Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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crampe n.f.

cramp, muscle spasm

Contraction brusque, involontaire, douloureuse et transitoire d'un muscle ou d'un groupe musculaire.
Elle peut intéresser soit des muscles squelettiques et survient au cours d'un effort, du froid, de troubles vasculaires ou métaboliques, soit des muscles viscéraux, intestinaux, gastriques, utérins, etc.

Étym. francique et all. kramp : recourbé

Syn. spasme musculaire

[I4,N1]

créatine n.f.

creatine

Acide N-méthylguanido-acétique.
Dérivé de la guanidine présent dans le muscle et dans d'autres tissus, sous forme libre, mais surtout sous forme phosphorylée.
La créatine est synthétisée à partir de la glycine, par une transamidination de l'arginine et une transméthylation de l'adénosyl-méthionine. Son produit de déshydratation interne est la créatinine. Dans le sang, elle se trouve dans les globules rouges à la concentration de 30 mg/L. Elle est présente dans les urines du nourrisson, mais disparaît chez l'adulte sauf en cas d'atteintes musculaires.

Étym. gr. kreas, kreatos : chair

[C1]

créatine-kinase n.m.

creatine-kinase

Enzyme catalysant réversiblement une réaction de transfert de radical phosphoryle d'une molécule d'ATP à une molécule de créatine, formant un créatine-phosphate, molécule "riche en énergie".
La créatine-kinase du cytoplasme, à structure dimérique, est utilisée au cours de l'effort pour reformer des molécules d'ATP à partir de l'ADP. La créatine-kinase de l'espace intermembranaire des mitochondries, à structure octamérique, est utilisée au repos pour resynthétiser les réserves de créatine-phosphate, grâce aux ATP formés par la chaine respiratoire.
La créatine-kinase(CK) existe sous forme de 3 iso-enzymes appelées CK-MM, abondante dans le muscle strié, CK-MB, abondante dans le myocarde et CK-BB, abondante dans le cerveau. Une élévation de la concentration sérique de CK est observée dans les lésions cardiaques et musculaires. Une augmentation rapide (quelques heures) de la CK-MB est observée dans l’infarctus du myocarde. Une augmentation de la CK-MM est observée dans les myopathies et au cours des syndromes d’écrasement musculaire.

→ créatine-phosphokinase, phosphagène, infarctus du myocarde, écrasement musculaire

[C1,C2]

créatinine n.f.

creatinine

Acide N-méthylguanidineacétique de formule NH = (NH)-N(CH3)-CH2-CO.
Molécule cyclique (hydantoïne) formée à partir de la créatine ou plus spécialement du créatine-phosphate par départ d'une molécule d'eau ou d'acide phosphorique.
La créatinine est le métabolite de la créatine, un des constituants du muscle squelettique. Elle apparaît dans le plasma où sa concentration varie entre 50 et 100 µmol/L et est excrétée dans l'urine. La concentration plasmatique de créatinine dépend de la masse musculaire qui la produit, du volume des liquides extracellulaires dans lequel elle se distribue et de la fonction rénale qui assure son excrétion dans l'urine par filtration glomérulaire, sans réabsorption ni sécrétion tubulaire dans les conditions physiologiques. La clairance rénale de la créatinine est un moyen commode pour mesurer le débit de filtration glomérulaire.
Le débit de créatinine urinaire (9 à 27 mmol/jour) est un index de la masse musculaire. Il est relativement stable et dépend peu du régime alimentaire. Il est donc possible d'utiliser la teneur urinaire en créatinine comme paramètre de référence à la place du volume urinaire lorsque ce dernier a une valeur incertaine.

→ filtration glomérulaire, clairance de la créatinine, créatininémie

[C1,M1]

crête du grand tubercule de l'humérus l.f.

crista tuberculi majoris humeri, labium laterale sulci intertubercularis (TA)

crest of greater tubercle, lateral lip of intertubercular sulcus, lateral lip bicipital groove

Crête osseuse large et saillante qui borde en avant et latéralement le sillon intertuberculaire de l’humérus.
Elle prolonge vers le bas le bord antérieur du grand tubercule de l’humérus et se continue par le bord antérieur de la diaphyse humérale. Elle donne insertion au tendon du muscle grand pectoral.

Syn. anc. crête sous-trochitérienne

[A1]

Édit. 2015

crête du grand tubercule du sillon intertuberculaire de l'humérus l.f.

crista tuberculi majoris humeri, labium laterale sulci intertubercularis (TA)

crest of greater tubercle, lateral lip of intertubercular sulcus, lateral lip bicipital groove

Crête osseuse large et saillante qui borde en avant et latéralement le sillon intertuberculaire de l’humérus.
Elle prolonge vers le bas le bord antérieur du grand tubercule de l’humérus et se continue par le bord antérieur de la diaphyse humérale. Elle donne insertion au tendon du muscle grand pectoral.

Syn. anc. crête sous-trochitérienne

[A1]

Édit. 2015

crête du muscle supinateur l.f.

crista musculi supinatoris (TA)

supinator crest

Crête osseuse qui borde en arrière la fossette située sous l’incisure radiale de l’ulna.
Elle donne insertion à la lame aponévrotique du chef superficiel du muscle supinateur.

Syn. anc. crête supinatrice

[A1]

Édit. 2015

crête du petit tubercule de l'humérus l.f.

crista tuberculi minoris humeri, labium mediale sulci intertubercularis (TA)

crest of lesser tubercle, medial lip of intertubercular sulcus, medial lip bicipital groove

Crête osseuse saillante qui borde en arrière et en dedans le sillon intertuberculaire de l’humérus.
Elle prolonge vers le bas la saillie du petit tubercule de l’humérus et donne insertion au muscle grand rond.

Syn. anc. crête sous-trochinienne

[A1]

Édit. 2015

crête du petit tubercule du sillon intertuberculaire de l'humérus l.f.

crista tuberculi minoris humeri, labium mediale sulci intertubercularis (TA)

crest of lesser tubercle, medial lip of intertubercular sulcus, medial lip bicipital groove

Crête osseuse saillante qui borde en arrière et en dedans le sillon intertuberculaire de l’humérus.
Elle prolonge vers le bas la saillie du petit tubercule de l’humérus et donne insertion au muscle grand rond.

Syn. anc. crête sous-trochinienne

[A1]

Édit. 2015

crête inter-trochantérique l.f.

crista intertrochanterica (TA)

intertrochanteric crest

Crête très saillante qui limite en dehors la face postérieure du col du fémur.
Elle s’étend obliquement de haut en bas et de dehors en dedans, du bord postérieur du grand trochanter au petit trochanter. De sa partie moyenne descend verticalement la saillie rugueuse d’insertion du muscle carré fémoral.

Syn. anc. crête inter-trochantérienne postérieure, ligne inter-trochantérienne postérieure

[A1]

Édit. 2015

crête musculaire de la partie basilaire de l'os occipital l.f.

Relief osseux transversal de la face exocrânienne de la partie basilaire de l’os occipital qui part de chaque côté du tubercule pharyngien.
Elle donne insertion au muscle droit antérieur de la tête.

[A1]

Édit. 2015

crête supraventriculaire l.f.

crista supraventricularis (TA)

supraventricular crest

Saillie musculaire large qui soulève la paroi médiale de l’infundibulum du ventricule droit.
Elle limite en bas et en arrière l’entrée de l’infundibulum qu’elle sépare de la partie antérieure de l’orifice auriculo-ventriculaire droit. Ce relief se prolonge en dehors sur la paroi antérieure du ventricule en passant au-dessus du muscle papillaire antérieur et de la cuspide antérieure de la valve atrio-ventriculaire droite.

W. His Jr, anatomiste et physiologiste suisse (1893) ; C. Wolff, anatomiste et embryologiste allemand (1733-1794)

Syn. anc. crête supraventriculaire de His, éperon de Wolff

→ tendon de l'infundibulum

[A1]

Édit. 2015

crochet à strabisme l.m.

Graefe muscle hook

Crochet utilisé dans la chirurgie du strabisme, destiné à être engagé sous le tendon du muscle oculomoteur pour le dégager des structures environnantes et l'exposer dans le champ opératoire.
Il existe de très nombreuses variétés de crochets à strabisme qui dérivent toutes du crochet décrit par von Graefe.

F. von Graefe, ophtalmologiste allemand (1828-1870)

[P2,B4]

cuboïde n.m.

os cuboideum (TA)

cuboid

Os le plus latéral de la rangée distale du tarse.
Il s’articule en arrière avec le calcanéum, en avant avec les quatrième et cinquième métatarsiens, par sa face médiale avec le cunéïforme latéral et le scaphoïde. Il présente trois reliefs majeurs : sur sa face plantaire le sillon du tendon du muscle long fibulaire, sur sa face latérale la tubérosité de l’os cuboïde et sur sa face postérieure le processus calcanéen.

Syn. os cuboïde

→ sillon du tendon du muscle long fibulaire, tubérosité de l'os cuboïde, processus calcanéen du cuboïde

[A1]

Édit. 2015

Cüppers (manœuvre de) l.f.

Cüppers' maoeuvre

Procédé d'examen mettant en évidence le blocage d'un muscle oculomoteur principalement le droit interne dans une ésotropie avec nystagmus.
La manœuvre consiste à faire suivre des deux yeux par le sujet une cible mobile partant du champ temporal de l'œil fixateur pour aller progressivement vers le champ temporal de l'œil dévié : normalement, les deux yeux se déplacent de façon conjuguée pour suivre le déplacement de la cible ; en cas de blocage, l'œil dévié reste immobile en adduction ou ne suit que très imparfaitement la cible ; puis, après quelques mouvements nystagmiques, il prend brusquement la fixation. Si l'œil qui, au départ, avait pris la fixation, se met brutalement en adduction exagérée quand l'autre œil prend la fixation, le blocage est dit bilatéral. Pour éviter la mise en jeu de la convergence accommodative, il faut placer devant les deux yeux la correction positive nécessaire en fonction de la distance d'examen. La manœuvre peut être exécutée avec un prisme de forte puissance base externe devant l'œil fixateur.

C. Cüppers, ophtalmologue allemand (1956) ; L. Corcelle, ophtalmologiste français (1962)

→ test du prisme base externe de Cüppers, Corcelle (signe de)

[P2]

Cüppers (test du prisme base externe de) l.m.

Cüppers' base out prism test

Procédé d'examen pour mettre en évidence le blocage d'un muscle droit interne dans une ésotropie avec nystagmus.
Normalement un prisme base externe devant l'œil fixateur induit une adduction de cet œil et provoque un mouvement harmonieux d'abduction de l'autre œil.
En cas de blocage, l'autre œil maintient sa position d'adduction et peut même initier une suradduction. Il faut utiliser un prisme de forte puissance (30 ou 40 dp).

C. Cüppers, ophtalmologue allemand (1961)

[P2]

cuspide septale de la valve atrio-ventriculaire droite l.f.

cuspis septalis valvae atrioventricularis dextrae (TA)

septal cusp of tricuspid valve, commissural cups of right atrioventricular valve

La plus petite des trois valvules de la valve tricuspide, insérée sur la partie médiale de l’ostium atrio-ventriculaire droit et correspondant au septum atrio-ventriculaire.
Elle reçoit des cordages d’un muscle papillaire postérieur et d’un ou deux muscles papillaires septaux du ventricule droit.

Syn. anc. valve interne de la valvule tricuspide, valve septale de la valvule tricuspide

[A1,K2]

Édit. 2015

cycloplégique n.m.

cycloplegic

Médicament bloquant le muscle sphinctérien de l’iris, entraînant une dilatation pupillaire maximale (mydriase).

[G3,P2]

cysticercose cutanée l.f.

subcutaneous cysticercosis

Parasitose due à la larve cysticerque (Cysticercus cellulosae) du Tænia solium.
L'Homme peut être parasité par la forme adulte du Tænia ou par la forme larvaire (cysticerque) dont l'hôte habituel est le Porc. En l'absence de cannibalisme, la cysticercose est une impasse parasitaire chez L'Homme. Celui-ci se contamine soit en ingérant des œufs, ou embryophores, par l'intermédiaire d'eau ou de végétaux souillés par des selles humaines, soit par auto-infestation après ouverture dans l'estomac d'anneaux provenant d'un ver adulte localisé dans l'intestin. Après éclosion, les embryons gagnent la grande circulation et se disséminent dans certains tissus : tissu sous-cutané, muscle, œil, système nerveux central,… où ils se transforment en larves cysticerques. Dans la cysticercose sous-cutanée, on observe un nombre variable de lésions, de 1 à plus de 1000, sous forme de petits grains fermes ou durs, mobiles, indolores, de la taille d'un plomb de chasse ou d'un grain de riz, surtout sur le tronc et les membres, avec parfois du prurit. Lorsque les larves sont calcifiées, elles sont visibles radiologiquement dans les parties molles. La sérologie est positive dans la phase active de la parasitose mais se négative par la suite ; l'hyperéosinophilie disparaît également lorsque les larves se calcifient. La confirmation diagnostique est apportée par l'examen anatomo-pathologique d'un nodule sous-cutané. Contrairement aux formes graves liées à une localisation cérébrale ou oculaire, la cysticercose cutanée ne nécessite habituellement aucun traitement.

→ cysticercose

[D1,J1]

Daniels (biopsie de) l.f.

Daniels’ biopsy

Prélèvement des nœuds (ganglions) lymphatiques situés au devant du muscle scalène antérieur, au contact de l’aponévrose cervicale moyenne dans sa portion sous-omohyoïdienne.
L’abord se fait par une incision cutanée sus-claviculaire horizontale puis incision de l’aponévrose cervicale moyenne. Cette technique, utilisée pour le diagnostic de sarcoïdose en cas de négativité des biopsies bronchiques, est tombée en désuétude depuis la pratique de la médiastinoscopie plus performante.

A. C. Daniels, chirurgien américain (1949)

Syn. biopsie des ganglions préscaléniques de Daniels

→ sarcoïdose

Danon (maladie de) l.f.

Danon’s disease

Glycogénose de type II, maladie de surcharge lysosomale qui se traduit notamment par une atteinte des muscles squelettiques et respiratoires de gravité variable.
La maladie de Danon correspond aux formes de l'adulte de la maladie de Pompe.
L’affection est due au déficit en alpha-1,4-glucosidase acide qui hydrolyse le glycogène en unités glucose, entraînant une surcharge intra-lysosomale de glycogène. Le déficit est ubiquitaire, mais il n'est exprimé que par certains organes (coeur et/ou muscle squelettique surtout). Le gène (GAA) est localisé sur le chromosome 17q23. La transmission est autosomique récessive.

M. J. Danon, neuropathologiste américain (1981) ; J. C. Pompe, anatomopathologiste néerlandais (1932)

→ Pompe (maladie de)

déchirure n.f.

tear

1) D’un point de vue général, dans un tissu anatomique constitué de fibres, rupture de leur continuité longitudinale ou fente dans leur assemblage longitudinal, ou association de deux lésions.
2) Sensation douloureuse brutale perçue dans un muscle, par une personne lors d'un mouvement qu'elle ne peut poursuivre et qu'elle attribue à tort ou à raison à une déchirure musculaire tendineuse ou aponévrotique.

→ blessure, coup de fouet

décollement de l'omoplate l.m.

winged scapula

Saillie sous la peau, vers l’arrière, du bord spinal de l’omoplate.
La parésie ou la paralysie du muscle serratus anterior (grand dentelé) par atteinte du nerf long thoracique (ou nerf du grand dentelé, nerf de Charles Bell), en est habituellement la cause.

Syn. omoplate décollée, scapula alata

décrément n.m.

decrement

Diminution d'amplitude et de surface du potentiel d'action global du muscle (PAM) lors de la stimulation répétitive du nerf efférent, caractéristique d'une anomalie de la transmission neuromusculaire (myasthénie).
Le décrément est observable à basse fréquence de stimulation (-3 Hz). Au cours des blocs présynaptiques (syndrome de Lambert-Eaton), il est relevé à basse fréquence. Au contraire un incrément encore appelé potentiation est observé à haute fréquence de stimulation (20-50 Hz). La technique de recherche d'un décrément doit être très stricte en ce qui concerne la contention du membre stimulé et la température cutanée doit être contrôlée. Les réponses faussement positives peuvent être dues à des problèmes techniques.

E. H. Lambert physiologiste et L. M. Eaton, neurologue américains (1956)

défécographie n.f.

defecography

Technique radiologique visant à évaluer les différentes phases de la défécation.
La méthode consiste à introduire un produit radio-opaque semi-liquide dans le rectum et à préciser lors de l'examen radiologique du pelvis de profil la qualité de l'évacuation ainsi que les modifications fonctionnelles ou morphologiques de la paroi rectale et du canal anal.
Cet examen permet d'étudier la statique rectale, l'angulation anorectale et l'empreinte du muscle puborectal, la longueur du canal anal, la position du périnée par rapport aux structures osseuses (descente périnéale) et la qualité de l'expulsion du contenu rectal.
Ces renseignements sont intéressants dans le bilan de l'incontinence fécale et de la dyschésie (rectocèle) mais ne précisent pas l'état des autres filières pelviennes, urinaire et génitale.

Syn. rectographie dynamique, proctographie dynamique

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