Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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syndrome d'obstruction des voies aériennes l.f.

airway obstruction syndrome

Ensemble des signes entraînés par l'obstruction des voies aériennes.
La détresse respiratoire aigüe par obstruction des voies aériennes supérieures se voit chez les sujets avalant gloutonnement (souvent des débiles mentaux) ou chez les jeunes enfants. Dans le cas où l'obstruction est limitée à une bronche, cas fréquent chez le jeune enfant, le syndrome est moins caractéristique : l'exemple typique est celui de l'enfant jouant sous la table alors que ses parents reçoivent des amis, qui s'empare d'une cacahuète ou d'un petit gâteau sec, le mâche mal et fait une fausse route en l’avalant. L'enfant s'agite alors et manifeste sa détresse : il ne peut en général ni pleurer, ni crier mais, dans les cas favorables, un effort inspiratoire violent lui permet de déplacer le corps étranger dans une plus petite bronche. La respiration reprend, l'enfant pleure, est abattu puis se calme au bout d'un moment. Si l'on ne fait rien, un abcès du poumon peut se former au bout d'une semaine ou plus dans le territoire obstrué.
Une dyspnée inspiratoire chez un jeune enfant présentant un tel comportement implique de faire immédiatement la manœuvre d'Heimlich, puis, dans tous les cas, il faut conduire l'enfant à l'hôpital pour une indispensable bronchoscopie.

H. J. Heimlich, chirurgien américain (1975)

Étym. lat. obstructio : action d'enfermer (ob : devant ; struo : bâtir)

Heimlich (manœuvre d'), inhalation d'un corps étranger chez l'enfant

tumeur bénigne des voies biliaires l.f.

bile duct benign tumor

Les principales tumeurs bénignes des voies biliaires sont le polype vésiculaire et le papillome des voies biliaires.
Ces deux tumeurs peuvent néanmoins être l'objet d'une transformation maligne.

Étym. lat. tumor : gonflement

polype vésiculaire, papillome des voies biliaires

voies d'administration des médicaments l.f.p

route of administration

Modes de pénétration utilisé pour qu'un médicament pénètre dans l'organisme visé.
On distingue : la voie entérale ou orale (introduction par la bouche dans le tube digestif), les voies parentérales (sous-cutanée, intramusculaire, intraveineuse, intraartérielle, intrarachidienne, intracardiaque), les voies transmuqueuses (voie rectale, buccolinguale, alvéolaire) et les voies locales (applications sur la peau ou sur les muqueuses, injections intrapleurales ou intraarticulaires).

Étym. lat. medicamentum :  médicament, poison

médicament

voies acoustiques l.f.p.

auditory tract

Ensemble des éléments situés entre le labyrinthe membraneux et la première circonvolution temporale du cerveau : nerf auditif, stries acoustiques, lemniscus latéral et corps genouillé interne.

voies auditives

voies aéro-digestives supérieures l.f.p.

superior aerodigestive ways

Terme regroupant les fosses nasales, la cavité buccale, le pharynx, le larynx et leurs dépendances.

Sigle VADS

voies auditives l.f.p.

auditory tract

Structures anatomiques débutant au protoneurone du nerf cochléaire au niveau du pédicule cochléovestibulaire de la VIIIème paire crânienne et aboutissant à la première circonvolution temporale.
La réception périphérique s'effectue dans l'oreille moyenne qui, par la chaîne des osselets, transmet les vibrations du tympan à la partie acoustique de l'oreille interne, formée par la canal cochléaire. Celui-ci contient le ganglion ou organe spiralé de Corti, constitué des cellules ciliées réceptrices et de l'origine des fibres du nerf cochléaire, lequel chemine avec le nerf vestibulaire, atteint la jonction bulboprotubérantielle et se termine dans les noyaux cochléaires dorsal et ventral, sur la face latérale du pédoncule cérébelleux inférieur.
Au niveau central, la plupart des fibres effectuent un croisement : celles issues du noyau dorsal formant les stries acoustiques, situées sous le plancher du 4e ventricule, et celles issues du noyau ventral, le corps trapézoïde. Par le lemnisque latéral, elles rejoignent le tubercule quadrijumeau postérieur directement ou après un relais dans le lemnisque médian. Les noyaux cochléaires projettent aussi sur l'olive supérieure homo- ou controlatérale, d'où se détachent des fibres qui vont également au tubercule quadrijumeau postérieur par le lemnisque médian. De plus, des projections des noyaux cochléaires sur la formation réticulée jouent un rôle important dans les activités réflexes.
Par la suite, les afférences auditives gagnent le corps genouillé interne, puis l'aire corticale auditive primaire, située à la face supérieure de la première circonvolution temporale (gyrus transverse de Heschl, aires 4I et 42).
Il existe également des voies efférentes partant du cortex temporal pour atteindre la périphérie, dans l'organe de Corti. Leur rôle apparaît important dans l'inhibition des bruits de fond parasites et la focalisation sur les signaux sonores significatifs.
Les voies acoustiques sont explorées par les potentiels évoqués auditifs (PEA), dits potentiels évoqués du tronc cérébral.

A. Corti, anatomiste italien (1851)

cochléaire (canal), Corti (organe spiralé de)

voies biliaires (atrésie des) l.f.

biliary atresia

M. Kasai, chirurgien japonais (1959)

atrésie des voies biliaires

voies biliaires (plaie des) l.f.

biliary tree lesions

plaie des voies biliaires ()

voies biliaires évanescentes (syndrome des) l.m.

evanescent bile ducts syndrome

Disparition progressive des canaux biliaires intrahépatiques essentiellement observée au cours du rejet aigu ou chronique du foie greffé.
Le rejet aigu apparaît au cours des deux premiers mois après la transplantation ; il peut être symptomatique (douleurs abdominales, fièvre, ictère) ou inapparent. Il existe des altérations du bilan hépatique avec des signes de cholestase et le diagnostic est confirmé par l'examen histologique d'une biopsie de foie montrant des lésions inflammatoires, des lésions veineuses et des altérations de la paroi des canaux biliaires. L'évolution clinique et biologique est rapidement favorable après injection de très fortes doses de corticoïdes ; la persistance des signes en dépit du traitement s'observe dans 10% des cas (disparition progressive des canaux biliaires) et oblige à une retransplantation qui n'est, en principe, pas suivie de récidive.
Le rejet chronique se traduit par une cholestase progressivement irréversible, avec disparition des canaux biliaires, cible privilégiée de la réponse immunitaire de l'hôte. Il est insensible au traitement immunosuppresseur et nécessite une retransplantation.

transplantation hépatique 

voies cordonales postérieures l.f.p.

posterior cordonal tracts

Faisceaux de fibres nerveuses qui cheminent dans le cordon postérieur de la moelle et qui comportent deux types de fibres ascendantes.
Les fibres afférentes primaires cheminent dans le cordon postérieur de la moelle avec une distribution somatotopique bien définie : fibres sacrées les plus internes, fibres cervicales les plus externes. Ayant fait relais dans la partie caudale des noyaux bulbaires de Goll et de Burdach, elles décussent pour gagner le lemniscus médian controlatéral puis aboutissent au noyau ventrolatéral du thalamus. Ces voies lemniscales proprement dites transmettent les sensibilités tactiles fines et proprioceptives conscientes.
Plus récemment, chez l'animal, des fibres afférentes post-synaptiques ont été individualisées dans le cordon postérieur, qui véhiculent les informations nociceptives, représentant 10% des fibres cordonales postérieures.

E. Burdach, anatomiste allemand, membre de l’Académie de médecine (1801-1876) ; F. Goll, neuroanatomiste suisse (1829-1903)

cordonal postérieur (syndrome), tabès

voies olfactives l.f.p.

olfactive ways

Ensemble anatomique récepteur et transmetteur de l'olfaction à partir du nerf olfactif (1ère paire crânienne), formé par le groupement en fascicules d'axones des neurones bipolaires situés dans la muqueuse nasale.
Après la traversée de la lame criblée de l'ethmoïde, s'effectue une synapse dans le bulbe olfactif avec les cellules mitrales, dont les axones parcourent d'avant en arrière le pédoncule olfactif, puis traversent les bandelettes ou stries olfactives. Le pédoncule et les bandelettes constituent le tractus olfactif. C'est surtout dans le neurone olfactif et le bulbe olfactif que se réalise l'analyse de ces signaux.
Peu étendues, les projections centrales comprennent : des aires de projection primaires conscientes, néocorticales, formées du cortex prépiriforme (partie postérieure du gyrus orbitaire) et du cortex périamygdalien ; une aire secondaire, faite de péri-archicortex, constituée du cortex entorhinal ou aire 28, partie antérieure de la circonvolution hippocampique rattachée au cortex parahippocampique, donc limbique, support de la dimension affective (sensation d'odeur agréable ou désagréable). L'aire secondaire reçoit des fibres provenant des aires olfactives primaires.

olfactif (bulbe), tractus olfactif, olfactif (pédoncule), olfactives (bandelettes)

[A1,H5]

Édit. 2017

voies spermatiques l.f.p.

seminal tract

Ensemble des voies d'excrétion du sperme.
Elles sont constituées par les tubes droits, le rete testis, les cônes efférents, l'épididyme, le canal déférent, les vésicules séminales et les canaux éjaculateurs.

sperme, tubes droits, rete testis, épididyme, canal déférent, vésicule séminale, éjaculateur (canal ou conduit)

voies urinaires l.f.p.

urinary tract

voie excrétrice urinaire

voies vestibulaires l.f.p.

vestibular tract

Structures anatomiques participant au contrôle postural et à l'équilibre, depuis l'appareil récepteur jusqu'aux diverses connexions vestibulaires centrales, et issues, comme nerf cochléaire, de la VIIIème paire crânienne.
L'appareil récepteur périphérique comporte les canaux semi-circulaires, sensibles aux accélérations angulaires, l'utricule et le saccule. Ce labyrinthe membraneux baigné de lymphe est situé à l'intérieur du rocher. Chacun des trois canaux semi-circulaires présente une crête ampullaire qui est un récepteur sensoriel dont l'efficacité est liée au déplacement de la lymphe. Les macules otolithiques de l'utricule et du saccule renseignent notamment sur la position de la tête et sont sensibles aux accélérations linéaires.
Cheminant avec le nerf cochléaire dans le conduit auditif interne, le nerf vestibulaire traverse l'angle pontocérébelleux et pénètre le sillon bulboprotubérantiel, juste en arrière du facial. Il se divisera pour gagner les quatre noyaux vestibulaires situés sous le plancher du 4ème ventricule. Le lobe flocculonodulaire est, lui aussi, destinataire direct de ces fibres.
Les connexions vestibulaires centrales sont variables : soit parvenant, par l'intermédiaire du thalamus, au cortex de la partie la plus basse de la pariétale ascendante et intervenant dans l'information sur la position et le déplacement de la tête ; soit s'intégrant à un niveau sous-cortical (cervelet, réticulée, noyaux gris centraux, noyaux oculomoteurs) et ménageant les adaptations posturales de l'axe du corps.

macule otolithique, vestibulaire (nerf), vestibulaires (noyaux)

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