Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Heidelberg (tomographe de) l.m.

Heidelberg’s tomograph

Système SLO (Scanning Laser ophtalmoscope) avec laser monochromatique (670 nm) habituellement utilisé pour l’analyse de la papille et des fibres optiques.
Du fait de ses possibilités de reconstruction en trois dimensions, il permet une analyse précise de la topographie des élévations et de l’épaississement rétinien, ainsi qu’une quantification automatique de la surface et de l’importance d’un soulèvement.

Étym. Heidelberg : ville allemande du Bade-Wurtemberg

→ ophtalmoscope laser à balayage

[P2]

Édit. 2015

hémohistioblaste n.m.

haemohistioblast

Dénomination de l'hypothétique cellule mère, qui donnerait naissance à toutes les cellules sanguines.
Cellule de 15 à 20 µm, à gros noyau arrondi, au cytoplame basophile appartenant au système réticulo-endothélial. Description désuète
Elle a été considérée initialement, à tort, comme une cellule souche des lignées sanguines.

A. Ferrata, hématologue italien (1880-1946)

Étym. gr.haïma : sang ; histion : tissu ; blastos : germe

Syn. cellule de Ferrata

[F1,F3]

Édit. 2015

hémohistioblastique (tissu) l.m.

Réseau des cellules du système des mononucléaires macrophages.
La dénomination « tissu réticulo-endothélial » est désuete

→ hémohistioblaste

[F3]

Édit. 2015

hémoneurocrinie n.f.

Passage dans le système nerveux des sécrétions hormonales grâce à une voie sanguine spéciale.
Exemple de la relation de la glande pituitaire et de l’hypothalamus.

Étym. gr. haïma : sang ; neuron : nerf ; krinô : je sécrète

[C2]

hémophagocytose n.f.

haemophagocytosis

Ingestion de globules rouges par des cellules du système des monocytes-macrophages, libres, circulants ; ou fixes, tissulaires.

Étym. gr. haima : sang ; phagein : manger ; kutos : cellule

→ phagocytes mononucléés (système des), syndrome hémophagocytaire

[F1,F3]

hémopompe n.f.

hemopump

Dispositif destiné à une assistance circulatoire, constitué par une turbine introduite par voie artérielle rétrograde dans le ventricule gauche ou l’aorte ascendante et actionnée par un moteur externe.
La rotation très rapide de la turbine assure la propulsion du sang dans tout le système artériel.
L’hémopompe est un moyen efficace d’assistance circulatoire qui peut assurer un débit aortique voisin de 5L/min, mais elle ne peut assurer qu’une suppléance circulatoire de durée limitée à quelques jours. Elle s’adresse à des défaillances cardiaques aigües réversibles, ou peut être utilisée dans l’attente d’une transplantation cardiaque.

→ assistance circulatoire

[G2]

hémorragie méningée l.f.

meningeal hemorrhage, subarachnoide haemorrhage

Épanchement sanguin dans l'espace sous arachnoïdien.
En dehors d'un traumatisme cranio-encéphalique, l’hémorragie méningée est due dans la grande majorité des cas, à la rupture d’une malformation vasculaire intracrânienne : angiomes artérioveineux ou surtout anévrismes artériels. Ces derniers sont localisés au niveau du polygone de Willis (artère communicante antérieure, artère sylvienne) ou du tronc basilaire.
Les autres étiologies sont communes avec celles de l'hémorragie cérébrale, notamment l'hypertension artérielle. Une hémorragie cérébroméningée est fréquente.
Parfois provoquée par un effort physique, son début est brutal, par une intense céphalée et des troubles de la vigilance. La raideur méningée, majorée à la nuque, peut être retardée de quelques heures. La recherche de signes de localisation neurologique, en particulier d'une paralysie du III, doit être systématique. Selon les échelles de la World Federation of Neurological Surgeons ou de Hunt et Hess, la gravité est estimée en 5 degrés, allant de 1, (absence de symptômes), à 5 (coma avec décérébration). L'absence initiale de fièvre est un élément majeur, mais des signes centraux secondaires sont possibles tels que des élévations thermique, hypertensive ou glycémique. Des formes moins typiques (comateuses, confusionnelles, convulsives, céphalalgiques simples) peuvent être observées.
L’examen du fond d'œil permet d’observer un œdème papillaire et parfois des hémorragies péripapillaires. La ponction lombaire n'est pratiquée qu’en cas de tableau clinique atypique ou de suspicion de méningite. L'imagerie cérébrale doit être effectuée en priorité. Montrant une hyperdensité dans les espaces sous-arachnoïdiens et le système ventriculaire, elle peut faciliter la recherche étiologique et extérioriser des associations parenchymateuses. C'est l'angiographie cérébrale par voie fémorale qui offre les résultats les plus significatifs.
Si ces investigations sont négatives, il s'agit fréquemment d'une hémorragie méningée périmésencéphalique. Dans de pareils cas, les récidives sont rares.
Le traitement comporte la prévention du spasme vasculaire par les inhibiteurs calciques (nimodipine) et l'emploi de la neuroradiologie interventionnelle : embolisation ou occlusion par ballonnet, angioplastie artérielle par spirales métalliques (microcoils). L'intervention chirurgicale est indiquée pour l’ablation d'un angiome ou d'un anévrisme ou encore pour la mise de clips sur ce dernier.
Les principales complications sont :
- la récidive de l'hémorragie dans les premières semaines après l'épisode initial,
- le spasme artériel (vasospasme cérébral)
- une hydrocéphalie, une épilepsie, un syndrome de sécrétion inappropriée d'hormone antidiurétique.

W. E. Hunt et R. M. Hess, neurochirurgiens américains (1968)

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

Syn. hémorragie sous-arachnoïdienne

→ hormone antidiurétique (sécrétion inappropriée d')

[H1]

Édit. 2015

hépatite virale l.f.

Atteinte hépatique due à un virus hépatotrope

Les hépatites virales rassemblent les hépatites A, B, C, D, E ... celles du groupe herpès et d'autres. Rarement ictériques, ces hépatites exposent à un double risque :
1) d'hépatite fulminante au cours de l'infection aigüe par les virus A(VHA) ou B (VHB),
2) d'infection chronique pour les virus B, C (VHC), D (VHD), (les autres virus ne sont pas responsables de telles formes), et donc de cirrhose et d'hépatocarcinome.
L'atteinte hépatocytaire, liée à une toxicité directe des virus se multipliant dans l'hépatocyte (VHA, VHE, VHD, groupe herpesvirus, …) ou immuno-induite (VHB, VHC) explique l'hypertransaminasémie signant l'hépatite. La clairance virale, au décours de l'hépatite aigüe, s'accompagne d'une guérison hépatique ad integrum.
Les hépatites chroniques, avec persistance virale et expression à la surface des hépatocytes, des antigènes viraux (reconnus par les cellules du système immunitaire en conjonction avec les molécules HLA), entraînent une cirrhose dans 20% des cas. La cirrhose elle-même ainsi que les mécanismes moléculaires liés au virus (mutagénèse insertionnelle ou transactivation par la protéine X pour le VHB, mécanisme inconnu pour les VHC et (VHD), exposent au carcinome hépatocellulaire avec une incidence annuelle de 3%.
L'hépatite chronique justifie l'appréciation de son activité et de sa sévérité par une analyse virologique et une biopsie hépatique permettant l’indication de traitements antiviraux.

→ hépatite fulminante, cirrhose, carcinome hépatocellulaire, virus des hépatites, hépatite A, hépatite B, hépatite C, hépatite D, hépatite E, hépatite G

[D3,L1]

hermétisme n.m.

hermetism

Caractéristique de ce qui est difficile à pénétrer, fermé, incompréhensible.
En psychiatrie, il constitue un élément majeur des états schizophréniques. Le contact lointain et de qualité défectueuse avec autrui traduit notamment le repli dans un monde autistique, détaché du système de réalité, et discordant. À l'extrême, est décrit un morcellement de la personne tant sur le plan psychique que physique, pouvant aboutir à une dévitalisation et à une néantisation.

Syn. impénétrabilité

→ schizophrénie

[H3]

hétérotopie n.f.

heterotopia

Présence en situation anatomique inhabituelle, d’éléments cellulaire, tissulaire ou d'organe, histologiquement normaux.
Dans le système nerveux, il peut être observé des cellules nerveuses situées en position anormale sur le trajet de migration des neuroblastes entre la région périventriculaire et le cortex cérébral. Deux variétés en sont décrites: les nodulaires, masses de 1 mm à 2 cm (observées également au niveau du cervelet) et les laminaires, exceptionnelles. Responsables d'épilepsie, elles peuvent être isolées ou associées à d'autres anomalies de migration, à une agénésie du corps calleux, à une malformation d'Arnold-Chiari II. La tomodensitométrie et l'imagerie par résonance magnétique mettent bien en évidence les ilots hétérotopiques de substance grise, dont la densité et le signal sont identiques à ceux du cortex cérébral.
La formation de tissu osseux au sein des parties molles se rencontre chez les paraplégiques ou, après une intervention, dans les cicatrices ou dans les régions péri-articulaires.
En obstétrique, une grossesse gémellaire comporte une hétérotopie quand une localisation fœtale est extra-utérine.
Une hétérotopie tumorale est développée au-dépens du lobe aberrant d’un organe.

H. Chiari, anatomopathologiste autrichien, (1891) ; J. Arnold, anatomopathologiste allemand (1894)

Étym. gr. heteros : autre ; topos : lieu, emplacement

→ ectopie, Arnold-Chiari (malformation de), épilepsie

[A3]

Édit. 2015

hippocampe n.m.

hippocampus

hippocampus
Saillie blanchâtre, en forme de croissant, du plancher de la corne temporale du ventricule latéral, appartenant au système limbique.
L'extrémité antérieure de l'hippocampe ou tête est renflée et se confond avec la substance blanche du lobe temporal. Son extrémité postérieure ou queue est unie à la fimbria et se continue par les piliers postérieurs du fornix ou trigone. Cette région est une circonvolution cérébrale située au-dessus de la 5e circonvolution temporale ou gyrus parahippocampique. L'hippocampe est bordé en dehors par l'éminence collatérale et en dedans par la fimbria. Il est recouvert par l'alveus de l'hippocampe. Il établit des rapports étroits avec les voies olfactives mais, chez l'homme, n'a pas de rôle dans l'olfaction.
Cette formation appartient au circuit de Papez, dispositif hippocampo-mamillo-thalamique exerçant un rôle fondamental dans les traces mnésiques, l'évocation ordonnée des souvenirs et l'apprentissage. Cependant, elle n'est pas le siège de ces traces, puisqu'après destruction bilatérale du circuit de Papez, entrainant une amnésie antérograde absolue, un apprentissage de compétences nouvelles reste possible. Plus généralement, la mémoire sémantique, en tant que base des circonstances acquises, est au moins relativement indépendante de l'hippocampe. En revanche, à propos de la mémoire épisodique ou mémoire des évènements, l'hippocampe permet la convergence des éléments sensoriels et affectifs (indication affective), donc leur réapparition simultanée. De nombreuses inconnues persistent.

Étym. lat. hyppocampus : cheval marin

Syn. corne d'Ammon

→ Papez (circuit de), rhinencéphale, voies olfactives

[A1]

Édit. 2015

histiocytes bleu de mer (maladie des) l.f. ]

sea-blue histiocyte disease

Maladie caractérisée par une hépato-splénomégalie, une thrombocytopénie, et des histiocytes avec granules colorés au Giemsa bleu de mer dans la moelle osseuse.
La rate et le système nerveux sont surchargés en céroïdes. On peut trouver une infiltration pulmonaire et pour les yeux une ophtalmoplégie supranucléaire. Il s'agit d'un défaut métabolique analogue à celui de la maladie de Niemann-Pick, cependant l'affection est bénigne. Les hétérozygotes peuvent aussi présenter des histiocytes bleu de mer. L’affection est autosomique récessive (MIM 269600).

P. Holland, pédiatre américain (1965) ; M. N. Silverstein, biochimiste américain (1970)

Syn. histiocytose bleu de mer, Silverstein (maladie de)

[F1,L1]

Édit. 2015

histiocytose n. f.

histiocytosis

Toute prolifération de cellules histiocytaires ou de cellules appartenant à ce système. 
La distribution ubiquitaire, en réseau, de ces cellules a conduit à les nommer « réticulaires », d’où le terme « réticulose » ou mieux « réticulo-histiocytose », donné parfois par les cliniciens à ces maladies. On distingue les histiocytoses  réactionnelles, secondaires à une inflammation chronique, entretenue par la persistance d’un agent étranger (particulièrement un parasite ou un germe réfractaire) et les histiocytoses  non réactionnelles, parmi lesquelles on sépare les histiocytoses Langerhansiennes (autrefois nommées histiocytose X) dont la souche est la cellule de Langerhans (CD 1a +) et les histiocytoses non Langerhansiennes d’essence tumorale, dont l’exceptionnelle histiocytose maligne, souvent confondue avec le lymphome anaplasique à grandes cellules possédant une translocation t(2;5) assez caractéristique.

A. Hand Jr, pédiatre américain (1893) ; A. Schüller, neurologue autrichien (1915) ; H. Christian, médecin interniste américain (1919)

Étym. gr. histion : tissu, kutos : cellule

→ histiocytose langerhansienne, granulome éosinophile des os, Hand-Schüller-Christian (syndrome de)

[F1,N3,F2]

Édit. 2015

histiocytose X n.f.

Langerhans’cell histiocytosis

Maladie de système de définition histologique, caractérisée par des lésions granulomateuses mono ou pluritissulaires, comportant des cellules mononuclées dendritiques ayant les caractéristiques des cellules de Langerhans et une proportion variable de polynucléaires éosinophiles, de lymphocytes, de plasmocytes et de cellules géantes.
Elle comprend classiquement trois syndromes cliniques décrits d’abord séparément : la maladie de Letterer-Siwe, forme diffuse touchant le jeune enfant, le syndrome de Hand-Schüller-Christian, forme multifocale chronique et le granulome éosinophile des os. Il existe en réalité des formes de passage d’un type à l’autre et des formes monoviscérales, en particulier pulmonaires, hépatiques, spléniques et cutanées. L’étiologie de l’histiocytose X ou langerhansienne reste actuellement inconnue.

L. Lichtenstein, anatomopathologiste américain (1953)

Étym. gr. histion : tissu ; kutos : cellule

Syn. histiocytose langerhansienne

→ histiocytose langerhansienne, BRAF gene

[N3,F1]

Édit. 2015

Histoplasma capsulatum capsulatum

Histoplasma capsulatum capsulatum

Micromycète dimorphique ayant chez l’Homme une forme levure, bourgeonnante, de 2 à 4µ de diamètre, généralement située dans les cellules du système réticuloendothélial.
En culture sur milieu de Sabouraud, à température ordinaire, il se présente sous forme mycélienne. Cette espèce est responsable de l’histoplasmose à petites formes (maladie de Darling). Une sous-espèce voisine, Histoplasma capsulatum duboisii, est l’agent de l’histoplasmose africaine à grande forme.

S. T. Darling, bactériologiste et anatomopathologiste américain (1906)

[D2]

histoplasmose n.f.

histoplasmosis

Mycose provoquée par des champignons dimorphiques du genre Histoplasma.
Il en existe deux variétés géographiques et cliniques. L’histoplasmose à Histoplasma capsulatum capsulatum dite américaine ou histoplasmose à petites formes, dont les petites levures mesurent de 2 à 4 µm, parasite le système réticulohistiocytaire. Le champignon est présent dans l’environnement, surtout dans les sols riches en guano ou fientes d’oiseaux ou de chauves-souris. La localisation principale est pulmonaire avec 95% de formes inapparentes ou paucisymptomatiques. Quand la primo-infection est patente, elle réalise un syndrome pseudogrippal une à deux semaines après l’exposition. La radiographie découvre une efflorescence de nodules pulmonaires avec des adénopathies médiastinales. Habituellement la maladie guérit spontanément en un mois. Des calcifications pulmonaires, hépatiques ou spléniques se constituent parfois. Chez les malades atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive des lésions pulmonaires cavitaires chroniques sont parfois observées. Il existe aussi des formes cutanées, muqueuses, viscérales ou disséminées, ces dernières surtout chez l’immunodéprimé. L’affection peut être responsable d’une choroïdite disséminée, à petits foyers périphériques, souvent observés au stade cicatriciel. Très largement répandue elle existe aux Etats-Unis, en Europe, en Asie et en Nouvelle Guinée.
L’histoplasmose africaine ou histoplasmose à grandes formes tissulaires, à H. capsulatum duboisii, dont les levures mesurent 10 à 15 µm, sévit exclusivement en Afrique noire. Ses localisations sont très polymorphes cutanées et sous-cutanées, ganglionnaires ou ostéoarticulaires, de type abcès froid, plus rarement muqueuses. L’atteinte pulmonaire est peu fréquente.
À un tableau d'atteinte systémique polyviscérale parfois limité aux poumons, peuvent s'associer principalement des méningites souvent subaigües ou chroniques, avec céphalées, état confusionnel, troubles psychiques divers, notamment cognitifs et atteinte assez fréquente des nerfs crâniens. Le liquide cérébro-spinal montre une hypercytose inférieure à 300 éléments lymphocytaires, une hyperprotéinorachie et parfois une hyperglycorachie. Sa culture est fréquemment positive. La détection directe d'antigènes dans le liquide cérébro-spinal, le sang ou les urines apporte une réponse rapide. Malgré le traitement, des rechutes sont possibles pendant au moins deux ans, nécessitant des analyses répétées du liquide cérébro-spinal.
Le diagnostic se fait par la mise en évidence des levures aux examens mycologique et anatomopathologique. Le traitement repose sur les triazolés, comme l’itraconazole, dans les formes bénignes, et sur l’amphotéricine B par voie intraveineuse dans les formes graves.
La contamination résulte généralement de l’inhalation de poussières riches en spores. L’histoplasmose a été décrite fréquemment aux Etats-Unis, chez le Chien et le Chat commensaux de l’Homme mais il n’a pas été décrit de passage de l’animal à l’Homme.
Actuellement, l’histoplasmose est devenue une affection opportuniste, en particulier chez les sidéens. Dans certaines zones endémiques, elle est la seconde infection fongique rencontrée au cours du sida. L'immunodépression favorise le développement de l'histoplasmose extensive, multiviscérale, qui peut atteindre le foie sous la forme d'une hépatite granulomateuse. En Asie du sud-est, l’histoplasmose doit être distinguée de la pénicilliose à Penicillium marneffei, également fréquente au cours du sida.

S. T. Darling, anatomopathologiste et bactériologiste américain (1906)

Syn. maladie de Darling pour l’histoplasmose à H. capsulatum capsulatum (obs)

→ Darling (maladie de), mycose oculaire profonde, pénicilliose

[D2]

homme raide (syndrome de l') l.m.

stiff-man syndrome

État pathologique rare, survenant chez l'adulte jeune, caractérisé par l’apparition progressive d'une rigidité musculaire, associée à une rigidité axiale d'aggravation continue avec notamment hyperlordose et par des épisodes de spasmes musculaires douloureux, secondaires à des mouvements, à une émotion ou à des bruits.
L'évolution, au début rapide, peut se stabiliser ou progresser lentement. L'atteinte prédominant à la racine, porte sur les muscles du tronc, du cou et des membres. Des fractures des os longs et des déformations articulaires peuvent se produire du fait des contractures spasmodiques survenant sur des muscles déjà sous tension. La raideur diminue au cours du sommeil et des anesthésies générales. Les études électrophysiologiques montrent une activité tonique spontanée, faite de potentiels unitaires normaux
Des associations sont possibles : hyperthyroïdie, diabète de type 1, insuffisance hypophysaire, fréquemment tachycardie et sueurs, affection auto-immune (environ 40% des patients) et moins souvent affection paranéoplasique (cancers du sein, du poumon à petites cellules, maladie de Hodgkin ou thymome).
Une origine centrale est désormais admise, avec possibilité d'association d'hyperfonction spinale du système gamma et d'hyperfonction supraspinale. Des anticorps anti-GAD (acide glutamique décarboxylase, enzyme biosynthétisant le GABA sont fréquemment présents dans le sang et le LCS.
Les benzodiazépines, notamment le diazépam, qui agirait sur les récepteurs GABAergiques, sont inconstamment actifs. Le baclofène et le valproate, autres substances GABAergiques, sont aussi utilisés. Les immunoglobulines intraveineuses sont une bonne indication. L'évolution est progressive vers la mort en une dizaine d'années.

F. P. Moersch et H. W. Woltman, neurologues américains (1956)

→ GABA, hypertonie musculaire

[I1,I4,I2]

Édit. 2015

hormone antidiurétique l.f.

antidiuretic hormone

Hormone peptidique hypothalamique et posthypophysaire
- qui active la réabsorption rénale de l’eau et joue un rôle essentiel dans les mécanismes de concentration dilution de l’urine et la régulation du volume sanguin ;
- qui a également un effet vasoconstricteur  et intervient dans la production du facteur VIII et du facteur de Willebrand.
L’hormone antidiurétique est un nonapeptide produit chez l’Homme et chez de nombreux mammifères sous forme d’arginine-vasopressine, mais sous forme de lysine-vasopressine chez le Porc. 
Elle est élaborée par les noyaux supra-optique et paraventriculaire de l’hypothalamus, conduite par voie axonale en liaison avec des neurophysines jusqu’à la posthypophyse où elle s’accumule avant d’être libérée en réponse à une élévation de l’osmolalité du plasma et/ou d’une diminution du volume plasmatique. Elle se lie à un récepteur V2 situé à la face basolatérale des cellules épithéliales du tube  collecteur médullaire et cortical. Il s’ensuit une augmentation de la production d’AMP cyclique activant la protéine kinase A et entraînant ainsi une migration de l’aquaporine 2 intracellulaire vers le pôle luminal de la cellule dont elle augmente la perméabilité à l’eau, ce qui permet la réabsorption passive de l’eau le long du gradient d’osmolalité entre l’urine et les vasa-recta de la médullaire rénale créé par un mécanisme de contre-courant entre les 2 branches de l’anse de Henle.
L’effet vasoconstricteur de l’
ADH dépend du récepteur V1 présent sur les cellules musculaires  lisses des vaisseaux. Le système de signalisation est différent de celui des récepteurs V2. Il implique une activation de la phospholipase C suivie d’une augmentation de l’inositol triphosphate, puis du  calcium cytosolique.
L’administration de desmopressine, un analogue de l’
ADH, par voie parentérale et surtout nasale, constitue un traitement efficace du diabète insipide neurohypophysaire. Il existe aussi des antagonistes non peptidiques des récepteurs V2 appelés aquarétiques qui bloquent les effets de l’ADH sur la réabsorption rénale d’eau.
Une sécrétion inappropriée d’
ADH est à l’origine du syndrome de Schwartz-Bartter.
Une faible activité antidiurétique est également exercée par l’ocytocine desmopressine, autre hormone posthypophysaire.L’hormone antidiurétique, peut être dosée dans le plasma par technique radio-immunologique, en particulier au cours d’épreuves dynamiques. Ce dosage est utilisé dans l’exploration biochimique des syndromes polyuro-polydipsiques ou pour le diagnostic du syndrome de Schwartz-Bartter.
 

O. Schwartz, médecin cardiologue américain, F. Bartter, médecin endocrinologue américain (1957)

Étym. gr. hormaô : j'excite

Syn. vasopressine, pitressine

Sigle angl. ADH

→ ocytocine, Schwartz-Bartter (syndrome de sécrétion inappropriée d'ADH), diabète insipide neurohypophysaire, arginine-vasopressine lysine-vasopressine, hypothalamus, neurophysine, neurohypophyse, rein, AMP cyclique, protéine kinase, aquaporine, inositol triphosphate, desmopressine

[C2, M1, O4]

Édit. 2020

hormone de libération de l'hormone de croissance l.f. (GH-RH)

growth hormone-releasing hormone

Polypeptide de 44 acides aminés d’origine hypothalamique qui stimule la sécrétion antéhypophysaire de l'hormone de croissance.
Libérée dans la circulation sanguine du système porte hypothalamo-hypophysaire, la GH-RH se lie à un récepteur spécifique à 7 domaines transmembranaires des cellules somatotropes de l’antéhypophyse.
En alternative aux tests de stimulation classiques par l’hypoglycémie insulinique, les aminoacides (arginine, ornithine) ou l’association propranolol-glucagon, la GR-RH peut être utilisée pour évaluer la capacité sécrétoire de l’hormone de croissance par l’antéhypophyse.

I. D. Frantz Jr, biochimiste américain (1962), R. R. Deuben et J. Meites, physiologistes américains (1964), identifiée et synthétisée par R. Guillemin, médecin endocrinologue américain, membre de l'Académie de médecine (1982), prix Nobel de médecine en 1977.

Étym. gr. hormaô : j'excite

Syn. somatolibérine , somatocrinine

Sigle angl. GR-RH

→ hormone de croissance

[ O4]

Édit. 2019

hormones hypothalamiques l.f.p.

hypothalamic hormones, hypothalamic releasing hormones

Neurohormones hypothalamiques qui exerce une action stimulatrice ou au contraire freinatrice sur la sécrétion des hormones de l’antéhypophyse.
L’hypothalamus sécrète deux catégories d’hormones :
- les unes, appelées libérines ou releasing hormones, qui après passage dans le système porte hypothalamo-hypophysaire agissent sur les sécrétions hormonales de l’antéhypophyse soit pour les stimuler : thyrolibérine, corticolibérine, somatolibérine, gonadolibérine, prolactine releasing hormone, soit au contraire pour les freiner : somatostatine, prolactine inhibiting hormone ou dopamine ;
- les autres, qui sont transportées par vois axonale depauis l’hypothalamus jusqu'à la post-hypophyse où elles sont stockées puis libérées : ocytocine et vasopressine

Étym. gr. hormaô : j'excite

→ libérine, releasing hormone, thyréolibérine, corticolibérine, somatolibérine, somatostatine, gonadolibérine, prolactine releasing hormone prolactine inhibiting hormone, ocytocine, vasopressine

[O4]

H2 (région) l.f.

H2 (region)

Située sur la 17ème paire chromosomique, elle est l'homologue chez la Souris du système majeur d'histocompatibilité HLA chez l'Homme.

[Q1]

Édit. 2015

hue n. angl.

Le mot hue qui signifie nuance, correspond à la tonalité de cinq teintes principales désignées par leur initiales : R (red), Y (yellow), G (green), B (blue) ,P (purple).
Cinq teintes intermédiaires ont été définies : YR,GY,BG,PB,et RP, elles-mêmes subdivisées en 10 échelons.
Cette dénomination est utilisée dans le système colorimétrique de Munsel qui utilise deux autres vocables :
- value qui correspond à la luminosité,
- chroma qui correspond à la saturation.
Le premier test d'assortiment basé sur le travail de Munsell a été proposé par Farnsworth en 1943. Il utilisait les 100 nuances colorées de la classification de Munsell (100 hue) . Par la suite ont été proposés des tests 40 hue, 28 hue, plus rapides à réaliser mais moins sensibles.

A. Munsell peintre américain (1909); D. Farnsworth, médecin de la marine américaine (1943 et 1947)

→ test d'assortiment, test de 15 hue désaturé, test de 28 hue de Roth

[P2]

Édit. 2015

humeur n.f.

mood

Disposition affective fondamentale, riche de toutes les instances émotionnelles et instinctives, qui donne à chacun de nos états d'âme une tonalité agréable ou désagréable, oscillant entre les deux pôles extrêmes du plaisir et de la douleur (J. Delay, 1947).
La régulation de l'humeur, ou fonction thymique, est influencée normalement, de façon plus ou moins fluctuante et contingente, par l'environnement, en fonction des dispositions de base de chacun.
Quelle que soit l'importance respective de ces facteurs, le rôle de structures cérébrales comme le diencéphale (thalamus et hypothalamus) et le système limbique, apparaît de façon de plus en plus cohérente. Dès lors, sur ces bases scientifiques, n'assiste-t-on pas à un retour partiel, aux très anciennes théories des humeurs ? L'excès de bile noire n'était-il pas jugé responsable de la mélancolie ?

J. Delay, neuropsychiatre et écrivain français, membre de l’Académie française et de l’Académie de médecine (1947)

Étym. lat. humor : liquide

Syn. thymie

[H4]

humoral adj.

humoral.
Terme ancien qui se réfère aux « humeurs », nom utilisé autrefois pour désigner les liquides extracellulaires : sérum, lymphe, sécrétions.
On parle encore d’immunité humorale pour désigner l’ensemble des molécules en solution dans les liquides biologiques participant à la réponse immunitaire : système du complément, coagulation, cytokines, médiateurs solubles et anticorps. On parle de réponse humorale pour désigner la synthèse d’anticorps consécutive à l’introduction d’un antigène dans un organisme.

[F3]

hydrocéphalie n.f.

hydrocephalus

Augmentation du volume liquidien intracérébral, extraparenchymateux, d'origine congénitale ou acquise, qui entraîne une distension des espaces liquidiens intracrâniens, une hypertension intracrânienne avec dilatation ventriculaire.
Deux grands types d'hydrocéphalies sont classiquement décrits :
- non communicantes, résultant d'un obstacle sur le système ventriculaire situé au niveau de l'aqueduc de Sylvius, du quatrième ou du troisième ventricule, ou d'un trou de Monro ;
- communicantes, liées à un obstacle à l'écoulement au niveau des citernes de la base, caractérisées par une dilatation du IVème ventricule, compliquant surtout une hémorragie méningée ou une méningite.
Les hydrocéphalies congénitales s'accompagnent d'une augmentation du volume crânien avec des veines du scalp trop visibles et parfois un abaissement des globes oculaires. L'imagerie (échographie et surtout scanographie) montre la dilatation des ventricules.
Parfois d'origine héréditaire, l'hydrocéphalie peut être malformative, ou être la conséquence d'une infection (toxoplasmose périnatale, méningite), d'un saignement intracrânien du prématuré (hémorragie intraventriculaire), ou plus rarement d'une tumeur par blocage ou par excès de sécrétion causés par un papillome.
Elle peut ne pas être responsable d'une hypertension intracrânienne mais d'un tableau dit d'hydrocéphalie à pression normale (syndrome d'Adams et Hakim).
L'échec du traitement médical (acétazolamide, ponctions lombaires décompressives) appelle l'intervention chirurgicale (exérèse d'une tumeur, embolisation d'une malformation vasculaire, passage d'un cathéter dans l'aqueduc s'il est sténosé, ou effondrement de la lame sous-optique). Dans d'autres cas on met en place une dérivation ventriculopéritonéale, précédée ou non d'une dérivation externe temporaire.
Étym. gr. hudor : eau ; kephalê : tête

R. D. Adams neuropathologiste américain et S. Hakim Dow, neurochirurgien colombien (1965)

→ hydrocéphalie congénitale, hydrocéphalie à pression normale, hémorragie intraventriculaire, méningite, hypertension intracrânienne

[H2]

Édit. 2015

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