puéricultrice n.f.
nanny
Infirmière spécialisée dans les soins du nouveau-né et de l’enfant jusqu’à 15 ans.
La spécialité exige une année supplémentaire de formation pour les infirmières diplômées d’Etat.
pulsions partielles l.f.p.
component, partial instincts
Dans le cadre d'une analyse génétique et structurale de la pulsion sexuelle par S. Freud, pulsions qui sont à l'œuvre chacune pour son propre compte dans la phase prégénitale du développement libidinal.
Elles se définissent par leur source, généralement un orifice du corps, et par leur but : pulsion orale, anale, voyeuriste, etc. L'activité sexuelle de l'enfant, comme celle du pervers, permet de les observer facilement. Leur destin normal est de s'unifier pour concourir ensemble à l'obtention de la satisfaction sexuelle.
pyélite striée l.f.
pyelitis striata
Au cours d'une urographie intraveineuse, image de plissement linéaire du bassinet pouvant se prolonger sur l'uretère.
Elle traduit un œdème de la muqueuse d'origine congestive. Chez l'enfant, elle peut être un signe indirect de reflux vésico-urétéral.
pyrgocéphalie n.f.
turicephaly, pyrgocephaly
Malformation crânienne due à la soudure précoce chez l’enfant des sutures sagittale et coronale.
Forme d’acrocéphalie , elle est caractérisée par un développement en hauteur de la région occipitale et un aplatissement latéral de la tête. Cette malformation est la cause la plus fréquente de craniosténose.
Étym. gr. pyrgos : tour ; kephalê : tête
Syn. acrocéphalie, turricéphalie, crâne en tour
quadriceps (fibrose du) l.f.
quadriceps contracture
Rétraction du muscle quadriceps entrainant une limitation de la flexion du genou, une position haute de la rotule avec subluxation.
La fibrose du quadriceps est une affection de l'enfant, la rétraction s'aggrave avec la croissance ; elle peut intéresser tous les chefs du muscle ou seulement le crural, le rectus femoris, le vastus lateralis. L'origine en est souvent iatrogène à la suite d'injection intramusculaire dans la cuisse de produits irritants et sclérosants ; c'est la plus fréquente des rétractions musculaires de ce type.
Syn. rétraction du quadriceps
quatrième maladie l.f.
Filatov-Dukes’ disease, fourth disease
Exanthème infectieux de l’enfant qui n’est pas une entité distincte, mais une variante probable de la nécrolyse épidermique staphylococcique ou de la scarlatine staphylococcique.
Il a été ainsi appelé parce qu’il n’entrait pas dans le cadre des trois grandes maladies érythémateuses : rougeole, rubéole, scarlatine.
N. F. Filatov, pédiatre russe (1883) ; C. Dukes, médecin britannique (1900)
Syn. rubéole scarlatiniforme
→ scarlatine, nécrolyse épidermique toxique de Lyell
quatrième ventricule l.f.
fourth ventricle
Cavité rhomboédrique située dans la partie centrale des étages bulbaire et protubérantiel, visible après avoir dégagé la face postérieure du tronc cérébral par section des trois paires de pédoncules cérébelleux, permettant de détacher le cervelet.
Le fond ou plancher apparait alors, ainsi que le toit ou membrana tectoria, elle-même recouverte par la toile choroïdienne et adhérente à la face antérieure du cervelet.
C'est par l'aqueduc de Sylvius que le quatrième ventricule communique avec le troisième ventricule, intracérébral, et que s'écoule le LCR. Ouverts dans le toit, les trous de Magendie et Luschka permettent la communication, donc une répartition entre deux secteurs : sous-arachnoïdien (115 cm3) et ventriculaire (25 cm3).
Évoluant surtout chez l'enfant, les tumeurs de cette région provoquent un blocage aigu du LCR et une hypertension intracrânienne, avec notamment violentes céphalées et hydrocéphalie.
quatrième ventricule (tumeur du) l.f.p.
fourth ventricle tumors
Tumeurs définies par leur topographie voisine de la cavité du rhombencéphale, surtout observées chez l'enfant.
Il s'agit d'épendymomes ou de papillomes du plexus choroïde, plus rarement de méningiomes ou de cholestéatomes.
→ épendymome, papillome du plexus choroïde, méningiome, cholestéatome
quotient intellectuel (QI) l.m.
intelligence quotient (IQ)
Indice statistique utilisé pour la cotation de tests mentaux, qui établit le rapport de l'âge mental d'un sujet à son âge réel.
À partir de 1905, à la demande du ministre de l'éducation publique, A. Binet, psychologue, avec l'aide de T. Simon, médecin, élabore une "échelle métrique de l'intelligence", destinée à étudier les moyens à employer pour assurer l'instruction primaire à tous les enfants anormaux et arriérés.
H. H. Goddard introduit en 1910 cette échelle aux États-Unis et W. Stern, psychologue, propose en 1912 que l'on divise l'âge mental de l'enfant par son âge chronologique, définissant par là-même le quotient intellectuel. Selon ses résultats, un sujet aura un âge mental inférieur, égal ou supérieur à son âge réel, ce qui donnera un QI inférieur, égal ou supérieur à 100. Ce mode de calcul permet de rendre compte du fait qu'un décalage d'un an n'a pas la même signification à 6 et à 12 ans. Mais une telle cotation n'est valable que pour la période de développement. L.M. Terman préconisera l'utilisation du QI en construisant une échelle dont la plupart des items sont empruntés à celle de Binet.
Divers autres procédés de présentation des résultats obtenus aux tests d'intelligence indiquent seulement le rang d'un sujet dans la population d'étalonnage. Ainsi en est-il des résultats exprimés en centiles (rang d'un individu sur une population de 100 sujets) ou des écarts par rapport à la moyenne. C'est ce dernier mode de cotation qui est le plus employé et qui est improprement désigné par le terme de QI. Par exemple, dans le test de Wechsler, le résultat s'exprime sous la forme d'une note (T) dont, par convention, la moyenne est de 100 et l'écart-type de 15. Sur cette échelle normalisée, une note de 130 ou au-dessus est obtenus par 2,2% de la population.
A. Binet, psychologue français et T. Simon, médecin et psychologue français (1904) ; H. H. Goddard, psychologue américain (1910) ; W. Stern, psychologue allemand (1912) ; L. M. Terman, psychologue américain (1916) ; D. Wechsler, psychologue américain (1939)
rabdomyosarcome orbitaire l.m.
orbital rhabdomyosarcoma
Tumeur rare de grande malignité, la plus fréquente des tumeurs de l'orbite chez l'enfant, qui se révèle par une exophtalmie unilatérale, non axile (tumeur extracônique), avec déviation de l'œil en sens opposé à celui de la tumeur, d'évolution brutale et dont l'aspect inflammatoire peut donner lieu à des erreurs de diagnostic.
Il s'agit d'une tumeur embryonnaire dont le pronostic dépend du degré de différenciation. Le diagnostic différentiel se fait avec le sarcome d'Ewing et le lymphome malin.
radio-induite (lésion) l.f.
induced by ionizing radiation (lesions)
Lésion provoquée par les radiations ionisantes.
De moins en moins fréquentes, ces lésions peuvent consister en :
- réaction inflammatoire passagère (épithélite, mucite)
- complications ou séquelles irréversibles (sclérose, lymphœdème, cataracte, ulcération, fistule, télangiectasies, néphrite, désunion de sutures, plexite, myélopathie, etc.); chez l'enfant, troubles de croissance du squelette et retard intellectuel
- plus tardivement, cancers ou leucémies apparus après des explosions atomiques (ex. Hiroshima, Nagasaki) ou après des catastrophes nucléaires (ex. Kysthym, Tchernobyl, Fukushima)
- atteintes diverses chez des malades ou chez des professionnels exposés à des excès de doses de radiations; d'où la nécessité de respecter les règles de radioprotection.
Syn. radiolésion
radiothérapie (complications nerveuses de la) l.f.p.
radiotherapy induced neurological lesions
Manifestations neurologiques aigües ou chroniques, précoces ou retardées, survenant après irradiation thérapeutique.
La tolérance du système nerveux aux radiations dépend de la dose totale reçue, de la dose et du nombre de chaque fraction, de la durée de la radiothérapie, du volume des zones irradiées et des facteurs propres au malade : âge, état vasculaire et général.
Sont décrites :
- des plexopathies, principalement brachiales et lombosacrées, après une latence de quelques mois à plusieurs dizaines d'années ;
- des atteintes des nerfs périphériques, surtout des nerfs crâniens (optique, auditif, dernières paires), parfois de troncs des membres comme le nerf crural ;
- des myélopathies, avec pour forme la plus habituelle la myélopathie post-radiothérapique chronique tardive progressive, sinon à type de myélopathie motrice pure, myélopathie aigüe (très rare), myélopathie aigüe transitoire, myélopathie chronique stabilisée ;
- des complications cérébrales avec œdème radique en période d'irradiation, encéphalopathie précoce réversible, leucoencéphalopathie nécrosante précoce, radionécrose cérébrale tardive, artériopathie cérébrale, atrophie post-radique. Ont été également signalés une insuffisance hypothalamo-hypophysaire chez l'enfant, des calcifications post-radiques, des tumeurs gliales ou méningiomes, voire des fibrosarcomes.
Le plus souvent palliatif, le traitement est peu efficace. Reste la prévention, nécessairement limitée du fait des objectifs visés, si souvent vitaux. Elle repose sur la meilleure technique radiothérapique possible en fonction de chaque cas
→ artériopathie radique, radique (plexopathie)
Raman (analyseur de gaz par effet) l.m.
gaz analyser by Raman effect
Lors du passage d'un faisceau monochromatique (produit par un laser) à travers le milieu à analyser, la lumière diffusée présente un spectre de raies caractéristique des molécules polyatomiques rencontrées ce qui permet leur dosage de façon sélective.
L'effet Raman n'affecte pas les molécules sphéroïdales, notamment celles des gaz rares qui sont monoatomiques.
Ces analyseurs sont utilisés pour doser le gaz carbonique, l'oxygène, l'azote, l'hydrogène, l'oxyde nitreux et toutes les vapeurs anesthésiques, mais étant donné le petit volume courant chez le jeune enfant, ces appareils sont peu précis et peu utilisables en pédiatrie.
C. V. Raman, Sir, physicien indien, prix Nobel de physique en 1930 (1928)
→ analyseur de gaz, mesure (appareil de), monitorage
[B3]
Édit. 2018
Rang (lésion de) l.f.
Rang's lesion
Lésion traumatique de la virole périchondrale d'un cartilage de conjugaison, d'un enfant en cours de croissance, pouvant entraîner une épiphysiodèse périphérique.
Cette lésion a été décrite comme type VI de la classification des traumatismes du cartilage de conjugaison de Salter et Harris (qui en comprend cinq).
M. Rang, chirurgien orthopédiste pédiatrique britannique (1968)
rapport corticodiaphysaire l.m.
cortico medullary ratio
Rapport de la somme de l'épaisseur des deux corticales sur la largeur totale de l'os, mesurées à mi-hauteur de la diaphyse.
Cette mesure, réalisée le plus souvent sur le tibia, donne une évaluation du degré de minéralisation osseuse : à l'état normal, ce rapport est voisin de 0,5 chez l'enfant après 18 mois et le demeure jusqu'à 50 ans.
Syn. index corticomédullaire
rapt d'un enfant l.m.
kidnapping, rape of a child
1. Enlèvement illégal concernant généralement de tout-petits enfants, effectué par une femme souffrant de carence maternelle et parfois psychotique.
Ces conduites sont évidemment sans lien avec celles comportant une demande de rançon.
2. Plus fréquemment, enlèvement d'enfant aboutissant à un viol pédophile et/ou à un meurtre, commis par des marginaux dont le profil psychique est encore insuffisamment connu.
Rashkind (atrioseptostomie de) l.f.
Rashkind atrioseptopexy
Technique de cardiologie interventionnelle destinée à créer une communication interauriculaire aussi large que possible, pour augmenter le mélange sanguin.
Elle s’adresse à de très jeunes enfants porteurs d’une cardiopathie congénitale cyanogène menaçant leur vie, et qui ne peuvent, ou ne peuvent pas encore bénéficier d’une correction complète.
L’opération consiste à introduire par voie veineuse et à pousser dans l’oreillette gauche à travers le foramen ovale une sonde munie d’un ballonnet dont le gonflement puis l’extraction brusque provoque une déchirure large du septum interauriculaire ; l’augmentation ainsi obtenue du mélange sanguin à l’étage auriculaire et l’amélioration consécutive de l’oxygénation de l’enfant, lui permettent d’attendre la correction chirurgicale complète, si elle est possible.
W. J. Rashkind, pédiatre cardiologue américain (1971)
→ cardiologie interventionnelle, communication interauriculaire, cardiopathie cyanogène
[K2, K3, O1]
Édit. 2018
reconnaissance de paternité 1.f.
acknowledgement of paternity
Acte par lequel une personne reconnaît être le père d'un enfant.
reconnaissance volontaire d'un enfant naturel l.f.
volontary acknowledgement of a natural child
Terme juridique découlant d'une reconnaissance de paternité pour un enfant qui sans cette formalité serait déclaré de «père inconnu».
réflexe oculocardiaque l.m.
oculo-cardiac reflex
Réponse normale à la compression des globes oculaires par une bradycardie inférieure à 50 pulsations/min, et une baisse momentanée et discrète de la pression artérielle.
Dans de rares cas, les troubles du rythme peuvent aller jusqu'à l'arrêt du cœur lors de la compression du globe oculaire, de la traction sur les muscles oculaires extrinsèques ou de l'augmentation de la pression intra-orbitaire (p. ex. lors d'un hématome ou d'une injection anesthésique).
Ce réflexe, qui est un des témoins de l’activité vago-sympathique et peut être pathologiquement exagéré ou inversé, est analogue à d'autres reflexes à point de départ céphalique (réflexe oculorespiratoire) réflexe blépharocardiaque par traction sur les paupières, réflexe trigéminovagal, réflexe de plongée) qui ont les mêmes voies nerveuses ou "afférentes" : mécanorécepteurs périphériques situés au niveau du contenu orbitaire, fibres afférentes passant par les nerfs ciliaires courts et longs, ganglion ciliaire, branche ophtalmique du nerf trijumeau, ganglion de Gasser et noyau sensitif du trijumeau. Des fibres internucléaires de la substance réticulée se projettent sur le noyau moteur du pneumogastrique. La voie efférente passe par le nerf vague, atteint le cœur et inhibe la dépolarisation spontanée du nœud sinusal.
Deux mécanismes déclenchent le réflexe oculocardiaque : 1) la traction sur les muscles met en jeu les mécano- et propriocepteurs, l'action dure peu de temps ; 2) la stimulation des structures intra-orbitaires, l'action peut être plus longue. Différents facteurs favorisent l'apparition du réflexe : la chirurgie du strabisme et celle du décollement de la rétine, le jeune âge, l'anxiété, le contact de l'œil avec une solution froide. Même la stimulation d'un orbite vide peut déclencher le réflexe. Son apparition est moins fréquente si la traction est douce. Il n'est pas exagéré par divers stimulus vagaux (manœuvre de Valsalva, massage du sinus carotidien) et la survenue d'un réflexe oculocardiaque n'indique pas nécessairement un tonus vagal exagéré à l'état normal. En anesthésie, le réflexe est plus fréquent avec le vérocuronium ou l'atracurium qu'avec le pancuronium.
Ce réflexe peut être la cause de complications en chirurgie de l'œil. En chirurgie du strabisme chez l'enfant, une prévention assez efficace peut se faire par injection sous-conjonctivale de lidocaïne. L'intraveineuse agit en 80 secondes environ.
Réflexe décrit par Aschner et Dagnini.
B. Aschner, gynécologue autrichien (1908) ; G. Dagnini, médecin cardiologue italien (1908)
regard préférentiel l.m.
preferential looking
Technique utilisée pour déterminer la perception de sujets préverbaux, particulièrement des nourrissons.
Elle consiste à observer la direction du regard de l'enfant qui se porte sur le stimulus qu'il détecte ou sur le stimulus qu'il préfère, quand plusieurs sont mis en concurrence.
→ Bébé Vision Tropique, BVT, carte d'acuité
régime cétogène l.m.
ketogenic diet
Régime déséquilibré, pauvre en protides et en glucides, très riche en graisses, proposé comme traitement de certaines épilepsies rebelles, en particulier chez l'enfant.
Son efficacité a été démontrée à court terme. Son mode d'action reste obscur
relation symbiotique l.f.
symbiotic relationship
En psychiatrie, relation de type mère-enfant (M. Mahler) visant à une réorganisation du moi psychotique, surtout dans les états schizophréniques.
L'image de la mère doit être vécue comme suffisamment bonne (D. Winnicott). Le thérapeute fonctionne aussi comme représentant de la réalité (P. Federn).
Margaret Mahler, psychiatre et psychanalyste d’enfants américaine d’origine hongroise (1900-1985) ; D. Winnicot, pédiatre et psychanalyste britannique (1896-1971) ; P. Federn, psychanalyste américain d’origine autrichienne (1871-1950)
remédiation cognitive l.f.
cognitive remediation
Thérapeutique qui vise à restaurer un déficit cognitif existant au cours de l’évolution d’un désordre psychique.
A terme l’objectif est d’améliorer le bien-être du sujet, sa réinsertion et ses capacités d’autonomie dans la vie quotidienne. Le déficit cognitif peut concerner des domaines aussi larges que les capacités attentionnelles, la mémoire, la planification, ou les fonctions motrices et la coordination. Les méthodes utilisées sont inspirées de techniques et paradigmes neuropsychologiques. Elles peuvent être informatisées ou sur papier-crayon, individuelles ou groupales. La remédiation cognitive doit être débutée après un bilan neuropsychologique initial approfondi et doit idéalement prévoir un bilan en fin de programme ou à distance afin d’attester des progrès réalisés et du maintien à long terme de ces progrès. En pathologie mentale cette méthode est utilisée dans la schizophrénie, l’anorexie mentale ; des élaborations sont en cours dans les troubles bipolaires, et chez l’enfant dans les troubles autistiques et le déficit de l’attention. La remédiation cognitive fait partie des thérapies psychosociales que l’on propose en parallèle au traitement chimiothérapique et doit s’inscrire dans un parcours de vie qui conduit à une meilleure autonomie ou à un progrès dans l’insertion du sujet dans la société.
Étym. lat. medicare : soigner ; cognoscere : connaître
résilience n.f.
Capacité d'un individu à gérer efficacement les émotions lors d'une situation d'adversité et à s'enrichir de nouvelles compétences à partir de cette situation.
Terme que la psychologie a emprunté à la physique : capacité d'un corps à résister à une contrainte physique. Alain Rey a donné une excellente étude sémantique de ce terme complexe : « Comme ce qu’il exprime, résilience est un mot à ressort. Son origine latine est très claire : resilire, qui a produit notre verbe résilier, est un composé du latin salire « sauter », re-indiquant un mouvement vers l’arrière. D’où le sens pris par le verbe latin en droit, au Moyen Age : « Se rétracter, se dégager en se libérant d’un contrat ». Cependant, le participe passé de ce verbe, resiliens, est absorbé au XVIIIe siècle par la langue anglaise qui retient du « saut » l’idée de réaction après un choc. La notion de résilience, dans la langue de Shakespeare, passe du rebond à un indice de résistance au choc dont la définition technique fait appel à une énergie cinétique cause de rupture dans son rapport à la surface. Quand ce terme passe en français, au début du XXe siècle, résilience peut rimer avec résistance, bien que sauter [salire] n’ait rien à voir avec se tenir droit [stare]. A l’opposé de la résiliation, « qui abandonne », la résilience célébrée en psychologie par Boris Cyrulnik est un dynamisme, une aptitude heureuse. Il s’agit, après les coups et les chocs affectifs de surmonter, réagir, rebondir. La résilience, réaction vitale lorsqu’elle ne concerne plus les métaux mais les êtres vivants, évoque une sorte d’immunologie psychique ».
Alain Rey a donné une excellente étude sémantique de ce terme complexe : « Comme ce qu’il exprime,résilience est un mot à ressort. Son origine loris Cyrulnik, psychiatre et psychanalyste français (né en 1937) - La Résilience ou Comment renaître de sa souffrance, éd. Fabert, collection « Penser le monde de l'enfant », Paris, 2004
Alain Rey, auteur du Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert - in bulletin de l’Ordre des Médecins – septembre 2006
Emmy Werner, psychologue américaine (1954) et Ruth S.Smith, psychologue clinicienne américaine - Overcoming the Odds. High Risk Children from Birth to Adulthood Cornell University Press, Ithaca-London (1992)
Étym. lat. resilio : résister, rebondir
Réf. E. Werner et R. S. Smith, - Overcoming the Odds. High Risk Children from Birth to Adulthood,
Cornell University Press, Ithaca-London (1992)
Cyrulik B. : La Résilience ou Comment renaître de sa souffrance
Paris, éd. Fabert, collection "Penser le monde de l'enfant", 2004
A. Rey, Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert - in bulletin de l’Ordre des Médecins – septembre 2006