Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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calcémie corrigée l.f.

corrected calcemia

Appréciation de la fraction ionisée du calcium plasmatique qui dépend de la concentration plasmatique des protéines et plus particulièrement de celle de l’albumine.
Le calcium sanguin étant en partie lié aux protéines, et principalement à l'albumine, les perturbations du métabolisme des protéines modifient la calcémie totale (Ca), alors que le calcium ionisé (Ca2+), physiologiquement actif, n'est pas modifié.
Plusieurs formules permettent le calcul de la calcémie corrigée (Cac) en tenant compte:
-de l’albuminémie:
-lorsqu’elle est inférieure à 40 g/L :
 Cac (mmol/L)= Ca (mmol/L )+ 0,02(40- albuminémie en g/L)
-lorsqu’elle est supérieure à 45 g/L :
Cac (mmol/L)= Ca (mmol/L) - 0,02(albuminémie en g/L - 45)
-de la protéinémie : Cac (mmol/L) = Ca (mmol/L) / (0,55+protéinémie en g/L / 160)
La concentration réelle du calcium ionisé peut être dosée sur des automates spécialisés. Elle n’est, dans ce cas, pas influencée par la concentration de l’albumine.

Étym. lat. calx :chaux ; gr. haima : sang ; – ie : suffixe de qualité

→ calcium, calcémie, calcium ionisé

[C1]

calcidiol n.m.

calcidiol

Dérivé hydroxylé en 25 du cholécalciférol.
C’est dans le foie qui contient la 25-hydroxylase qu’est biosynthétisé ce précurseur de la forme hormonale de la vitamine D3 ; il quitte le foie associé à une protéine de transport pour atteindre les tissus cibles, rein et cartilages, qui transforment le calcidiol en calcitriol. Le dosage du calcidiol (25-hydroxy-vitamine D) dans le sérum peut être effectué par chromatographie liquide haute performance ou par électro-chimio-luminescence. C’est un bon marqueur du statut vitaminique D des patients.

Syn. 25-hydroxy-vitamine D

→ vitamine D

[C1]

calcimoduline n.f.

calmodulin

→ calmoduline

[C1]

calcineurine n.f.

calcineurin

Protéine-phosphatase capable de déphosphoryler certaines phosphoprotéines, après activation par les ions calcium du cytosol.
La calcineurine déphosphoryle notamment le facteur de transcription nucléaire des lymphocytes T dont l’activation conduit à la synthèse d’interleukine 2. Elle est inhibée par la cyclosporine et le tacrolimus, immunosuppresseurs utilisés dans la prévention du rejet de greffe après transplantation d’organes.
Le terme de calcineurine exprime la prédominance de cette protéine dans le tissu cérébral et sa dépendance du calcium .Elle agit sur des facteurs de transcription intervenant dans la communication entre neurones et en régule ainsi l’activité. Elle intervient également dans le développement des muscles squelettiques et cardiaques.

Syn. protéine- phosphatase 2B

→ protéine-phosphatase, interleukine 2, cytosol

[C1]

Édit. 2018

calciostat n.m.

calciostat

Système de régulation du métabolisme calcique dépendant de la parathormone hypercalcémiante et de la calcitonine hypocalcémiante.

→ parathormone, calcitonine, calcémie

[C1]

calcipexie n.f.

calcipexis

Fixation du calcium.

Étym. lat. calx : chaux ; gr. pêxis : fixation

→ calcium

[C1]

calcipotriol n.m.

calcipotriol

Analogue structural de la vitamine D3.
Son pouvoir de favoriser la différenciation et d’inhiber la prolifération des kératinocytes est utilisé dans le traitement du psoriasis où on l’emploie en applications locales sous forme de crème, pommade ou lotion à 0,005%. Son utilisation aux doses usuelles n’entraîne pas d’hypercalcémie. Il peut provoquer une légère irritation locale, d’où le conseil de ne pas l’appliquer sur le visage.

→ vitamine D3, psoriasis

[C1]

calciprive adj.

calciprivic

Caractérise ce qui est secondaire à un manque de calcium.

→ calcium, calcémie

[C1]

calcirachie n.f.

calcirachie

Concentration du calcium dans le liquide cérébro-spinal qui est normalement de 51,5 mg/L ou 1,29 mmol/L.

Étym. lat. calx: chaux ; gr. rhasis: épine dorsale

→ liquide cérébro-spinal

[C1,H1]

calcistie n.f.

calcistie

Présence de calcium dans les tissus.

Étym. lat. calx : chaux ; gr.histos : tissu

→ calcium

[C1]

calcitriol n.m.

calcitriol

Dérivé dihydroxylé en 1 et 25 du calciférol, principale forme hormonale active de la vitamine D3 antirachitique.
Il stimule l’absorption intestinale du calcium et des phosphates. Le calcitriol se fixe sur un récepteur cytoplasmique qui l’amène dans le noyau cellulaire sur un segment déterminé de l’ADN où il induit la transcription de l’ARNm responsable de la synthèse de protéines fixatrices du calcium et initiatrices de la synthèse de la parathormone.
Le calcitriol peut être dosé dans certains laboratoires spécialisés. Ce dosage n’est toutefois effectué que dans des situations complexes nécessitant des explorations approfondies du métabolisme phospho-calcique
calcium n.m.
calcium
Elément métallique, numéro atomique 20, masse atomique 40, symbole Ca ou plus précisément 2040Ca.
Il en existe dix isotopes non radioactifs dont le 2045Ca qui fut utilisé pour des recherches sur l’ossification. Le calcium constitue les 3,64% des minéraux de l’écorce terrestre, il en est le cinquième par ordre d’abondance. Chez les animaux, on le trouve sous forme de carbonates ou de phospho-carbonates (insolubles dans l’eau) dans les coquilles des mollusques et des œufs, dans les carapaces, et aussi chez l’Homme, dans les os et les dents. Sous forme d’ion Ca2+ ou de complexes non ionisés, iI joue un rôle essentiel en physiologie cellulaire. Il est plus abondant dans le plasma sanguin que dans les cellules. Provoquée par des effecteurs neurohormonaux dans les canaux calciques, sa pénétration dans certaines localisations cytoplasmiques, sous forme d’ion libre ou associé à des protéines comme la calmoduline, entraîne de nombreux effets tels que la contraction des protéines contractiles et l’activation d’enzymes. Les ions calciques jouent aussi un rôle indispensable dans la coagulation du sang.

H. Davy, Sir, chimiste britannique (1808)

Étym. calcium néologisme latin créé par Davy du lat. calx, calcis : caillou, chaux (du grec chalix : petite pierre)

Syn. 1,25-dihydroxy-vitamine D

Symb. Ca

→ calmoduline, coagulation du sang, transport intestinal du calcium

[C1]

calcium ionisé l.m.

ionized calcium

Le calcium ionisé représente la fraction libre du calcium sanguin, sous forme d’ion Ca++, non liée aux protéines ni aux acides.
La mesure du calcium ionisé, effectué à l’aide d’une électrode spécifique, permet de s’affranchir des variations du taux des protéines plasmatiques. Il est donc utilisé dans les cas où la protéinèmie peut varier fortement, en particulier chez les insuffisants rénaux.

→ coagulation (facteurs de), calcémie corrigée

[C1]

calpaïne 3 n.f.

calpain 3

Protéase calcium-dépendante spécifique du tissu musculaire et dont la déficience congénitale est une des causes les plus fréquentes de dystrophie musculaire de l’adolescent ou de l’adulte.

[C1]

calpaïnes n.f.p.

Famille de cystéine protéases neutres activées par le calcium, inhibées par un inhibiteur endogène, la calpastatine et responsables de la lyse de protéines cytosoliques dont l’inhibiteur du facteur de transcription NF-kB (IkB)

Il existe 2 isoformes essentielles de l’enzyme, la calpaïne µ ou 1 activée par des concentrations micromolaires de calcium et la calpaïne m ou 2 activée par des concentrations millimolaires. Ces 2 isoformes forment des hétérodimères avec une sous-unité régulatrice commune (calpaïne4/CAPNS1). Ces hétérodimères sont activés par le calcium ou, aussi, par des kinases contrôlées par des agonistes extracellulaires (« extracellular signal-regulated kinases » ou ERK). Le rôle physiologique des calpaïnes a été étudié chez la souris par invalidation de leurs gènes (Capn1 et Capn2). Elles sont indispensables au développement embryonnaire, en particulier celui du cœur et des vaisseaux. Chez l’adulte, elles sont impliquées dans l’hypertrophie et la fibrose interstitielle pathologiques du myocarde. D’autres isoformes ont été découvertes ultérieurement. On en compte actuellement 15. Une mutation de la calpaïne 3 exprimée dans le muscle squelettique est responsable d’une dystrophie musculaire appelée dystrophie des membres et de la taille (« limb girdle dystrophy ») ou dystrophie de Erb.

W. H. Erb, neuropathologiste allemand, membre de l'Académie de médecine (1891)

→ calpastatine, Erb (myopathie d')

[C1,I4]

calpastatine n.f

calpastatin

Protéine inhibitrice endogène des calpaïnes.
La calpastatine est codée par le gène CAST. Elle possède quatre domaines répétitifs d’inhibition des calpaïnes. Le système calapaïne-calpastatine est impliqué dans de nombreux processus affectant l’expression de protéines régulatrices ou structurales.

→ calpaïnes

[C1]

candidine n.f.

candidin

Extrait de Candida albicans, utilisé pour la recherche de l’allergie à ce champignon.

[C1,D1]

canstatine n.f.

canstatin

Polypeptide de la famille des matricryptines, ayant une masse moléculaire de 24 kDa, qui constitue le domaine N-terminal de la chaîne α2 du collagène IV, capable d’inhiber la prolifération et la migration des cellules endothéliales et d’induire l’apoptose.

[C1]

canthaxantine n.f.

canthaxantin

Pigment caroténoïde dérivé du β-carotène, possédant deux fonctions cétone en 4 et 4’, de couleur rouge violacé, présent chez certains champignons.
Ce carotènoïde exerce un effet réducteur sur les cytochromes P450 1A1 et 1A2 actifs sur certains xénobiotiques dans le foie, en agissant sur le récepteur AH (aryl hydrocarbon receptor).

Étym. gr. kanthos : angle de l’œil, xanthos : jaune

[C1]

CAP sigle angl. m. pour Catabolic gene Activator Protein

Protéine qui, chez Escherichia coli, fixe une molécule d'AMP cyclique et qui lui permet d'agir au niveau d'un promoteur pour induire la synthèse d'un ARN messager correspondant à ce gène catabolique ; ce système a été décrit pour la régulation de l'opéron lactose.

Syn. protéine CRP

[C1,Q1]

capacité n.f.

capacity

1) Aptitude d’un récipient, d’un système matériel ou biologique à contenir une substance, faculté d’un être à saisir une chose ou à exécuter une action.
2) En droit civil la capacité est l’aptitude juridique d’une personne à agir par elle-même.

O. Steinbrocker, médecin rhumatologue américain (1949)

Étym. lat. capacitas, déverbal de capio : prendre saisir. Formé sur le radical indo-européen cap : saisir et le suffixe de qualité -ité qui porte la notion d’aptitude.

→ capacité civile, capacité de codage, c. du sacrum, c. du sang en gaz carbonique, c. du sang en oxygène, c. fonctionnelle de Steinbrocker, c. rectale, c. résiduelle fonctionnelle, c. totale des poumons, c. vésicale, c. visuelle, c. vitale

[C1,E]

capnémie n.f.

capnemia

Pression partielle de gaz carbonique dans le sang.

Étym. gr. capnos : fumée, gr. haima : sang

Syn. capnie

[C2,C1]

capnie n.f. ou suffixe

-capnia (suffixe seulement)

Synonyme de gaz carbonique (dioxyde de carbone).
Le mot est employé surtout en physiopathologie respiratoire comme suffixe. Son usage comme nom commun est déconseillé.

Étym. gr. capnos : fumée

→ capnémie, capnomètrie, capnographe

[C2,C1]

capnogramme n.m.

capnogram

Tracé obtenu par la capnographie.

[C2,C1]

capnographie n.f.

capnography

Enregistrement de la concentration du dioxyde de carbone dans l'air expiré.
En anesthésie, la capnographie permet de contrôler la qualité de l'épuration en CO2 dans le mélange insufflé et de suivre l’élimination du CO2 pour détecter les complications cardiorespiratoires (hyper- ou hypoventilation, baisse du débit cardiaque, arrêt circulatoire, apnée en ventilation spontanée, intubation œsophagienne, débranchement du ventilateur, etc.).

Étym. capnie : CO2 ; gr. graphis : instrument pour écrire

→ débranchement (accident de)

[C1,G1]

capnométrie n.f.

capnometry

Mesure de la concentration du dioxyde de carbone, p. ex. dans le sang.

[C1]

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