Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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marsupialisation intrapéritonéale l.f.

intraperitoneal marsupialization

Abouchement de la cavité d'une collection liquidienne à la grande cavité péritonéale, dans le but de drainer et résorber un écoulement permanent ou prolongé.
Cette technique chirurgicale est utilisée notamment pour la cure des lymphocèles pelviennes après transplantation rénale ou grands curages pelviens carcinologiques. Elle peut être réalisée par chirurgie ouverte ou coelioscopique.

Étym. lat. marsupium, gr. marsipion : bourse, poche

massage cardiaque l.m.

heart massage

Technique de réanimation du cœur destiné à rétablir la fonction d’évacuation systolique rythmée des ventricules et d’assurer un débit artériel cérébral suffisant à la survie des tissus nerveux en attendant la reprise spontanée ou stimulée des contractions cardiaques.
Il doit être associé à des manœuvres de réanimation respiratoire (respiration artificielle, intubation trachéale) pour l’oxygénation du sang propulsé par le massage.
Le massage cardiaque interne est pratiqué à thorax ouvert au cours d’interventions thoraciques par action directe de la main sur le cœur exposé et empaumé.
Le massage cardiaque externe est le traitement d’extrême urgence des arrêts cardiaques pathologiques à thorax fermé.

Étym. ar. massa :toucher, palper

→ massage cardiaque externe

Masson (coloration trichromique de) l.f.

Masson's trichrome

Technique histologique utilisant trois colorants dont l'un, soit bleu, soit vert lumière, soit jaune safran, se fixe sur le tissu conjonctif et le différencie du tissu musculaire.

P. Masson, anatomopathologiste franço-canadien, membre de l'Académie de médecine (1880-1950)

Syn. trichrome de Masson

Masson (technique d'argentation) l.f.

Fontana-Masson's stain

Technique utilisant le nitrate d'argent ammoniacal sur les coupes histologiques pour mettre en évidence le pigment mélanique grâce à son caractère argentaffine qui lui permet de réduire directement les sels d'argent sans adjonction d'un produit réducteur : un précipité noir est ainsi obtenu.

P. Masson, anatomopathologiste franço-canadien, membre de l'Académie de médecine (1880-1950)

Syn. coloration de Fontana-Masson

mastectomie sous-cutanée l.f.

subcutaneous mastectomy

Technique chirurgicale d'exérèse de la glande mammaire conservant le revêtement cutané, suivie d'une reconstruction du sein immédiate ou secondaire.

Étym. gr. mastos : glande mammaire ;  ectomein : enlever

Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser (syndrome de) l.m.

Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser syndrome

Absence congénitale de l’utérus et des deux-tiers supérieurs du vagin, associée le plus souvent à d’autres anomalies en particulier rénales et rachidiennes.
Le type I correspond à une aplasie müllérienne isolée. Le diagnostic est fait à la puberté sur une aménnorhée primaire sans anomalie des caractères sexuels secondaires et confirmée par une échographie. Les ovaires restent fonctionnels.
Le type II associe une hypoplasie génitale plus importante à d’autres malformations, rénales dans la forme habituelle : agénésie unilatérale, hpoplasie, ectopie, rein en fer à cheval et, dans les formes majeures : une synostose vertébrale cervicale de Klippel-Feil, une surélévation de l’omoplate de Sprengel, des syndactylies ou polydactylies, des malformations cardiaques, une surdité. Certaines associations ont été isolées comme les syndromes MURCS (MUllerian Renal Cervical Somite) et GRES (Genital Renal Ears Syndrome).
L’incidence est d’environ 1 sur 4500 naissances féminines. Le caryotype 46XX est normal. Plusieurs localisations gèniques ont été proposées. L’affection probablement polygénique et multifactorielle  est autosomique dominante avec pénétrance incomplète et expressivité variable.
Ce syndrome d'absence congénitale de l'utérus est actuellement la principale indication d'une technique encore experimentale de transplantation utérine réalisée à partir de donneuses vivantes ou décédées. Parmi les 76 greffes réalisées dans le monde en 2019 ayant donné lieu à 19 naissances, 85 % de ces greffes sont réalisées chez des femmes présentant ce syndrome. 

C. A. J. Mayer, anatomiste allemand (1829), K. F. von Rokitansky, Freiherr, anatomopathologiste autrichien (1838), H. Küster, gynécologue allemand (1910), G. A. Hauser, gynécologue suisse (1950)

Syn. syndrome MRKH,  syndrome de Rokitansky-Küster-Hauser

Sigle  MRKH syndrome

→ Rokitansky-Küster-Hauser (syndrome de)

[Q2, M2, O3]

Édit. 2019

McBride (opération de) l.f.

McBride’s procedure

Technique opératoire de correction de l’hallux valgus comportant une capsulotomie axiale et une réinsertion transosseuse de l’abducteur du premier orteil (m. abductor hallucis) dans le col du premier métatarsien.

E. D. McBride, chirurgien américain (1928)

McIndoe et Banister (opération de) l.f.

McIndoe and Banister’s operation

Technique chirurgicale de vaginoplastie utilisant des greffons cutanés libres dont l’usage est devenu exceptionnel.

A. H. McIndoe, Sir, chirurgien britannique  (1938)  et J. B Banister, gynécologue britannique (1938)

méatoplastie n.f.

meatoplasty

Technique chirurgicale d'élargissement du méat uréthral, utilisant généralement un lambeau cutané.

Étym. lat. meatus : passage ; gr. plassein : modeler

médecine d'urgence l.f.

emergency medicine

Discipline médicale qui se consacre aux soins à donner d’urgence aux malades en cas de menace sur leur vie, et à l’organisation technique de ces soins.
Selon les cas, la défaillance d’une fonction vitale nécessite des soins immédiats, par exemple une hémorragie ou une défaillance cardiaque ou l’intervention d’urgence peut être différée de quelques heures. Le jugement du médecin a donc une grande importance et la médecine d’urgence ne peut être pratiquée que par des médecins expérimentés.

Syn. oxyologie

médecine manuelle de Robert Maigne l.f.

Technique thérapeutique qui dérive des techniques de l’ostéopathie et de la chiropraxie sans en adopter les théories spirituelles ; elle s’inspire de l’expérience des rebouteux auvergnats.
La médecine manuelle est à la disposition exclusive de médecins et de personnels de santé déjà formés et diplômés. C’était la seule légalement autorisée en France jusqu’à la légalisation de l’ostéopathie et de la chiropraxie par la loi du 4 mars 2002. Elle est faite de manipulations qui obéissent à la règle de la non-douleur et du mouvement contraire, en forçant sur le mouvement libre et indolore. Ce type de  traitement s’applique aux douleurs rachidiennes décrites sous le nom de dérangement vertébral mineur et de syndrome de Maigne, lequel correspond à des douleurs projetées par atteinte des branches postérieures des racines nerveuses T1, L1 et L2.
Biblio. – Thérapies complémentaires – acupuncture, hypnose, ostéopathie, tai-chi – leur place parmi les ressources de soins – rapport 13-04 de D. Bontoux, D. Couturier, C-J. Menkès au nom d’un groupe de travail, devant l’Académie Nationale de Médecine le 5 mars 2013 –Bull.Acad. Natle Méd., 2013, 197, n°3, 717-757

R. Maigne, médecin rhumatologue et ostéopathe français (1923-2012)

→ chiropraxie, ostéopathie

médiastinographie gazeuse l.f.

gaseous mediastinography

Technique radiographique d'examen du médiastin après injection d'air dans celui-ci.
Examen actuellement abandonné.

Étym. lat. mediastinus : qui se tient au milieu ; gr. graphein : écrire

Syn. pneumomédiastin diagnostique

→ pneumomédiastin

médiastinoscopie n.f.

mediastinoscopy

Technique d’exploration visuelle du médiastin supérieur avec un endoscope.
Elle n’est plus guère utilisée que pour certains prélèvements biopsiques, en particulier des nœuds lymphatiques trachéobronchiques droits et préaorticocarotidiens gauches.
Pour le côté droit, la voie d’abord est sus-manubriale ; l’exploration atteint la face antérieure de la trachée jusqu’à l’origine de la bronche souche droite, en arrière du tronc brachiocéphalique droit et de la veine cave supérieure.
A gauche, la voie d’abord est à la partie interne du deuxième espace intercostal gauche et passe en dehors de l’artère thoracique interne ; les nœuds lymphatiques sont biopsiés à vue. La médiastinoscopie gauche est beaucoup moins utilisée que la droite.

Étym. lat. mediastinus : qui se trouve au milieu ; gr. scopein : voir

méditation transcendantale l.f.

transcendantal meditation

Technique tirant son origine d'une tradition védique (Mahareshi Malesh Yogy, 1960) développée dans les milieux occidentaux depuis les années 1970.
Comme les autres méthodes de méditation, elle vise à une détente mentale plutôt que physique, avec concentration de l'attention sur l'intérieur. Celle-ci est facilitée par la répétition mentale d'une "mantra" : un son, une syllabe brève ou un groupe de syllabes, la représentation, au moment de l'expiration, de "one", très voisine des "om" traditionnels des méthodes orientales, par par exemple.
Ainsi, le sujet peut atteindre un vécu de détachement vis-à-vis de ses pensées, qui transcende la connaissance consciente, suscitant un repos mental avec cependant maintien de la vigilance. Les adeptes font état d'effets relaxateurs de ces rituels psychiques, mais aussi somatiques (rythme cardiaque, tension artérielle, respiration). Il est vrai qu'ils se trouvent à la limite de l'engagement dans une secte.

Étym. lat. meditatio ; transcendens, part. présent de transcendere :   passer au-delà

mégadonnées n.f.p.

Les mégadonnées désignent des ensembles de données dont le volume est tellement important que les outils classiques de gestion sont insuffisants pour leur exploitation.
Selon les archives de la bibliothèque numérique de l’Association for Computing Machinery cette appellation est apparue en octobre 1997 dans des articles scientifiques concernant les défis technologiques à relever pour visualiser les « grands ensembles de données ». L’explosion quantitative des données numériques a obligé les chercheurs à trouver de nouvelles manières de voir et d’analyser le monde. Il s’agit de découvrir de nouveaux ordres de grandeur concernant la capture, la recherche, le partage, le stockage, l’analyse et la présentation des données. C’est un concept permettant de stocker un nombre indicible d’informations sur une base numérique. Ce concept regroupe une famille d’outils qui répondent à une triple problématique dite règle des 3V. Il s’agit notamment d’un « volume » de données considérable à traiter, d’une grande « variété » d’informations (venant de diverses sources, non-structurées, organisées, open…), et d’un certain niveau de « vélocité » à atteindre, autrement dit de fréquence de création, de collecte et de partage de ces données.
La médecine n’échappe pas à l’essor des mégadonnées. La médecine est un art qui use des sciences. En effet, un médecin praticien est en simultanéité un scientifique qui a obtenu des connaissances en biophysique, sémiologie médicale et chirurgicale, anatomie, biochimie, physiologie, biologie, … et un artiste qui maîtrise des habiletés pour effectuer des gestes thérapeutiques adaptés. Désormais, les connaissances traditionnelles ne suffisent plus pour amplifier le pouvoir d’un médecin dans l’investigation et le soin. Il a également appris à maîtriser des technologies de plus en plus sophistiquées dans les différentes spécialités médicales. On assiste à l’essor du génie biologique médical. Cette alternative offre aux médecins de nouvelles possibilités de diagnostic à savoir, les appareils d’imagerie : scintigraphie, échographes, imagerie par résonance magnétique etc. Les automates d’analyse biologique, les appareils d’analyse de signaux comme l’électrocardiogramme ou encore l’électroencéphalogramme, ainsi que les appareils de traitement des maladies (dialyse, laser, assistance respiratoire, médecine nucléaire,…) figurent aussi parmi les fruits de l’alliance technologie/médecine. Majoritairement pilotés par des ordinateurs spécialisés qui sont directement ou indirectement connectés à un réseau informatique, ces dispositifs permettent de collecter des informations diverses concernant les patients. Ils se présentent comme de nouveaux moyens d’investigation, d’acquisition et de stockage de données, de comparaison de l’information que les médecins traitants peuvent mettre en œuvre afin d’accroître leur réactivité dans les différentes étapes cliniques essentielles à la prise en charge de leurs patients. Ils peuvent aussi s’en servir pour mener des études épidémiologiques.
L’intérêt grandissant pour la médecine personnalisée a évolué conjointement avec deux types de progrès technologiques remarquables. Tout d’abord la technique de séquençage d’ADN de nouvelle génération, rapide et peu coûteuse, couplée aux progrès de la biologie moléculaire ouvre la voie à l’ère post-génomique (transcriptomique, protéomique, métabolomique), ensuite le perfectionnement des outils informatiques qui permet l’analyse, quasi instantanée, de grandes quantités de données (notamment celles, nombreuses, rendues accessibles par les approches «omiques») et crée un véritable nouvel univers en recherche médicale, celui des « mégadonnées », analysé par modélisation bio-informatique. Ces progrès technologiques s’associent à ceux enregistrés dans les techniques de communication et d’interconnexion, aboutissant à la création d’une véritable intelligence artificielle. Ces avancées constituent sans doute les fondements de la médecine personnalisée du futur. 

Syn. données massives, big data angl.

Réf. JORF n°0193 du 22 août 2014 – « Vocabulaire de l'informatique - mégadonnées, n.f.pl. - données structurées ou non dont le très grand volume requiert des outils d'analyse adaptés.

mélanine n.f.

melanin

Pigment brun ou noir présent dans la peau, les phanères, les membranes de l'œil, la choroïde et certaines régions du cerveau telles que le locus niger ou le locus caeruleus et dans les mélanocytes par l’intermédiaire des mélanosomes ; sa biosynthèse est sous la dépendance de facteurs génétiques et endocriniens et augmentée par les rayons ultraviolets.
Ce pigment est transféré aux cellules des différents organes notamment dans l’épiderme où il joue un grand rôle dans la protection contre les rayons solaires. On le met en évidence sur les préparations histologiques grâce aux imprégnations argentiques, telle la technique de Masson.
Pathologiquement il peut se trouver dans les nævus, les mélanomes et les phéochromocytomes, ainsi que dans l'urine.
Il existe plusieurs types de mélanine. On distingue les eumélanines, formées directement à partir de la DOPAquinone par l'intermédiaire du DOPAchrome et les phéomélanines, formées à partir de la 5-cystéinyl DOPA, plus riches en soufre et abondantes chez les sujets roux.
Les mélanines sont des polymères de masse plus ou moins élevée, résultant de la condensation de dérivés diphénoliques et quinoniques qui se forment par oxydation de la tyrosine sous l'effet d'une tyrosinase, enzyme présent dans les mélanoblastes et les mélanocytes.

Étym. gr. melas : noir

mélanome achromique l.m.

amelanotic melanoma

Mélanome siégeant électivement aux pieds, aux malléoles, aux mains ou aux organes génitaux, consistant en un bourgeon érodé saignotant, de diagnostic difficile car non pigmenté et pouvant simuler une verrue irritée, un granulome pyogénique ou encore un porome eccrine.
À l'examen histologique, la nature nævique des cellules tumorales est parfois difficile à déterminer par suite de l'absence de mélanine, même sur des coupes colorées par la technique de Masson : une aide au diagnostic pourra être apportée par les techniques de marquage cellulaire. La nature de la lésion n'étant souvent reconnue que tardivement, il s'agit dans la plupart des cas de lésions infiltrantes à pronostic grave.

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur ; a privatif ; chrôma : couleur

membrane induite l.f.

inducted membrane

Membrane se formant en périphérie d’un matériel inerte biocompatible placé dans une perte de substance osseuse pour en maintenir l’écartement et servant de moule pour la reconstruction osseuse après remplacement du matériel inerte par une autogreffe d’os spongieux.
La technique de la membrane induite est utilisée pour combler les pertes de substance osseuses après résection pour tumeur, pour perte de substance après fracture, y compris dans les fractures ouvertes des doigts et pour dysplasie osseuse (pseudarthrose congénitale des os longs). Dans un premier temps l’espace est comblé par du ciment chirurgical inerte biocompatible  (polyméthylmétacrylate, PMMA) qui sert à maintenir l’écartement (spacer). Deux à six mois plus tard, quand la membrane est formée, le ciment est remplacé par une autogreffe de tissu osseux spongieux, l’ensemble étant fixé par du matériel d’ostéosynthèse. Un éventuel retard ou défaut de consolidaion peut être repris secondairement. Il a été montré que la membrane a un rôle actif d’angiogénèse et d’induction osseuse avec élaboration de facteurs de croissance vasculaire (VEGF) et osseux (TGFβ1 et BMP2).

A. Masquelet, chirurgien français (2000)

Étym. lat. membrana  : membrane : induere : conduire vers, recouvrir

Syn. membrane auto-induite

Mendelson (syndrome de) l.m.

Mendelson’s syndrome, pulmonary aspiration, aspiration pneumonitis

Pneumopathie causée par le passage accidentel du contenu gastrique dans la trachée et les bronches, notamment au moment de l'induction d'une anesthésie générale, voire locorégionale, au décours d’une anesthésie générale ou pendant un coma profond.
Dans les cas les plus graves l'acidité du liquide gastrique déclenche une pneumopathie dite chimique par action de l'acide chlorhydrique et des enzymes du suc gastrique sur le parenchyme pulmonaire. Lorsque le liquide gastrique contient des débris alimentaires, il peut se produire une asphyxie aigüe par obstruction bronchique. Secondairement, dans les heures qui suivent l’accident, des pneumopathies peuvent apparaître, de nature chimique (avec œdème pulmonaire) ou infectieuse si le liquide gastrique contient des germes pathogènes. Le risque de survenue de cette complication de l'anesthésie est plus grand chez les patients qui ne sont pas à jeun («estomac plein»), qui ont une hypersécrétion gastrique, une affection œsophagienne ou gastrique ou chez ceux qui présentent un ralentissement de la vidange gastrique. Chez ces patients à risque la prévention est faite par une prémédication par des anti-acides ou des anti-H2, par la manœuvre de Sellick lors de l'intubation et par une adaptation de la technique anesthésique au cas clinique.

C. L. Mendelson, obstétricien et cardiologue américain (1946) ; B. A. Sellick, médecin anesthésiste britannique (1961)

→ Sellick (manœuvre de), fausse route alimentaire, détresse respiratoire aigüe de l'adulte

méthode de Monte Carlo l.f.

Monte Carlo method

Méthode de simulation numérique permettant de déterminer une situation résultant d’événements aléatoires dont la probabilité est connue.
Elle consiste à reconstituer un enchaînement d’événements («histoire») tel que le hasard peut le réaliser en tenant compte de leur probabilité individuelle. Avec un grand nombre d’«histoires» on obtient une représentation de la situation étudiée.
P. par exemple pour déterminer l’irradiation dans un milieu traversé par un faisceau de photons X, on reconstitue l’«histoire» d’un photon incident en tirant au hasard son énergie, la profondeur où il subit une interaction, la direction et énergie du photon diffusé, la distance à laquelle celui-ci subit une interaction, les tirages au sort respectant la loi de probabilité en jeu. Disposant des «histoires» d’un très grand nombre de photons incidents, on obtient une représentation de l’énergie et direction des photons qui passent en tous les points du milieu.
La méthode a débuté en effectuant chaque tirage au sort avec une « roulette » appropriée (d’où le nom de la méthode); la technique était peu efficace pour les problèmes nécessitant un très grand nombre d’«histoires». Elle est devenue très opérationnelle grâce à l’ordinateur.

N. Metropolis, statisticien américain (1949)

Étym. allusion aux jeux de hasard dans la ville de Monte Carlo (Monaco)

méthode géométrique de Comberg l.f.

Comberg’s geometric method

Méthode géométrique de localisation des corps étrangers intra-oculaires qui repose sur l’utilisation du verre de Comberg placé après anesthésie topique sur l’œil malade ; deux clichés sont réalisés : un cliché de profil strict perpendiculaire à la cornée, et un cliché de face.
La position du corps étranger par rapport aux repères est reportée sur une épure qui permet de le localiser à l’intérieur ou à l’extérieur du globe.
C’est une technique qui va devenir de plus en plus désuète au fur et à mesure de la facilité d’obtention d’une tomodensitométrie en coupes millimétriques selon le plan neuro-oculaire.

W. Comberg, ophtalmologiste allemand (1927)

→ verre de Comberg

[P2,B2]

méthode de convolution l.f.

convolution method

Calcul mathématique qui permet de décomposer une fonction complexe quelconque en une série convergente de fonctions sinusoïdales, par utilisation de la transformation de Fourier.
Pour un détecteur connu, on peut, à partir de l'image numérique, reconstituer par le calcul l'objet étudié, grâce à l'opération inverse (déconvolution).
Cette technique de calcul est très utilisée en imagerie médicale numérique, en particulier en IRM.

Baron J-B Fourier, mathématicien français (1768-1830)

Syn. algorithme de convolution

Ant. déconvolution

→ filtre de traitement d'image, Fourier (transformation de)

[B1,B2,B3]

Édit. 2020

meulage n.m

abrasion

Technique de dermocosmétologie ou de dermatologie chirurgicale utilisée soit pour traiter des cicatrices d'acné ou des rides cutanées (dermabrasion), soit pour enlever une partie pathologique d'ongle (onychomycome) et ainsi raccourcir la durée du traitement, et qui emploie une pièce à main rotative et abrasive mue par un petit moteur électrique.

Étym. lat. mola : meule

Michon (opération de) l.f.

Michon's operation

Technique de traitement chirurgical de l'incontinence urinaire d'effort par suspension du col vésical à l'aide d'une bandelette taillée aux dépens de l'aponévrose du muscle grand droit.

L. Michon, chirurgien urologue français (1892-1973) (1943)

microdélétion n.f

microdeletion

Suppression d’un très petit segment de chromosome ou d’une séquence d’ADN souvent indécelable par le simple caryotype et nécessitant une méthode de marquage particulière comme la technique FISH (Fluorescence In Situ Hybridisation) ou MLPA (Multiplex Ligation dependent Probe Amplification).
De telles délétions ont été trouvées dans de nombreux syndromes malformatifs : par exemple le syndrome de Di George en 22q11.2, de Williams en 7q1.23, de Phelan-Mac Dermid en 22q13, de Prader-Willi  et d’Angelman en 15q11-q13, la maladie du cri du chat en 5p15.2,etc.

Étym. gr. mikros : petit ; lat. deletio : destruction

→ FISH, MLPA

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