension d'un lymphome hodgkinien ou non hodgkinien ; après la deuxième cure d'un traitement chimiothérapique lorsque le lymphome parait résistant ; diagnostic d'une lésion résiduelle,
- rechute ou maladie résiduelle d'un cancer connu,
- suspicion d'une récidive devant une augmentation des marqueurs tumoraux au cours d'un cancer du sein ou d'un cancer digestif, d'une tumeur germinale maligne, alors que les examens habituels ne parviennent pas à la découvrir,
- recherche d'une lésion résiduelle après radiochimiothérapie d'une lésion germinale maligne,
- recherche d'une récidive d'un carcinome des voies aérodigestives supérieures, d'un carcinome rénale opéré, d'un cancer utérin.

Sigle TEP

Torg (syndrome de) l.m.

Torg’s syndrome

Association d’une ostéolyse, d’arthropathies douloureuses, de déformation des articulations et d’une néphropathie.
L’affection débute vers trois ans par des douleurs et une ostéolyse carpotarsienne, la cavité médullaire des os longs est élargie avec ostéoporose, les doigts sont déformés, les articulations du coude, du genou et des hanches sont en flexion. Plus tard peut apparaître une néphropathie évoluant vers l’insuffisance rénale. L’affection est autosomique récessive, liée à des mutations du gène MMP2 en 16q12 comme dans le syndrome de Winchester auquel le syndrome de Torg a été assimilé.

J. S. Torg, chirurgien orthopédiste américain (1968-69), Patricia Winchester, radiologue pédiatrique américaine (1969)

Syn. Torg-Winchester (syndrome de), ostéolyse multicentrique idiopathique

→ Winchester (syndrome de)

toxémie staphylococcique n.f.

toxic shock syndrome, toxemia

Choc toxique staphylococcique décrit à l'occasion d'une épidémie due à des tampons périodiques vaginaux colonisés par Staphylococcus aureus.
Le syndrome associe hyperthermie, choc septique et hypovolémique, signes digestifs (vomissements, diarrhée), éruption cutanée assez discrète mais suivie d'une desquamation surtout palmoplantaire, hyperhémie muqueuse, signes musculaires (myalgies, élévation des CPK), signes neuropsychiques (confusion), signes hépatiques (élévation de la bilirubine et des enzymes hépatiques), insuffisance rénale, thrombopénie.
Le phénomène essentiel est la libération d'une exotoxine par une souche particulière de staphylocoque.

J. Todd et M. Fishaut, pédiatres américains (1978)

Étym. crase de toxique et d'hémie (gr. haima : sang) = toxique dans le sang

→ toxique

transactivation de récepteur n.f

receptor transactivation

Processus par lequel la stimulation d’un ligand par son récepteur conduit à l’activation d’un deuxième récepteur, distinct du premier.
Un tel processus se retrouve dans la stimulation d’un récepteur à tyrosine kinase par un récepteur couplé aux protéines G.
On peut citer comme exemple la transactivation du récepteur du facteur de croissance épidermique (« epidermal growth factor » ; EGF) par l’angiotensine II. Le mécanisme est le suivant : l’angiotensine II stimule l’activité d’une enzyme appelée Adams 17 ou TACE qui détache la partie extracellulaire active (ou ectodomaine) du précurseur transmembranaire du facteur transformant de croissance-alpha (« transforming growth factor α » ; TGF-α). Le TGF-α libéré dans le milieu extracellulaire se lie au récepteur de l’EGF qui est commun aux deux peptides et l’active. Ce mécanisme est un de ceux par lesquels l’angiotensine II favorise la fibrose rénale.
La transactivation de récepteur est à distinguer de la transactivation génétique par lequel un virus code pour une protéine qui va augmenter l’expression d’un gène, comme par exemple d’un proto-oncogène conduisant ainsi à l’apparition d’un cancer. L’expression trans signifie que la molécule activatrice est différente de la molécule initiatrice.

→ ligand, tyrosine kinase, protéine G, métalloprotéinase,proto-oncogène

transactivation n.f

transactivation

Processus par lequel un récepteur est activé de façon indirecte par le ligand d’un récepteur différent.
On peut citer comme exemple la transactivation du récepteur du facteur de croissance épidermique (« epidermal growth factor » ; EGF) par l’angiotensine II. Le mécanisme est le suivant : l’angiotensine II stimule l’activité d’une enzyme appelée Adams 17 ou TACE qui détache la partie extracellulaire active (ou ectodomaine) du précurseur transmembranaire du facteur transformant de croissance-alpha (« transforming growth factor α » ; TGF-α). Le TGF-α libéré dans le milieu extracellulaire se lie au récepteur de l’EGF qui est commun aux deux peptides et l’active. Ce mécanisme est un de ceux par lesquels l’angiotensine II favorise la fibrose rénale.

transplantations d'organes et psychisme l.f.

organ transplantations and psychism

Problème encore assez mal connu, appelé à évoluer avec la banalisation prévisible, bien qu'actuellement ralentie, des greffes.
Il s'agit en général de patients chroniques déjà en veilleuse sociale, familiale et sexuelle, souvent dépressifs et anxieux, parfois surconsommateurs d'alcool. L'attente de la transplantation est dominée par des alternances d'espoir et de désappointement avec crainte de l'intervention.
Le vécu de retour à la vie peut s'accompagner d'euphorie, voire d'épisodes maniaques. Les sentiments dépressifs sont liés surtout à l'absence d'amélioration, à des déceptions dans la reprise d'emploi, à la non-adaptation du conjoint à cette nouvelle situation. Une "dette après la greffe" avec culpabilité est aussi possible à l'égard du donneur ou de l'équipe soignante. Une action dépressogène des immunodépresseurs peut être observée.
La transplantation rénale est parfois effectuée grâce à un parent vivant, qui peut abuser du fait d'avoir donné deux fois la vie. Mais il y a une alternative : la dialyse. Parmi les greffés hépatiques, un quart environ présente une morbidité psychiatrique, à type prévalent d'anxiété et de dépression, le plus souvent légères. Car les cirrhotiques greffés restent vulnérables à un abus d'alcool. La représentation symbolique du cœur comporte un aspect plus vital, plus affectif, et un épisode confuso-anxieux rapproché de l'intervention est fréquent. Des aspects psychodynamiques ont été dégagés.
C'est dire les difficultés et incertitudes qui touchent aux contrindications psychiques d'une transplantation d'organe. En fait, il s'agit surtout de prévoir le type d'aide souhaitable au patient, à l'équipe de soins et, autant sinon davantage, à l'entourage dont le rôle est majeur.

transplantation pancréatique l.f.

pancreatic transplantation

Transplantation d'un organe pancréatique dans le but de traiter le diabète de type I.
Il peut être greffé un pancréas total, avec dérivation digestive ou urinaire de la sécrétion exocrine, ou un pancréas segmentaire avec obstruction canalaire. La transplantation pancréatique est peu utilisée à l'état isolé et ses avantages sont alors discutables. Elle est habituellement couplée à celle du rein dans le traitement de l'insuffisance rénale terminale du diabétique.

transplantation rénopancréatique l.f.

combined kidney and pancreas transplantation

Transplantation à la fois d'un rein et d'un pancréas, en vue de traiter l'insuffisance rénale terminale du diabétique.

→ transplantation pancréatique, transplantation rénale

triangle lombo-costal l.m.

trigonum lombocostale (TA)

lombocostal triangle

Solution de continuité dans le plan musculaire du diaphragme, d’origine costale, lorsque manquent les fibres musculaires nées de la portion latérale du ligament arqué latéral.
Ce hiatus met en communication la région rénale et le tissu sous-pleural.

F. von Henle, anatomiste allemand (1809-1885)

Syn. anc. hiatus costo-diaphragmatique, hiatus costo-lombaire de Henle

trisymptôme de Gougerot (trisymptôme de) l.m.

trisymptomatic disease, arteriolitis allergica

Ensemble lésionnel atteignant essentiellement l'adulte qui associe trois types de lésions cutanées électivement localisées aux membres inférieurs : un purpura fait de macules de 2 à 5 mm, des taches érythémateuses ou érythémato-œdémateuses de 5 à 10 mm et des nodules dermiques de petite taille, en grains de plomb, évoluant le plus souvent dans un contexte fébrile accompagné d'arthralgies, d'œdème des chevilles et parfois d'un syndrome douloureux abdominal.
L'image histologique des lésions cutanées est celle d'une vasculite leucocytoclasique, auquelles peuvent s'associer des ulcérations nécrotiques ou des bulles.
Ce tableau doit faire rechercher une atteinte rénale manifestée par une protéinurie et/ou une hématurie microscopique, un syndrome inflammatoire non spécifique, des complexes immuns circulants. Le bilan étiologique s'attache à dépister, en dehors de tableaux nosologiques individualisés, une prise médicamenteuse, dont le rôle peut être évoqué sur la chronologie des manifestations, un foyer infectieux, bactérien, viral ou parasitaire, une affection maligne. Le traitement consiste en la suppression de la cause quand celle-ci est identifiée, et repos au lit; la corticothérapie générale, la colchicine, les immunosuppresseurs, la dapsone, les échanges plasmatiques sont à discuter selon les étiologies.

H. Gougerot, dermatologiste français, membre de l'Académie de médecine (1932) ; M. Ruiter, dermatologiste néerlandais (1948)

Syn. maladie trisymptomatique de Gougerot

→ allergide nodulaire, artériolite allergique de Ruiter, purpura, vascularite leucocytoclasique, colchicine, immunosuppresseurs et néphropathies, dapsone, échanges plasmatiques

[J1, M1]

Édit. 2019

trométhamine n.m.

tromethamine

Amine organique accepteur de protons, l'acétate donne des solution très alcalines (pH entre 10,0 et 11,5) utilisées soit en perfusions en cas d'acidose, soit localement pour neutraliser une contamination acide ou combattre l'acidose des cellules lésées lors d'une brulure cutanée.
Contrairement aux autres alcalins qui ne pénètrent pas facilement dans les cellules, la solution d'acétate de tris-(hydroxyméthyl)-aminométhane (THAM ou TRIS) à 5% dans l'eau, permet à 30% du produit injecté dans le sang de passer dans l'espace intracellulaire. Cette propriété du THAM a été utilisée pour la réanimation après arrêt cardiaque mais il est considéré comme moins maniable que le bicarbonate de sodium car il peut provoquer des apnées. Le THAM a une action hypoglycémiante et il peut aussi amener une hyperkaliémie en cas d'insuffisance rénale. Il a été utilisé pour épurer le gaz carbonique des atmosphères confinées, dans les sous-marins notamment, car il est facilement régénérable, ce qui n'est pas le cas de la chaux sodée. Dans l'industrie alimentaire, on l'a utilisé en aspersion pour la conservation du poisson frais.
  

Syn. THAM, TRIS

tuberculose pulmonaire commune l.f.

pulmonary tuberculosis

Dissémination par voie bronchique du bacille tuberculeux, à partir d’un nodule pulmonaire de primo-infection, parfois ancienne.
Localisation la plus fréquente de la tuberculose (80% des cas).
Elle affecte surtout les sommets des poumons. Les symptômes cliniques sont variés : toux prolongée, expectoration parfois hémoptoïque, état subfébrile, amaigrissement, asthénie, sueurs nocturnes. Les images radiologiques associent des infiltrats apicaux, des lésions excavées (cavernes plus ou moins nombreuses) et nodulaires. Plus rare est la pneumonie tuberculeuse systématisée. Le diagnostic repose sur la mise en évidence du bacille tuberculeux (examen direct, culture) dans l’expectoration ou par tubage gastrique. Sauf en cas de miliaire, on ne recherche pas de dissémination. La sérologie du VIH est systématique, de même que la recherche de tares : diabète, insuffisance rénale, etc. qui peuvent modifier le traitement. Elle est contagieuse et transmissible par l’intermédiaire des sécrétions respiratoires du malade.Cette forme de tuberculose justifie un traitement antibiotique d’au moins six à neuf mois.

tuberculose urogénitale l.f.

renal tuberculosis

Ensemble de lésions tuberculeuses évolutives affectant le parenchyme rénal, la totalité de la voie excrétrice urinaire et l'appareil génital masculin.
C'était la plus fréquente des tuberculoses viscérales après le poumon. Les lésions caractéristiques sont cavitaires dans les parenchymes (rénal, prostatique), ulcéreuses et sténosantes sur les voies urinaires et génitales ; elles peuvent provoquer la destruction de la fonction rénale ou l'infertilité par obstruction. L'antibiothérapie spécifique guérit la maladie, mais les lésions induites peuvent nécessiter des actes complémentaires de chirurgie d'exérèse ou de reconstruction.

tumeur de l'interstitium rénal l.f.

reno-medullary interstitial cell tumor

Tumeur mésenchymateuse bénigne du rein.
La plupart du temps de petite taille et asymptomatique, elle n'est habituellement diagnostiquée que par une imagerie occasionnelle, et sa structure histologique connue seulement lors d'une chirurgie rénale intercurrente ou dans les séries d’autopsie.

Étym. lat. tumor : gonflement

tumeur juxtaglomérulaire l.f.

juxta glomerular tumor

Tumeur mésenchymateuse bénigne du rein dont la particularité est de sécréter la rénine, et d'être ainsi cause d'hypertension artérielle.
Ces tumeurs souvent de petite taille sont de siège cortical, bien circonscrites ou encapsulées. Leur exérèse avec conservation rénale est possible et guérit l'hypertension.

Étym. lat. tumor : gonflement

→ rénine

tumeur tubulopapillaire du rein l.f.

papillary renal cell adenoma, papillary renal cell carcinoma

Variété de tumeur rénale primitive qui a pour origine les cellules des tubes contournés distaux ou les reliquats métanéphriques, et, bien que d'aspect clinique très voisin de l'adénocarcinome, s'en distingue par des caractères micromorphologiques, cytochimiques et génotypiques.
Ces tumeurs sont souvent bilatérales et multifocales. Leur malignité est variable, allant de l'adénome au carcinome, et leur pronostic meilleur que celui de l'adénocarcinome à cellules claires. C'est le type histologique le plus fréquent chez les hémodialysés ayant développé une dysplasie multikystique acquise.

Étym. lat. tumor : gonflement

→ cancer du rein

tyrosinose héréditaire l.f.

hereditary tyrosinosis

Maladie enzymatique autosomique récessive qui entraîne des troubles digestifs, un retard de croissance, une hépatosplénomégalie, une atteinte rénale avec syndrome de Fanconi.
Elle est généralement mortelle au cours de la première décennie de la vie.
Elle se caractérise par une hypertyrosinémie et surtout une hyperméthioninémie avec une élimination urinaire massive de métabolites de la tyrosine. Le déficit enzymatique touche la p.-hydroxyphényl-pyruvate-oxydase et d'autres enzymes du métabolisme de la tyrosine.

G. Fanconi, pédiatre suisse, membre de l’Académie de médecine (1939)

→ Fanconi (syndrome de)

ulcération calicielle l.m.

calyceal ulceration

Lésion infectieuse ou ischémique altérant la continuité de la paroi du calice rénal, traduite sur l’UIV ou l’uroscanner par une image d’addition du produit de contraste.
Les étiologies principales sont la tuberculose rénale et la nécrose papillaire.

Étym. lat. ulcus : ulcère

→ nécrose papillaire, tuberculose rénale, UIV, uroscanner

urate-oxydase recombinante l.f.

Uricolytique produit par génie génétique, d’action rapide, qui réduit l’uricémie et l’uraturie en dégradant l’acide urique en allantoïne.
Ce médicament est utile pour la prévention de l’insuffisance rénale aigüe, dans les états d’hyperuricémie importante survenant dans les hémopathies malignes avec masse tumorale importante, soumises à une chimiothérapie.

→ hypo-uricémiant

[G5]

urémie n.f.

uremia

1) Concentration de l'urée dans le plasma.
Elle est comprise entre 2,5 et 7,5 mmol/L chez le sujet adulte normal, plus faible chez l’enfant. L’urémie augmente lors des maladies rénales (voir ci-dessous) ainsi que lors des apports protidiques importants associés à une insuffisance d’apports hydriques. Elle peut diminuer dans les grandes dénutritions, dans les insuffisances hépatiques au stade terminal et dans certaines maladies génétiques rares touchant le cycle de l’urée, notamment le déficit en carbamoyl-phosphate synthétase.
2) Syn. de concentration excessive de l’urée dans le sang.
C’est alors un syndrome synonyme, obsolète, d’insuffisance rénale grave, aigüe ou chronique, caractérisé par la rétention dans l'organisme de produits azotés normalement éliminés par les urines, dont l'urée.
L'urémie s'observe à la phase terminale de toutes les affections rénales chroniques sclérosantes, telles que glomérulonéphrite chronique, néphrosclérose maligne, pyélo-néphrite chronique, reins polykystiques, etc., et au cours de certaines néphropathies aigües (rein de choc, en particulier). Le syndrome n'apparaît que lorsque la teneur du sang en urée dépasse 4 à 5 g par litre (50 mmol/l).
Les manifestations cliniques sont variables selon la cause et la gravité de la rétention azotée. Les signes prémonitoires principaux sont : l'apathie, la somnolence, les céphalées, l'anorexie, l'oligurie. Les symptômes de l'urémie avérée comportent : l'haleine urineuse, l'hyperventilation ou la respiration de Cheyne-Stokes, les nausées et vomissements incoercibles, la diarrhée, le prurit, le hoquet, auxquels s'associent souvent des crises convulsives, des troubles visuels et, au stade avancé, le coma urémique. Il faut noter que l'urémie est un syndrome clinique, par opposition à la simple élévation de l'urée sanguine.

Syn. syndrome azotémique, syndrome urémique, toxurie (peu usité)

→ carbamyl-phosphate synthétase, insuffisance rénale aiguë, insuffisance rénale chronique

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