lycopène n.m.
lycopene
Substance caroténoïde proche des carotènes, mais dont la chaîne polyisoprénique n'est pas cyclisée.
Pigment jaune rouge présent dans de nombreux végétaux, tomate, abricot, orange... On le trouve aussi en petite quantité dans le foie et le plasma d'activité vitaminique A. Il possède en revanche la propriété de favoriser le bronzage de la peau et en conséquence de réduire fortement la formation d’espèces oxydantes qui en accélèrent le vieillissement. L’effet protecteur annoncé il y a quelques années vis-à-vis de la cancérisation (de la prostate en particulier) manque actuellement d’arguments sérieux.
Étym. gr. lukos : loup, parce que la découverte se fit à partir de la vessie de loup
médulloblastome l.f.
medulloblastoma
Néoformation classée dans les tumeurs embryonnaires du système nerveux comme la tumeur neuro-ectodermique primitive de référence (Rorke, 1983), qui représente 20% des tumeurs intracrâniennes de l'enfant, mais s'observe aussi chez l'adulte surtout jeune (1 à 2% des tumeurs cérébrales). Elle est plus fréquente dans le sexe masculin.
Développé aux dépens de la couche des grains du cervelet, le médulloblastome intéresse plus volontiers le vermis et le quatrième ventricule. Macroscopiquement, il est infiltrant, parfois kystique et hémorragique. Il est constitué de petites cellules rondes très basophiles, à gros noyau, souvent en mitose, qui se disposent en nappes ou en rosettes caractéristiques, dites de Homer Wright. On peut observer des plages de différenciation neuronale, astrocytaire ou oligodendrogliale. En revanche, des cellules de grande taille ou une surcharge lipidique sont plus rares.
La forme desmoplastique serait plus superficielle et de meilleur pronostic. Elle comporte des ilots cellulaires, siège d'une différenciation neuronale ou gliale particulière, entourés ou non de fibres collagènes.
Les formes rares comprennent des différenciations cellulaires (médullomyoblastomes) ou une surcharge mélanique (médulloblastomes mélanotiques).
Cette tumeur survient vers l'âge de 9 ans chez l'enfant, avec un siège essentiellement vermien, et à un âge médian de 25 ans chez l'adulte, avec un siège préférentiel latéral.
Le mode de révélation est généralement un syndrome d'hypertension intracrânienne, avec parfois atteinte des paires crâniennes. Le diagnostic est évoqué sur un scanner et surtout une IRM.
Le traitement comporte une exérèse chirurgicale la plus large possible, suivie d'une radiothérapie craniospinale dont les séquelles sont souvent sévères chez l'enfant (troubles de la croissance, séquelles endocriniennes, atteinte cognitive) et moindres chez l'adulte. La chimiothérapie peut être utile lors de récidives locales et en cas de dissémination ménigospinale ou systémique (osseuse). Le pronostic peut être favorable avec 50% de survie à 5 ans, notamment chez l'adulte.
Le médulloblastome est une tumeur d'évolution rapide qui a tendance à métastaser dans tout l'organisme ou par voie liquidienne. Les nombreux essais d'histopronostic aident peu dans la décision thérapeutique. Les récidives sont fréquentes.
J. H. Wright, anatomopathologiste américain (1910) ; Lucy Bilian Rorke-Adams, neuropahologiste américaine (1983)
Étym. lat. medulla : moelle ; gr. blastos : bourgeon, germe ; -ome suffixe indiquant une tumeur
microfilaire n.f.
microfilaria
Embryon émis par une filaire femelles chez son hôte définitif.
Suivant les espèces filariennes, les microfilaires sont présentes dans les vaisseaux sanguins (microfilaires sanguicoles de Loa loa ou des filaires lymphatiques par exemple) ou dans le derme (microfilaires dermiques d’onchocerques par exemple). Chez nombre d’espèces de filaires, les microfilaires sanguicoles présentent une périodicité, c’est à dire que leur nombre varie, dans le sang périphérique, selon l’heure : en fonction de l’espèce et de la souche du parasite, les unes sont diurnes, d’autres nocturnes. Quel que soit leur site dans l’organisme, les microfilaires ne peuvent poursuivre leur cycle évolutif que si elles sont absorbées par un arthropode hématophage, servant d’hôte intermédiaire et de vecteur, chez lequel elles se transformeront en larve infestantes pour l’hôte définitif.
Les microfilaires vivantes n’ont aucun pouvoir pathogène direct. La transmission accidentelle, par exemple par transfusion, de microfilaires sanguicoles n’entraîne aucun trouble. En revanche, leur mort dans les tissus peut être à l’origine localement des réactions immunologiques responsables de dégâts plus ou moins importants (atteinte oculaire de l’onchocercose) et leur destruction par les médicaments microfilaricides peut être à l’origine d’accidents allergiques parfois sévères.
Étym. gr. mikros : petit ; lat. filaria de filum :fil
→ filariose, filariose lymphatique, onchocercose, loase, mansonellose
migraine et psychisme l.f.
migrain and psychism
Lien souligné par divers cliniciens mais qui reste discuté notamment depuis la description chez ces patients de "traits de personnalité" à type prévalent de rigidité, perfectionnisme, méticulosité, ambition et tendances concurrentielles, autoritarisme, agressivité inhibée et culpabilisée, hyperesthésie, anxiété, inaptitude à déléguer.
En fait, les patients présentant ce type de personnalité paraissent d'autant moins représentatifs qu'ils sont vraisemblalement davantage consultants que les autres migraineux.
En revanche, une comorbidité dépressive et anxieuse est significativement plus élevée chez les migraineux que chez les non migraineux. Elle semble un facteur péjoratif dans l'évolution de cette affection, susceptible de favoriser, p. par exemple, l'abus d'antalgiques.
Quels que soient les liens de causalité, qui restent imprécis, une attitude thérapeutique à l'égard de ces troubles est indiquée. Du reste, les antidépresseurs tricycliques comme l'amitryptilline, ainsi que les IMAO, se sont montrés efficaces dans le traitement de fond de la migraine. Plus généralement, l'intervention de psychiatres dans les centres spécialisés est très utile. Elle devrait permettre aussi une plus sûre appréciation des facteurs psychogènes.
H. G. Wolff , neuropsychiatre américain (1937)
Étym. gr. hèmi : demi : kranion : crâne ; psukê : esprit, âme
moelle (syndrome de complète de la) section l.m.
syndrome of total transverse lesion of the cord
Interruption de l'ensemble des fonctions médullaires dans les territoires situés au-dessous du niveau lésionnel liée à une blessure, une hémorragie intramédullaire, une contusion ou une commotion.
En période aigüe, principalement dans le "choc spinal" d'origine traumatique, elle comporte une para- ou quadriplégie d'apparition brutale, flasque, massive, avec surtout hypotonie majeure, abolition des réflexes ostéotendineux, déficit sensitif sous-jacent, pouvant intéresser toutes les sensibilités, troubles sphinctériens et trophiques majeurs. Chez le patient survivant, après ces signes dits négatifs, s'installent notamment, en quelques semaines, des signes dits positifs ou de libération pyramidale, avec hypertonie spastique, exagération des réflexes ostéo-tendineux, signe de Babinski et automatisme médullaire.
En revanche, de simples commotions peuvent s'améliorer rapidement.
Étym. medulla : moelle, de medius : milieu, au centre
mouvement n.m.
motion, movement
En médecine, changement de position d'une partie du corps, dans l'espace ou par rapport à une autre partie.
Les mouvements des organes végétatifs, p. par exemple circulation et digestion, ne sont pas normalement perçus par l'individu et n'obéissent pas à la volonté. En revanche, les mouvements de relation du corps, dans la mesure où ils sont volontaires, nécessitent la commande du système nerveux, et les changements de position, consciemment ou non, sont régis par la sensibilité proprioceptive.
Généralement, les mouvements s'accomplissent par appui direct ou indirect sur le sol, en fonction de la pesanteur. La motricité humaine est bouleversée en situation d'apesanteur.
Étym. lat. movere : mouvoir ; et suffixe, -mente de mens, mentis : faculté de..
muscle oculomoteur (action principale d'un) l.f.
extraocular muscle primary action
Mouvement de rotation imprimé au bulbe de l’œil par la contraction d’un muscle oculomoteur quand l'axe visuel se trouve dans le plan d'action du muscle considéré.
C'est une action horizontale pour le muscle droit latéral , verticale pour les muscles droits inférieur et supérieur, et pour les muscles obliques inférieur et supérieur ; par action combinée, les muscles droit supérieur et oblique inférieur ont une action d'élévation et les muscles droit inférieur et oblique supérieur une action d'abaissement .Pour les muscles droits latéraux, l'action principale horizontale est la seule action du muscle. En revanche, les muscles droits inférieur et supérieur, et les muscles obliques inférieur et supérieur ont une triple action ; pour les muscles droits inférieur et supérieur , l'action principale s'observe dans l'abduction (en théorie dans une abduction de 25°), pour les muscles obliques inférieur et supérieur , l'action principale s'observe dans l'adduction (en théorie dans une adduction de 51°). Les autres actions de ces muscles à action verticale sont les actions secondaire et tertiaire.
myiase des plaies l.f.
wound myiasis, traumatic myiasis
Infestation d’une plaie, traumatique ou non, par des larves de mouches qui y provoquent des lésions graves ou bénignes, mais dont l’action peut aussi se montrer bénéfique.
Cochliomyia hominivorax, ou lucilie bouchère américaine ou screw worm, peut être responsable de lésions graves, parfois profondes, voire mortelles.
En revanche, Larrey a, le premier, signalé l’effet bienfaisant des larves de “mouches bleues”. Lucilia sericata a été utilisée, à partir de 1931, pour nettoyer les plaies humaines par Baer, qui avait constaté pendant la guerre de 1914-1918 que les plaies des blessés envahies par ses larves étaient propres. Cette méthode, introduite en France par E. Brumpt, qui traitait même l’ostéomyélite, abandonnée depuis l’apparition des antibiotiques, peut être à nouveau utilisée.
D. J. Larrey, baron, chirurgien militaire français, membre de l’Académie de médecine (1766-1842) ; E. Brumpt, parasitologue français, membre de l’Académie de médecine (1877-1951)
Étym. gr. myia : mouche
→ myiase, Cochliomyia hominivorax, Lucilia
[D1, D2, G5]
Édit. 2019
névralgie sciatique commune l.f.
common sciatic neuralgia
Syndrome douloureux résultant d'un conflit entre les racines du sciatique, L5 et S1, plus rarement L4, et le disque correspondant, portant électivement sur la racine sensitive.
Après un début le plus souvent brusque, à l'occasion d'un effort ou d'un faux mouvement, la douleur monoradiculaire comporte une fréquente lombalgie avec enraidissement local douloureux et incurvation latérale. Exacerbée par le mouvement et la toux, elle suit le trajet du sciatique à la fesse, sur la face postérieure de la cuisse, la jambe et le pied, limitant la flexion du bassin étendu sur la cuisse (signe de Lasègue). La pression aux points de Valleix (tiers moyen de la fesse, col du péroné) la réveille.
La douleur de la sciatique L5 siège à la partie postéro-externe de la cuisse et à la face externe de la jambe jusqu'au dos du pied. Un déficit sensitif est possible à la face externe de la jambe et sur le dos du pied jusqu'aux trois orteils moyens. Une éventuelle atteinte motrice de l'extenseur commun des orteils et des péroniers latéraux respecte le jambier antérieur.
La douleur de la sciatique S1 siège sur la face postérieure de la fesse et de la cuisse, au mollet jusqu'au talon et à la plante des pieds. Un déficit sensitif est possible à la plante des pieds et sur le gros orteil. Une atteinte motrice est recherchée au niveau du triceps sural. Le réflexe achilléen est aboli.
Plus rare, la sciatique L4 est douloureuse sur la face externe de la cuisse, le bord antérieur de la jambe, vers la malléole interne et le gros orteil. Une atteinte motrice peut intéresser le jambier antérieur. Le réflexe rotulien est généralement diminué.
Située dans le canal rachidien ou le canal de conjugaison, une hernie discale est la cause la plus fréquente, mais non exclusive, qu'il s'agisse d'autres facteurs constitutionnels ou acquis. Les indications chirurgicales se fondent, en clinique, sur l'intensité de la douleur et son caractère permanent ou récidivant. L'imagerie médicale, notamment l'IRM, permettra de visualiser de fréquentes hernies discales multiples.
La notion d'un déficit moteur modéré constitue un argument chirurgical supplémentaire, mais n'aggrave pas le pronostic. En revanche, la sévérité de l'atteinte motrice, habituellement associée à des hyperalgies et coïncidant souvent avec leur disparition, indique une intervention rapide. Mais cette sciatique paralysante, vraisemblablement liée à un mécanisme vasculaire, reste d'un pronostic sévère.
variable nominale l.f.
Variable quantitative, c’est-à-dire présente ou absente qui peut être à deux ou plusieurs classes et, dans ce dernier cas, être ordonnées ou non.
P.ex. un amaigrissement de moins de 2 kg, de 2 kg à 5 kg et de plus de 5 kg est une variable nominale ordonnée. En revanche un infarctus du myocarde antérieur, antéro-septal ou postérieur est une variable nominale non ordonnée.
[E1]
Édit. 2020
ophtalmomyiase n.f.
ophthalmomyiasis
Parasitose oculaire par des larves de mouches (Oestrus ovis, Hypoderma bovis…) se rencontrant le plus souvent dans les régions d’élevage (bovins, ovins ou caprins) et pouvant affecter la conjonctive (forme externe) ou l’intérieur de l’œil.
La forme externe est une conjonctivite liée à la présence de larves sous-conjonctivales. Elle cède à l’ablation de la ou des larves.
La forme interne peut avoir deux topographies : la chambre antérieure, ce qui réalise une segmentite avec un œdème de la cornée gènant le repérage de la larve, ou le segment postérieur. Cette dernière localisation peut être inflammatoire ou non. L’inflammation se manifeste par des douleurs, une photophobie, une hyalite et une évolution vers le décollement de la rétine et la perte de la fonction de l’œil malgré l’ablation de la larve. En revanche, l’atteinte non inflammatoire est asymptomatique, de découverte forfuite. Le fond d’œil est constellé de lignes pigmentées qui correspondent au passage de la larve. La photocoagulation de celle-ci, si la macula est préservée, permet de sauver ma fonction visuelle
Étym. gr. ophthalmós : œil, myia : mouche
Syn. ophtalmomyase
[P2,D4,D4]
Édit. 2017
orphelin adj.
orphan
En médecine, qualifie une entité paraissant dépourvue de liens évidents avec un ensemble et comme en désuétude ou sans application évidente.
On qualifie en particulier de virus orphelins ceux qui sont parfaitement identifiés mais dont on ignore un éventuel rôle quant à la survenue d'une maladie. On les appelle aussi des virus en quête de maladie. L’expression maladie orpheline est à éviter et à remplacer par celle de maladie rare. En revanche il semble possible de parler de médicaments orphelins pour ceux qui ne sont utiles qu’en cas de maladies peu répandues ne possédant que des ressources thérapeutiques limitées et qui sont de production restreinte.
Édit. 2017
ostéite fibrokystique de von Recklinghausen l.f.
von Recklinghausen’s osteitis, fibrocystic disease, fibrosa cystica
Il s’agit traditionnellement de l’atteinte osseuse liée à l’hyperparathyroïdie primaire dans sa forme évoluée qui ne correspond plus aux aspects actuels de cette affection décelée beaucoup plus tôt.
En réalité les atteintes squelettiques décrites par von Recklinghausen, n’ont jamais été rapportées par leur auteur à une pathologie, parathyroïdienne. Au moins un des quatre cas ne relevait pas d’un désordre parathyroïdien, mais correspondait à la dysplasie fibreuse de Jaffé-Lichtenstein. Enfin l’atteinte osseuse de l’hyperparathyroïdie primaire n’est pas inflammatoire, très rarement kystique et les lésions fibreuses de la moelle osseuse sont tardives et peu spécifiques. Malgré tout ce terme prévaut sur celui d’ostéose parathyroïdienne proposé en France par JA Lièvre (1931).
Cette atteinte osseuse constituait autrefois le mode de révélation habituel de l’hyperparathyroïdie primaire. Elle déterminait des douleurs osseuses diffuses de type mécanique ou localisées dites "ostéocopes", parfois des fractures "spontanées" surtout des os longs à fort potentiel ecchymotique et de consolidation délicate. Elle aboutissait à des tassements de la taille et d’épouvantables déformations. Radiographiquement étaient observées, outre les séquelles des fractures, des images kystiques ou géodiques, un aspect de déminéralisation diffuse, avec amincissement des corticales. Plus spécifiquement au niveau des mains, devaient être recherchés un aspect feuilleté des corticales, des signes de résorption sous-périostée, une résorption des houppes phalangiennes donnant un aspect en "sucre d’orge sucé" des phalanges. Au niveau de l’extrémité céphalique étaient décrits un aspect granuleux ou en "poivre et sel" de la voûte crânienne, une disparition de la lamina dura du rebord alvéolaire, des "tumeurs brunes" de la mâchoire. Des déminéralisations centrosomatiques responsables de l’aspect "en sandwichl" des corps vertébraux, des déformations du bassin étaient possibles. Un aspect de simple déminéralisation diffuse, ou des aspects ostéomalaciques avec stries de Looser-Milkmann étaient aussi observés. L’association à la chondrocalcinose était fréquente.
Ces formes à révélation osseuse sont devenues exceptionnelles, depuis la généralisation de la mesure de la calcémie dont l’accroissement associé à une valeur accrue ou paradoxalement normale de la PTH permet le repérage précoce de l’hyperparathyroïdie primaire. En revanche, même au cours des formes en apparence asymptomatiques, s’impose la détection d’une raréfaction osseuse par la pratique de principe de l’ostéodensitométrie au niveau du radius, des vertèbres lombaires et du col fémoral. L’ostéopénie (< - 2 DS) conduit alors nécessairement à une prise en charge chirurgicale de la maladie que précède l’enquête morphologique des parathyroïdes.
F. von Recklinghausen, médecin anatomopathologiste allemand, formé à Berlin et affecté en 1872 à Strasbourg (1882) ; J-A. Lièvre, médecin français (1931)
Syn. ostéose parathyroïdienne de Lièvre, maladie osseuse de von Recklinghausen, ostéite fibrogéodique
→ hyperparathyroïdie primaire, douleur ostéocope, fracture spontanée, tumeur brune, ostéoporose, ostéopénie, hypercalcémie, ostéose parathyroïdienne, Looser-Milkman (fissures de), ostéodensitométrie, Jaffé-Lichtenstein (maladie de)
Édit. 2017
Paget (maladie extramammaire de) l.f.
extramammary Paget's disease
Localisation de la maladie de Paget en dehors de la région mammaire et atteignant préférentiellement les zones cutanées pourvues de glandes apocrines.
La localisation vulvopérinéale, de beaucoup la plus fréquente, s'observe surtout chez les femmes âgées.
Cliniquement, il s'agit de lésions nettement délimitées, eczématiformes sur le versant cutané et érythroleucoplasiques sur le versant muqueux. Dans 20 à 40% des cas, elles peuvent se compliquer de l'apparition d'un carcinome glandulaire apocrine invasif. En revanche, l'association à un autre carcinome glandulaire, notamment digestif ou urogénital, est beaucoup plus rare que dans la localisation mammaire. Les lésions histologiques sont identiques à celles des localisations mammaires.
H. R. Crocker, dermatologiste britannique (1889)
paraparésie spastique tropicale l.f.
tropical spastic paraparesis, human T-cell lymphotropic virus type I neuropathy
Forme de méningo-myélopathie chronique d'origine virale, atteignant surtout la femme adulte et se traduisant par une paraparésie, des troubles sensitifs et sphinctériens.
Il s'agit d'une maladie atrophiante de la moelle thoracique basse dont la pathogénie est toujours discutée. A la suite d'un début insidieux, la paraparésie apparait progressivement avec un syndrome pyramidal des membres inférieurs puis supérieurs. Les troubles sensitifs restent discrets. Ses symptômes génito-sphinctériens, en revanche, sont majeurs. On constate dans le LCR une protéinorachie normale, une pléiocytose modérée et une sécrétion intra-thécale d'anticorps vis-à-vis du HTLV-1. L'évolution atteint un plateau en quelques années. Parmi les autre signes, seront citées des atteintes musculaires (polymyosites, dermatomyosites, myosites a minima, etc.) et neuropathiques périphériques (ces dernières après élimination d'autres étiologies, diabétiques et alcooliques notamment). Les thérapeutiques actuelles (corticoïdes, immunomodulateurs, traitements antirétroviraux) n'ont pas d'effet au long cours.
Le virus HTLV-1 (Deltaretrovirus, famille des Retroviridae) en est l’agent responsable. Endémique, cette maladie a surtout été décrite dans le bassin caribéen, en Amérique centrale et du sud, en Afrique intertropicale et du sud, au Japon, aux Seychelles et en Amérique du sud. La contamination se fait par voie sexuelle, par l'allaitement, voire par transfusion. Le risque de développer cette affection apparaît faible, estimé à 2 à 5% des porteurs.
Sigle : TSP/HAM (Tropical Spastic Paraparesis / HTLV-1 Associated Myelopathy)
→ HTLV, Deltaretrovirus, Retroviridae
pharmacopsychose n.f.
pharmacopsychosis
Psychose aigüe consécutive à l'administration d'une substance, le plus souvent stimulante ou hallucinogène.
L'existence de pharmacopsychoses aigües n'est pas contestée. En revanche, la pharmacopsychose chronique pose le problème de l'éventualité d'un terrain prédisposé.
pollution chimique et asthme l.f.
chemical pollution and asthma
Il existe des exemples historiques de corrélation entre asthme bronchique et pollution dans certaines régions industrielles, par ex. l'asthme de la plaine du Canto au Japon dans la région de Tokyo. De même l'asthme de Yokkaïchi, au Japon, dans la cité du pétrole et de la pétrochimie en 1961 à une époque où les taux de pollution atmosphérique chimique pouvaient encore être très élevés dans l'atmosphère.
Actuellement, les problèmes de pollution chimique et atmosphérique sont mieux maîtrisés. La nature elle-même des polluants considérés n'est plus la même car la concentration atmosphérique de dioxyde de soufre SO2, autrefois très importante au moment de l’intense consommation de houille, est actuellement en diminution. En revanche, l'ozone et les oxydes d'azote, issus principalement des moteurs automobiles, deviennent des polluants importants. De son côté la présence à concentration élevée de nitrates issus de la surpopulation des élevages de porcs et de façon générale l’eutrophisation sont des aspects évidents de la pollution de l’environnement.
polycystine 2 n.f.
polycystin 2
Protéine de 968 acides aminés ancrée à la membrane cellulaire des cellules épithéliales tubulaires du néphron et présente, en particulier, dans les cils primaires du pôle apical.
La polycystine2 est codée par le gène PKD2 situé dans le chromosome 4 dont les mutations sont à l’origine de polykystoses rénales à transmission autosomique dominante à une moindre fréquence que celles du gène PKD1 codant pour la polycystine1. Elle a environ 25% d’homologie avec cette dernière, essentiellement dans le domaine transmembranaire. En revanche, sa structure est proche de celle des canaux calciques TRP (transient receptor potential), ce qui la fait considérer comme un canal calcique. Cette propriété explique le rôle du complexe des polycystines 1 et 2 dans l’influx calcique survenant en réponse au flux urinaire dans le tubule. Les phénotypes cliniques des mutations de PKD1 et de PKD2 sont très voisins. Cependant les polykystoses relatives aux secondes ont un meilleur pronostic et se révèlent à un âge plus tardif.
→ polykystose à transmission autosomique dominante, polycystine 2, ciliopathie, PKD1 gene
psychose cannabique l.f.
cannabic psychosis
Pharmacopsychose liée à la consommation de cannabis.
Il s'agit le plus souvent d'une décompensation psychotique chez un sujet prédisposé ou d'une rechute chez un schizophrène connu.
Cependant l'existence de psychoses aiguës cannabiques ne fait aucun doute. Leur symptomatologie ne présente pas de particularités : angoisse psychotique, dépersonnalisation et déréalisation, hallucinations visuelles et auditives, état confusionnel, idées de persécution.
En revanche, les psychoses cannabiques chroniques font l'objet de controverses.
Étym. gr. kannabis : chanvre (emprunt à l’akkadien ?)
→ cannabis
psychotropes (taux plasmatique des) l.m.
psychotropes and plasma level
Dosage d'un psychotrope dans le plasma pour surveiller un traitement médicamenteux.
Il n'existe pas de corrélation stricte entre la posologie, le taux plasmatique et l'efficacité clinique pour la plupart des neuroleptiques. En revanche, le taux plasmatique des antidépresseurs serait plus souvent corrélé à l'efficacité clinique et aux effets secondaires.
Le dosage du lithium est d'une grande nécessité en pratique, du fait de l'excellente corrélation taux plasmatique/efficacité clinique et de la proximité entre taux thérapeutique et taux toxique.
Saint-Yves (syndrome de) l.m.
Ophtalmopathie thyroïdienne sans signe clinique ou biologique de dysthyroïdie.
Le signe d'appel le plus fréquent est représenté par une exophtalmie unilatérale. La tomodensitométrie orbitaire objective une hypertrophie des muscles oculomoteurs focale ou diffuse. Des anomalies thyroïdiennes échographiques et immunitaires sont fréquemment mises en évidence mais leur signification est discutable. En revanche, les concentrations hormonnales thyroïdiennes sont constamment normales. Le retard diagnostique est fréquent.
Ch. de Saint-Yves, ophtalmologiste français qui a décrit, en 1713, l’existence d’une issue graisseuse lors de l’incision palpébrale chez un patient exophtalme et tachycarde.
Syn. Means (syndrome de)
sanguicole adj.
sanguicolous
Se dit d’un parasite vivant dans le sang : p. ex certaines microfilaires ou, à la rigueur, les Plasmodium.
En revanche, l’usage n’applique pas ce terme aux schistosomes qui, pourtant, vivent dans les vaisseaux sanguins (et que A. Laveran avait d’ailleurs inclus dans son livre sur les hématozoaires).
Syn. hématozoaire
[D1, F1]
Édit. 2020
Schilling (test de) l.m.
Schilling’s test
Test d'absorption digestive de la vitamine B12 radioactive.
Le test de Schilling est utilisé dans le diagnostic des malabsorptions de la cyanocobalamine (vitamine B12) pour différencier une cause gastrique (secondaire à une absence de facteur intrinsèque : maladie de Biermer, gastrite atrophique, gastrectomie totale ou partielle) d'une origine iléale (maladie de Crohn, parasitose à bothriocéphale, résection iléale, diarrhées au long cours).
On administre simultanément au patient une gélule contenant de la vitamine B12 libre et une gélule contenant de la vitamine B12 liée au facteur intrinsèque. Le cobalt ordinaire (59Co) contenu dans la vitamine B12 est remplacé par un radio isotope du cobalt, différent pour la vitamine B12 liée, de celui de la vitamine B12 libre; on utilise 57Co et 58Co, émetteurs de photons d'énergies différentes. En cas de malabsorption iléale, aucune des deux formes de vitamine B12 ne sera correctement absorbée ; en revanche, si l'origine du trouble est gastrique, seule la gélule dont la vitamine B12 est liée au facteur intrinsèque sera correctement absorbée.
Le comptage des deux radioisotopes éliminés dans les urines des 24 heures suivant l'administration des gélules permet de faire le diagnostic d'origine de la malabsorption et d'en chiffrer l'importance.
Étym. Le test est nommé en l’honneur de R. F. Schilling (1919-2014) chercheur américiain connu pour ses travaux sur la vitamine B12.
schizogonie n.f.
schizogony
Phase de reproduction asexuée des sporozoaires (Plasmodium, toxoplasmes, etc.).
Pour chaque parasite, la division est d’abord nucléaire et aboutit à des formes plurinuclées (d’où le nom de Plasmodium dérivant de plasmode), les schizontes. La division cytoplasmique qui suit individualise, autour des noyaux-fils, autant de mérozoïtes, qui, pénétrant dans une nouvelle cellule-hôte, pourront recommencer le cycle schizogonique. Dans le cas des Plasmodium, la schizogonie est d’abord intrahépatique, mais, à ce niveau, il n’y à pas de réinfestations hépatocytaires à partir des mérozoïtes qui, au contraire, vont passer dans le sang. On parle donc de «développement intrahépatique» ou de «développement exoérythro
schizophrénie (modes d'entrée) l.m.p.
schizophrenia onsets
Au nom des bizarreries de la crise d'originalité juvénile, par exemple, leur méconnaissance peut retarder une prise en soins adaptée.
En revanche, un diagnostic prématuré risque d'être préjudiciable, ne serait-ce qu'en raison des modifications consécutives d'attitude de l'équipe soignante et de l'entourage.
Majoritaires, difficiles à diagnostiquer et à dater, les formes progressives peuvent être hypocondriaques, dysmorphophobiques, pseudonévrotiques, dépressives, caractérielles (héboïdophrénie), délirantes et/ou à type de désintérêt scolaire ou professionnel. Parmi les signes de présomption, seront rappelés : un contact pauvre, un détachement apparent avec repli, l'aspect gratuit et inadapté de certains actes, une relation médiocre à la réalité, un vécu de vide intérieur, des éléments de dépersonnalisation, un sentiment diffus d'atteinte corporelle, voire le classique signe du miroir.
Plus fréquentes que les états maniaques ou mélancoliques, le plus souvent atypiques, les psychoses délirantes aigües posent initialement le problème d'une bouffée délirante classiquement "sans conséquence sinon sans lendemain", ou d'un mode d'entrée.
Un acte médicolégal inopiné, inexplicable, étrange, parfois horrible, peut inaugurer, voire dramatiquement interrompre une telle évolution.