Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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blastème métanéphrogénique l.m.

blastema metanephrogenicum

Partie du métanéphros développée aux dépens du mésoderme intermédiaire des régions lombale et sacrale.
Ce tissu initialement indifférencié, et donc de potentialités multiples, donnera naissance aux structures conjonctives mésenchymateuses (capsule rénale) puis plus tard aux structures épithéliales (néphrons ), parenchyme rénal sécréteur définitif ; ce blastème est secondairement pénétré par le bourgeon urétéral dont la ramification dichotomique est à l’origine du système excréteur. En de rares cas une partie de ce blastème peut proliférer sous forme néoplasique sous forme de néphroblastome.

Étym. gr. blastos : germe

Syn. blastème métanéphrogène, blastème rénal

→ blastème, néphroblastome, tumeur de blastème

[A4,O6,Q1]

Édit. 2017

blastocèle n.f.

blastocela (TE)

blastocele, blastocœle

Cavité apparaissant dans la morula au moment où elle pénètre dans la cavité utérine pour la nidation ; des liquides traversent la membrane pellucide et envahissent les espaces intercellulaires qui confluent pour former une cavité unique, le blastocèle.
Ces transformations se passent au cours des stades carnegie 4 et 5 ou des horizons IV et V de Streeter, stades de la blastula ou blastocyste. Les blastomères du groupe central de la morula se groupent à l’un des pôles du blastocyste pour former le bouton embryonnaire, tandis que les blastomères périphériques limitent le blastocèle, constituant le trophoblaste.

K. von Baer, Ritter, anatomiste et embryologiste russe (1828)

Étym. gr. blastos, germe ; kollos, cavité

Syn. blastocœle, cavité de segmentation, cavité de von Baer

→ morula, blastocyste, stades carnegie, horizons de Streeter, blastomère, blastula, blastocyste, bouton embryonnaire, trophoblaste

[A4, O6]

Édit. 2019

blastocœle n.f.

→ blastocèle

[A4,O6 ]

Édit. 2017

blastocyste n.m.

blastocyst

Chez les mammifères, l’œuf au stade de morula se creuse d'une cavité, le blastocèle, au moment de la nidation, à la fin de la première semaine.
C’est le stade blastula du développement de l’embryon (stades carnegie 4 et 5 ou horizons IV et V de Streeter).
Il succède à la morula (masse cellulaire muriforme issue de la division primaire du zygote et faite de plusieurs dizaines de cellules ou blastomères) à partir du 6ème jour et se présente comme une vésicule de 150 µm de diamètre environ formée d'une couche pariétale unique de cellules aplaties à l'origine du trophoblaste, le lécithocèle qui contient un amas de quelques cellules, le bouton embryonnaire, accolé à la face interne du trophoblaste. La partie de l'œuf qui contient la zone d'accolement est le pôle ou bouton embryonnaire : c'est toujours à son niveau que commence la pénétration de l'œuf dans l'endomètre au cours de la nidation.

Étym. gr. blastos : germe ; kustis : capsule,vessie

Syn. blastula

→ zygote, morula, blastocèle, blastomère

[A4,O6]

Édit. 2017

blastogénèse n.f.

blastogenesis (TE)
blastogenesis
Premiers stades du développement de l’embryon aboutissant à la formation du blastocyste.
Cette période correspond aux stades Carnegie 1 à 7 et aux horizons I à VIII de Streeter.
stades Carnegie vient de

G. L. Streeter, anatomiste et embryologiste américain (1942)

Étym. gr.blastos : germe ; genesis : stades Carnegie vient de Carnegie Institution of Washington

→ blastocyste, stades carnegie, horizons de Streeter

[A4,O6]

Édit. 2017

blastomère n.m.

blastomere

Chacune des cellules qui, par divisions successives, vont constituer la morula.
Le follicule ovarien fécondé subit une série de divisions mitotiques, passant par les stades à 2, 4 puis 8 blastomères qui forment une masse cellulaire lâche. Au 3ème jour postfécondation, stade carnegie 2, la division en 16 blastomères s’accompagne d’une compaction qui isole les cellules centrales des cellules périphériques. Les cellules centrales forment le bouton embryonnaire. Les cellules périphériques forment le trophoblaste qui entrera dans la constitution du placenta.

Étym. gr. blastos, germe ; meros, partie

→ morula, follicule ovarien, stade Carnegie 2, bouton embryonnaire, trophoblaste

[A4,O6]

Édit. 2017

blastula l.f.

blastula (TE)
blastula

→ blastocyste

[A4,O6]

Édit. 2017

bloc de la 21-hydroxylase l.m.

block of 21-hydroxylase

→ déficit en 21-hydroxylase, Wilkins (syndrome de), Debré-Fibiger (syndrome de), hyperplasie congénitale des surrénales

[O4]

Édit. 2017

bloc de la 3 bêta-hydroxystéroïde déshydrogénase l.m.

block of the 3β-hydroxysteroid dehydrogenase.

A. M. Bongiovanni, pédiatre américain (1962)

→ déficit en 3β-hydroxystéroïde déshydrogénase, Bongiovanni (syndrome de), hyperplasie congénitale des surrénales

[O4]

Édit. 2017

BMP-4 sigle angl. pour Bone Morphogenetic Protein 4

→ axes corporels embryonnaires (établissement des)

Édit. 2017

BNP sigle angl. pour Brain Natriuretic Peptide

Le BNP est un peptide circulant dans le plasma qui constitue actuellement le marqueur le plus sensible de l'insuffisance cardiaque et de la souffrance myocardique.
Sa dénomination (Brain Natriuretic Peptide, "peptide natriurétique du cerveau") est due au fait qu' il a été initialement découvert dans le cerveau de souris. En fait, il est produit essentiellement par le ventricule cardiaque lors de l'étirement des myocytes par une hypervolémie. Il augmente la diurèse et l'émimination urinaire du sodium, contribuant ainsi à l'équilibre hydro-électrique. Il est synthétisé à partir d'un précurseur inactif, le pro-BNP, qui est clivé en BNP actif et en NT proBNP (extrêmité N-terminale du proBNP). Le dosage du BNP (ou du NTproBNP) permet le diagnostic différentiel entre une dyspnée d'origine pulmonaire, où sa concentration plasmatique est normale, et une dyspnée d'origine cardiaque, où sa concentration est élevée. Il permet également le suivi thérapeutique et l'évaluation du pronostic chez les patients souffrant d'insuffisance cardiaque.

→ facteur atrial natriurétique

[C1, C2, K2, O4]

Édit. 2020

bois bandé l.m.

Étym. langage vernaculaire

→ muirapuama

[G3,M4]

Édit. 2017

Bongiovanni (syndrome de) l.m.

Affection très rare, secondaire à un déficit enzymatique de la 3 bêta-hydroxystéroïde déshydrogénase.
Elle est responsable d’une hyperplasie congénitale des surrénales, détermine un syndrome de perte de sel et un pseudohermaphrodisme. L’atteinte du développement génital n’est en effet patente que chez les garçons où est constatée l’atténuation des caractères sexuels masculins.

A. Bongiovanni, pédiatre américain (1962)

→ hyperplasie congénitale des surrénales

[O4]

Édit. 2020

Borrelia burgdorferi

Borrelia burgdorferi

Bactérie spiralée, mobile, de la famille des Spirochaetaceae, transmise à l’Homme par les tiques Ixodides et représentant l'un des agents responsables de la maladie de Lyme aux Etats-Unis et en Eurasie.
Elle est fréquemment en cause dans les tableaux avec prédominance des signes arthritiques. B. burgdorferi infecte les Cervidés, des rongeurs et de nombreux autres mammifères forestiers. Ses principaux vecteurs sont des tiques du genre Ixodes :
I. scapularis et I. pacificus aux Etats-Unis (respectivement à l'Est et à l'Ouest), I. ricinus en Europe et I. persulcatus en Asie tempérée.
 

W. Burgdorfer, bactériologiste américain (1982)

→ maladie de Lyme, borréliose, Borrelia, Spirochaetaceae, tique, Ixodes ricinus

[D1, D4, I1]

Édit. 2019

Borrelia duttoni

Borrelia duttoni

Bactérie spiralée de la famille des Spirochaetaceae, responsable, en Afrique et à Madagascar, d'une fièvre récurrente sporadique à tiques.
La borréliose à B. duttonii est caractérisée par sa longue incubation, le nombre élevé des récurrences avec paroxysmes assez brefs et la fréquence des complications oculaires. Elle peut s'avérer sévère, voire mortelle, chez les sujets non immuns. L'infection est suivie d'une immunité qui semble solide et très spécifique de la souche en cause.

Le vecteur de cette bactérie est la tique Ornithodoros moubata, répandu en Afrique sub-saharienne et à Madagascar et dont l'habitat est constitué par les terriers d'oryctérope, de Phacochère, de Porc-épic, mais on le trouve aussi dans les porcheries ou même dans le sol et les anfractuosités des murs des habitations humaines. La transmission se fait par la salive et par le liquide coxal ; une transmission verticale existe chez la tique qui apparaît comme le réservoir majeur de cette Borrelia. L'Homme parait être le seul vertébré infecté par B. duttonii.

→ borréliose, fièvre récurrente, Borrelia, fièvre récurrente sporadique à tiques, Borrelia, Ornithodoros, Ornithodoros moubata, Spirochaetaceae, tique

[D1, D4]

Édit. 2019

Borrelia recurrentis

Borrelia recurrentis

Bactérie spiralée de la famille des Spirochaetaceae, agent de la fièvre récurrente à poux, borréliose sévère, potentiellement cosmopolite, spécifique de l'Homme.
Cette borréliose est transmise par les poux de corps, lorsque l'hémolymphe de l'insecte, très riche en Borrelia, est répandue sur la peau lors d'un traumatisme du pou. Des foyers permanents existent dans les montagnes de l'Est africain (massif éthiopien), sans doute aussi dans certains pays andins et peut-être en Chine du Nord. A partir de ces foyers, peuvent se manifester, lorsque les conditions sont favorables (saison froide, états de guerre, de misère, etc.), des épidémies dans les régions voisines.

→ borréliose, fièvre récurrente, fièvre récurrente cosmopolite à poux, Borrelia, pou, Spirochaetaceae

[D1, D4]

Édit. 2019

borréliose n.f.

borreliosis

Maladie infectieuse due à une espèce bactérienne du genre Borrelia.
Les borrelioses humaines comprennent la maladie de Lyme (due à Borrelia burgdorferi et espèces proches) et les fièvres récurrentes (dues à diverses espèces de
Borrelia). Elles sont  transmises par des tiques et, dans le cas de B. recurrentis, par les poux. Ce sont des maladies zoonotiques, sévissant dans des foyers géographiquement limités, et dont les réservoirs sont constitués par des mammifères sauvages (hormis pour B. recurrentis).
 

A. Borrel, bactériologiste français (1867-1936)

→ Lyme (maladie de), fièvre récurrente, Borrelia burgdorferi, Borrelia recurrentis  Borrelia duttoni, Borrelia

[D1, D4]

Édit. 2019

BOR (syndrome) l.m. acr.pour branchio-otorénal

BOR syndrome, Melnick-Fraser’s syndrome

M. Melnick, médecin généticien américain (1976) ; F. C. Fraser, médecin généticien canadien (1978)

Syn. syndrome branchio-oto-rénal, syndrome de Melnick-Fraser

→ syndrome branchio-oto-rénal

[A4,O6,Q2]

Édit. 2018

bourgeons des membres l.m.

gemmae membrorum (TE)
limb buds
Les bourgeons des membres apparaissent à la fin de la 4ème semaine du développement de l’embryon.
Ils sont constitués d’un axe mésenchymateux qui dérive de la somatopleure et formera l’os et les parties molles du membre. Cet axe est recouvert d’un feuillet ectoblastique de cellules cuboïdes. L’extrémité du bourgeon s’épaissit pour former la crête ectoblastique apicale qui exerce une action inductive sur le mésenchyme sous-jacent. Le mésenchyme au contact de la crête reste indifférencié et prolifère tandis que les cellules proximales se différencient en cartilage et en muscle. Le développement du membre se poursuit de l’extrémité proximale à l’extrémité distale. A la 6ème semaine l’extrémité du bourgeon s’aplatit pour former les palettes des mains et des pieds séparées du segment proximal par un sillon. Un 2ème sillon va ensuite diviser cette palette proximale en deux segments.
Les malformations des membres sont extrêmement variées : amélie, méromélie, phocomélie, micromélie, polydactylie, ectrodactylie, syndactylie, pince de homard, pied bot varus équin, agénésie radiale, luxation congénitale de hanche.

→ amélie, méromélie, phocomélie, micromélie, polydactylie, ectrodactylie, syndactylie, pince de homard, pied bot varus équin, agénésie radiale, luxation congénitale de hanche

[A4,O6]

Édit. 2017

bourgeon du membre inférieur l.m.

gemma membri inferioris (TE)
lower limb bud, caudal limb bud
Le développement du bourgeon du membre inférieur suit le schéma général du développement du bourgeon des membres avec un à deux jours de retard sur le bourgeon du membre supérieur.
Il correspond aux somites C4 à T2. A la 7ème semaine il se produit une rotation à 90° en direction médiale qui amène les muscles extenseurs en situation antérieure et le gros orteil en position médiale.

→ bourgeons des membres

[A4,O6]

Édit. 2017

bourgeon du membre supérieur l.m.

gemma membri superioris (TE)
upper limb buds, rostral limb bud
Le développement du bourgeon du membre supérieur suit le schéma général du développement du bourgeon des membres avec un à deux jours d’avance sur le bourgeon du membre inférieur.
Il correspond aux somites L1 à S2. A la 7ème semaine il se produit une rotation à 90° en direction latérale qui amène les muscles extenseurs en situation postéro-latérale et le pouce en position latérale.

→ bourgeons des membres

[A4,O6]

Édit. 2017

bouton embryonnaire l.m.

embryoblast

Chez les mammifères, uniquement, épaississement cellulaire du pôle embryonnaire du blastocyste constitué de cellules dérivant de la division des blastomères au cours de la nidation, première semaine de la vie embryonnaire.
Il se dégage de la couronne trophoblastique par l'apparition de la cavité du blastocèle. Ses cellules se différencient au contact du trophoblaste en une couche profonde, l'endoblaste, et une couche superficielle, l'ectoblaste. Le bouton embryonnaire formera l'embryon et l'amnios.
 Les cellules souches embryonnaires sont dérivées du bouton embryonnaire.

Syn. embryoblaste

→ blastocyste, blastomère

[A4, O6]

Édit. 2019

Bowen (maladie de) l.f.

Bowen’s disease, dyskeratosis congenita

Affection chronique et fréquente du sujet âgé, pouvant se développer sur la peau et les muqueuses dont Bowen a reconnu la nature précancéreuse.
Pour certains, l'exposition solaire et la prise d'arsenic seraient des facteurs favorisants. Récemment, le virus HPV a été mis en évidence dans certaines lésions, en particulier HPV16. L'aspect clinique se caractérise sur la peau par une ou plusieurs plaques à contour arciforme recouvertes de squames et de croûtes.
La structure histologique est celle d'un carcinome intra-épithélial : l'étude au microscope révèle un épaississement de l'épiderme dont l'architecture est bouleversée avec différence de taille des cellules et des noyaux qui sont petits ou gros, irréguliers, difformes, hyperchromatiques, souvent monstrueux, et de nombreuses mitoses souvent atypiques, le terme « poïkilocarynose » (Darier) désignant l'ensemble de ces altérations nucléaires. La kératinisation précoce de kératinocytes isolés (dyskératose) est fréquente et conduit à la formation de corps ronds et de grains.
Sur les muqueuses génitales et éventuellement buccales, l'affection est une des causes de l'érythroplasie de Queyrat. Les lésions de la maladie de Bowen persistent indéfiniment. Après plusieurs années, elles peuvent toutefois donner lieu à un cancer pénétrant en profondeur et capable de métastaser : le carcinome de Bowen. Le traitement consiste en l'exérèse chirurgicale ou l'application locale de l'antimitotique 5-fluoro-uracile.

J. T. Bowen, dermatologiste américain (1912) ; L Queyrat, dermatologiste français (1911) ;  J. Darier, dermatologiste français, membre de l'Académie de médecine (1914)

Syn. carcinome intra-épidermique, carcinome in situ, dyskératose lenticulaire en disque (Darier, 1914, obsolète)

→ dyskératose congénitale de Zinsser-Engman-Cole, dyskératose congénitale de Scoggins, dyskératose héréditaire bénigne intra-épithéliale, Bowen (carcinome de), fluoro-uracile, HPV, carcinome intra-épithélial de la vulve, poïkilocarynose, dyskératose

[J1]

Édit. 2017

Brachmann-de Lange (syndrome de) l.m.

W. Brachmann, médecin généticien allemand (1916) ; Cornelia Catharina de Lange, pédiatre néerlandaise (1933)

→ Cornelia de Lange (syndrome de)

[A4,O6,Q2]

Édit. 2017

brachyclinodactylie n.f.

brachyclinodactylia

La brachyclinodactylie associe une brachydactylie à une inclinaison latérale des doigts.

Étym. gr. brakhus court ; daktulos doigt ; sun avec ; klinos incliné

→ syndactylie, brachydactylie, clinodactylie

[A4,I1,I2,O6,Q2,Q3]

Édit. 2017

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