Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Machupo (fièvre de) l.f. 

Machupo fever

Fièvre hémorragique identifiée en Bolivie, due à un Arena virus, transmis par l'urine de rongeurs infectés.
L'atteinte du foie (hépatite anictérique ou nécrose massive) porte sur le système des phagocytes mononucléés plus que sur les hépatocytes.

MAG acr. angl. pour Myelin Associated Glycoprotein

Premier déterminant antigénique des IgM monoclonales, caractérisé lors des neuropathies démyélinisantes.
Cette protéine est un constituant spécifique de la myéline périphérique et centrale, qui prédomine néanmoins dans le système nerveux central. Elle est localisée dans la région périaxonale et dans les zones de myéline non compacte, jouant un rôle fondamental dans les interactions survenant entre le neurone et la cellule gliale. Des anticorps antiMAG peuvent être détectés dans le sérum de patients présentant une neuropathie périphérique et une dysglobulinémie IgM monoclonale. Il s'agit d'un des mécanismes possibles d'atteinte du nerf périphérique au cours des dysglobulinémies IgM monoclonales.

→ glycoprotéine associée à la myéline

[C1,C3,H1]

Édit. 2018

magnésium n.m.

magnesium

Élément de numéro atomique 12, et de masse 24,3. Métal d'aspect brillant, ductile, qui s'oxyde à l'air et brûle en produisant une flamme éblouissante.
Il se combine aisément avec les métalloïdes ; il décompose l'eau à 70° C. Il est très utilisé dans l'industrie. Très répandu dans la nature, dans divers minerais, dans l'eau de mer, dans des eaux minérales, il est un constituant important des végétaux, entrant notamment dans la composition de la chlorophylle. Il a un rôle physiologique comme activateur ou cofacteur de nombreux systèmes enzymatiques, en particulier des réactions où intervient l'ATP. Sa carence se traduit par une hyperexcitabilité musculaire et des convulsions. Un excès de magnésium peut provoquer une dépression du système nerveux central et une perturbation de la transmission nerveuse périphérique.

Étym. gr. ou lat. magnes : aimant (la magnésioferrite, oxyde de fer et de magnésium, d'où on peut obtenir de la magnésie, étant très magnétique)

Symb. Mg

magnétoencéphalographie (MEG) n.f.

Technique de mesure des champs magnétiques induits par l'activité électrique des neurones du cerveau, non encore entrée en routine clinique, utilisée actuellement surtout lors du bilan préopératoire des épilepsies et pour la recherche en neurosciences.
La magnétoencéphalographie s'intéresse aux champs magnétiques infiniment petits émis par le fonctionnement des neurones. Cent à trois-cent capteurs extrêmement sensibles, refroidis à l'hélium à moins 260°C, sont disposés autour de la tête du patient dans une salle isolée magnétiquement. Les signaux sont recueillis par un ordinateur qui traite les informations et dresse des cartes du cerveau avec une précision temporelle d'un millième de seconde. Cette technologie est sans danger.
La MEG, extrêmement sensible, mesure les très faibles champs magnétiques produits par l'activité électromagnétique des neurones. Le système permet aux chercheurs de mesurer l'activité cérébrale dans le temps et d'établir quand, où, et comment le cerveau nous confère la sensation, la perception, la mémoire, le langage, la pensée, les processus de décision, et le contrôle des actions.
Les données MEG peuvent être combinées avec les données anatomiques de l’IRM, l’IRM fonctionnelle et même l’EEG simultanément enregistrées, pour fournir une analyse spatio-temporelle de l'activité cérébrale encore plus complète.

D. Le Bihan, neuroscientifique, membre de l'Académie de médecine (2014)

Réf. . 1 - D. Le Bihan, directeur du NeuroSpin (CEA de Saclay) - Film présenté dans le cadre de l'exposition permanente C3RVE34U, l'expo neuroludique, à la Cité des sciences et de l'industrie - date de diffusion : 29/10/2014 2 Site web du Consortium Magnétoencéphalographie Canada -
Site web du Laboratoire MEG de l'Université de Montréal -  mise-à-jour du 11 février, 2011.

→ connectivité fonctionnelle, IRM fonctionnelle? B0 (champ magnétique), électroencéphalogramme

[B2, B3, H1]

Édit. 2018

magnosystème n.m.

magnosystem

Partie du système visuel empruntant la voie magnocellulaire du corps géniculé latéral, particulièrement dévolue au traitement des signaux de contraste et de mouvement.
Les cellules de la voie magnocellulaire sont particulièrement sensibles aux hautes fréquences temporelles (papillotement) et aux contrastes inférieurs à 8%.

Étym. lat : magnus : grand ; gr. sustêma : ensemble

Mahaim (fibres de) l.f.p.

Fibres myocardiques anormales et inconstantes possédant la capacité de conduire la stimulation auriculoventriculaire qui représentent, quand elles existent, une des voies de conduction accessoires doublant le système hissien normal et sont responsables de certains troubles du rythme cardiaque.

I. B. Mahaim, médecin cardiologue suisse (1937)

maîtrise des coûts l.f.

cost control

Dans le domaine des soins médicaux, contrôle que s’efforcent d’assurer les organismes d’assurance maladie sur les prix des fournitures et des services  qu’ils prennent en charge.
Les organismes publics peuvent agir directement par des règlementations sur les prix des médicaments, le montant des honoraires, etc. Lorsque coexistent un exercice libéral de la médecine et un système de soins publics, la modulation des prises en charge peut contribuer à la maîtrise des coûts par le jeu des concurrences.

→ maîtrise des dépenses

maladie de Erdheim–Chester l.f.

Erdheim Chester's syndrome

Forme très rare d'histiocytose non langerhansienne associant des xanthomes cutanés et un épaississement de la corticale des os des jambes plus ou moins douloureux.
Les xanthomes cutanés de localisation souvent périorbitaire et palpébrale réalisent une lésion surélevée, jaune orangée, indurée qui peut aller des paupières à la graisse orbitaire, aux muscles oculomoteurs ou à la glande lacrymale et s'ulcérer. On peut observer une exophtalmie bilatérale symétrique indolore.
La forme multicentrique est caractérisée pard une infiltration xanthogranulomateuse des organes profonds (avec parfois envahissement pseudotumoral du médiastin et de la région rétropéritonéale et hépatomégalie) et du système nerveux central. L’évolution est chronique avec parfois des localisations cardiaques, pulmonaires et un diabète insipide. Le pronostic à moyen terme est mauvais mais moins sévère dans les formes survenant après 45 ans.
Des xanthogranulomes de localisation palpébrale ont été décrits chez des patients souffrant d'asthme sévère et rapprochés du syndrome d'Erdheim-Chester.

J. Erdheim, anatomopathologiste autrichien (1874-1937) et W. Chester, anatomopathologiste américain (1930)

Syn. xanthogranulome nécrobiotique

→ histiocytose, xanthome, xanthogranulome nécrobiotique, BRAF gene

[F1, J1, I]

Édit. 2020

maladie de la ferroportine l.f.

ferroportin disease

Hémochromatose liée à des mutations autosomales dominantes du gène SLC40A1 (Solute Carrier family 40 member 1) en 2q32, codant pour la ferroportine.
Ces mutations ne permettent plus l’action de la ferroportine qui intervient normalement dans la sortie du fer des cellules (entérocytes, macrophages de la rate et du foie, hépatocyte) ; il y a surcharge cellulaire en fer. La ferritinémie est élevée, supérieure à 1000 μg/L. Deux phénotypes principaux sont observés :
- le type A où le fer sérique est normal ou bas et le coefficient de saturation de la transferrine normal ; il est souvent asymptomatique et de pronostic favorable ; les mutations en cause agissent par altération de l’export de la ferroportine. La surcharge en fer se développe par défaut de sortie cellulaire du fer. Ceci explique que le taux plasmatique du fer soit normal ou bas. L’activité ferroportine étant particulièrement exprimée au niveau du système réticuloendothélial c’est une surcharge à dominante macrophagique. La surcharge en fer visible au niveau de la rate sur l’IRM est un argument pour la maladie de la ferroportine de type A.
- le type B à fer sérique élevé et coefficient de saturation de la transferrine élevé. Le tableau clinique est voisin des autres formes d’hémochromatose.

Syn. hémochromatose de type 4, hémochromatose HFE 4

→ hémochromatose génétique (mutations responsables de l')

[L1]

Édit. 2018

maladie des histiocytes bleu de mer l.f.

sea-blue histiocyte disease

Maladie caractérisée par une hépato-splénomégalie, une thrombocytopénie, et des histiocytes avec granules colorés au Giemsa bleu de mer dans la moelle osseuse.
La rate et le système nerveux sont surchargés en céroïdes. On peut trouver une infiltration pulmonaire et pour les yeux une ophtalmoplégie supranucléaire. Il s'agit d'un défaut métabolique analogue à celui de la maladie de Niemann-Pick, cependant l'affection est bénigne. Les hétérozygotes peuvent aussi présenter des histiocytes bleu de mer. L’affection est autosomique récessive (MIM 269600).
Édit. 2015

P. Holland, pédiatre américain (1965) ; M. N. Silverstein, biochimiste américain (1970)

Syn. histiocytose bleu de mer, Silverstein (maladie de)

[F1,L1]

maladie lysosomique de surcharge l.f.p.

lysosomal storage disease

Maladie héréditaire due à des déficits d'activité des enzymes hydrolytiques des lysosomes.
Ces enzymes qui assurent normalement la dégradation et donc le renouvellement des macromolécules de l’organisme, présentent la particularité d’avoir un pH optimum d'action bas et pour cette raison sont également connus sous le nom d’hydrolases acides. La perte d'activité de l'un de ces enzymes conduit à l'accumulation à l’intérieur des lysosomes du substrat correspondant, à l'augmentation de volume de ces organites et à des déformations cellulaires caractéristiques (cellules dites de surcharge).
Les deux groupes principaux de maladies lysosomiques de surcharge sont les sphingolipidoses et les mucopolysaccharidoses. La gravité de ces maladies est due à l'atteinte fréquente et irréversible du système nerveux central.

Étym. gr. lusis : action de délier, dissolution : sôma : corps

→ lysosome, sphingolipidose, mucopolysaccharidose

maladies inflammatoires chroniques de l'intestin l.f.p.

inflammatory bowel disease

Regroupement des deux maladies inflammatoires du tube digestif : la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.
Elles se caractérisent par des lésions inflammatoires  ulcéreuses pouvant atteindre tout le tractus digestif pour la maladie de Crohn et par la localisation au colon et au rectum pour la rectocolite hémorragique. En France l’incidence serait d’environ 5000 par an et la prévalence d’environ 200.000. Les troubles peuvent survenir dans l’enfance (15%), plus souvent entre 20 et 30 ans : douleurs abdominales, diarrhée pouvant être hémorragique, rectorragie, vomissements, perte de poids. Des poussées, souvent fébriles, sont séparées par des périodes de rémission. L’endoscopie digestive avec prélèvements biopsiques permettent le diagnostic. Des complications peuvent survenir : occlusion intestinale, perforation et cancérisation et des  manifestations périphériques  peuvent se voir en cours d’évolution (arthrite inflammatoire). Ces affections semblent liées à une perturbation du système immunitaire avec des gènes de prédisposition et pourraient être favorisées par des facteurs environnementaux.

B. B. Crohn, gastro-entérologue américain (1932)

Sigle MICI

→ Crohn (maladie de), rectocolite hémorragique

malignité (stade de) l.m.

stage of malignancy

Evaluation de l'étendue d'un processus cancéreux, tenant compte des données macroscopiques et cliniques et non du grade histologique de la tumeur, fondée sur la combinaison, TNM, de trois éléments d'appréciation : la taille et l'extension de la tumeur primitive, T ; la présence et l'extension des métastases ganglionnaires, N ; et la présence de métastases à distance, M.
Pour certains organes, il a été proposé une évaluation particulière du stade de malignité : classification de Dukes des cancers rectocoliques, de Gleason des adénocarcinomes prostatiques, système FIGO des cancers gynécologiques, etc.

Étym. lat. malignus : méchant

→ grade de malignité, stadage

mammographe n.m.

mammograph

Appareil de radiologie destiné à pratiquer exclusivement des mammographies.
La technique de la mammographie nécessite un générateur spécifique à bas kilovoltage (26 à 31 kV), couplé à un tube radiogène approprié (anode et filtre en molybdène) ainsi que l'utilisation de film monocouche avec écrans renforçateurs ou d’écrans radioluminescents à mémoire. L'appareil comporte un système de contention et de compression du sein.

Étym. lat. mamma : mammelle ; gr. graphein : écrire

Syn. mastographe (peu usité)

Marshall (veine oblique de) l.f.

Élément du système veineux coronaire de l’embryon, normalement oblitéré à la naissance mais dont le reliquat soulève un petit repli de la séreuse péricardique à l’entrée du sinus de Theile et appelé pli vestigial.

J. Marshall, chirurgien et anatomiste britannique (1850)

masquage n.m.

masking

Modification apportée à la perception d’un son lors de l’adjonction d’un second stimulus.
On distingue différents types de masquage : le masquage simultané où les deux sons, le son test et le son masquant sont émis simultanément, et le masquage résiduel où le son masquant précède le son test. Les composantes fréquentielles du son masquant, effectivement masquantes, sont celles les plus proches de la fréquence du son test. La bande passante effectivement masquante est nommée « bande critique ». Elle est d’environ 100 Hertz pour les fréquences du son test inférieures à 500 Hertz, tandis que pour les fréquences du son test supérieures à 500 Hertz ; elle augmente en fonction de la fréquence du son test. L’origine de ce phénomène de masquage est essentiellement endocochléaire. Il explique la nécessité d’étudier le système auditif en audiologie dans le silence (cabine audiométrique).

H. Fletcher, physicien américain (1940)

Étym. bas lat. masca ; ital. maschera :  masque ; peut-être racine prélat. :  mask…: noir

→ audiométrie, décibel

masturbation n.f.

masturbation

Pratique dans les deux sexes qui consiste, pour une personne, à provoquer le plaisir sexuel d'elle-même ou d'une autre personne par l'excitation manuelle ou mécanique des parties génitales.
Le temps est lointain où cette habitude, pourtant quasi constante chez le garçon (91%) et fréquente chez la fille (60%), était considérée comme pathologique, honteuse et pourvoyeuse de toutes les affections d'étiologie indéterminée. Condamnée par les églises comme perversion sexuelle, elle est un des prétextes de l'opposition à la pratique des spermogrammes ou des procréations médicalement assistées.
Chez le garçon, la masturbation a un rôle d'évacuation des vésicules séminales, suppléant en quelque sorte aux pollutions nocturnes.
L'absence totale de masturbation à l'adolescence du garçon est parfois liée à “l’ascétisme de la puberté", qui peut faire problème. A contrario, une masturbation effrénée ne doit pas être considérée comme normale. La masturbation est une étape vers une maturation sexuelle et affective. Si elle persiste au-delà d'un certain âge, on peut envisager un malaise névrotique qui peut être le fait d'un système obsessionnel.

Étym. lat. masturbatio  de manus : main et stuprare : souiller

matériovigilance n.f.

device vigilance

Système de surveillance des incidents ou des risques d'incidents résultant de l'utilisation des dispositifs médicaux (Décret 96/32 du 15-1-96 concernant les dispositifs médicaux après leur mise sur le marché. Code de la santé publique art. R5212-1).
Elle est organisée à partir d'une Commission de matériovigilance au Ministère de la santé qui comprend 8 sous-commissions techniques. A l'échelon des utilisateurs cette commission est représentée par un correspondant local (un par établissement de santé) auquel les utilisateurs doivent signaler les incidents et même les risques d'incidents. De lourdes sanctions pénales peuvent frapper l'abstention de déclaration (Loi du 18 - 1 - 1994).

→ mise en service, sécurité et performance (exigences)

médecine n.f.

medicine

Discipline dont l’objet est le secours de la vie, le soulagement et la prévention de toutes les souffrances physiques ou mentales de la personne humaine, depuis sa conception jusqu’à sa mort.
L’exercice de la médecine fait appel à de nombreux moyens médicamenteux et chirurgicaux, à de multiples procédés d’investigation, qui doivent être adaptés aux attentes de celui qui souffre, assortis d’explications, pratiqués dans le respect de ses croyances et valeurs. En toutes circonstances, les besoins du patient doivent être pris en compte de façon globale.
Les connaissances des causes de nombreuses maladies offrent la possibilité de proposer aux personnes en bonne santé, des moyens de dépistage précoce, de préventions hygiéno-diététique et vaccinale auxquelles s’ajoutent des missions sociales telles que la médecine du travail et la lutte contre les addictions.
L’exercice de la médecine nécessite les diplômes prévus par l’article L 4131-1 du code de la santé publique et l’inscription au tableau du conseil départemental de l’Ordre des médecins. A côté des médecins, dont les activités peuvent être spécialisées, il existe d’autres acteurs de santé qui sont les chirurgiens-dentistes, les sages-femmes et les infirmiers.
Les coûts de la médecine ont conduit à l’organisation de l’assurance maladie, système national de solidarité et de répartition, complété par les mutuelles, dites « complémentaires santé ».

Étym. lat. medicus ; de la racine indo-européenne med- : mesurer, prescrire des mesures

→ maladie, médecin, médecine d'urgence, classification des maladies, nosologie, prévention, vaccin, sécurité sociale, mutuelle, Ordre des médecins, chirurgien-dentiste, sage-femme, infirmier

médecine de caisse l.f.

Système de soins dans lequel la dispense des soins et l’activité des médecins seraient totalement contrôlées, dans leurs modalités et leurs prescriptions, par les organismes de protection sociale.
La médecine de caisse s’opposerait à la médecine libérale par la tarification des honoraires, par l’obligation pour les malades de ne consulter que les médecins au service des caisses, par des entraves à la liberté de prescription, etc.
Locution familière sans signification administrative.

médicament n.m.

drug,  medicine

1) Selon la définition du Code de la santé publique (art. L 511) « toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l‘égard des maladies humaines ou animales, ainsi que de tout produit pouvant être administré à l’homme ou à l’animal, en vue de d’établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions organiques. »
2) Selon la conception anglo-saxonne, substance exerçant des effets pharmacologiques applicables à un traitement thérapeutique.
3) Dans le langage pharmaceutique strict, un médicament est le produit terminé contenant le ou les principes actifs accompagné(s) des substances complémentaires (adjuvants en particulier), présenté sous une forme pharmaceutique définie (comprimés, gélules, capsules, sachets, ampoule de solutions...) qui est disposée le plus souvent dans des plaquettes thermosoudées (blister en anglais) et introduite dans un emballage (conditionnement externe, contenant une notice d’utilisation).
Dans le langage courant, sous le nom de médicament, on a tendance à désigner soit ce produit terminé prêt à l’emploi, soit le principe actif.
Sont concernés par cette définition les spécialités pharmaceutiques préparées à l’avance et présentées sous un conditionnement particulier, y compris les produits génériques, les préparations hospitalières faites sur prescription médicale dans la pharmacie à usage intérieur d’un établissement de santé, les préparations officinales réalisées dans des officines ayant reçu autorisation spéciale de cette fabrication, des produits dérivés du sang humain ou du plasma humain et, selon la décision de l’OMS (1992), toute substance entrant dans la composition d’un produit pharmaceutique et destinée à modifier ou explorer un système physiologique.
La dispensation et la vente des médicaments sont réservés aux pharmaciens.
Les médicaments vétérinaires sont soumis à des dispositions spéciales (chapitre du titre II du Code de la santé publique.
Les produits utilisés pour la désinfection des locaux et pour la prothèse dentaire ne sont pas considérés comme des médicaments.    
drug allergy

Étym. lat. medicamentum :  médicament, poison.

→ allergie aux médicaments

médicaments anticancéreux (effets secondaires neurologiques des) l.m.p.

neurologic side-effects of antimitotic drugs

Complications neurologiques fréquentes et le plus souvent dose-dépendantes des médications antitumorales, qui doivent faire l'objet d'une surveillance attentive.
Non spécifiques, les tableaux cliniques centraux réalisent : des encéphalopathies aigües (surtout méthotrexate intraveineux ou intrathécal, mais aussi cisplatine, vincristine, procarbazine, 5-fluorouracile, cytosine arabinoside, nitrosurée, ifosfamide, tamoxifène, etc.) ; des atteintes pseudovasculaires (méthotrexate principalement, cisplatine) ; des encéphalopathies chroniques du type démence sous-corticale (méthotrexate, BCNU, cytarabine, etc.) ; des syndromes cérébelleux (5-fluorouracile, cytarabine) ; des myélopathies transverses (méthotrexate, cytarabine, rarement thiatépa) ; des méningites aseptiques (méthotrexate).
Des polyneuropathies de tous types (polyradiculonévrites aigües, neuropathies axonales sensorimotrices, neuropathies avec dysautonomie) sont connues. Les alcaloïdes de la pervenche, notamment la vincristine, sont les antimitotiques les plus toxiques pour le système nerveux périphérique.
La combinaison d'une chimiothérapie et d'une radiothérapie multiplie les risques de toxicité.

médicométrie n.f.

Toute étude quantitative portant sur les soins donnés à une population sur le fonctionnement de tout ou partie d’un système de santé, etc.

Étym. lat. medicus : médecin ; gr. metron : mesure

Syn. économie de santé

médulloblastome l.f.

medulloblastoma

Néoformation classée dans les tumeurs embryonnaires du système nerveux comme la tumeur neuro-ectodermique primitive de référence (Rorke, 1983), qui représente 20% des tumeurs intracrâniennes de l'enfant, mais s'observe aussi chez l'adulte surtout jeune (1 à 2% des tumeurs cérébrales). Elle est plus fréquente dans le sexe masculin.
Développé aux dépens de la couche des grains du cervelet, le médulloblastome intéresse plus volontiers le vermis et le quatrième ventricule. Macroscopiquement, il est infiltrant, parfois kystique et hémorragique. Il est constitué de petites cellules rondes très basophiles, à gros noyau, souvent en mitose, qui se disposent en nappes ou en rosettes caractéristiques, dites de Homer Wright. On peut observer des plages de différenciation neuronale, astrocytaire ou oligodendrogliale. En revanche, des cellules de grande taille ou une surcharge lipidique sont plus rares.
La forme desmoplastique serait plus superficielle et de meilleur pronostic. Elle comporte des ilots cellulaires, siège d'une différenciation neuronale ou gliale particulière, entourés ou non de fibres collagènes.
Les formes rares comprennent des différenciations cellulaires (médullomyoblastomes) ou une surcharge mélanique (médulloblastomes mélanotiques).
Cette tumeur survient vers l'âge de 9 ans chez l'enfant, avec un siège essentiellement vermien, et à un âge médian de 25 ans chez l'adulte, avec un siège préférentiel latéral.
Le mode de révélation est généralement un syndrome d'hypertension intracrânienne, avec parfois atteinte des paires crâniennes. Le diagnostic est évoqué sur un scanner et surtout une IRM.
Le traitement comporte une exérèse chirurgicale la plus large possible, suivie d'une radiothérapie craniospinale dont les séquelles sont souvent sévères chez l'enfant (troubles de la croissance, séquelles endocriniennes, atteinte cognitive) et moindres chez l'adulte. La chimiothérapie peut être utile lors de récidives locales et en cas de dissémination ménigospinale ou systémique (osseuse). Le pronostic peut être favorable avec 50% de survie à 5 ans, notamment chez l'adulte.
Le médulloblastome est une tumeur d'évolution rapide qui a tendance à métastaser dans tout l'organisme ou par voie liquidienne. Les nombreux essais d'histopronostic aident peu dans la décision thérapeutique. Les récidives sont fréquentes.

J. H. Wright, anatomopathologiste américain (1910) ; Lucy Bilian Rorke-Adams, neuropahologiste américaine (1983)

Étym. lat. medulla : moelle ; gr. blastos : bourgeon, germe ; -ome suffixe indiquant une tumeur

Meige (maladie de) l.f.

Meige’sdisease

Œdème blanc, dur, indolore d’un ou des deux membres inférieurs lié à des anomalies, souvent un blocage, congénital ou acquis, du système lymphatique.

H. Meige, neurologue français, membre de l'Académie de médecine (1898) ; W. F. Milroy, médecin interniste américain (1892)

Syn. dystrophie œdémateuse héréditaire de Meige, trophœdème chronique diffus de Milroy.

→ lymphangiome diffus éléphantiasique, lymphœdème congénital de Milroy-Meige, Milroy (maladie de)

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