Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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excipient n.m.

excipient

En pharmacotechnie, ensemble des substances auxiliaires  accompagnant le principe actif, dépourvues d’action thérapeutique recherchée, destinées à diluer ou à permettre la mise en forme galénique du médicament.
Parmi les excipients figurent les substances qui permettent la présentation solide ou liquide du principe actif, les conservateurs, les aromatisants et les colorants éventuels, correspondant donc en règle générale à tout ce qui, dans un médicament n'est pas le principe actif. En réalité, les excipients ne sont pas tous totalement inertes car, dans certains cas, ils peuvent contribuer eux-mêmes à un effet recherché tel qu’hydratant dans les préparations cosmétiques.

Étym. lat. excipiens de excipere : recevoir, accueillir.

[G3]

Édit. 2018  

fractalkine n.f.

Protéine transmembranaire, dotée d’un domaine chemokine CX3C, intervenant dans le mécanisme des maladies allergiques.
Chez l’Homme, CX3CL1 est exprimée dans de nombreux types cellulaires. C’est une protéine transmembranaire faite d’une chaîne polypeptidique traversant une fois la membrane. Elle est clivée par ADAM-10 et -17 (« A disintegrin and metalloproteinase domain-containing protein 10/17 »). CX3C se lie au récepteur CXCR1 et active, ainsi, une voie de signalisation intervenant dans le mécanisme des maladies allergiques. Par exemple, dans l’asthme, ce processus favorise la rétention de lymphocytes T auxiliaires (« helpers ») Th1 et Th2 dans le poumon. Ces lymphocytes libèrent des cytokines agissant sur la production d’IgE et l’éosinophilie.

ADAM 17, ADAM 10, CXCR1, CX3C, chimiokine, asthme, lymphocyte T, IgE, éosinophilie

[C1, C3]

Édit. 2018

granulé n.m.

granulated pellet

Préparation médicamenteuse constituée par des grains solides et secs, destinés à la voie orale, contenant un ou plusieurs principes actifs, additionnés ou non de substances auxiliaires, de matières colorantes ou d'aromatisants.
Il existe plusieurs catégories de granulés : non enrobés, effervescents, enrobés, gastrorésistants, à libération modifiée, etc.

Étym. lat.  granum: grain

[G3,G5]

Édit. 2017

indicateur de consommation médicale l.m.

indicator of medical consumption

Indicateur montrant la consommation médicale d’un produit ou d’un type de soins par une population pendant une période donnée.
On peut ainsi étudier le nombre des consultations dans les cabinets privés de la médecine de ville, le nombre des actes facturés par les auxiliaires médicaux, la vente d’une spécialité pharmaceutique, etc.

Étym. lat. indicium : indication

interleukine 10 n.f.

interleukin-10

Cytokine produite les monocyto-macrophages activés et certains lymphocytes T auxiliaires (T helper) dont l’activité principale est l’inhibition des macrophages activés, ce qui suggère son rôle dans le contrôle des réactions inflammatoires et immunitaires.

Sigle  : IL-10

monocyte-macrophages (système des), lymphocyte T

microsphère n.f.

microglobe

Microgranule formé d'un matériau support constituant une matrice où sont dispersés le ou les principes actifs éventuellement additionnés de substances auxiliaires.

Étym. gr. mikros : petit ; sphaira :  sphère

nomenclature des actes de biologie l.f.

Liste des actes de biologie pouvant être accomplis par les responsables des laboratoires d’analyses biologiques et, dans la limite de leur compétence, par les auxiliaires de laboratoire ; seuls ces actes sont susceptibles d’être pris en charge par les organismes d’assurance-maladie.
Chaque acte fait l’objet d’une cotation chiffrée qui, multipliée par une lettre-clé dont la valeur s’exprime en francs, fixe l’honoraire dû à l’auteur de l’acte. La nomenclature fait l’objet d’un arrêté ministériel après avis d’une commission qui propose les cotations.

commission nationale permanente de biologie, nomenclature générale des actes professionnels

profession paramédicale l.f.

Profession liée à l’exercice des soins médicaux à l’exception des professions médicales.
L’usage inclut dans les professions paramédicales les professions réglementées des auxiliaires médicaux, mais aussi des professions non réglementées et des professions n’ayant pas de rapport de soins directs avec les malades comme les prothésistes dentaires ou les secrétaires médicaux.

profession de santé l.f.

Ensemble de personnes ayant une activité liée à la prophylaxie ou aux soins au malades.
On groupe dans l’expression imprécise de professions de santé les professions médicales, les auxiliaires médicaux, les professions paramédicales, les personnels des laboratoires d’analyses biologiques, les personnes liées à la pharmacie et à l’industrie du médicament, etc.

psychodrame morénien l.m.

Moreno's psychodrama

Défini "comme le fait de jouer sa vie sur scène", c'est-à-dire comme la reconstitution sur scène d'une situation réelle ou imaginaire.
Ses modalités de fonctionnement ont été élaborées à partir de la découverte par hasard, en 1928, de l'effet cathartique du jeu sur l'acteur.
Animé par un meneur de jeu qui ne joue pas (le psychothérapeute), le psychodrame est une "co-action en co-présence", où le "protagoniste" (le patient) joue avec l'"antagoniste" (les moi auxiliaires), sans mise en scène, des situations dramatiques.

J. L. Moreno, médecin psychiatre américain (1889-1974)

réanimation n.f.

intensive and critical care resuscitation

Ensemble des moyens mis en œuvre pour maintenir les fonctions vitales compromises par des circonstances pathologiques ou traumatiques, qui comporte deux volets hospitalier et pré hospitalier.
1) A l’hôpital sont mis en œuvre un ensemble de moyens diagnostics et de traitements permettant de maintenir les fonctions vitales lorsque le patient ne maitrise plus «un équilibre aussi proche que possible de la normale dans le milieu intérieur» (J. Hamburger, 1950) pour protéger le métabolisme des organes essentiels, en particulier celui du cerveau.
La prise en charge de patients présentant ou susceptibles de présenter des défaillances viscérales aigües mettant en jeu le pronostic vital nécessite à la fois l'utilisation de techniques spécifiques, de matériels coûteux et la permanence de nuit comme de jour d'un personnel médical et d'auxiliaires spécifiques, compétents et entraînés. Elle nécessite aussi des structures appropriées pour mettre en œuvre les diagnostics et les traitements.
Les difficultés d'une telle stratégie impliquent des moyens spécifiques en personnel et justifient la création et le développement d'unités de réanimation polyvalentes ou spécialisées (médicale, pédiatrique, chirurgicale, cardiologique, etc.). En France le premier service de réanimation a été développé par P. Mollaret à l'Hôpital Claude Bernard (1956) à la suite de celui de Lassen à Copenhague (1952) et de Michaud à Lausanne (1954
2) Avant l’hospitalisation et avant l’arrivée du SAMU ou des pompiers, ce sont les gestes effectués par un secouriste (éventuellement quelqu'un d'autre), destinés à maintenir en vie et à protéger un patient ou une victime d'accident.
Étant donné l'obligation légale de porter secours à une personne en péril (Article 63, alinéa 2 du Code pénal), aucune discrimination ne peut être faite sur la qualité ou la formation de la personne qui porte secours. Les actes de secourisme peuvent être pratiqués en urgence par n'importe qui, tandis que ceux de réanimation sont réservés aux équipes médicalisées. L'enseignement du secourisme, sous l'égide du Ministère de l'Intérieur (Protection civile), comporte un enseignement élémentaire et des options plus spécialisées. Ces enseignements sont sanctionnés par des examens, il existe notamment un certificat de «secouriste spécialisé en réanimation».
L’utilisation d’un défibrillateur ventriculaire semi-automatique du modèle mis à la disposition du public dans certains sites fait partie des gestes de réanimation.

P. Mollaret, médecin infectiologue et neurologue français (1898-1987) ; L. Michaud, médecin interniste suisse, membre de l’Académie de médecine (1880-1956) ; H. C. Lassen, épidémiologiste danois (1900-1974)

Étym. déverbal de ranimer, animer à nouveau (ramener à la vie), qui a supplanté ressusciter au XVème siècle

secouriste, secourisme

récepteurs des lymphocytes T  l. m. p.

T lymphocytes receptors

Ce sont des structures de membrane permettant aux lymphocytes T de reconnaître spécifiquement les antigènes.
Leur combinaison avec l’antigène transmet un signal d’activation à la cellule par l’intermédiaire de complexes moléculaires CD3 auxquels ils sont associés. Ils sont tous identiques pour un même lymphocyte. Ils sont constitués de deux chaînes polypeptidiques dont il existe quatre sortes : α, β, γ, δ construites sur le même modèle :
-une partie constante prolongée par une séquence hydrophobe (assurant son ancrage dans la membrane) et par un segment intracytoplasmique ;
-une partie variable (tournée vers l’extérieur de la cellule) qui, comme pour les immunoglobulines, est du fait de la variabilité le support de leur spécificité pour l’antigène.
Il existe deux sortes de récepteurs :
-les récepteurs α β, formés d’une chaîne α unie par un pont disulfure à une chaîne β, sont présents sur les lymphocytes  T CD3+, CD4+ et sur les T CD3+ CD8+. Ils reconnaissent l’antigène présenté par les CPA en association avec des molécules HLA de classe II (T auxiliaires) ou de classe I (T cytotoxiques) ;
-les récepteurs γ δ formés d’une chaîne γ associée à une chaîne δ sont présents sur les lymphocytes T CD3+ CD4- CD8- représentant 1 à 10 % des lymphocytes circulants mais ils sont plus nombreux dans certains tissus. Ils peuvent se lier à des épitopes non associés à des molécules HLA.

CPA, TCR, lymphocyte T

SAMU sigle m. pour Service d'Aide Médicale Urgente

EMS (emergency medical service) mais le sigle anglais correspond mal au concept de SAMU : aussi le sigle SAMU est-il également utilisé en anglais.
Service public hospitalier d'Aide Médicale Urgente à vocation extrahospitalière chargé d’assurer aux malades, blessés et parturientes les soins d’urgence que nécessite leur état.
Le SAMU, défini par la loi du 6 janvier 1986, « a pour objet de faire assurer aux malades, blessés et parturientes, en quelqu'endroit qu'ils se trouvent, les soins appropriés à leur état » ; «certains hôpitaux » (en principe un par département) «sont chargés de se doter d'une unité appelée SAMU comportant un centre de réception et de régulation des appels interconnecté dans le respect du secret médical avec les dispositifs de réception des appels destinés à la police, aux services d'incendie et de secours ».
A vocation extrahospitalière et interhospitalière, cette unité hospitalière dirigée par un médecin hospitalier est dotée d'un central téléphonique autonome servi par des auxiliaires médicaux (permanenciers) supervisés en permanence par un médecin «régulateur», susceptible d'apprécier la nature des appels et capable de conseiller à tout instant les appelants pour toutes les situations d'urgence médicale. Alerté grâce à son service d’écoute médicale permanente, il déclenche aussitôt la réponse en personnels et en moyens la mieux adaptée à la circonstance. En effet, certains gestes d'urgence très simples peuvent être conseillés par téléphone au public (ex. refroidissement des brûlures, compression des hémorragies externes, mise en position latérale de sécurité, précautions en cas d'électrocution etc.).
S’il prévoit une hospitalisation, il en prépare le lieu le plus opportun et l’accueil du patient ; il fait appel aux services de police, d’incendie et de transports sanitaires et veille à ce que la continuité des soins soit assurée après son retrait.
Le SAMU dispose, en propre ou en collaboration avec d'autres services civils ou militaires, de moyens pour lui permettre d'assurer ses missions (liaisons radiotéléphoniques, ambulances, hélicoptères, avions). Certains hôpitaux (siège de SAMU ou hôpitaux choisis en raison de leur importance et de leur implantation géographique) sont dotés d'un SMUR (Service Mobile d'Urgence et de Réanimation) qui est chargé d'envoyer rapidement une équipe médicale sur le lieu de l'urgence « en quelqu'endroit qu'elle se trouve ».
En France le SAMU est directement et gratuitement accessible au téléphone par le numéro 15. Les communications restent sous confidentialité médicale.
Les SAMU participent aux services publics d’assistance et de soins, ils collaborent éventuellement avec les autres organismes (police, pompiers, armée, etc.), participent aux interventions d’urgences (plan ORSEC, manifestations et rassemblements de foule, etc.). Ils contribuent à la formation de plusieurs professions de santé.
Les dépenses de leurs centres de réception et de régulation des appels sont financées par des contributions qui peuvent notamment provenir des régimes obligatoires d’assurance maladie, de l’Etat et des collectivités territoriales.

Origine du sigle SAMU : R. Coirier ministère de la Santé, (1968)

alerte, brûlé (premiers soins au), électrique (premiers secours en cas d'accident), permanencier, premiers secours, SMUR, régulateur (médecin), ORSEC plan

secret professionnel médical l.m.

 medical professional secrecy

Le secret professionnel médical est un contrat moral qui scelle la confidentialité entre le médecin et son patient : il garantit le respect de la vie privée et de l’ordre social.
Par la place qu’il occupe dans la société, ses multiples aspects et le nombre de personnes qu’il concerne il est le plus important des secrets professionnels. Le secret professionnel médical est l’un des aspects du droit public des libertés.
Son origine remonte au serment d’Hippocrate, 400 ans avant notre ère. Il s’est perpétué depuis et s’appuie sur des dispositions législatives ou réglementaires et sur des décisions jurisprudentielles :
- article 12 de la déclaration universelle des droits de l’homme : « Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée »,
- article 9 du code civil : « chacun a droit au respect de sa vie privée »,
- article L 1110-2 du code la santé publique (CSP) : « La personne a droit au respect de sa vie privée »,
- article L 1110-4 du CSP : « Toute personne prise en charge…a droit au respect de sa vie privée et au secret des informations la concernant »,
-articles L 162-2 et L 315-5 du code de la sécurité sociale portant également sur le secret professionnel médical.
Le décret du 6 septembre 1995, portant code de déontologie médicale, est incorporé au code de la santé publique (articles R 4127-1 à R 4127-112). Le secret professionnel médical relève des articles R 4127- 4-35-51-72-73-76-95-104.
L’article 226-13 du code pénal punit sa violation d’un an d’emprisonnement et de 15.000 €uros d’amende. Aux termes de cet article 226-13 du code pénal de portée plus générale : « est tenue au secret toute personne qui est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d’une fonction ou d’une mission temporaire, d’une information à caractère secret ».
Sont donc tenus au secret professionnel médical tous les professionnels et auxiliaires de santé : médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, sages-femmes, infirmiers ou infirmières, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, aides-soignants, ambulanciers, secrétaires médicaux, technologues en imagerie médicale (manipulateurs), technologistes médicaux.
Caractéristiques du secret professionnel médical :
- établi dans l’intérêt du patient, il ne lui est pas opposable; le patient ne peut pas en délier le médecin ;
- il se perpétue après le décès du patient ;
- les faits qui ne peuvent être révélés doivent avoir été connus dans l’exercice d’une profession médicale ;
- l’intention coupable dans la violation du secret professionnel médical n’est pas nécessaire ; il suffit que sa révélation ait té effectuée en connaissance de cause ;
- la violation du secret professionnel médical est punissable même lorsqu’elle est faite à une seule personne et même si celle-ci est personnellement tenue au secret.
Bien qu’il comporte de nombreuses dérogations, le secret professionnel médical est toujours considéré comme général et absolu car, selon la formule du Professeur Hoërni : « Il n’y a pas de soins de qualité sans confidence, de confidence sans confiance, de confiance sans secret ».
Des dérogations obligatoires dans un intérêt collectif concernent :
- d’une façon générale la transmission obligatoire de données individuelles à l’autorité sanitaire (article L 3113-1 du CSP) ; plus particulièrement au profit de l’institut de veille sanitaire (article L 1413-5 du même code) ;
- l’accès à des informations médicales conservées sur support ou transmises par voie électronique (article R 11-3 du même code) ;
- les perquisitions et saisies sur ordre des autorités judiciaires ou effectuées par un officier de police judiciaire ;
-  les injonctions de soins ordonnées judiciairement ;
-  les déclarations des naissances et des décès ;
-  la déclaration des maladies contagieuses ou vénériennes ;
-  les certificats d’internement ;
-  le signalement des alcooliques présumés dangereux.
Des dérogations obligatoires à titre individuel concernent :
- les accidents de travail et maladies professionnelles ;
- les pensions militaires d’invalidité ;
- les pensions civiles et militaires de retraite ;
- l’indemnisation des personnes contaminées par le VIH lors d’une transfusion ;
- le dopage des sportifs.
Des dérogations permettent le partage du secret professionnel médical :
- au profit des recherches dans le domaine de la santé (lois des 1er juillet 1994 et 6 août 2004) ;
- les commissions des relations avec les usagers et de la qualité de la prise en charge (article L 1112-3 du CSP) ;
- le signalement d’une personne dont l’état nécessite une mesure de protection judiciaire ;
- les sévices ou praivations constatées sur un mineur ou une personne fragile (article 226-14 du code pénal) ;
- le signalement du caractèraae dangereux d’une personne détenant une arme ou voulant en acquérir (même article).
Des dérogations accordées à certaines catégories de médecins concernent :
- le médecin responsable du département d’information médicale dans un établissement de santé (articles L 6113-7 et R 710-5-4 du CSP),
- le médecin conseil de la sécurité sociale ou inspecteur de la santé,
- le médecin requis pour constatation d’une infraction à la législation sur la répression des fraudes (article L 4163-1 du CSP),
- le médecin désigné comme intermédiaire par un patient pour accéder à son dossier médical (articles L 1111-7 et R 1111-1 du CSP),
- le médecin chez un hébergeur de données médicales (article R 1111-1 du CSP).
Des dérogations en faveur de tiers non médecins concernent :
- la personne de confiance (article L 1111-6 du CSP),
- la famille ou les proches d’un patient en cas de diagnostic grave (article L 1110-4 du CSP),
- les ayants droit d’une personne décédée (article L 1111-7 du CSP),
- une tierce personne lors d’une consultation, avec l’accord du patient (article L 1111-7 du CSP),
- le dépôt volontaire de données de santé à caractère personnel auprès d’un hébergeur (article L 1111-8 du CSP).
Le secret professionnel médical partagé est régi par l’article L 1110-4 du CSP : « Deux ou plusieurs professionnels de santé peuvent…sauf opposition de la personne dûment avertie, échanger des informations relatives à une même personne prise en charge, afin d’assurer la continuité des soins ou de déterminer la meilleure prise en charge sanitaire possible. Lorsque la personne est prise en charge par une équipe de soins dans un établissement de santé, les informations la concernant sont réputées confiées par le malade à l’ensemble de l’équipe ». C’est la conséquence de l’exercice systémique de la médecine et de l’instauration des chaînes de soins.
Des dérogations sont admises par la jurisprudence :
- dans les procédures concernant des rentes viagères, des testaments ou des assurances-vie ; les plaideurs peuvent produire des renseignements médicaux ;
- lorsqu’un médecin est poursuivi en justice il peut, pour sa défense, révéler des faits couverts par le secret professionnel médical mais exclusivement dans le domaine concernant l’affaire en cause ; toute autre révélation serait considérée comme une violation du secret professionnel médical.

Étym. lat. secretus : séparé (participe passé de secerno-ere)

serment d'Hippocrate, code de déontologie médicale, institut de veille sanitaire, département d'information médicale, médecine systémique, chaîne de soins, secret professionnel en psychiatrie

[,article 7 des principes d’éthique médicale européenne : « Le médecin…doit garantir le secret total de toutes les informations qu’il aura recueillies et des constatations qu’il aura opérées lors de ses contacts avec lui le malade »,]

tarif conventionnel l.m.

Montant de la somme que peut demander à l’assuré un membre d’une profession de santé ou un fournisseur pour sa prestation en nature, ce montant ayant été fixé par une convention entre une caisse d’assurance maladie et la personne morale ou physique qui délivre la prestation ou son organisation syndicale.
Sont ainsi fixés par convention les honoraires des médecins et auxiliaires médicaux, les prix et journée des établissements de soins privés, etc.

tarif d'autorité

virus satellite l.m.

satellite virus

Virus associé à d'autres virus végétaux, animaux ou à certains phages dont la réplication dépend entièrement de ces virus auxiliaires.

phage défectif, viroïde

anaplasique adj.

anaplastic

État d'une tumeur habituellement maligne dont l'architecture et les cellules sont très éloignées de celles du tissu dont elles proviennent ; les cellules ont perdu leurs critères de différenciation.
Naguère, on opposait les carcinomes anaplasiques à petites cellules et ceux à grandes cellules. Les techniques immunohistochimiques ont démontré le caractère neuro-endocrine, donc différencié, des carcinomes à petites cellules. Pour éviter toute confusion, les carcinomes à grandes cellules sont dits indifférenciés.
Cet adjectif anaplasique ne doit plus être utilisé dans la classification des carcinomes bronchopulmonaires.

[A3,F2]

Édit. 2017

carcinogenèse n.f.

carcinogenesis

Processus de transformation néoplasique, progressive des cellules, et d’induction de cancer, par des facteurs ou agents carcinogènes qui peuvent être des substances chimiques, des radiations, des virus oncogènes.
On distingue deux stades dans la carcinogénèse : 1) l’initiation, insuffisante à elle seule à former une tumeur, répond à l’exposition des cellules à une dose appropriée d’agents carcinogènes dits initiateurs qui altèrent de façon permanente l’ADN de ces cellules cibles, lesquelles en gardent la mémoire même plusieurs mois après l’application de l’initiateur : l’agent initiateur est mutagène ; 2) la promotion, non tumorigène par elle-même répond à l’induction de tumeur dans les cellules déjà initiées par le processus précédent, mais qui ne sont pas tumorales en elles-mêmes ; ces cellules initiées sont sensibles à l’action des promoteurs et donnent naissance à des tumeurs lorsqu’elles sont stimulées par ces agents promoteurs de façon appropriée. Contrairement aux agents initiateurs, les agents promoteurs ne lèsent pas l’ADN. Les agents chimiques initiateurs impliqués dans la carcinogénèse peuvent appartenir à deux catégories, suivant qu’il s’agit de composés agissant directement, les carcinogènes, ne nécessitant pas de transformation chimique pour être actifs, ou de composés agissant indirectement, les procarcinogènes, nécessitant une conversion métabolique in vivo pour produire des carcinogènes capables de transformer les cellules.

Étym. gr. karkinos : cancer ; genesis : génèse

Syn. cancérogenèse

[F2]

CD 34 sigle angl. pour cluster of differentiation 34

Antigène membranaire exprimé sur les cellules souches hématopoïétiques multipotentes etégalement sur des progéniteurs déjà engagés dans une voie de différentiation.
CD 34 est une glycoprotéine considérée comme le marqueur de choix utilisé dans la purification des cellules souches de la moelle osseuse et du cordon ombilical. L’expression de CD34 n’est pas restreinte au tissu hématopoïétique. Quelques populations de cellules non hématopoïétiques expriment l’antigène CD34. C’est le cas en particulier des cellules endothéliales dont l’origine, à partir d’un progéniteur commun avec les lignées hématopoïétiques, est aujourd’hui avérée. La numération des cellules CD 34+ est très utile dans l’appréciation de la qualité des préparations administrées en thérapie cellulaire qui doivent être suffisamment riches en cellules souches.

cellules interstitielles rénales l.f.p.

renal interstitial cells

Cellules présentes dans l'interstitium rénal, c'est-à-dire dans le tissu situé entre les néphrons et les vaisseaux.
Les cellules interstitielles du cortex rénal sont de deux types. Les unes ressemblent à des fibroblastes et les autres ressemblent à des mononucléaires du sang. Les fibroblastes péritubulaires sont le siège de la production d'érythropoïétine.
Les cellules interstitielles de la médullaire rénale sont essentiellement de grosses cellules contenant des inclusions lipidiques. Il existe également des cellules ayant l'aspect de lymphocytes. Les cellules à inclusions lipidiques sont le site majeur de production de prostaglandines dans la médullaire.

[A2,M1]

cytokine n.f.

cytokine

Protéine ou glycoprotéine de masse moléculaire comprise entre 8 et 50 kDa intervenant comme médiateur soluble ou membranaire dans les interactions cellulaires.
Ce terme regroupe un ensemble hétérogène de molécules dont certaines sont appelées interleukines (IL, médiateurs agissant entre les leucocytes), lymphokines (médiateurs produits par les lymphocytes), interférons, facteur stimulant les colonies (CSF), facteurs de nécrose des tumeurs (TNFα et ß), facteurs transformants de croissance (TGFα et ß) auxquels s’ajoutent les facteurs de croissance dérivés des plaquettes (PGDF), les facteurs de croissance des fibroblastes (FGF) ou des cellules épidermiques (EGF, etc.).
À la différence des hormones dont le taux de sécrétion est continu bien que modifié par des signaux physiologiques, les cytokines sont synthétisées principalement en réponse à un signal activateur. Chaque cytokine peut être produite par de nombreux types de cellules. Les cytokines agissent sur des cellules cibles en se fixant sur des récepteurs spécifiques de haute affinité, les concentrations actives étant de l’ordre de la nanomole ou de la picomole. Ces récepteurs sont, en général, exprimés en très faible densité sur différents types cellulaires, ce qui explique les effets pléiotropiques des cytokines. Selon la localisation de la cellule-cible par rapport à la cellule sécrétrice, les cytokines peuvent avoir une action autocrine (sur la cellule sécrétrice elle-même), paracrine (sur la cellule voisine) ou endocrine (sur des cellules situées à distance de la cellule productrice). L’action juxtacrine est exercée par les cytokines membranaires sur les cellules voisines.
La liaison d’une cytokine à son récepteur induit un ensemble de signaux d’activation, de prolifération, de différenciation ou de mort cellulaire.
La plupart des cytokines entrainent des réactions en cascade en induisant la production d’une autre cytokine par leurs cellules-cibles. Leurs effets sont très souvent redondants : l’induction d’une même réponse cellulaire peut être obtenue avec différentes cytokines se fixant chacune sur son récepteur spécifique.

Étym. gr. kutos : cellule ; kinein : stimuler

interleukine

[C1,C2]

épiderme n.m.

epidermis (TA)

epidermis

Epithélium de revêtement extérieur du corps, constitué par plusieurs couches de cellules qui subissent, en arrivant vers la surface, une transformation cornée, la kératinisation.
Ces couches sont, en allant de la profondeur à la superficie :
1) la couche basale formée par une rangée unique de cellules prismatiques, petites et denses, reposant sur une membrane basale ; elles renferment du pigment ;
2) la couche de Malpighi ou corps muqueux, formée d’un nombre variable de couches de fibrilles épidermiques ;
3) la couche granuleuse constituée de quelques assises de cellules contenant des granules de kératohyaline ;
4) la couche claire formée de cellules dégénérées, aplaties mais ayant encore des noyaux contenant l’éléidine ;
5) la couche cornée constituée de cellules complètement aplaties, dépourvues de noyaux et infiltrées de matière cornée.
A la surface de la peau, les cellules cornées desquament individuellement en formant une poussière cornée, le stratum disjunctum.

Étym. gr. epi : sur ; derma : peau

[A1, A2, J1]

Édit. 2020

hormones thyroïdiennes l.f.

thyroid hormone, iodothyronines (T3, T4), calcitonine (CT)

Les cellules vésiculaires de la thyroïde élaborent les iodothyronines dont les formes circulantes actives sont constituées par la thyroxine (T4 ou tétraiodothyronine) et la T3 (ou triiodothyronine) qui développent des effets ubiquitaires. Une autre hormone, la calcitonine, produite par les cellules parafolliculaires (cellules C), possède un rôle physiologique modeste.
Les iodothyronines se constituent à partir de l’iode, capté par les cellules folliculaires, oxydé, et immédiatement transformées en iodotyrosines (MIT et DIT). Leur couplage conduit à la formation de T3 et T4 qui sont des iodothyronines, constituées de 2 cycles phénols réunis par un pont diphényléther liant 3 ou 4 atomes d’iode (celui-ci constitue 70% du poids molécilalaire de la T4). Les hormones ainsi fomrées au pôle apical des cellules vésiculaires sont stockées au sein de la thyroglobuline (Tg) qui est le constituant essentiel de la colloïde. L’internalisation de la Tg puis sa digestion enzymatique pas les lysosomes permet la libération des hormones dans le sang circulant au pôle poséro-basal. Les hormones se lient à des protéines de transport (TBG, TBPA, albumine) et seule une très faible quantité d’homones libres exerce leur action au niveau des tissus cibles. Celle-ci est permise par pénétration transmebranie active grâce à des transporteurs (OATP, MCT10 et 8) puis liaison aux récepurs nucléaires TR et TR. La métabolisation homronale implique des désiodases de type 1, 2 ou 3 qui constituent des facteurs d’activation ou d’inactivation. La régulation de la production des hormones thyroïdiennes implique particulièrement la TSH et la charge en iode. Les iodothyronines sont fortement impliquées dans le développement statural, la production de chaleur ; globalment elles accèlèrent l’activité et des tissus et des des organes (cœur, intestin, cerveau, muscle, os…)
La calcitonine est un polypeptide de 32 aminoacides, sécrété par les cellules C, aussi par d’autres celules normales ou tumorales. En aigu, elle est susceptible de bloquer la résoption osseuse, de réduire le degré des hypercalcémies. Elle est utisée aussi pour le traitment des algoneurodystrophies. L’accroissement franc du taux circulant de la CT est un marqueur diagnostique et pronostique précieux des cancers médullaires de la thyroïde. Un accroissement discret s’observe aussi du fait du tabagisme, de l’obésité, de l’insuffisance rénale, de l’auto-immunité antithyroïdienne et au cours des pseudohypoparathyroïdies.

Étym. gr. hormaô : j'excite

T3, T4, calcitonine, exploration fonctionnelle de la thyroïde

[O4]

phagocytes mononucléés (système des) l.m.

mononuclear phagocyte system

Réseau de cellules disséminées dans l’organisme, caractérisées par leur activité phagocytaire, leur mobilité, leur rôle dans le déclenchement et l’entretien des réactions immunitaires.
Ces cellules, d’origine médullaire, passent dans le sang (monocytes), et parviennent dans les tissus conjonctifs lâches où elles prennent le nom d’histiocytes-macrophages. Dans les alvéoles pulmonaires, ce sont les cellules à poussières ou macrophages alvéolaires, dans le foie, les cellules de Kupffer, dans le cerveau, les cellules de la microglie, dans la peau, les cellules de Langerhans, dans l'os, les ostéoclastes.

Syn. système mononucléé phagocytaire, système réticuloendothélial (terme obsolète), ou réticulohistiocytaire (terme obsolète)

protéines S100 n.f.

S100 proteins

Famille de protéines comportant environ une vingtaine de membres.
La plus étudiée est la protéine S1OOB. C’est une protéine dimérique de 21 kDa constituée de 2 chaînes (α et bêta), fixatrice de calcium, présente dans les cellules gliales du cerveau, mais aussi dans de nombreuses autres cellules (mélanocytes, cellules de Langerhans, cellules sudorales eccrines et apocrines, cellules musculaires) et dont la présence dans le sang témoigne d'une atteinte pathologique du cerveau.
Sa détection par l'utilisation, en immunohistochimie, de l'anticorps antiprotéine S-100 est particulièrement utile pour identifier ces cellules, notamment en pathologie tumorale (tumeurs næviques et langerhansiennes).
La protéine S100B est dosée  dans le sang et dans le liquide  céphalo-rachidien par électro-chimioluminescence. Sa concentration normale dans le plasma est inférieure à 0,15µg/L. Elle augmente dans les suites de traumatismes crâniens sévères, traduisant une contusion cérébrale, et les hémorragies sous-arachnoïdiennes. C’est également un marqueur sérique d’évolution des mélanomes malins.
Dans le LCR, sa concentration normale est de 1 à 2 µg/L. Elle augmente dans les lésions cérébrales aigües, en particulier les hémorragies sous arachnoïdiennes, les accidents vasculaires cérébraux ischémiques, et au décours d’interventions neuro-chirurgicales.
Le dosage plasmatique d’un autre membre de la famille des protéines S100, la protéine S100A12, a été proposé comme marqueur des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, en particulier la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.

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