résistance aux antipaludiques l.f.
antimalarial drug resistance
Résistance des Plasmodium aux médicaments dirigés contre eux.
À des degrés divers, elle touche tous les antipaludiques actuels à l’exception des dérivés de l’artémisinine et concerne surtout, en pratique, la chloroquine, la pyriméthamine, le proguanil et les autres antimétabolites. La résistance à la chloroquine est liée à un phénomène multigénique (gènes PfMDR et, surtout, PfCG2 et PfTCR). Les résistances à la pyriméthamine résultent de mutations ponctuelles du gène PfDHFR. Quels qu’en soient les mécanismes, ces résistances présentent une énorme importance médicale en rendant plus difficile, moins efficace et plus onéreux le traitement de la principale endémie mondiale qu’est le paludisme.
résistance bactérienne aux antibiotiques l.f.
antibiotic bacterial resistance
Phénomène biologique qui se traduit, dans l’organisme, par le développement d’une souche bactérienne malgré la présence d’un antibiotique administré à des posologies usuelles.
On distingue des résistances naturelles, présentes chez toutes les bactéries d’une même espèce et des résistances acquises par certaines souches au sein d’une espèce théoriquement sensible à l‘antibiotique considéré. Il existe plusieurs mécanismes de résistance : sécrétion d’un enzyme telle qu’une bêtalactamase, modification de la cible d’action de l’antibiotique, diminution de la perméabilité de la membrane bactérienne à l’antibiotique, mécanismes d’efflux. L’information génétique qui induit la résistance provient soit d’une mutation chromosomique, soit, plus fréquemment, de l’acquisition d’un plasmide ou d’un transposon par la bactérie.
→ antibiogramme, concentration minimale inhibitrice, antibiotiques (résistance aux)
résistance capillaire (épreuve de) l.f.
capillary resistance test
Épreuve paraclinique étudiant les conditions de création d’un purpura expérimental.
Elle consiste à appliquer sur le bras pendant cinq minutes un brassard exerçant une compression sans arrêter la circulation artérielle, puis à noter le nombre de pétéchies apparues à la suite de cette compression.
résistance cardiaque l.f.
cardiac resistance
→ indice de résistance cardiaque
résistance cellulaire aux cytostatiques l.f.
cellular cytostatic resistance, resistance to cytostatics
Inefficacité d'un cytostatique pour une tumeur néoplasique donnée à des doses tolérées par l'Homme.
L'accumulation du cytostatique dans la cellule tumorale peut être perturbée par l'altération de mécanismes de transport spécifiques ou par l'apparition de pompes membranaires qui la chassent hors de la cellule ou modifient sa répartition intracellulaire. Dans le cytoplasme, le cytostatique peut être neutralisé par les systèmes de détoxication ou ne pas être métabolisé en dérivé actif.
résistance croisée l.f.
cross-resistance
Résistance d'une souche d'un micro-organisme, à un médicament (antibiotique, antifongique, ...) allant de pair avec la résistance vis-à-vis d'un ou plusieurs autres médicaments.
L'expression s'utilise également dans le cas des résistances d'insectes et d'acariens aux insecticides et acaricides respectivement.
résistance des voies aériennes l.f.
airways resistance (Raw)
Différence de pression entre l'alvéole pulmonaire et la bouche, nécessaire pour produire un débit de 1L/sec, exprimée en cm eau/L/sec.
Dans un tube avec écoulement de fluide, la résistance R entre deux points est le quotient de la différence de pression P entre ces deux points par le débit
résistance du complexe tuberculosis aux antituberculeux l.f.
complex tuberculosis drug resistance
Inefficacité d'un ou de plusieurs antibiotiques vis-à-vis des mycobactéries du "complexe tuberculosis".
La résistance est soit primaire, soit secondaire.
En France :
- la résistance primaire à l'INH (isoniazide) est de 3,8%, la secondaire de 9,8%.
- la résistance primaire à la RMP (rifampicine) est de 1,04% et la résistance secondaire de 4,9%.
- la multirésistance (MDR) était de 1% en 2000.
résistance médicamenteuse l.f.
drug resistance
Inefficacité d'un médicament à des doses tolérées par l'organisme.
résistance microbienne aux médicaments l.f.
microbial drug resistance, resistance to antibiotics
Inefficacité d'un médicament antibiotique ou antifongique, pour une infection donnée à des doses tolérées par l'homme.
résistance primaire des bacilles tuberculeux l.f.
primary resistance (tuberculosis complex)
Inefficacité d'un ou plusieurs antibiotiques, observée chez un patient n'ayant reçu auparavant aucun traitement antituberculeux.
→ résistance du complexe tuberculosis aux antituberculeux
résistance pulmonaire l.f.
pulmonary resistance
Résistance opposée par le lit de l’artère pulmonaire à la progression du sang expulsé du cœur droit : elle résulte de la combinaison du débit sanguin et des pressions régnant dans l’artère pulmonaire et éventuellement l’oreillette gauche.
Il faut distinguer la résistance vasculaire pulmonaire totale qui ne tient pas compte de la pression auriculaire gauche et la résistance artérielle pulmonaire (dite encore artériolaire pulmonaire) qui tient compte du gradient de pression entre l’artère pulmonaire et l’oreillette gauche. Les résistances pulmonaires sont exprimées en unités CGS (Dynes –s –cm –5). Elles sont normalement de 50 à 100 pour la résistance artérielle, et de 200 à 350 pour la résistance totale.
résistance secondaire des bacilles tuberculeux l.f.
secondary resistance (tuberculosis complex)
Résistance à un ou plusieurs antibiotiques, observée chez un patient ayant déjà reçu un traitement antituberculeux.
Les BK étaient sensibles avant tout traitement. La résistance apparaît après plus de deux mois de traitement spécifique, favorisée par un traitement inadapté, telle une monothérapie, ou parce qu'irrégulièrement suivi.
→ résistance du complexe tuberculosis aux antituberculeux
résistance uréthrale l.f.
urethral resistance
Ensemble des forces s'opposant à l'écoulement de l'urine dans l'urèthre pendant la miction.
Ces forces, naturellement plus grandes chez l'homme que chez la femme, se composent de deux fractions : la résistance à l'ouverture du col et de l'urèthre, et celle au flux lui-même, responsable de pertes de charge. Celles-ci se décomposent en forces régulières, dues au frottement sur les parois de l'urine progressant à vitesse constante, et forces singulières, liées aux modifications de forme, de calibre et de direction du conduit.
syndrome de résistance ovarienne aux gonadotrophines l.m.
ovarian resistance to gonadotrophins syndrome
Insensibilité des ovaires aux stimulations par les gonadotrophines hypophysaires entraînant une ménopause précoce.
Elle serait due au développement d'auto-anticorps dirigés contre les récepteurs de FSH et de LH.
A.P.Netter, gynécologue et endocrinologue français (1984)
Syn. syndrome de Netter
transfert de résistance l.f.
resistance transfert
Passage interbactérien de gènes dont l’expression conduit à une résistance aux antibiotiques.
Chez les bactéries, ce passage s’effectue directement par transformation ou conjugaison, ou par l’intermédiaire d’un bactériophage (transduction).
résistance nasale l.f.
nasal resistance
Résistance opposée par les fosses nasales à l’écoulement du flux aérien.
Son calcul nécessite la connaissance du gradient de pression narino-choanal du débit nasal et de la nature du régime d’écoulement aérien.
accident vasculaire cérébral l.m.
stroke
Manifestation neurologique aigüe en rapport avec un processus ischémique ou hémorragique dans le territoire d’une artère à destinée cérébrale.
Les causes habituelles sont une thrombose, une embolie ou un hématome intra-parenchymateux.
Bien qu’il puisse être régressif (accident ischémique transitoire) sa gravité habituelle et son caractère le plus souvent irréversible conduisent à insister sur l’importance de sa prévention. La prise en charge très précoce de l’accident vasculaire ischémique, avec la possibilité de fibrinolyse en urgence, en améliore le pronostic de façon significative.
Étym. lat. accidens : ce qui survient
Sigle AVC
→ hémorragie cérébrale, infarctus cérébral, accident ischémique cérébral, accident ischémique (cérébral) transitoire, accident vasculaire cérébral hémorragique
[H1,K4]
Édit. 2016
accident vasculaire cérébral et cancer l.m.
malignancy and stroke
Accidents ischémiques et hémorragiques qui compliquent 15% des cancers dans les séries autopsiques et qui peuvent concerner toutes les néoplasies.
Cinq mécanismes sont individualisés : les troubles de la coagulation induits par la néoplasie (coagulopathie intravasculaire disséminée) ; l'endocardite thrombotique non bactérienne ; les lésions induites directement par la néoplasie (embolies tumorales, anévrismes oncotiques, compression ou envahissement des vaisseaux cérébraux par les tumeurs cérébrales primitives ou secondaires, lymphome angiotrope) ; les lésions secondaires à des complications infectieuses (aspergillose, candidose, muco-mycose) ; les lésions iatrogènes (artériopathie radique, ischémies artérielles ou veineuses des chimiothérapies, hémorragies secondaires à des coagulopathies).
Étym. lat. accidens : ce qui survient
→ accident vasculaire cérébral
[F2,H1]
Édit. 2016
accident vasculaire cérébral et chirurgie cardiaque l.f.
cardiac surgery and stroke
→ chirurgie cardiaque et accident vasculaire cérébral, accident vasculaire cérébral
[K3,H1]
Édit. 2016
accident vasculaire cérébral et dépression consécutive l.m.
depression after cerebral stroke
Trouble rencontré chez au moins un quart des patients atteints d'un accident vasculaire cérébral (AVC), souvent méconnu, sinon sous-estimé.
Il s'agit surtout de tristesse, voire de désespoir et d'anxiété, avec insomnie et anorexie. Mais ces signes peuvent être masqués par des plaintes somatiques, des difficultés cognitives, une labilité émotionnelle, ainsi que des obstacles à la communication liés à un déficit neurologique, en particulier aphasique.
S'il peut exister une symptomatologie pseudo-démentielle cédant à l'épreuve thérapeutique, des symptômes thymiques peuvent, a contrario, annoncer ou masquer l'évolution d'une démence vasculaire.
Le patient souffre notamment du bouleversement de l'image de soi, de ses handicaps et de sa dépendance, des retentissements sur les siens et il craint une récidive plus grave. En fait, l'étiologie est multifactorielle, à la fois organique, psycho-affective et sociale.
Un risque accru de nouveaux AVC et de décès serait associé à la dépression.
Information, conseils et relation de soutien sont probablement suffisants dans la majorité de ces patients. Mais dans les formes majeures, une chimiothérapie antidépressive est indiquée et doit être particulièrement surveillée. Malgré l'absence d'études randomisées à grande échelle, il apparaît que les inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (fluoxétine, fluvoxamine, paroxétine, etc.), dépourvus d'effets cardiotoniques, anticholinergiques et antihistaminiques, ont une action favorable et sont bien tolérés par ces malades.
Étym. lat. accidens : ce qui survient
→ accident vasculaire cérébral
[H1,H3,K4]
Édit. 2016
accident vasculaire cérébral hémorragique l.m.
ictus sanguinis, intracerebral hemorrhage
Forme qui représente 20% des accidents vasculaires cérébraux artériels.
La rupture d'une artère intra-parenchymateuse provoque un hématome intracérébral, collection hématique sous tension constituée dans la substance cérébrale. Elle est le plus souvent secondaire à une hypertension artérielle. En cas d'effraction ventriculaire, on parle d'hémorragie ventriculaire associée, ou d'inondation ventriculaire si celle-ci est abondante. S'il existe une effraction de sang dans l'espace sous-arachnoïdien (ou leptoméningé), l'hémorragie est cérébroméningée
Étym. lat. accidens : ce qui survient
→ accident vasculaire cérébral, anévrysme artériel intracrânien
[H1,K4]
Édit. 2016
acrosyndrome vasculaire l.m.
vascular acroSyndrome
Manifestation microvasculaire localisée aux territoires cutanés des extrémités, à l’origine de laquelle les troubles vasomoteurs jouent un rôle prédominant.
Ses manifestations consistent en anomalies de couleur, de température, de sensibilité et de trophicité des extrémités. Sa nosologie est complexe. Il peut être fonctionnel (dystonique), soit permanent soit paroxystique (syndrome de Raynaud, érythromélalgie). Il peut être lésionnel (dystrophique), engelure, acrodynie, acropathie, œdème angionécrotique, etc.
Étym. gr. akros : extrémité ; sundromê : concours, rencontre
[K4, J1]
Édit. 2020
algie vasculaire l.f.
vascular pain
Douleur liée à une maladie circulatoire.
Par ex. l'ischémie aigüe d'un membre, l'algie de décubitus d'une artériopathie, la gangrène ischémique.
Étym. gr. algos : douleur
[K4]
Édit. 2020
algie vasculaire de la face l.f.
cluster headache
Affection caractérisée par des crises douloureuses, intenses, pulsatiles, répétées, généralement unilatérales, intéressant l’œil (souvent rétro-orbitaires), le maxillaire et la partie latérale du nez accompagnées de signes vasomoteurs et sécrétoires homolatéraux.
S’y associent fréquemment un larmoiement, une rhinorrhée, une rougeur cutanée homolatérale et une injection conjonctivale. Touchant trois fois plus l’homme que la femme, autour de 30 ans, les douleurs en salves, d’une durée de quelques minutes à plusieurs heures, surviennent chaque jour parfois plusieurs fois par jour, souvent à heure fixe et la nuit pendant des périodes de plusieurs semaines, séparées d’intervalles libres durant des mois ou même des années. Une forme chronique d'emblée ou secondairement, avec répétition quotidienne des accès pendant des années, est plus rarement observée.
Selon le siège de la douleur et les signes associés, il a été décrit les syndromes de Charlin, de Sluder ou du ganglion sphénopalatin, l’érythromélalgie de la face, la névralgie du nerf du canal ptérygoïdien ou des nerfs grand pétreux ou pétreux profond.
Les traitements les plus efficaces sont l'oxygénothérapie lors des crises et le sumatriptan injectable.
Étym. gr. algos : douleur
Syn. érythroprosopalgie, névralgie migraineuse, syndrome de Charlin, syndrome de Sluder
→ sympathalgie, syndrome du ganglion sphénopalatin, érythromélalgie de la face, névralgie du nerf vidien,Vail (syndrome de), sumatriptan
[H1, K4, P1, P2]
Édit. 2020