Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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piqûre de cône l.f.

conus sting

Envenimation résultant de la piqûre par un cône, mollusque univalve de la famille des Conidæ.
Les vivent principalement dans les eaux peu profondes des côtes tropicales des océans Indo-Pacifique et Atlantique. Ils sont très recherchés pour leurs belles couleurs et les dessins variés de leur coquille en forme de cône. Ils sont carnivores et possèdent une dent venimeuse creuse reliée à l'orifice du conduit de la glande venimeuse pharyngée et qu'ils plantent dans la chair de leurs proies pour lui injecter un venin comprenant des toxines dont plusieurs sont paralysantes. Très douloureuses, les piqûres de cônes, surtout des espèces de grande taille généralement piscivores, peuvent être mortelles pour l'homme, surtout pour l'enfant.
Il existe un peu plus de 600 espèces de Conidæ, qu'on classe en piscivores, malacophages et vermivores, selon la nature de leur proies. Les piscivores sont les plus dangereux car leur venin, surtout celui du Conus geographus, est actif sur les vertébrés. Mais d'autres espèces peuvent aussi être dangereuses, voire mortelles, comme Conus textile (malacophage), C. marmoreus, C. litteratus, C. magus, C. striatus, C. omaria, C. aulicus.
Les venins des cônes comprennent un mélange de conotoxines (une centaine pour chaque espèce) qui ont des actions et des sites spécifiques différents.
En général les piqûres des Conidæ produisent une vive douleur et des réactions inflammatoires locales. Dans les formes graves, comme celles consécutives à la piqure du Conus geographus, il se produit d'abord une paralysie spastique par tétanisation des muscles, puis, quarante minutes à cinq heures après la piqûre, une paralysie flasque, avec diplopie et troubles de l'élocution, comparable à une curarisation : elles peuvent entraîner la mort par asphyxie (paralysie du diaphragme) d'où l'importance de la mise en œuvre d'une ventilation assistée. Il n'existe aucun antidote spécifique ; glucocorticoïdes et anti-histaminiques sont sans effet.

→ conotoxine, envenimation

[D2]

Édit. 2015

piqûre de scorpion l.f.

scorpion sting, scorpion envenomation

La piqûre par un scorpion peut être accompagnée d’injection de venin, entraînant alors une envenimation scorpionique.
Les scorpions sont des Arachnides actifs la nuit, surtout nombreux dans les régions chaudes et sèches. Leur queue est pourvue d’un aiguillon relié à une glande à venin. La piqûre ne s’accompagne pas toujours d’une injection de venin.
On connaît quelque 1.500 espèces de scorpions, toutes venimeuses. Les espèces les plus dangereuses, potentiellement mortelles, appartiennent surtout à la famille des Buthidés : Androctonus mauretanicus, A. australis, Buthus occitanus, Leiurus quinquestriatus, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, B. occitanus, L. quinquestriatus, Hottentota sp. ou Parabutus sp. en Afrique sub-saharienne ; en Amérique, il s’agit surtout d’espèces des genres Centruroides ou Tityus. En France, les quelques espèces de scorpions présentes (dont B. occitanus) ne sont pas considérées comme dangereuses.
La composition du venin varie selon les espèces : il contient surtout des neurotoxines (polypeptides inhibiteurs de canaux ioniques). L’envenimation scorpionique se manifeste par une douleur vive, des signes inflammatoires locaux (œdème parfois suivi d’escarre), des signes généraux (nausées, vertiges, frissons,), des troubles respiratoires (œdème, dyspnée, cyanose), cardiovasculaires (troubles du rythme, hypotension, collapsus, choc), neurologiques (paresthésies, convulsions, spasme de la glotte, parfois atteinte de la conscience). Dans les cas les plus graves, l’évolution peut se faire vers un coma et parfois la mort. Les piqûres sont généralement plus graves chez l’enfant.
L’incidence annuelle des envenimations scorpioniques est très variable suivant les régions : elle peut atteindre 2.000 piqûres p. 100.000 habitants au Mexique. Au total, l’incidence globale serait de l’ordre de 1,2 à 1,5 millions de piqûres, avec 3.000 à 3.500 décès.
Le recours au sérum antivenimeux, lorsqu’il existe, doit toujours être associé au traitement symptomatique (traitement de l’œdème aigu pulmonaire ou du choc cardiogénique notamment).

→ envenimation, venin, sérum antivenimeux

pityriasis alba l.m.

pityriasis alba
Lésion cutanée banale chez l'enfant, siégeant surtout au visage, représentée par une tache hypo- ou achromique à délimitation floue faisant suite, éventuellement après une exposition solaire, à une macule érythémateuse finement squameuse, surtout visible sur peau hâlée ou pigmentée.
Elle peut être due à de nombreuses causes telles que eczéma subaigu, eczématides, psoriasis, dermatophytie, dermite orthoergique, voire impétigo. L'examen histologique montre de la spongiose avec exosérose et exocytose et fuite du pigment. Ce type de dyschromie ne doit pas être confondu avec d'autres hypochromies : vitiligo, pityriasis versicolor achromiant, lèpre, etc.

Étym. gr. pituron : son ; lat. albus : blanc

Syn. eczématide achromiante, dartre achromiante (fam.)

pityriasis lichénoïde varioliforme aigu l.m.

acute varioliform pityria lichenoides

Forme aiguë rare de pityriasis lichénoïde, habituellement observée chez l'enfant, correspondant à une éruption à début brutal faite de papules qui deviennent nécrotiques ou croûteuses puis s'ulcèrent et dont la cicatrisation peut prendre un aspect varioliforme.
L'évolution, plus courte que celle des formes chroniques, dure quelques semaines, voire quelque mois. Il existe des formes suraiguës fébriles. L'image histologique est superposable à celle du pityriasis lichénoïde chronique, mais est plus marquée, avec, notamment, une réelle vascularite qui constitue probablement la lésion élémentaire.

Syn. parapsoriasis varioliforme de Mucha-Habermann

Sigle  : PLEVA

plaie du cuir chevelu chez l'enfant l.f.

infant wound of the scalp

Particularité d’une plaie du cuir chevelu très vascularisé chez l'enfant et qui peut saigner abondamment.
De telles plaies doivent être très rapidement suturées pour assurer l'hémostase. Des anémies aigües, voire des évolutions mortelles ont été observées faute d'une hémostase précoce. Loin de tout moyen et faute de mieux, le pansement doit rapprocher les lèvres de la plaie pour permettre une hémostase provisoire, au besoin en se servant des cheveux pour rapprocher les lèvres de la plaie.

→ anémie aigüe

plastie d'élargissement du col vésical l.f.

suprapubic bladder neck revision

Intervention chirurgicale visant à agrandir le col vésical, dans la cure de la maladie du col congénitale ou de certaines sténoses acquises.
La plus utilisée, notamment chez l'enfant, repose sur le principe des plasties YV. Leur inconvénient majeur chez le garçon est de créer des éjaculations rétrogrades, ce qui tend à les faire abandonner, et chez la fille de menacer parfois la continence.

pleurésie virale l.f.

viral pleurisy

Pleurésie dont la cause est un virus.
Maladie très rare quoique souvent évoquée. Une réaction pleurale radiologique se voit parfois lors d'une atteinte pulmonaire virale associée à une infection pulmonaire. Chez l'enfant, elle peut s'observer après une infection par un adénovirus.

pneumoblastome n.m.

pulmonary blastoma

Tumeur pulmonaire maligne rare dont la structure rappelle celle du poumon fœtal au stade glandulaire.
L'aspect histopathologique est celui d'une structure épithéliale tubulée au sein d'un stroma mésenchymateux.
Cette tumeur est plus souvent périphérique que centrale et parfois plurinodulaire. Elle est très rare et touche surtout l'enfant (20% des cas ont moins de 5 ans) et le sujet âgé. Elle n'est reconnue que sur un prélèvement pulmonaire en zone tumorale.
Son pronostic après exérèse reste mauvais.

pneumonie à mycoplasma pneumoniae l.f.

mycoplasma pneumoniae infection, Eaton agent pneumonia
Infection respiratoire donnant un tableau de pneumonie atypique, survenant par petites épidémies à la saison froide chez l'enfant et l'adolescent.
Les signes objectifs sont pauvres. Il existe une infiltration interstitielle non systématisée des bases à l'examen radiologique. Le taux des agglutinines froides est élevé. L'isolement de l'agent est difficile. Une séroconversion avec IgM élevé témoigne d'une infection récente.

pneumonie caséeuse l.f.

caseous pneumonia

Atteinte tuberculeuse massive d'un lobe.
Décrite par Laennec, observée surtout chez l'adulte jeune, l'enfant et particulièrement le nourrisson, son tableau clinique ressemblait à celui d'une pneumonie lobaire à pneumocoques. Elle évoluait en deux phases :
1) foyer fermé, mais déjà précédé d'une période d'altération de l'état général. Le malade était prostré, adynamique. Radiologiquement, l'opacité lobaire avait des limites floues avec en périphérie, des opacités bronchopneumoniques non encore confluentes. Il existait déjà des petites plages claires au sein de l'opacité. À ce stade, on ne trouvait que quelques rares bacilles de Koch dans l'expectoration.
2) fonte caséeuse. Les bacilles de Koch fourmillaient. L'altération de l'état général s'accentuait encore. La présence d'un souffle tubocaverneux avec de gros râles trahissait l'excavation. Sur le cliché radiographique, on découvrait soit une excavation en masse, soit de petites excavations disséminées.
Elle est devenue exceptionnelle en France et s'observe actuellement de façon moins aigüe chez des malades en état de misère physiologique, en particulier les immigrés récents. Le traitement antituberculeux moderne, mis en route suffisamment tôt, permet d'obtenir la guérison et d'éviter la survenue d'hémoptysies foudroyantes, d'un pyopneumothorax, d'une bilatéralisation.

pneumonies et bronchiolites virales l.f.p.

viral pneumonia, viral bronchiolitis

Infections des voies aériennes inférieures dues à certains virus ayant pour cible les cellules épithéliales de la muqueuse bronchique.
Ces infections des voies aériennes inférieures sont en règle bénignes mais deviennent graves chez les patients atteints d'une affection cardiorespiratoire préalable.
Ces infections habituellement font suite et s'associent à une atteinte des voies aériennes supérieures, porte d'entrée habituelle. L'atteinte bronchique se traduit par un tableau de bronchite aigüe, l'atteinte du parenchyme pulmonaire donne un tableau de pneumonie atypique.
Les causes les plus fréquentes sont :
- les pneumonies et bronchiolites du virus syncytial chez les jeunes enfants,
- les infections des voies aériennes inférieures du virus para-infuenzae
- le syndrome grippal des virus influenzae A et B .
 Moins fréquentes sont :
- les épidémies d'infections respiratoires aigües chez les adolescents, les pneumonies du virus influenzae A, les pneumonies de l'enfant à rhinovirus, les pneumonies et les bronchiolites à coronarovirus, les pneumonies des vieillards à virus syncytial, les pneumonies à adénovirus des enfants et des immunodéprimés, les pneumonies des sujets sains dues aux virus influenzae A et B ainsi qu'aux enterovirus.
Chez les sujets immunodéprimés, le cytomégalovirus et herpès simplex virus sont la cause de pneumopathies très graves avec une mortalité de 80 à 90%.

→ grippe commune, grippe maligne

pneumopathie lymphocytaire interstitielle l.f.

lymphoid interstitial pneumonitis

Infiltration des septums alvéolaires par des lymphocytes matures et des plasmocytes, prédominant le long des axes bronchovasculaires mais sans atteinte des parois bronchiques et vasculaires.
L'immunofluorescence permet d'identifier des chaines légères de type kapa et de type lambda. Actuellement, cette affection est considérée comme un lymphome non hodgkinien de faible malignité.
Cette affection est rare chez l'adulte. Elle complique près de la moitié des cas de SIDA observés chez l'enfant. Le diagnostic est fait sur la biopsie pulmonaire.
Tantôt les lésions restent stables, tantôt elles s'aggravent progressivement et apparaît un lymphome.
Associée à un syndrome de Sjögren, l'évolution vers le lymphome est très fréquente.

podocine n.f. 

podocin

Protéine transmembranaire de 383 acides aminés codée par le gène NHPS2 situé sur le chromosome 1 et exprimée quasi-exclusivement dans les cellules épithéliales du glomérule ou podocytes à la jonction des diaphragmes de fente, d’où son nom de podocine.
La podocine appartient à la famille des stomatines. Elle est indispensable au bon fonctionnement de la barrière glomérulaire. Avec la néphrine, elle servirait de lien entre la membrane et le cytosquelette des podocytes. Les mutations du gène NHPS2 sont à l’origine d’une variété de syndrome congénital de l’enfant à transmission autosomique récessive qui débute avant l’âge de trois ans et évolue vers l’insuffisance rénale terminale. La maladie résiste à la corticothérapie et aux traitements immunosuppresseurs , le seul traitement étant la transplantation rénale.

→ podocyte, néphrine

point d'ossification l.m.

ossification point

Zone opaque aux rayons X, ou échogène en ultrasonographie, traduisant l'apparition au sein d'un cartilage de croissance, d'un ou de plusieurs points de départ de son ossification et témoin de la maturation.
Le repérage d'un certain nombre de ces points permet, par comparaison avec des tables de références, de déterminer l'âge osseux du fœtus ou de l'enfant.

pointes-ondes continues pendant le sommeil (syndrome des) l.m.

continuous spike-waves during sleep

Condition rare, rencontrée seulement chez l'enfant, se traduisant par une activité paroxystique continue, abondante, représentant au moins 85% du tracé, électivement recueillie pendant le sommeil lent.
L'activité paroxystique est constituée de pointes-ondes lentes à 2,5 c/s, de grande amplitude, bilatérales, plus ou moins symétriques et synchrones. Cette activité disparaît pendant le sommeil rapide.
Les pointes-ondes continues de sommeil s'associent souvent à des crises épileptiques de sémiologie variable, qui peuvent précéder les anomalies électro-encéphalographiques. Peuvent être constatés aussi des troubles neuropsychologiques complexes et sévères, en particulier dans la sphère du langage.
Cette condition doit être distinguée : de l'activation par le sommeil lent d'une épilepsie partielle à paroxysmes centrotemporaux ; du syndrome de Landau-Kleffner ; du syndrome de Lennox-Gastaut.

polykystose hépatique l.f.

liver polycystic disease

Affection caractérisée par l'existence de nombreux kystes congénitaux dans le foie, le rein, et parfois d'autres organes.
La forme la plus fréquente est de transmission autosomique dominante, elle touche l'adulte, chez lequel l'atteinte rénale est constante et fait la gravité de la maladie ; les kystes hépatiques sont les lésions extrarénales les plus fréquentes, présentes chez 75% des malades âgés de plus de 60 ans. La maladie polykystique autosomique récessive est plus rare et touche l'enfant ; l'atteinte hépatique est faite davantage d'une fibrose que de véritables kystes.

Syn. polykystose hépatorénale, maladie polykystique hépatique, foie polykystique

poplité (kyste) l.m.

Tuméfaction à contenu mucoïde situé en arrière du genou à la partie basse du creux poplité.
Il communique souvent avec la synoviale de l'articulation du genou. Il est indolore, souvent régressif chez l'enfant.

W. M. Baker, anatomiste et chirurgien britannique (1885)

post-maturité n.f.

post-maturity

Etat d’un enfant né après la 36ème semaine qui suit la conception.

→ naissance après terme

post-partum (dépression du) l.f.

post-partum depression
Syndrome dépressif qui apparaît le plus souvent dans les quatre à huit semaines après l'accouchement avec une intensité variée, notamment : bénigne, "névrotique" ou de niveau psychotique (mélancolique).
Son début est possible par un tableau de "post-partum blues" qui dure. Surtout dans les formes majeures, des troubles de la relation mère-enfant, parfois majeurs, constituent un risque.
Généralement associée à des antécédents de traits pathologiques de la personnalité (instabilité, hyperémotivité, quête affective, etc.), à un contexte conjugal conflictuel, à une insécurité relationnelle et à un nombre élevé d'éléments de vie négatifs dans l'année précédente, cette dépression doit être d'autant moins banalisée par l'entourage qu'au bout d'un an, près d'un tiers de ces patientes gardent des signes résiduels.
Elle nécessite une approche relationnelle, un traitement antidépresseur et des explorations thyroïdiennes à la recherche d'une insuffisance sécrétoire (thyroïdite du post-partum).

→ post-partum blues

potentiel évoqué auditif ( PEA) l.m.

auditory evoked potentials

Potentiel électrique généré par le système auditif ou potentiel évoqué exogène lié à une stimulation sensorielle auditive, destiné à explorer les voies auditives.
En dehors de toute stimulation acoustique, il existe dans la cochlée des polarisations ou potentiels de repos (90 mV par rapport au sang ou à la périlymphe), potentiel intra-cellulaire des cellules ciliées de l’organe de Corti (-70 mV). En réponse à une stimulation acoustique, l’ensemble des cellules ciliées de l’organe de Corti produit un potentiel complexe avec une réponse alternative, le potentiel microphonique cochléaire, et une réponse électrique continue, le potentiel de sommation. Les fibres du nerf auditif produisent des potentiels dont la composition donne le potentiel d’action global ou potentiel composite du nerf auditif. Les réponses électriques apparaissant dans les différents relais du système auditif, en réponse à une stimulation brève, peuvent être enregistrées par des électrodes de surface : ce sont les potentiels évoqués auditifs. Ils sont utilisés en clinique courante pour rechercher une pathologie rétrocochléaire chez l’adulte ou pour estimer le seuil auditif d’un jeune enfant.
Dans les potentiels évoqués exogènes on distingue les PEA du tronc cérébral survenant dans les 10 ms suivant le stimulus, les PEA semi-précoces (latence entre 20 et 50 ms) et les PEA tardifs (latence entre 50 et 500 ms). Ils sont utilisés dans les pathologies auditives périphériques transmissionnelles ou endocochléaires et dans les atteintes encéphaliques du tronc cérébral. Différents pics sont identifiables sur les graphiques obtenus : on étudie particulièrement les latences des pics I, II, III et V, et l'amplitude des pics I et V.

Sigle  : PEA

→ potentiels évoqués du tronc cérébral

Potter (syndrome de) l.m.

Potter’s syndrome

Syndrome pédiatrique néonatal rare avec agénésie rénale responsable d’un anamnios ou d’un oligo-amnios et d’un décès en quelques jours du nouveau-né, associé à une dysmorphie faciale, une hypoplasie des poumons, des voies urinaires basses et des organes génitaux.
Le tableau est celui d'une anurie, le rein peut être polykystique et parfois l'enfant est mort-né. Il existe un front large, un hypertélorisme, un épicanthus, un nez plat et élargi, des oreilles d'implantation basse et un menton fuyant. On peut observer une microphtalmie, une cryptophtalmie, une dacryosténose, une dacryocystite. Il s’agit d’un syndrome malformatif congénital qui ne touche en général que les garçons. Il se reconnaît sur l’échographie morphologique fœtale au 2e trimestre de la grossesse. Il est une indication d’une interruption médicale de la grossesse.

Edith L. Potter, pédiatre américaine (1946)

pouce en adduction-flexion l.m.

thumb-in-palm deformity, adducted thumb, clutched thumb deformity

Position du pouce dans la paume avec impossibilité de mouvement actif d'abduction.
Les causes en sont variées:
1) séquelles de paralysie avec rétraction ou contracture en adduction et flexion,
2) séquelles de traumatismes avec sclérose musculaire,
3) chez l'enfant, malformation congénitale par faiblesse ou absence du muscle court abducteur du pouce.

prégénitale (organisation) l.f.

pregenital organization

Persistance chez l'adulte d'un mode d'exercice de la libido, caractéristique d'une des organisations prégénitales de l'enfant.
L'objet ou la source de la pulsion organisent la vie sexuelle du sujet dans ce qu'elle a de plus caractéristique : choix d'objet homosexuel, relation de dépendance orale, sadisme anal (avec ou sans formations réactionnelles), etc.

prégnanetriol n.m.

pregnanetriol

Prégnane-5bêta triol-3alpha, 17alpha, 20alpha, métabolite urinaire hexa-hydrogéné provenant de l'hydroxy-17 progestérone.
Son élimination, sous forme de glucurono-conjugué, est importante surtout au cours des déficits en 21-hydroxylase (hyperplasie congénitale, certaines tumeurs surrénaliennes, certains virilismes). Son taux est toujours inférieur à 1 mg par 24 heures chez l'enfant normal et à 1,8 mg par 24 heures chez l'adulte ; il varie peu au cours de la grossesse. Les isomères 5α et 20bêta ont également été trouvés au cours des hyperplasies congénitales.

Sigle  : PGT

prélèvement d'organe l.m.

organ harvesting

Prélèvement chirurgical fait en vue d'une transplantation, sur un donneur en état de mort cérébrale et effectué sur un seul organe (rein par ex.) ou plusieurs (rein, pancréas, foie, poumons, cœur) ou beaucoup plus rarement chez un donneur vivant volontaire apparenté ou éventuellement non apparenté conformément aux règles en vigueur et alors seulement pour les organes pairs ou régénérables (rein, foie, poumon).
Pour que le transplant ait une bonne viabilité il est nécessaire que le prélèvement soit lui-même en bon état. Si le sujet est en état de mort cérébrale, son histoire doit être connue, la mort cérébrale doit avoir été dument constatée et la déclaration de décès faite, un bilan complet doit avoir été fait et enfin des soins ininterrompus de réanimation doivent avoir été prodigués pour maintenir les organes choisis en bon état de fonctionnement jusqu'au moment du prélèvement. Les conditions préalables au prélèvement sont codifiées dans des règles de bonne pratique suivant les principes de l'assurance qualité qui ont fait en France l'objet d'une réglementation précise  (CSP art. L.1231-1 à 1235-7 – Loi n°2004-800 du 6 août 2004).
L'hématose et l'hémodynamique du donneur doivent être correctement assurées : on utilise souvent la dopamine pour améliorer la perfusion des organes, notamment pour le foie. Un diabète insipide est fréquent, il doit être contrôlé pour éviter des déséquilibres humoraux. L'usage de la thyroxine a été préconisé, elle améliorerait la viabilité de certains prélèvements. Des progrès sont encore à espérer dans les soins au donneur afin d'améliorer la résistance du greffon à l'hypoxie et pour diminuer les effets défavorables de sa reperfusion. Des prélèvements pour une recherche soigneuse des bactéries et des virus doivent avoir été effectués chez le donneur. Cette recherche est indispensable pour éviter toute contamination et elle peut être très précieuse pour instituer un traitement éventuel du transplanté.
Le transplant doit satisfaire à cinq conditions :
1) Immunité : un minimum de compatibilités entre donneur et receveur est nécessaire. La tolérance large pour les greffes de foie (groupes sanguins compatibles), est beaucoup plus étroite pour les autres organes.
2) Innocuité : le greffon ne doit pas transmettre de maladie.
3) Efficacité : certaines maladies métaboliques (hyperammoniémie, oxalose) contrindiquent la greffe de foie.
4) Viabilité : les greffons douteux (infection préexistante, intoxication ou altération liée à l'épisode létal) ainsi que ceux provenant de donneurs trop âgés sont à rejeter.
5) Légalité : le donneur doit avoir exprimé au préalable son consentement par écrit. S'il s'agit d'enfants, il faut le consentement écrit des deux parents. Si l'enfant est donneur vivant il faut l'avis favorable d'un comité de sages et son consentement.

→ don d'organe

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