Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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railway spine l. angl.

Ensemble de troubles neuropsychiques décrits au siècle dernier chez des victimes d'accidents de chemin de fer.
Ces accidentés sans atteinte neurologique franche présentaient une pathologie polymorphe durable, apparentée à celle des névroses. Les troubles étaient attribués notamment à des lésions minimes de la moelle spinale et des racines médullaires.
À leur propos, dans les années 1880-1890, H. Oppenheim dégagea une entité clinique qu'il nomma névrose traumatique.

H. Oppenheim, neurologue allemand (1888-89)

Syn. railway brain

→ névrose traumatique

ramulus maculae acusticae recessus utriculi de Retzius l.m.

A. Retzius, anatomiste suédois (1796-1860)

→ nerf utriculaire

ramus oesophago-gastricus posterior ascendans  de Michels l.m.

N. A. Michels, anatomiste américain (1968)

→ artère gastrique postérieure

RANKL acr. angl. pour Receptor Activator of NF-Kappa-B Ligand

Protéine exprimée essentiellement par les ostéoblastes et les lymphocytes T, qui existe sous trois isoformes : deux formes transmembranaires (RANKL1 et RANKL2) et une forme intracytoplasmique non secrétée (RANKL3).
Les formes transmembranaires peuvent être clivées par des protéases de la famille TACE (TNF-Alpha Converting Enzyme), libérant leur domaine extracellulaire qui va se lier avec son récepteur, RANK, présent sur les ostéoclastes. La liaison de RANKL à RANK stimule la résorption osseuse. Une autre protéine, l'ostéoprotégérine, inhibe la liaison de RANKL à RANK, ce qui freine la résorption osseuse.

→ RANK, TACE, ostéoclaste, ostéoprotégérine

[C1, C3]

Édit. 2020

rash toxique gravidique l.m.

toxaemic rash of pregnancy, toxic erythema of pregnancy

Dermatose papuleuse très prurigineuse entrainant de nombreuses stries de grattage, débutant par l'abdomen puis par les bras avant de devenir plus diffuse, mais qu'il est en fait difficile de distinguer des autres dermatoses prurigineuses de la grossesse.

G. Bourne, gynécologue obstétricien britannique (1962)

Étym. angl. rash : éruption

Syn. érythème toxique gravidique

→ éruption polymorphe gravidique, herpes gestationis, prurigo gravidique, dermatite papuleuse gravidique, dermatose à IgM linéaire de la grossesse, papules et plaques urticariennes prurigineuses de la grossesse, folliculite prurigineuse de la grossesse

rbs sigle angl. pour Ribosome Binding Site

J. Shine et Lynn Dalgarno, biochimistes australiens (1975)

→ séquence de Shine-Dalgarno

réticulum trabéculaire de la sclère l.m.

reticulum trabeculare sclerae (TA)

trabecular tissue of sclera

Réseau de faisceaux fibrillaires conjonctivo-élastiques qui structure la jonction scléro-cornéenne.

Syn. ligament pectiné oculaire, anc.  système trabéculaire du limbe scléro-cornéen

→ partie scléro-cornéenne de la sclère, calcar de la sclère

[A1, P2]

Édit. 2018

rétinaculum des muscles extenseurs de la main l.m.

retinaculum musculorum extensorum manus (TA)

extensor retinaculum of hand

Bandelette fibreuse tendue à la face dorsale du poignet entre l’extrémité inférieure du radius et le triquétrum.
Grâce à des cloisons antéro-postérieures, il délimite six coulisses ostéofibreuses disposées de dehors en dedans et destinées aux tendons des muscles suivants : muscle long abducteur du pouce et muscle court extenseur du pouce ; muscle long extenseur radial du carpe et muscle court extenseur radial du carpe ; muscle long extenseur du pouce ; muscle extenseur commun des doigts et muscle extenseur de l’index ; muscle extenseur du petit doigt ; muscle extenseur ulnaire du carpe.

Syn. anc. ligament annulaire dorsal du carpe, ligament annulaire postérieur du carpe, ligament carpien postérieur

rétinaculum des muscles extenseurs du pied l.m.

retinaculum musculorum extensorum pedis (TA)

extensor retinaculum of foot

Bande fibreuse transversale située à la face antérieure du cou-de-pied.
Elle s’insère en dehors dans le creux talo-calcanéen, sur la face supérieure de la grande apophyse du calcanéum et dans le sinus du tarse. Elle se divise à la partie moyenne du cou-de-pied en deux lames : le rétinaculum supérieur des muscles extenseurs qui forme un ensemble complexe se terminant sur la malléole médiale et la partie basse du bord antérieur du tibia ; le rétinaculum inférieur des muscles extenseurs qui se perd sur le bord médial du pied en regard de l’os naviculaire et du premier os cunéïforme. Ces deux formations maintiennent les tendons du muscle tibial antérieur, du muscle long extenseur des orteils et du muscle long extenseur de l’hallux qui sont appliqués sur le squelette tarsien.

J. Weitbrecht, anatomiste allemand (1702-1747)

Syn. anc. ligament annulaire antérieur du tarse, ligamentum cruciatum de Weitbrecht, ligament en Y du tarse

[A1]

Édit. 2019

rétinochoroïdopathie de type birdshot l.f.

birdshot retinochoroïdopathy

Affection choriorétinienne inflammatoire acquise, chronique et bilatérale, évoluant par poussées et survenant sur un terrain génétique prédisposé.
Elle est caractérisée par de petites taches jaunâtres disséminées sur la rétine comme une volée de plombs de chasse (birdshot) et par la quasi-constance du groupe tissulaire HLAA29 (plus de 90% des cas). Elle survient entre 40 et 70 ans (âge moyen 50 ans). Son évolution est le plus souvent lente  avec une baisse progressive de l’acuité visuelle. La principale complication de cette affection est la survenue d’un œdème maculaire cystoïde.

S. J. Ryan et A. E. Maumenee, ophtalmologistes américains (1980)

Rhamnus n.m.

Espèce d’arbustes de la famille des Rhamnaceae présents en Afrique et en Amérique du Sud.
A partir de ces arbustes est isolé le rhamnoside de quercétine.

Syn. nerpruns

→ quercétrine

rhinosporidiose n.f.

Infection granulomateuse des muqueuses due à Rhinosporidium seeberi dont la nature fongique n’est pas

définitivement prouvée, car ni la culture, ni l’inoculation à l’animal n’ont été possibles.
Décrite en 1900 par Seeber en Argentine puis signalée en Afrique, Amérique et en Asie (surtout Inde et Ceylan),
elle se manifeste par des polypes friables, très vascularisés et hémorragiques, portant des points blancs à leur
surface, se développant sur les muqueuses nasale (70% des cas), buccale, pharyngée, génitale et sur la
conjonctive oculaire. L’extension est locale, exceptionnellement disséminée et profonde. Cette maladie a surtout
été décrite chez des personnes vivant en milieu rural et en contact avec de l’eau stagnante (rizières).

G .R. Seeber, médecin argentin (1900)

Rhinosporidium

Rhinosporidium
Genre de champignons, dont l’une des espèces (Rhinosporidium seeberi), est responsable de la rhinosporidiose.

G. R. Seeber, médecin argentin (1900)

évaluation épidémiologique des risques l.m.

risk factor

1) Évaluation du risque supplémentaire apporté par une nouvelle cause en prenant comme référence le risque normal dans la même situation.
Les études épidémiologiques, notamment en cardiologie, ont précisé le rôle de l'âge, du poids, du tabac, de l'alcoolisme, d'un polluant, du cholestérol, etc. Il est difficile d'évaluer ces risques de façon absolue mais on peut le faire par comparaison du rapport des cotes par rapport à un groupe témoin de sujets considérés comme normaux : par ex. si la mortalité des sujets de poids normal de même âge, sexe, etc. est deux fois moindre que celle d'un groupe de sujets comparables mais d'un poids de 10 kg au-dessus de la normale. On dit qu'une surcharge de poids de 10 kg apporte un facteur de risque égal à 2. Pour les jeunes conducteurs, une alcoolémie de 0,5 g/L apporte un risque d'accident 2 fois plus grand : le facteur de risque d'une telle alcoolémie est égal à 2, pour une alcoolémie de 0,8 g/L le facteur de risque est alors de 5.
Lorsqu'au contraire l'évaluation épidémiologique montre que le rapport des cotes est plus petit que 1, c'est-à-dire, par ex., que la mortalité est plus faible dans le groupe étudié que dans le groupe témoin, on parle d'un effet de précaution, et le facteur de risque devient un facteur de protection.
2) Dans le langage médical courant l'expression a pris le sens vague de cause (supplémentaire) d'une maladie.
 Par ex. : le tabac est un facteur de risque cardiovasculaire. On confond souvent risque  et  facteur de risque.

→ alcoolémie, cotes (rapport des), diœkétique (risque)

[E1]

Édit. 2018

rivus lacrymalis l.m.

rivus lacrymalis (TA)

lacrymal pathway

Canal prismatique, triangulaire, qui serait compris entre le bulbe de l’œil et la lèvre antérieur des deux bords libres des paupières en occlusion.
Ce canal, selon les anatomistes qui l’ont décrit, servirait à l’écoulement des larmes pendant le sommeil. En réalité, les bords libres des paupières sont alors en contact non seulement par leur lèvre antérieure, mais aussi par leur espace intermarginal et leur lèvre postérieure. de ce fait, l’existence de ce canal parait discutable. Ce terme a été employé à l’origine par Boerhaave au XVIIIème siècle.

H. Boerhaave, médecin hollandais (1724)

Romberg (épreuve de) l.f.

Romberg’s test or sign

M. H. Romberg, neurologue allemand (1846)

→ Romberg (signe de)

Rouxiella chamberiensis

Rouxiella chamberiensis

Bactérie à Gram négatif, de la famille des Enterobacteriaceae, responsable d'infections sévères chez des nouveau-nés prématurés.
Cette bactérie présente des propriétés très particulières, notamment la capacité de se multiplier à 4°C et d'arrêter son développement à 37°C. Sa pathogénicité, sans doute due à une endotoxine, est très élevée chez les nourrissons (3 décès sur 4 contaminations).

E. Roux, bactériologiste français, directeur de l'Institut Pasteur de 1904 à 1933, membre de l’Académie de médecine (1853-1933)

Étym. Bactérie isolée, en France (à Chambéry) en 2013, à partir de poches de solution nutritive utilisée par voie parentérale en milieu hospitalier.

→ Enterobacteriaceae

[D1]

Édit. 2019

Saccharomyces cerevisiae

Saccharomyces cerevisiae (budding yeast)
Saccharomyces cerevisiae autrefois utilisé uniquement pour la fermentation alcoolique et la panification, est une cellule eucaryote se multipliant facilement, dont le génome a été entièrement séquencé et qui offre maintenant de multiples usages dans le domaine biomédical, allant du criblage des médicaments, de la synthèse de molécules à usage thérapeutique à la modélisation de maladies humaines
S. cerevisiae transforme le glucose en alcool en milieu anaérobie. On l’utilise pour la production de nombreuses molécules, par exemple l’hydrocortisone, dans des conditions peu onéreuses. Son génome est fait de 16 chromosomes contenant 6572 gènes. On estime que 30% des gènes humains impliqués dans des maladies ont un homologue fonctionnel chez cette levure. Elle possède également un génome mitochondrial. Des modèles «  levures »pour les maladies humaines à transmission héréditaire ont été créés, par exemple, le syndrome NARP (neuropathie, ataxie, rétinite pigmentaire) par altération du génome mitochondrial.
S.cerevisiae peut être responsable d’infections opportunistes (septicémiques notamment) dans des contextes d’immunodépression.

L. Pasteur, bactériologiste français, membre de l’Académie de médecine (1857)

Syn. levure de bière, levure de boulangerie

Salmonella typhi

Salmonella typhi
Bacille à Gram négatif appartenant à l’espèce Salmonella enterica et responsable de la fièvre typhoïde.

C. J. Eberth, bactériologiste allemand (1880)

Syn. bacille d’Eberth

Santorini (cartilage corniculé de) l.m.

cartilago corniculata (TA)

Santorini’s or corniculate cartilage

G. Santorini anatomiste italien (1724)

→ cartilage corniculé

[A1,A2,P1,2015]

Scarff et Bloom (score de) l.m.

Scarff-Bloom-Richardson’s grade

Résultat de la classification en trois grades des anomalies cytonucléaires des cellules mammaires, utile au pronostic et au traitement des cancers du sein.

H. J. G. Bloom, médecin radiothérapeute et W. W Richardson, anatomopathologiste britanniques (1957) ; R .W. Scarff, anatomopathologiste britannique (1968)

SLC52A3 gene sigle angl. pour solute carrier family 52 member 3

Gène, situé en 20p13, codant un transporteur de la riboflavine (également appelée vitamine B2) localisé au niveau de la membrane cellulaire.
La protéine SLC52A3 est exprimée à des niveaux particulièrement élevés dans les cellules de l'intestin grêle où elle permet l'absorption de la riboflavine pendant la digestion.
Des dizaines de mutations dans ce gène sont connues à ce jour. Elles sont responsables d'une neuronopathie par déficit en riboflavine, connue précédemment sous les noms de syndrome de Brown-Vialetto-Van Laere et maladie de Fazio-Londe. Les mutations impliquées dans cette maladie conduisent à la production des protéines RFVT3 anormales. Les mutations peuvent altérer l’adressage de la protéine à la membrane cellulaire ou son activité intrinsèque en tant que transporteur. Ces altérations nuisent à l'absorption de la riboflavine, conduisant à une réduction de la production de co-enzymes contenant la vitamine. Cela aboutit à une perte d'audition, à une faiblesse musculaire du visage et des membres et à des problèmes respiratoires.

Syn. bA371L19.1, BVVLS, C20orf54, hRFT2, MGC10698, RFT2, RFT2_HUMAN, RFVT3, riboflavin transporter 2, solute carrier family 52 (riboflavin transporter), member 3, solute carrier family 52, riboflavin transporter, member 3

→ vitamine B2, protéine SLC52A3, syndrome de Brown-Vialetto-Van Laere, maladie de Fazio-Londe, protéines RFVT3

[I4, Q2, O1, P1]

Édit. 2019

sclerosing hemangioma l.angl.

Affection correspondant à l'histocytofibrome et basée sur l'hypothèse que cette tumeur résulterait d'une prolifération endothéliale étouffée par la sclérose.
Histologiquement, la lésion se caractérise par une néoformation importante de capillaires entre les cellules histiocytaires ou fibroblastiques.

R. E. Gross, chirurgien cardiaque et S. B. Wolbach, anatomopathologiste américains (1943)

→ histiocytofibrome

score d'Apgar l.m.

Apgar’s score

Virginia Apgar, médecin anesthésiste américaine (1953)

→ Apgar (score d')

score de gravité des traumas d'après Champion l.m.

trauma severity indices from Champion

Ce score purement physiologique adapte celui de Glasgow à la traumatologie.
Il comporte 5 items, 3 à valeur chiffrée, 2 plus subjectifs. Le score va de 1 à 16.

items 5 4 3 2 1 0
fréquence respiratoire* 10-24 25-35 >35 <10 0 0
effort inspiratoire**         + 0
pression artérielle moyenne 90 70-90 50-69 <50 0 ***
pouls capillaire****       <2 >2 0
score de Glasgow 14-15 11-13 8-10 5-7 3-4 0

*mouvements par minute
**tirage ou réduction des mouvements respiratoires
***absence de pouls
****vitesse en seconde de recoloration du lit sous unguéal

H. R. Champion, chirurgien américain (1981)

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