Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

114 résultats 

primaire (épilepsie) l.f.

primary epilepsy

Autrefois, épilepsie non lésionnelle et/ou en rapport avec une prédisposition génétique.
Il doit être abandonné et remplacé par celui d'idiopathique.

épilepsie essentielle, épilepsie idiopathique

retard mental avec atrophie optique, surdité et épilepsie l.m.

mental retardation with optic atrophy, deafness, and seizures

Syndrome comportant retard mental avec atrophie optique, surdité et épilepsie.
Il existe également une microcéphalie, la vision est très altérée, de même que l'audition. Le décès à lieu dans l'enfance ou dans l'adolescence. Locus du gène (GUST) en Xq26.
L'affection est récessive, liée au sexe (MIM 309555).

K. H. Gustavson, généticien suédois (1993)

Syn. Gustavson (syndrome de)

Gustavson (syndrome de)

troubles endocriniens, épilepsie et déficience mentale l.m.p.

mental deficiency, epilepsy, endocrine disorder

M. Börjeson, H. Forssman, Orla Lehmann, médecins suédois (1962)

Börjeson-Forssman-Lehmann syndrome

[H1, H3, O4]

Édit. 2018

épilepsie myoclono-astatique de l'enfant l.f.

Forme rare d'épilepsie débutant entre la deuxième et la cinquième année de vie, rencontrée chez des enfants ayant antérieurement un développement psychomoteur normal, caractérisée par des crises tonico-cloniques, parfois répétées en peu de temps, voire la même journée, suivies quelques semaines plus tard, par des crises myoclono-astatiques.
Les crises myoclono-astatique comportent une perte brutale de tonus musculaire associée à une projection en avant ou en arrière, entraînant une chute et donc des blessures au visage et à la tête. Les absences sont plus rares.
De prévalence indéterminée intéressant deux fois plus souvent les garçons que les filles, ce syndrome épileptique est de cause inconnue. Néanmoins, il existe une incidence familiale élevée d'épilepsies dans la famille sans qu'un mode de transmission simple ait pu être identifié, ni qu'une mutation dans l'un des gènes connus pour produire une canalopathie ait pu être identifiée, hormis quelques cas anecdotiques. Cette forme d'épilepsie diffère du syndrome de Lennox-Gastaut avec lequel elle a longtemps été confondue. La qualité du traitement anti-épileptique au début est capitale, et il importe d'éviter un retard thérapeutique. Chez un tiers des enfants, le traitement ne contrôle pas les crises : ils connaissent une aggravation, voire un état de mal myoclonique avec somnolence et secousses erratiques des mains et du pourtour buccal associées à la survenue de crises toniques surtout pendant le sommeil. Dans ces formes d'évolution défavorable, l'état de mal disparaît au bout de quelques mois. Les séquelles incluent des troubles cognitifs et moteurs majeurs où prédominent une dyspraxie, une lenteur et une dysarthrie, ainsi que des crises toniques dans le sommeil.

Orphanet, O. Dulac (2006)

épilepsie, crise tonique, crise épileptique clonique, astasie, myoclonies, canalopathie ionique, Lennox-Gastaut (syndrome de)

[H1,O1]

Édit. 2018

épilepsie alcoolique l.f.

alcoholic epilepsy

Crises convulsives liées exclusivement à l'alcoolisme chronique, survenant le plus souvent lors d'une alcoolisation aigüe (ivresse convulsivante) ou du sevrage.
L'alcoolisme chronique se compliquerait de crises épileptiques sans autre cause décelée dans 3 à 10 % des cas, avec une fréquence variable selon la quantité ingérée. Les crises sont généralement de type grand mal, sans expression électroencéphalographique entre les crises. On doit les distinguer des épilepsies essentielles et surtout symptomatiques (post-traumatique, hématome sous-dural chronique, hypoglycémie) ainsi révélées par un abaissement du seuil épileptogène en rapport avec les variations de l'alcoolémie.
L'ivresse convulsivante est assez exceptionnelle, même chez un comitial connu ou un prédisposé. Les crises de sevrage plus habituelles, précoces (au plus 48 heures après l'arrêt de la consommation), généralisées, peuvent précéder l'entrée dans un delirium tremens. Le pronostic dépend du maintien de l'abstinence et exclut tout traitement anticomitial prolongé.

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprendre

psychose alcoolique aigüe et subaigüe

[G4, H1]

Édit. 2020

hystéro-épilepsie n.f.

hystero-epilepsy

Au sens littéral, alternance de crises d'épilepsie authentique et de crises d'aspect névropathique.
Surtout chez les personnalités hystériques avec histrionisme, suggestibilité et dépendance affective, le problème est d'autant plus délicat que peuvent notamment se rencontrer : des formes épileptiques comportant une dissolution incomplète de la conscience ; à l'inverse, des crises de type vasovagal avec syncope, chute et dissolution fugitive de celle-ci ; l'imitation de crises comitiales par un épileptique bien contrôlé, à la suite d'une situation conflictuelle ; au sens large, le déclenchement de crises comitiales par un facteur psychogène ; enfin des formes de passage, en particulier sous-corticales (L. van Bogaert).
Les diverses investigations neuroradiologiques, surtout l'EEG de longue durée, sont utiles.

L. van Bogaert, neuropathologiste belge (1898-1989)

épilepsie myoclono-astatique du jeune enfant l.f.

Syn. épilepsie myoclono-astatique

épilepsie myoclono-astatique

[H1, H3, O1, Q2]

Édit. 2020

acné juvénile l.f.

juvenile acne, acne vulgaris

Forme la plus fréquente d'acné, observée essentiellement à partir de l'adolescence, caractérisée par le développement de lésions mixtes à la fois inflammatoires (papules et pustules) et rétentionnelles (comédons ouverts et microkystes) au niveau du visage et du décolleté.
Il s'y associe fréquemment une hyperséborrhée.

Étym. gr. akmê : pointe, efflorescence (faute de copistes pour acmé devenu acné)

Syn. acné polymorphe juvénile, acné vulgaire

[J1,O1]

Édit. 2017

amyotrophie spinale juvénile l.f.

young spinal muscular atrophy

Werdnig-Hoffmann (maladie de)

[H1,I4]

Édit. 2017

amyotrophie spinale juvénile pseudomyopathique l.f.

young spinal muscular atrophy pseudomyopathique

Poliomyélite familiale avec atteinte lentement progressive de la corne antérieure donnant une amyotrophie ascendante neurogène, débutant dans l'adolescence par les muscles des membres inférieurs, puis des membres supérieurs et enfin les nerfs crâniens.
Elle débute après l'apprentissage de la marche et le plus souvent dans la seconde enfance ou l'adolescence avec chutes, difficultés à la course et à la montée des escaliers. Il n'y a pas d'atteinte intellectuelle. Le déficit prédomine à la racine des membres inférieurs, et donne une démarche dandinante. Les réflexes rotuliens sont abolis alors que les achilléens sont conservés. L'atteinte des membres supérieurs est tardive et plus discrète. Pour les nerfs crâniens, l'atteinte se fera sur les sternocléidomastoïdiens (XI), la langue (XII), et beaucoup plus rarement avec un ptosis modéré, une ophtalmoplégie, un strabisme divergent. Le locus du gène (SMN III) est en 5q12.2-13 tout comme pour les SMN I et SMN II. L’affection est autosomique récessive (MIM 253400).

E. Kugelberg, neurophysiologiste suédois et Lisa Welander, neurologue suédoise (1956)

Syn. KWS, Kugelberg-Welander (Syndrome de), Wohlfahrt-Welander-Kugelberg (Syndrome de), atrophie musculaire juvénile, atrophie musculaire spinale de la mi-enfance et de l'adolescence, amyotrophie spinale antérieure de type III

SMN1 gene, SMN2 gene

[H1,I4,Q2]

Édit. 2017

artériosclérose sévère juvénile de Kaitila l.f.

arteriosclerosis, severe juvenile

Maladie rare et fatale avec calcification de l'aorte thoracique et des artères principales, anémie, insuffisance rénale et ulcère gastrique perforant.
Retard de croissance, dysplasie de la hanche, et de la seconde vertèbre lombaire. Cholestérol sérique, triglycérides et lipoprotéines normaux. Tortuosité vasculaire au fond d'œil, micro- anévrysmes artériolaires et rétrécissements localisés des artérioles en périphérie rétinienne. L’affection est autosomique récessive (MIM 208060).

Christina Raitta, ophtalmologue et Ilkka Kaitila, généticienne finlandaises (1985)

artérite, granulomatose familiale et polyarthrite juvénile l.f.

arteritis, familial granulomatous with juvenile polyarthritis

Triade clinique dans une famille sur trois générations, de fièvre, hypertension artérielle et polyarthrite juvénile avec granulome non caséifié dans les vaisseaux et en dehors.
D'abord rash érythémateux chez le nourrisson, puis kystes aux poignets et genoux et épanchement péricardique. Plus tard, fièvre, épilepsie et céphalées, puis hypertension artérielle, épanchement péricardique, iridocyclite bilatérale et œdème papillaire. Enfin artérite des artères splénique, rénales et iliaques. Amélioration sous glucocorticoïdes et immunosuppresseurs. Assez proche de la maladie de Jabs mais où l'artérite n'est pas observée. L’affection est autosomique dominante (MIM 108050).

Deborah Rotenstein, pédiatre américaine (1982)

artérite juvénile l.f.

young arteritis

thromboangéite oblitérante

arthrite chronique juvénile (OMS 1977) l.f.

Still’s disease

arthrite juvénile idiopathique

[I1,O2]

Édit. 2017

atrophie optique juvénile l.f.

juvenile optic atrophy

Atrophie optique congénitale, ou dans la première enfance, génétiquement liée au groupe sanguin Kidd.
Elle est le plus souvent à début progressif, de façon insidieuse, vers l'âge de cinq à six ans, ou plus tôt, avec une acuité visuelle altérée qui se situe entre 1/10 et 5/10ème, moins marquée d'un œil, et moins sévère pour la vision de près, puis l'atrophie semble non, ou très peu évolutive. Au niveau de la papille l'atrophie est plus nette en temporal, parfois la macula est remaniée avec quelques ponctuations jaunâtres et une perte de reflet fovéolaire. Il existe un scotome centrocœcal, une dyschromatopsie d'axe bleu-jaune, l'ERG est normal ou parfois légèrement altéré, et les PEV avec une latence augmentée et une amplitude diminuée confirment l'origine neuropathique de la baisse de vision. La vision reste assez stable toute la vie, et l'on ne trouve pas de nystagmus. Certaines formes sont plus sévères chez les hommes. Locus du gène OPA1 en 3q29. L’affection est autosomique dominante (MIM 165500).

H. A. Iverson, ophtalmologue américain (1958)

Étym. gr. a : privatif ; trophê : nourriture

Syn. atrophie optique congénitale, atrophie optique de type Kjer, OAK, OPA1

OPA1 gene 

Austin-Thieffry (sulfatidose juvénile d') l.f.

sulfatidose juvenile, Austin’s type

Mucosulfatidose avec faciès de maladie de Hurler, retard mental, hypertonie, hépatosplénomégalie et dystrophie rétinienne.
Dès la première enfance apparition des signes neurologiques de la leucodystrophie métachromatique. Au niveau des yeux myoclonies des paupières, atrophie optique, rétinite pigmentaire avec hypopigmentation et nystagmus. Le dépistage prénatal est possible. L’affection est autosomique récessive (MIM 272200).

J. H. Austin, neurologue américain (1965), S. Thieffry, neuropédiatre français, membre de l'Académie de médecine (1967)

Syn. Austin (maladie d'), déficit en sulfatase multiple, MSD, mucosulfatidose

cataracte congénitale ou juvénile l.f.

congenital or juvenile cataract

Cataracte congénitale dont la transmission récessive n'est pas habituelle.
Pour quelques familles publiées, il faut rechercher un syndrome associé récessif ou lié au sexe tel que la galactosémie, le syndrome de Lowe, le syndrome de Marinesco-Sjögren, la cholestérinose cérébrale, la chondrodystrophie calcifiante cérébrale. L’affection est autosomique récessive (MIM 212500).

C. U. Lowe, pédiatre américain (1952) ; G. Marinesco, neurologue roumain (1931) ; T. Sjögren, psychiatre suédois (1935) 

[P2,Q2]

cataracte juvénile, atrophie cérébelleuse, retard mental et myopathie l.m.

juvenile cataract, cerebellar atrophy, mental retardation, and myopathy

G. Marinesco, neurologue roumain (1931) ; T. Sjögren, psychiatre suédois (1935) 

Marinesco-Sjögren-like (syndrome de)

[P2,H1,I4]

Costenbader (presbytie juvénile de) l.f.

F. D. Costenbader, ophtalmologue américain (1958)

hypoaccommodation

[P2]

crise d'originalité juvénile l.f.

adolescent crisis

Ensemble des comportements d'opposition de l'adolescent aux normes de l'adulte.
Crise décrite par M. Debesse, qui se produit lorsque l'adolescent, à la conquête de son identité, manifeste son indépendance et son désir d'autonomie de façon ostentatoire en s'opposant aux normes sociales.
L'adolescence est dominée par une tendance à l'abstraction, à la rationalisation, aux préoccupations métaphysiques, qui est liée à l'entrée dans le stade de l'intelligence formelle, c'est-à-dire de l'accession à un fonctionnement intellectuel et conceptuel débarrassé de tout support concret.
Certaines bizarreries du comportement, certaines interrogations anxieuses sur l'identité, d'éventuelles idées suicidaires souvent en rapport avec des inquiétudes d'ordre métaphysique, peuvent faire craindre un mode d'entrée dans un état schizophrénique.

M. Debesse, psychologue français (1937)

cyphose juvénile l.f.

Scheuermann’s disease

maladie de Scheuerman

[I,O1]

Édit. 2017

dégénérescence maculaire juvénile l.f.

macular degeneration juvenile

Dystrophie maculaire juvénile isolée, lentement évolutive, avec dépigmentation maculaire, silence choroïdien de Bonnin et image maculaire angiographique en œil de bœuf.
L'affection débute vers sept ans avec un fond d'œil qui paraît encore normal. En quelques mois l'acuité visuelle diminue considérablement pour, en cinq ans, chuter à 1/10. L'ERG est au début normal, mais il est ensuite altéré en photopique. L'angiographie fluoresceinique est précocement altérée avec, comme premier signe, le silence choroïdien (absence d'imprégnation de la choroide). L'évolution se fait avec l'apparition de taches flavimaculées plus ou moins nombreuses, une atteinte mixte de l'ERG et une extension du scotome central.
Le locus du gène (STGD1) a été localisé par J. Kaplan par clonage positionel sur le bras court du chromosome 1 en 1p13-p21. Allikmets ont identifié dans cette région le gène ABCR (ATP binding cassette retina, MIM 601691) responsable de la maladie qui code une protéine transmembranaire spécifique à la rétine. Elle appartient à la superfamille de protéines ABC. Elle est constituée de deux domaines hydrophobes transmembranaires (régulation de la protéine) et de deux domaines cytoplasmiques hydrophiles (fonctionnalité) liant l'ATP. Cette protéine est retrouvée uniquement dans les cellules photoréceptrices (hybridation in situ). L’affection est autosomique récessive (MIM 248200).

M.-P. Bonnin, ophtalmologiste française (1971) ; Josseline Kaplan, médecin généticienne française (1993) ; R. Allikmets, chercheur américain (1997) ; K. Stargardt, ophtalmologiste allemand (1909)

Étym. lat. degenerare : dégénérer

Syn. STG1, Stargardt (maladie de), dystrophie maculaire avec taches, Stargardt flavimaculée (maladie de)

fundus flavimaculatus

dégénérescence maculaire juvénile dominante l.f.

juvenile dominant macular degeneration

Dégénérescence maculaire juvénile similaire à la maladie de Stargardt mais dominante.
Il existe quelques publications de maladie de Stargardt dominantes flavimaculée ; ces formes sont rarissimes, plus bénignes, plus tardives, et plus lentes que les formes récessives. Les critères de différenciation sont uniquement géniques. La plupart du temps il s'agit de pseudodominance et les formes non flavimaculées, publiées antérieurement aux explorations fonctionnelles modernes, sont souvent des dystrophies des cônes. L’affection est autosomique dominante (MIM 248200).

W. G. Pearce, ophtalmologiste canadien (1975) ; K. Stargardt, ophtalmologiste allemand (1909)

Étym. lat. degenerare : dégénérer

Syn. Stargardt dominante (maladie de)

dermatite annulaire lichénoïde juvénile l.f.

annular lichenoid dermatitis of youth

Dermatose récemment décrite chez des enfants ou adolescents, siégeant surtout sur les flancs et la région périnéale, faite d’une éruption non prurigineuse de macules annulaires à bordure rouge brun et à centre hypopigmenté, avec une structure lichénoïde comportant une nécrose kératinocytaire massive.

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

dermatose plantaire juvénile l.f.

juvenile plantar dermatosis

Dermatose assez fréquente chez les enfants, caractérisée par des plaques érythémateuses, squameuses, vernissées, parfois fissurées, siégeant exclusivement sur les plantes des pieds, surtout avant-pieds, orteils, talons.
L'origine est inconnue bien que, à un moment, ses rapports aient été discutés avec l'eczéma et le psoriasis. Elle est améliorée par l'application de topiques émollients.

R. M. MacKie, dermatologiste britannique (1976)

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