Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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infarctus mésentérique l.m.

mesenteric infarction, intestinal infarction

Nécrose hémorragique plus ou moins étendue de l’intestin, secondaire à l’ischémie provoquée par l’occlusion d’une artère ou d’une veine mésentérique ou du tronc cœliaque.
On distingue les ischémies occlusives (thromboses athéromateuses ou emboliques) et les ischémies non occlusives dues à des épisodes prolongés d’hypoperfusion (par bas débit cardiaque ou  spasmes artériels). L’expression  clinique associe des douleurs abdominales intenses et brutales avec vomissements, émission de sang et de mucus par le rectum, syndrome occlusif, absence de bruits hydro-aériques à l’auscultation de l’abdomen siège d’un météorisme abdominal, état de choc.
Le pronostic est redoutable (mortalité de 90 %) en raison de l'évolution irréversible des lésions intestinales vers la nécrose.
Si quelques cas vus très précocement ont permis de réaliser des interventions (embolectomie ou, réimplantations artérielles) assurant le rétablissement de la circulation mésentérique, la résection du grêle reste le plus souvent le seul recours. Mais elle n'a de sens que s'il est possible de conserver
une longueur suffisante d'intestin dont la vitalité est certaine (au minimum 50 à 60 cm à condition qu’il s’agisse de jéjunum). Les infarctus d’origine purement veineuse, plus rares, ont un pronostic un peu moins sombre.

Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) le c de infarctus est une faute d'orthographe latine de la part de copistes

Syn. infarctus entéromésentérique

[L1, L2]

Édit. 2020

infarctus musculaire l.m.

muscular infarct

Infarctus siégeant dans un muscle.

Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.

infarctus

infarctus osseux l.m.

osseus infarction

Ostéonécrose aseptique se traduisant radiologiquement, dans la forme solitaire diaphysaire, par une image d'une plage opaque centro-osseuse épargnant la corticale, avec un liseré clair périphérique : image en cocarde.
Les autres localisations possibles sont les formes épiphysaires et juxta-articulaires. Elles peuvent avoir un retentissement sur l'articulation. On distingue classiquement les infarctus primitifs de découverte radiologique, des infarctus secondaires à des foyers infectieux, à une drépanocytose, etc.

Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.

drépanocytose

infarctus placentaire l.m.

placental infarction

Lésion placentaire à type de nécrose ischémique secondaire à un arrêt de la circulation d’une ou de plusieurs artères utéroplacentaires.
De forme arrondie ou ovalaire, il siège à la face maternelle du placenta et peut être basal ou centro-cotylédonnaire, paracentral ou marginal. Son aspect évolutif permet de distinguer :
- l’infarctus placentaire aigu de couleur noirâtre avec collapsus des espaces intervilleux, tassement des villosités, nécrose du revêtement syncytial et dilatation des vaisseaux villositaires contenant des hématies intactes ; il n’existe pas de prolifération trophoblastique.
- l’infarctus placentaire subaigu de couleur rosée : il se différencie de la forme aigüe par la présence d’hématies lysées dans les vaisseaux villositaires ;
- l’infarctus placentaire chronique de couleur blanchâtre dans lequel les espaces intervilleux sont collabés, les villosités tassées et les structures villositaires dégénérées ; il existe une prolifération trophoblastique et des dépôts fibrineux autour de la lésion.

Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.

infarctus pulmonaire l.m.

pulmonary infarction

Foyer de nécrose ischémique avec infiltration hémorragique d’une partie du parenchyme pulmonaire (alvéoles et cloisons) résultant le plus souvent d’une embolie ou d’une thrombose d’une artère pulmonaire ou d’une de ses branches.
L’infarctus pulmonaire est le plus souvent la conséquence de migrations emboliques multiples, issues de thromboses veineuses périphériques. Les signes cliniques sont une douleur thoracique d’intensité variable, une dyspnée dont l’intensité est déterminée par l’importance du territoire atteint, constamment une tachycardie et souvent une hémoptysie noirâtre. L’auscultation pulmonaire découvre une zone d’abolition du murmure vésiculaire avec la présence d’un foyer de râles sous-crépitants. La lésion se traduit en radiographie par une opacité triangulaire à sommet hilaire. Selon l’étendue du territoire infarci, on constate souvent des signes de dilatation et de souffrance du cœur droit, décrits sous le terme de cœur pulmonaire aigu. 
Le traitement actuel fondé sur l’utilisation rapide de thrombolytiques  et d’anticoagulants a amélioré le pronostic de l’infarctus pulmonaire qui demeure une affection très grave.

Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) le c de infarctus est une faute d'orthographe latine de la part de copistes

infarctus rénal l.f.

renal infarct

Lésion ischémique de tout ou partie du rein, conséquence d'une obstruction vasculaire rénale le plus souvent artérielle, parfois veineuse.
Les obstructions artérielles sont habituellement secondaires à des embolies consécutives à des cardiopathies diverses. Parfois, le facteur causal est représenté par des embols de cholestérol qui, à partir de plaques d'athérome, migrent soit spontanément, soit après intervention chirurgicale ou endocavitaire. Les thromboses de l'artère rénale ou de ses branches peuvent compliquer une sténose congénitale ou acquise. Elles s'associent parfois à un tableau d'hypertension maligne ou au contexte d'une maladie vasculaire diffuse comme la périartérite noueuse. Les thromboses veineuses sont plus rares. Elles s'observent surtout dans un contexte infectieux ou chez le jeune enfant lors d'une déshydratation aigüe d'origine digestive.
Les signes cliniques sont très variables. L'hypertension est fréquente, elle peut être réversible. Certaines formes se révèlent par des douleurs lombaires et abdominales sévères avec des troubles digestifs et une hématurie macroscopique. Les formes localisées peuvent être asymptomatiques ou révélées par les examens complémentaires effectués en présence d'une hypertension. Les données anatomiques, précisées grâce à l'imagerie médicale, commandent l'attitude thérapeutique : abstention, désobstruction, exérèse, traitement médical symptomatique.
L'infarctus rénal, total ou partiel, est également la conséquence inéluctable d'une interruption ou lésion chirurgicale d'une artère à destinée rénale. Les lésions ischémiques se limitent au territoire du vaisseau intéressé ; elles peuvent être cause de douleurs et hématuries et d'une hypertension secondaire.

Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.

infarctus sans onde Q l.m.

non Q wave infarction

Syndrome coronaire aigu avec ou sans sus-décalage du segment ST, dont la réalité est attestée par l’augmentation significative de la teneur du plasma en troponine.

Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.

infarctus du myocarde, troponine

infarctus transmural l.m.

Infarctus responsable d’une lésion myocardique intéressant toute l’épaisseur du myocarde.

infarctus utérin l.m.

uterine infarction

Infarcissement de l’utérus au cours d’un hématome rétro-placentaire.
Il se traduit par un utérus noir et atone, des suffusions hémorragiques disséminées à distance de la sphère génitale et un choc maternel persistant.

Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.

infarctus

infarctus utérin du postabortum l.m.

post-abortion uterine infarction

Nécrose ischémique de l’utérus due à une agression mécanique ou à une injection intra-utérine d’eau savonneuse, d’eau de Javel ou de caustique lors d’un avortement provoqué non médicalisé.
Il associe un état de choc intense à un état infectieux plus ou moins marqué. L’utérus est mou et très douloureux. L’abdomen ne présente qu’une défense modérée.

Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.

menace d'infarctus l.f.

impending infarction

Manifestation clinique et électrique de la maladie coronarienne athéroscléreuse, la menace d’infarctus est un syndrome d’ischémie myocardique aigüe susceptible de régresser sans aboutir à l’infarcissement.
Il représente donc une urgence thérapeutique, nécessitant souvent une hospitalisation en unité de soins intensifs.

Étym. lat.  in : dans ; farcirer : remplir, farcir

micro-infarctus cérébraux n.m.

microinfarct

Infarctus cérébraux de taille inférieure à 15 mm de diamètre, de siège sous-cortical.
Secondaires à une microangiopathie in situ, provoqués par l'hypertension artérielle, ces petits infarctus sont appelés lacunes et siègent volontiers dans les noyaux gris centraux, la capsule interne, la protubérance. Ils peuvent également être la conséquence d'un micro-athérome ou d'une micro-embolie d'origine cardiaque.

Étym. gr. mikros : petit ;   lat. in- :  farctum, de  farcire : fourrer, remplir

prémonitoire d'infarctus (syndrome) l.m.

 Syndrome caractérisé par l’aggravation, l’augmentation d’intensité et de fréquence des crises d’angor correspondant a une forme particulière d’angor instable et pouvant précéder l’apparition d’une thrombose coronaire et d’un infarctus du myocarde

infarctus du myocarde, angor instable

syndrome angine-infarctus pulmonaire de Lemierre l.m.

Lemierre's sore  throat-pulonary infarct syndrome

Embolie et infarctus pulmonaires septiques succédant à une angine ulcéreuse compliquée de thrombophlébite jugulaire.
Ce syndrome est d’origine bactérienne : Fusobacterium necrophorum en est classiquement l’agent responsable, mais d’autres bactéries aérobies et anaérobies ont également été incriminées (streptocoques microaérophiles, Peptostreptococcus, etc.)

A. Lemierre, médecin infectiologue français, membre de l’Académie de médecine (1936)

Zahn (infarctus de) l.m.

Zahn infarct

Zones hépatiques violacées, congestives, dues à un trouble circulatoires veineux portal.

F. W. Zahn, anatomopathologiste allemand (1845-1904)

Syn. infarctus rouge de Zahn

anévrysme aortique thoracoabdominal l.m.(ATA)

aortic thoracoabdominal aneurysm

Anévrysme siégeant sur l’aorte descendante qui fait suite à l’arc de l’aorte en aval de l’origine de l’artère subclavière gauche jusqu’à la bifurcation de l’aorte abdominale, ce qui exclut les anévrysmes siégeant sur l’arc de l’aorte de traitement plus complexe.
La classification de Crawford, la plus utilisée, décrit 4 types d’ATA. Le type 1 est étendu de l’origine de l’artère subclavière gauche jusqu’au niveau des artères rénales, le type 2 inclut l’ensemble de l’aorte descendante et abdominale, le type 3 inclut l’aorte thoracique du  niveau de la 6eme côte jusqu’à la bifurcation aortique et le type 4 est étendu du niveau du diaphragme jusqu’à la bifurcation aortique. La localisation et l’extension de l’anévrysme sur l’aorte thoraco-abdominale vont influencer les résultats du traitement (meilleurs résultats pour les ATA de type 4).

Type 1 Type 2 Type 3 Type 4
Classification des ATA selon Crawford
L’incidence de cette pathologie est faible.
Cette maladie évolue lentement sur plusieurs années et ne provoque aucun symptôme dans la majorité des cas. Les ATA sont le plus souvent découverts par hasard lors du bilan d’une autre pathologie.
Chez le sujet maigre on peut parfois ressentir à la palpation abdominale une masse battante, parfois expansive et percevoir un souffle à l’auscultation abdominale trop souvent négligée dans un examen clinique de l’abdomen. L’échographie est le mode découverte le plus habituel ; examen non invasif, elle permet de suivre l’évolution des dimensions de la lésion. L’angioscanner en trois D, voire la RMN, déterminent le type de l’anévrysme et font le bilan anatomique en préopératoire ; ils ont pratiquement remplacé l’artériographie plus invasive sur des axes vasculaires de qualité médiocre.
En cas de rupture d’anévrisme, le patient peut ressentir des douleurs abdominales ou dorsales, un malaise ou une perte de connaissance en rapport avec une hypotension artérielle, voire un état de choc en raison de l’hémorragie interne.
L’indication chirurgicale est retenue en fonction de la taille de l’anévrysme et/ou de son évolutivité. L’indication opératoire sur un anévrysme fusiforme est généralement retenue lorsque le diamètre maximal de l’anévrysme est supérieur à 60 mm. Un anévrysme sacculaire de paroi plus fragile est une indication opératoire dès qu’il est reconnu. Lorsqu’une maladie des tissus conjonctifs (Marfan, Ehler-Danlos) est diagnostiquée, le traitement est proposé pour des diamètres inférieurs en raison du risque élevé de dissection et de rupture. La technique « classique », qui consiste à réaliser par chirurgie ouverte un remplacement du segment pathologique de l’aorte par une prothèse a montré de bons résultats en terme de perméabilité mais au prix d’une mortalité péri opératoire élevée. Depuis 2001, plusieurs équipes réalisent une prise en charge totalement endovasculaire de ces ATA grâce à la nouvelle génération d’endoprothèses fenêtrées et multi branches. Des mesures de protection médullaire doivent être prises en présence d’un ATA étendu (Type 1 à 3) ou d’antécédents de chirurgie aortique ou d’occlusion de l’artère sous-clavière gauche ou des artères hypogastriques, l’ensemble de ces situations favorisant l’ischémie médullaire aigue.

Étym. gr. aneurusma, aneurysma (pour Littré) : dilatation

anévrysme, arc de l'aorte, dissection aortique, Marfan (maladie de), syndrome d'Ehlers-Danlos, Laplace (loi de)

[K2,K3,K4]

Édit. 2017

anévrysme de la crosse aortique l.m.

anévrysme de l'arc de l'aorte

[K3,K4]

Édit. 2017

aortique adj.

aortic

Qui se rapporte à l’aorte ou siège au niveau de l’aorte, ou encore qui se rapporte aux valvules de l’orifice aortique du cœur.

arc aortique double l.m.

double aortic arch

Anomalie congénitale d’évolution des arcs aortiques de l’embryon, qui entraîne la persistance du 4e arc droit alors qu’il devrait disparaître.
Ce 4ème arc droit anormalement persistant forme une crosse aortique droite qui double la crosse normale issue du 4ème arc gauche. L’arc aortique double enserre dans un anneau plus ou moins serré, la trachée et l’œsophage, et peut être responsable de compression des voies aériennes supérieures. Il relève alors d’un traitement chirurgical consistant à sectionner l’anneau artériel compressif au point le plus adapté à la conservation des branches de l’aorte (carotides et sous-clavières).

arteria lusoria

arche aortique l.f.

arc de l'aorte

athérome aortique l.m.

aortic atheroma

Atteinte athéromateuse de l'aorte, laquelle, au niveau de son segment abdominal, est l'artère le plus fréquemment et le plus précocement touchée par cette affection.
Dans sa portion thoracique, l'athérosclérose prédomine à la terminaison de l'aorte ascendante et sur le dôme de l'arche, tout autour des ostiums des troncs supra-aortiques.
L'échocardiographie cardiaque par voie transœsophagienne permet de préciser la taille de la plaque, l'importance de son développement endoluminal et la présence d'un thrombus sessile ou pédiculé.
Les plaques, ulcérées ou non, siégeant sur la crosse, peuvent être à l'origine d'embolies cérébrales. Elles sont neuf fois plus fréquentes chez les sujets âgés de plus de 60 ans explorés pour accident ischémique cérébral, que chez les sujets témoins.

Étym. gr. athêrê : bouillie, ome : tuméfaction

ballon intra-aortique l.m.

intraaortic balloon

Ballon gonflable, placé dans l’aorte descendante thoracique à l’aide d’un cathéter introduit par voie artérielle fémorale.
Technique de réanimation cardiaque permettant de compenser temporairement une insuffisance circulatoire aigüe ou un choc cardiogénique. L’inflation du ballon, synchrone de la diastole ventriculaire gauche, augmente la pression aortique améliore la perfusion coronaire et carotidienne et chasse le sang de l’aorte vers les territoires périphériques. Le dégonflage présystolique rapide évite d’accroître le travail du ventricule gauche.

S. D. Moulopoulos (1962), A. Kantrowitz (1968), médecins américains

Syn. assistance circulatoire, contrepulsion aortique

contrepulsion aortique

Édit. 2017

bascule ventriculo-aortique l.f.

aortoventricular rocking-motion

Mouvement anormal du cœur et de l’aorte caractéristique des grandes insuffisances aortiques : alors qu’à la systole se produit une rétraction énergique du ventricule gauche, et une ample expansion de l’aorte, au contraire à la diastole le cœur se relâche alors que l’aorte effectue un retrait.
Ce mouvement est observé en radioscopie et on lui donne aussi le nom de mouvement de sonnette

Syn.  : signe de la sonnette.

Édit. 2017

bouton aortique l.m.

aortic knob

Arc supérieur gauche de la silhouette cardiovasculaire sur la radiographie thoracique de face.
Il correspond à la partie horizontale de la crosse de l’aorte.

Édit. 2017

calcification de la valve aortique l.f.

calcification of the aortic valve

rétrécissement aortique calcifié

[K2]

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