plasminogène (activateur du) l.m.
plasminogen activator
Enzyme qui convertit le plasminogène en plasmine.
L'activateur du plasminogène peut être utilisé comme un paramètre de l'activation macrophagique, facteur essentiel des phénomènes d'immunité. Les activateurs par action protéolytique transforment le plasminogène inactif en plasmine, permettant la fibrinolyse. On distingue les activateurs endogènes et les activateurs exogènes. Les activateurs endogènes ou circulants sont constitués par le facteur XII (ou facteur Hageman) et les autres facteurs contact de la coagulation tels que la prékallicréine. Les activateurs exogènes ou tissulaires sont biosynthétisés principalement par l'endothélium vasculaire et les monocytes. L'activateur endothélial est relargué dans la circulation à l'état basal et de façon plus importante après stress ou anoxie. Il est complexé à l'inhibiteur de type (PAI-1). Un déficit sélectif de sécrétion par l'endothélium vasculaire pourrait constituer un facteur de risque de thrombose.
Certains activateurs exogènes sont utilisés en thérapeutique : l'urokinase biosynthétisée par les cellules rénales et présente dans l'urine sous forme de pro-urokinase, mais aussi biosynthétisée par d'autres types cellulaires et par certaines cellules tumorales ; la streptokinase, extraite de cultures de streptocoques hémolytiques et pouvant être immunogénique.
Schwartzman (réaction de) l.f.
Schwartzman’s reaction
Réaction locale ou systémique consécutive à l’administration d’endotoxines chez un sujet sensibilisé par une première injection d’endotoxines.
La réaction locale se caractérise par une nécrose hémorragique due à l’adhérence des plaquettes, des neutrophiles et des monocytes à l’endothélium. Le principal médiateur de cette réaction est le TNFa.
Une réaction systémique dite réaction de Sanarelli-Schwartzman est observée lors d’une deuxième injection intraveineuse de lipopolysaccharides à 24 heures d’intervalle. Cette réaction est caractérisée par le collapsus circulatoire avec nécrose corticale bilatérale des reins, accompagnée parfois d’une nécrose du pancréas, de l’hypophyse, des surrénales et de l’intestin. Il se produit une coagulation intravasculaire disséminée et des thromboses. Ce modèle s’apparente au syndrome inflammatoire aigu systémique.
Ce phénomène explique le purpura fulminans hémorragique observé chez les enfants atteints de méningite méningococcique. La diffusion du méningocoque dans de nombreux sites du derme crée des lésions inflammatoires infracliniques qui demeurent sensibles aux cytokines et qui vont former autant de sites de nécrose lors de la libération de cytokines qui accompagne la septicémie à méningocoques.
G. Schwartzman, immunologiste américain (1928) ; G. Sanarelli, bactériologiste italien, membre de l'Académie de médecine (1926)
sFlt-1 sigle angl. pour soluble fms-like tyrosine kinase
Forme circulante tronquée du récepteur Flt-1 du VEGF.
sFlt-1est secrété principalement par les cellules trophoblastiques pendant la grossesse, mais aussi par les cellules endothéliales vasculaires, les monocytes, les macrophages et les plaquettes. Il séquestre VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor) et PlGF (Placenta Growth factor) dans le plasma et les empêche d’exercer leur rôle pro-angiogénique. En cas de pré-éclampsie, un excès de sFlt-1 est secrété par le placenta, se traduisant par une augmentation de sa concentration plasmatique qui induit une dysfonction endothéliale, une hypertension artérielle et une protéinurie. La mesure du rapport PlGF/sFlt-1 paraît constituer un bon marqueur du risque d’éclampsie chez la femme enceinte.
→ placental growth factor, VEGF, éclampsie, pré-éclampsie
strie graisseuse l.f.
fatty streak
Lésion précoce d'athérosclérose (type II de la classification des lésions d'athérosclérose) consistant en une accumulation focale de nombreuses cellules spumeuses dans l'intima : cellules musculaires lisses et monocytes macrophages.
Ces lésions sont visibles à l'œil nu, sous la forme d'élévations linéaires (stries) ou ponctuées (ponctuations graisseuses de couleur jaune chamois, qui prennent les colorants des graisses par soudanophilie). Elles sont quasi-universelles en divers sites du réseau artériel humain dès l'adolescence. Des discussions ont toujours cours sur la relation existant entre les stries et les plaques d'athérosclérose (types IV-V) : toutes les stries ne deviennent pas des plaques, mais, à l'inverse, il est difficile de concevoir qu'une plaque puisse se former sans passer par le stade de strie. La classification actuelle des lésions d'athérosclérose propose de distinguer les stries capables de progresser (type IIa) de celles qui n'en sont pas capables (type IIb). Cependant, cette distinction reste hypothétique car les critères qui l'autorisent n'ont pas été validés.
Syn. strie lipidique
système du complément l.m.
complement system
Système complexe de protéines, les globulines, présent dans tout sérum sanguin frais, dont les propriétés sont activées par des clivages enzymatiques en cascade.
Il comprend plusieurs facteurs numérotés de 1 à 9 (le C1 est divisé en trois sous-fractions : C1q, C1r, C1s). Le complément (C), dérivé formé dans des monocytes et des macrophages, joue un rôle essentiel de défense par ses propriétés neutralisantes et destructrices. Certains des facteurs du C. font partie des médiateurs humoraux de l’inflammation. Inactif dans le sérum, le C. attaque l’antigène seulement lorsqu’un anticorps spécifique l’a reconnu et s’est fixé sur lui, formant un complexe immun.
Cette voie d’activation du C. est la voie dite classique. Le C. s’attache à l’anticorps du complexe immun par son composant C1. La lyse cellulaire se fait par les composants C3 à C9 activés en cascade, libérant des fragments peptidiques, les anaphylatoxines, C3a et C5a qui provoquent une inflammation locale et mobilisent les polynucléaires. Le C. active aussi les mastocytes et les basophiles qui libèrent de l’histamine.
La voie, dite alterne, d’activation du C. se fait directement en l’absence d’anticorps par de nombreuses substances (inuline, bactéries) à partir de C3.
Une troisième voie, dite voie des lectines, permet le clivage de C4 et de C2.
Abrév. C→ C1, C2, etc.
[C1 C2 F3]
système éboueur l.m.
scavenger pathway
Voie particulière du métabolisme cellulaire des lipoprotéines, principalement active dans les monocytes-macrophages, selon laquelle les lipoprotéines qui l'empruntent pénètrent dans les macrophages au prorata de leur concentration extracellulaire, sans limitation par un système de rétrocontrôle, ce qui permet la transformation spumeuse.
Les lipoprotéines impliquées sont, en particulier, des lipoprotéines de basse densité dont les propriétés physiques ont été modifiées par une réaction chimique comme l'acétylation et, surtout, l'oxydation. Le système éboueur met en jeu des récepteurs spécifiques dont une famille, dite récepteurs des LDL acétylées, a été caractérisée dans les macrophages humains, avec 2 isoformes codées par un même gène, dénommés SR-AI et SR-AII. La voie du système éboueur s'oppose à la voie classique du récepteur des LDL, présente dans presque toutes les cellules, mais qui, étant soumise à un rétrocontrôle étroit, ne permet l'entrée du cholestérol qu'en stricte proportion des besoins cellulaires, empêchant ainsi la transformation spumeuse. Dans certaines conditions expérimentales, des cellules musculaires artérielles peuvent aussi exprimer le système éboueur, mais il manque encore la preuve qu'une telle adaptation métabolique se produise dans les plaques athéroscléreuses humaines.
J. L. Goldstein et M. S. Brown, biochimistes américains (1979 et 1980)
thromboplastine n.f.
thromboplastin
Complexe enzymatique qui permet d'initier la voie dite extrinsèque de la coagulation, maintenant appelée voie du facteur tissulaire.
Cette activité est composée d'une glycoprotéine, le facteur tissulaire, situé sur une surface phospholipidique chargée, permettant la fixation du facteur VII pour aboutir à son activation et à la formation d'un complexe d'activation, associant facteur tissulaire-facteur VIIa sur une configuration phospholipidique. L'activation des étapes suivantes de la coagulation, activation du facteur X puis génération de thrombine, aboutit à la formation de fibrine.
Cette activité thromboplastine est exprimée constitutivement à la surface de la majorité des cellules qui ne sont pas en contact physiologiquement avec le sang. Dans des conditions pathologiques, l'expression peut être induite à la surface des cellules en contact avec le sang : les monocytes et les cellules endothéliales. Le produit actif est extrait à partir de différents tissus : tissu cérébral, placenta pour réaliser le réactif de base utilisé dans les tests de coagulation étudiant la voie extrinsèque de la coagulation (temps de Quick, temps de prothrombine).
Étym. gr. thrombos : caillot ; plassein : former
Syn. thrombokinase
urokinase n.f.
urokinase
Enzyme initialement trouvée dans le dialysat d'urine d'origine humaine ou animale, mais présente dans le plasma et dans la matrice extracellulaire, capable d'activer le plasminogène inactif en plasmine, protéase dégradant la fibrine et de nombreuses protéines de la matrice extracellulaire.
Thermostable entre pH 4 et 9 (30 minutes à 50°C), l’urokinase montre à forte concentration une activité estérasique. Sa concentration plasmatique est de l'ordre de 40 pmol/L. De nombreuses cellules (monocytes-macrophages, cellules endothéliales, fibroblastes) possèdent un récepteur spécifique (uPAR) qui fixe l'urokinase, laquelle est alors protégée de l'inactivation par l'a2-antiplasmine. L'urokinase est utilisée en thérapeutique comme agent thrombolytique.
→ plasminogène, plasmine, thrombolyse, α2-antiplasmine absente
VEGF-A sigle angl. pour Vascular Endothelial Growth Factor A
Le VEGF-A, le plus important des facteurs de croissance de l’endothélium vasculaire, est impliqué dans le développement des cancers.
Le VEGF-A favorise la néoangiogénèse nécessaire à leur croissance.
Au cours de l’angiogenèse, le VEGF-A augmente la migration et la mitose des cellules endothéliales, la création de vaisseaux sanguins et les fenestrations. Il exerce des effets sur la migration des monocytes, des macrophages de stimulation, des cellules cancéreuses et des cellules épithéliales rénales.
Il a une action vasodilatatrice directe et augmente la perméabilité micro-vasculaire justifiant sa dénomination initiale de facteur de perméabilité vasculaire.
Une voie thérapeutique repose sur l'inhihibition de la néoangoigénèse par des médications anti-VEGF.
→ facteur de croissance de l'endothélium vasculaire
[K4, C1, C2, F2]
Édit. 2020
TREM-1 sigle pour Triggering Receptor Expressed on Myeloid cells 1
Récepteur membranaire exprimé à la surface des polynucléaires neutrophiles et des monocytes jouant un rôle dans l’inflammation
Son gène est situé sur le chromosome 6. Il augmente la productions de cytokines pro-inflammatoires et intervient dans le choc septique et la pancréatite aiguë hémorragique. Sa concentration plasmatique est un indice de mauvais pronostic.
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[D1, F1, L1]
Édit. 2020