Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

23739 résultats 

Demodex folliculorum l.m.

Demodex folliculorum
Acarien vermiforme, long de 0,3 à 0,4 mm, saprophyte de la peau, situé dans les ostiums des follicules pileux, ne donnant généralement lieu à aucune manifestation pathologique.
Il ne joue aucun rôle pathogène dans la formation des comédons et dans l’apparition de l’acné vulgaire. Toutefois, dans certaines conditions, il peut devenir pathogène. Certains auteurs lui attribuent un rôle étiologique dans la rosacée dont ils font alors une variété de démodécidose dans certaines folliculites et dans certaines blépharites.

Étym. gr. demas : corps ; dêxis : morsure

→ démodécidose

démographie n.f.

demography

Discipline qui se consacre à l’étude quantitative des populations.
Par extension, c’est l’étude des effectifs d’un groupe de personnes avec ses variations dans le temps, ses migrations, etc.

démographie médicale l.f.

medical demography

Discipline des sciences sociales qui étudie les phénomènes d’évolution des différentes professions de santé.
Par exemple : nombre à un moment donné des membres d’une profession de santé en tenant compte de leur âge, de leur lieu d’exercice, de leur type d’activité, de l’évolution de ces caractères dans le temps, etc.

→ sous médicalisation, surmédicalisation

démonopathie n.f.

demonopathy

Terme ancien dérivé de celui de démonomanie (celle-ci décrite par E. Esquirol, 1814, puis M. Macario, 1843, dans le cadre des lypémanies), l'un et l'autre peu utilisés aujourd'hui, et qui désignaient une forme d'aliénation mentale où le patient a la conviction d'être investi, possédé par le démon et ses créatures.
Sur le plan psychiatrique, on ne décrit plus un groupement fondé sur l'ensemble des manifestations pathologiques liées aux puissances infernales, mais deux ordres de troubles :
- l'un associant souvent possession et éléments hystériques, encore fréquent dans beaucoup de mythes et croyances traditionnels et comportant superstitions, envoûtement et sorcellerie, parfois collectifs ;
- l'autre, de registre psychotique, comportant des idées délirantes d'influence centrées sur ces thèmes : soit mélancoliques, avec survenue possible d'un syndrome de Cotard ; soit parmi d'autres éléments d'une organisation délirante chronique, notamment hypocondriaque ; soit dans le cadre d'une psychose délirante aigüe.
L'évolution peut alors être marquée par un passage auto-agressif, parfois destructeur, contre ce corps habité par les forces du mal.

E. Esquirol, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1814) ; M. Macario, médecin français (1843)

Étym. gr. daïmôn : démon ; pathos : souffrance

Demons-Meigs (syndrome de) l.m.

Meigs's syndrome

Association d'une tumeur bénigne, solide, de l'ovaire, (un thécome ou un fibrome), d’une ascite et d'un hydrothorax abondant, récidivant rapidement après ponction et guérissant totalement après l'ablation de la tumeur.

A. Demons, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1887) ; J. V. Meigs, gynécologue américain (1937)

de Morsier-Kallmann (syndrome de) l.m.

de Morsier-Kallman’s syndrome

F. Kallmann, psychiatre et généticien américain (1944) ; G. de Morsier, neurologue suisse (1954) ; Sena Lucille Kaplan, pédiatre américaine, M. M. Grumbach, pédiatre américain, W. F. Hoyt, neuro-ophtalmologiste américain (1970)

Syn. dysplasie olfactogénitale, de Morsier (syndrome de), Kallmann (syndrome de)

→ Kallmann (syndrome de)

De Morsier (dysplasie olfacto-génitale) l.f.

→ Kallmann (syndrome de)

[A4,O6,Q2,Q3]

de Morsier (syndrome de) l.m.

septooptic dysplasia

Nanisme harmonieux qui associe une agénésie septale (visible sur la tomodensitométrie crânienne avec élargissement de la tige pituitaire, dilatation des citernes suprasellaires et chiasmatique), des cheveux fins, un hypopituitarisme et une hypoplasie du nerf optique.
Il existe un déficit en hormone somatotrope.

G. de Morsier neurologue suisse (1956) ; Selna Lucille Kaplan, pédiatre américaine, M. M. Grumbach, pédiatre américain, W. F. Hoyt, neuro-ophtalmologiste américain (1970)

Syn. syndrome de Kaplan, Grumbach et Hoyt

→ septo-optique (dysplasie), anosmie

démutisation n.f.

demutisation

→ mutité

démyélinisante (neuropathie congénitale) l.f.

demyelinizating congenital neuropathy

Polyneuropathie de l'enfant avec démyélinisation.
Quelques très rares observations depuis celle rapportée par Lyon en 1969, ont été décrites. Elles se traduisent par une hypotonie, un déficit moteur marqué, des difficultés respiratoires et des troubles de la déglutition. La conduction nerveuse est très basse, souvent inférieure à 5 m par seconde. La biopsie nerveuse confirme une démyélinisation très sévère. Certains cas comportent, associées, des lésions d'hypermyélinisation.
Actuellement, il est difficile de savoir si ces cas correspondent à des formes à début précoce de maladie de Charcot-Marie-Tooth, 1 ou 3 (Dejerine-Sottas).

G. Lyon, neuropédiatre français (1969) ; J-M. Charcot et P. Marie, neurologues français, membres de l'Académie de médecine (1886) ; H. H. Tooth, neurologue britannique (1886) ; J. Dejerine, membre de l'Académie de médecine et J. Sottas, neurologues français (1893)

→ Charcot-Marie-Tooth (maladie de), Dejerine-Sottas(maladie de)

dénaturation de l'ADN l.f.

nucleic acid denaturation

Technique de dissociation de l'ADN par laquelle ses deux brins se séparent en simples brins par destruction des liaisons hydrogène, sous l'effet de la chaleur, du pH, etc.
Elle est utilisée pour l'hybridation de l'ADN et/ou de l'ARN. La dénaturation est réversible : c'est la renaturation de l'ADN.

→ appariement des bases

[Q1]

Édit. 2019

dendrite n.m.

dendrite

Prolongement du neurone conduisant l’influx nerveux centripète.

Étym. gr. dendron : arbre

→ neurone

dendritique adj.

dendritic

→ cellule dendritique

dendritique (cellule cutanée) l.f.

dendritic cell

→ cellule dendritique cutanée

dendrocyte cutané l.m.

dendrocyte skin

→ cellule dendritique cutanée

dendrocyte dermique l.m.

dendritic cell

1) Cellule rattachée aux cellules de Langerhans, en transit vers les lymphatiques, quelques- unes gardant des granules de Birbeck dans leur cytoplasme.
2) Cellule qui exprime le facteur de coagulation XIIIa, (dendrocyte dermique de type I, DDI) que l'on trouve dans les dermes papillaire, réticulaire, autour des glandes sudorales, et dans les septums interlobulaires de l’hypoderme.
Elles ont des connections avec les mastocytes, les terminaisons nerveuses non myélinisées et la membrane basale ; le rôle de ces cellules est probablement multiple : présentation antigénique et phagocytose, réservoir de facteur XIII intervenant dans la stabilisation de la fibrine et l’homéostasie des macromolécules du derme ; pourrait être un réservoir pour le VIH.
3) Dendrocyte dermique de type II, DDII, exprimant l’antigène CD34, dans le derme profond, autour des glandes sudorales et des follicules pileux, et dans les septums interlobulaires de l’hypoderme.
Le CD34 est une glycoprotéine transmembranaire qui s’exprime au niveau des cellules hématopoïétiques et des cellules endothéliales des capillaires, leurs prolongements entrant en contact avec les fibres de collagène.

M. S. Birbeck, anatomopathologiste britannique (1961)

dénégation n.f.

negation

Manière qu'a un sujet de refuser, par une formulation négative, une idée ou une pensée qu'il énonce. C'est une des conditions par laquelle celui-ci peut prendre connaissance d'un contenu de pensée refoulé.
Dans la cure ou hors de la cure, l'index de la négation accompagne le surgissement de désirs ou d'idées inconscients, mais préserve en même temps le refoulement. Dans la cure, la dénégation est une forme particulière de la résistance. De l'exclamation d'un de ses patients, à propos d'un personnage de son rêve : "ce n'est pas ma mère", S. Freud retire la certitude qu'il s'agit bien d'elle.
Dans le texte freudien, dénégation correspond au terme "verneinung", à distinguer de la "verleugnung" (déni).

dénervation n.f.

denervation

Suppression de l’innervation, pathologique ou chirurgicale.

dénervation articulaire l.f.

joint denervation

Résection des nerfs sensitifs et vasomoteurs qui innervent une articulation et en particulier sa capsule.
La dénervation est surtout pratiquée au niveau du poignet, plus rarement au niveau de la hanche, du genou ou du coude en cas de douleurs rebelles.

dénervation vésicale l.f.

bladder denervation

Terme rassemblant les techniques, chirurgicales ou non, visant à détruire l'innervation du muscle vésical.
Les méthodes, utilisées pour le traitement de certaines neurovessies, ont été nombreuses : conectomie, alcoolisation ou phénolisation sousarachnoïdiennes, radicotomies multiples sélectives ou hypersélectives, neurotomie des nerfs érecteurs, alcoolisation rétrotrigonale. Seules demeurent les alcoolisations des racines sacrées (S3) et la cystolyse. Plus la dénervation est proximale, plus elle est définitive mais moins elle est sélective.

→ désafférentation

déneutralisation n.f.

deneutralisation

Ensemble des méthodes optiques et orthoptiques ayant pour but de supprimer la neutralisation qui se produit dans le strabisme au cours de l'acte binoculaire.

Syn. antisuppression

dengue n.f.

dengue, dengue fever, break bone fever

Arbovirose humaine, donnant lieu à d’importantes épidémies, due à quatre sérotypes de Flavivirus (famille des Flaviviridae), répandue dans la plupart des régions tropicales et sub-tropicales mais également dans la région méditerranéenne.
La maladie est caractérisée par une période d’invasion brusque (fièvre, céphalées frontales et rétro-orbitaires puis douleurs articulaires et musculaires, anorexie, nausées), suivie, vers le 3ème ou 4ème jour, d'une défervescence thermique et d'une sensation de mieux-être, puis, à la phase d'état, par une reprise de la fièvre et des douleurs, accompagnées d’une éruption morbilliforme prurigineuse.. Les formes bénignes (dengue "classique") guérissent spontanément en une semaine mais des formes sévères, dont le mécanisme physio-pathologique demeure mal compris, sont observées (1 à 5% des infections cliniques), principalement chez l'enfant, en Amérique tropicale et surtout en Asie. Il s'agit de formes hémorragiques, souvent accompagnées d'une perméabilité capillaire, de choc hypovolémique, d'épanchements liquidiens, d'hypoxie, de défaillance hépatique ou rénale aiguë, de détresse respiratoire ou cardiaque, voire d'encéphalopathie. L'évolution de ces formes sévères peut aboutir au décès dans un pourcentage de cas variant de 1 à 5% (parfois jusqu'à 20%). On note, sur le plan biologique, une leucopénie, une thrombopénie, une hémoconcentration. En cas de guérison, la convalescence est longue et se caractérise par une asthénie intense et l'absence de toute séquelle. L’infection laisse une immunité durable, spécifique du type viral en cause (il n’existe pas d’immunité croisée entre les quatre sérotypes viraux). Aucun traitement étiologique n'est disponible, la prise en charge repose sur l'administration d'antipyrétiques (non salicylés), la réhydratation, les transfusions de sang ou de plaquettes, la correction des désordres métaboliques, le traitement du choc et des éventuelles défaillances respiratoire, cardiaque, hépatique ou rénale.
L'incidence annuelle est estimée à quelque 60 millions de cas par an. En outre, les formes asymptomatiques ou frustes sont fréquentes.
Les virus en cause sont des Flavivirus. Il en existe quatre sérotypes antigéniquement distincts, transmis par des moustiques du genre Aedes, principalement Aedes aegypti et Aedes. albopictus. Il s'agit de moustiques anthropophiles, bien adaptés au milieu urbain, dont les larves se développent dans des gîtes artificiels (récipients de stockage d'eau auxquels s'ajoutent, en saison des pluies, des récipients abandonnés). La maladie, qui sévit sur un mode épidémique ou endémo-épidémique, est surtout observée en Asie et en Amérique tropicale et en Océanie ; elle est moins fréquente en Afrique sub-saharienne et des cas sporadiques peuvent survenir dans le bassin méditerranéen.
Le réservoir de ces virus est constitué par les populations humaines urbanisées. En l'absence de traitement spécifique et de vaccin, la prévention repose avant tout sur la lutte anti-vectorielle en milieu urbain.

Sigle s DENV1, DENV2, DENV3, DENV4

dengue hémorragique l.f.

dengue haemorrhagic fever

Forme sévère d'infection par un virus de dengue.

→ dengue

Denhez (classification de) l.f.

Denhez’s classification

Classification échographique de la localisation du placenta prenant comme point de repère sa limite supérieure par rapport au fond utérin.
La classification est la suivante :
- groupe I : placenta dont la limite supérieure atteint ou dépasse le fond utérin,
- groupe II : placenta dont la limite supérieure est située entre la moitié et le fond de l'utérus,
- groupe III : placenta entièrement situé dans la moitié inférieure de l'utérus.

M. Denhez, gynécologue obstétricien français (1981)

déni n.m.

disavowal

Terme qui, dans le vocabulaire de S. Freud ("verleugnung"), est distingué de la dénégation ("verneinung"), et désigne le refus, pour se protéger de la menace de castration, d'admettre la réalité d'une perception traumatisante : l'absence de pénis chez la femme.
Le déni de la castration maternelle occupe une place centrale dans le complexe d’Œdipe. Il est destiné à être abandonné, sauf dans l'organisation de la structure perverse. Remarquons qu'il porte non sur une perception mais sur une perception absente. À côté du déni de la castration, Freud introduit le déni de la réalité ("verwerfung") pour rendre compte d'un mécanisme de la psychose, suivi de la reconstruction d'une néoréalité délirante. Il l'oppose au refoulement et à la dénégation ("verneinung") présents dans la névrose.

| page précédente | /950 | page suivante