Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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bêta-hydroxy-acyl-CoA-déshydrogénase des acides gras à longue chaîne (déficit en) l.m.

long-chain β-hydroxyacyl-CoA-dehydrogenase deficiency

Anomalie de la β hydroxy-acyl-CoA-déshydrogénase des acides gras à chaîne longue, se traduisant cliniquement avant l'âge de deux ans par des épisodes d'hypotonie, d'hypoglycémie hypocétosique et par une myocardie hypertrophique.
L'enzyme β-hydroxy-acyl-CoA-déshydrogénase des acides gras à chaîne longue est l'un des trois constituants de la protéine trifonctionnelle mitochondriale. Son déficit a souvent un pronostic sévère. Les formes plus tardives, moins sévères, sont accompagnées d'une dystrophie choriorétinienne, d'épisodes de rhabdomyolyse et d'une neuropathie périphérique. L'anomalie rétinienne prend au pôle postérieur l'aspect d'une choroïdopathie polycyclique épargnant longtemps l'ilot fovéolaire, et en périphérie un aspect remanié poivre et sel. L'altération rétinienne est lente et progressive, et commence vers l'âge de deux ans, avec un électrorétinogrammetrès altéré et un rétrécissement concentrique des isoptères.
Les mères hétérozygotes peuvent, lorsque le fœtus est atteint, vers le troisième trimestre, développer un HELLP syndrome (haemolysis, elevated liver enzymes, low platelets) ou un ictère avec anorexie, nausées et vomissements. Le diagnostic est fait par étude de l'activité des trois enzymes de la protéine trifonctionnelle dans les fibroblastes. Le gène est en 2p23 et la mutation ponctuelle HADHA représente 90% des allèles mutés. L'affection est autosomique récessive (MIM 143450).

R. Wanders, pédiatre néerlandais  (1989)

Syn. LCHAD (déficit en protéine trifonctionnelle mitochondriale (déficit en déhydrogénase de la)

→ rhabdomyolyse, HELLP syndrome, protéine trifonctionnelle mitochondriale (déficit en), HADHA gene  

Édit. 2017

Béthoux (manœuvre de) l.f.

Bethoux’s manoeuvre

Manœuvre utilisée en cas d'incontinence urinaire d'effort pour apprécier le pronostic du traitement chirurgical.
Elle consiste à disposer les deux branches d'un clamp courbe dans les culs-de-sac vaginaux latéraux et à exercer une pression vers le haut ; quand la patiente réalise un effort de poussée, la manœuvre est positive lorsqu'elle arrête la fuite urinaire ; le traitement chirurgical peut alors être proposé.

A. Béthoux, gynécologue français (1962)

Édit. 2017

bichorial adj.

bichorial

Dans les grossesses gémellaires, définit le type de placenta ou de grossesse par la présence de deux placentas et de deux poches amniotiques.
Les jumeaux dizygotes ou faux jumeaux ont toujours des placentas bichoriaux, parfois fusionnés, alors que les jumeaux monozygotes ont des placentas bichoriaux dans seulement 30% des cas.
Le diagnostic peut être fait en début de grossesse, entre 8 et 15 semaines d'aménorrhée, par échographie : il repose sur l'identification de deux poches, l'aspect de la cloison interovulaire, la reconnaissance des sites d'insertion placentaire, le signe du lambda, aspect en patte d'oie de la cloison interovulaire au niveau de son raccordement pariétal, la détermination des sexes fœtaux. Le diagnostic de certitude est obtenu lors de l'accouchement par l'examen du placenta et de la membrane interamniotique. Les principaux risques des grossesses bichoriales sont la prématurité, les lésions vasculaires maternelles, la toxémie gravidique et l'hypotrophie fœtale.

Syn. dichorial

Édit. 2017

Bielschowsky (appareil de) l.m.

Bielschowsky's apparatus

A. Bielchowsky, ophtalmologiste américain d'origine allemande (1938)

→ test de Héring

Édit. 2017

Bielschowsky (manœuvre de) l.f.

Bielschowsky's test

Manœuvre clinique utilisée dans le diagnostic des hypo-actions des muscles obliques en particulier le grand oblique, et consistant à incliner la tête du sujet successivement sur chaque épaule.
On observe une augmentation de l'hypertropie de l'œil atteint quand on incline la tête sur l'épaule du même côté et une diminution ou une disparition de cette hypertropie quand on incline la tête sur l'épaule du côté opposé.
S'il y a un élément en V associé, il s'agit d'une hypo-action du grand oblique du côté de l'œil le plus haut ; s'il y a un élément en A, il s'agit d'une hypo-action du petit oblique du côté de l'œil le plus bas. La manœuvre peut être utilisée pour aider au diagnostic d'une hyperaction des muscles petits ou grands obliques.

A. Bielchowsky, ophtalmologiste américain  (1938)

→ test de Héring

Édit. 2017

Bielschowsky (phénomène de) l.m.

Bielschowsky’s phenomenon

A. Bielschowsky, ophtalmologiste américain (1938)

→ Bielschowsky (manœuvre de)

Édit. 2017

bili-IRM l.f.

MR cholangiography

Edit. 2018

→ cholangio-IRM

[B2,B3,L1]

Billings (méthode de) l.f.

Billing's method

Contraception fondée sur l'étude des modifications cycliques de la glaire cervicale appréciées par la femme elle-même.
L'abstinence sexuelle doit être observée dès que la glaire cervicale apparaît et être poursuivie pendant les quatre jours qui suivent le moment où elle n'est plus filante.

J. J. Billings, neurologue australien (1972)

Édit. 2017

Binois-Pichot (test de vocabulaire de) l.m.

Binois-Pichot vocabulary test

Test dans lequel le sujet doit choisir parmi six mots le synonyme d'un mot inducteur.
L'épreuve comporte 44 items de difficulté croissante. Fortement saturé en facteur G (facteur commun à tous les tests d'intelligence), c'est un des meilleurs tests d'intelligence générale. Peu sensible aux effets du vieillissement, il peut servir de témoin de l'efficience antérieure dans l'évaluation d'une éventuelle détérioration pathologique. Il s'agit d'un test "qui tient" par opposition à d'autres épreuves psychométriques très sensibles aux causes de détérioration intellectuelle comme les épreuves perceptivo-motrices ou les tests mettant en jeu les capacités de manipulation des abstractions (tests qui "ne tiennent pas").

R. Binois et P. Pichot, membre de l’Académie de médecine, psychiatres français (1947) ; A. L. Benton, neuropsychologue américain (1962)

→ Benton (test de), dominos (test des) ou D48

[H4]

Édit. 2019

biométrie n.f.

2) L’anthropométrie est la biométrie appliquée à l’Homme

3) En assurance vie, calcul, à l’aide de tables de références, de la durée probable de vie d’un individu donné.

Étym. gr. bios : vie ; metron : mesure

→ biométrie fœtale, biométrie en ophtalmologie, biométrie (assurance de la qualité d'une biomètrie (critères de réussite d'une), biométrie en mode A, biométrie en mode B, biométrie en ophtalmologie, biométrie fœtale

Édit. 2017

biopsie du trophoblaste l.f.

chorionic villus sampling

Prélèvement de trophoblaste, pouvant être réalisé en début de grossesse à partir de 12 à 13 semaines d'aménorrhée pour l’étude du caryotype.
Il est toujours pratiqué sous contrôle échographique, soit par voie transabdominale à l'aide d'une aiguille, soit par voie transcervicale à l'aide d'une pince de type ORL pédiatrique, ou par aspiration grâce à un cathéter souple ou rigide, muni d'un mandrin déformable échogène. Ses principales indications sont : l’âge maternel, la notion d’une anomalie chromosomique équilibrée chez l'un des parents, d’une anomalie chromosomique chez l'un des enfants du couple, la découverte échographique d'une anomalie morphologique faisant suspecter une anomalie chromosomique (à ce terme un hygroma cervical évoque une monosomie X ou trisomie 21, une omphalocèle suggére une trisomie 18, 13 ou 21, une hydrocéphalie signe une triploïdie). La biopsie est aussi indiquée pour le diagnostic de sexe lors du diagnostic prénatal des maladies héréditaires récessives liées au sexe : la myopathie de Duchenne de Boulogne, l'hémophilie A ou B, le syndrome de l'X fragile. La biopsie permet aussi l'analyse de l'ADN par biologie moléculaire pour le diagnostic anténatal de la mucoviscidose, la drépanocytose, les thalassémies, certaines maladies métaboliques, la détermination du groupe sanguin et du groupe rhésus dans les formes sévères d'immunisation fœtomaternelle. Cet examen est de plus en plus fréquemment remplacé par l'amniocentèse précoce, qui peut être réalisée à partir de 13 semaines d'aménorrhée.

Étym. gr. bios : vie ; opsis : vue

→ biopsie

Édit. 2017

modèle biopsychosocial l.m.

biopsychosocial model

Modèle qui s'est éloigné des paradigmes psychologiques ou biologiques, considérés comme réductionnistes avec leur causalité linéaire, leur dualisme et leur analyse factorielle, au profit d'une approche holistique, probabiliste et analogique associant notamment, dans l'approche étiologique, la neurobiologie, la neuropsychologie et l'environnement (1).
Le fonctionnement psychique est en permanence l'expression des interactions entre le niveau biologique, c'est-à-dire moléculaire, le niveau psychologique et relationnel, et le niveau sociologique et culturel. Chacun de ces niveaux subit la contrainte des autres et exerce également sur les autres ses propres contraintes. De plus, comme pour tout système complexe, l'appareil psychique est sensible aux conditions initiales de son fonctionnement et à leurs modifications. Si bien que la maladie mentale ne peut être comprise que dans une perspective diachronique (2)
Une grande partie de ces concepts s'est aussi inspirée du monde de la physique, en particulier de la théorie de la relativité (3), de la loi de l'indétermination (4) et de la théorie des quantas (5). Quel que soit leur intérêt, ce sont plutôt des juxtapositions que des liens indiscutables qui établissent jusqu'à présent ces rapprochements. Il est en tout cas possible que le modèle psychosocial, la physique moderne et des considérations humaines s'interpénètrent de telle façon que se fassent jour de nouveaux modes de pensée contribuant à une meilleure compréhension psychologique et psychiatrique.

(1) G. L. Engel, psychiatre américain (1977, 1980) ; (2) M. Reynaud et J. A. Malarewicz, psychiatres français (1996) ; (3) A. Einstein, physicien allemand, prix Nobel de physique en 1921(1916) ; (4) W. Heisenberg, physicien allemand (1927) ; (5) M. Planck, physicien allemand, prix Nobel de physique en 1918 (1900)

[H3]

Édit. 2018

Birt, Hogg et Dubé (syndrome de) l.m.

Birt-Hogg-Dubé’s syndrome

Ensemble lésionnel héréditaire, maladie autosomique dominante, résultant de l'association de multiples lésions à type de fibrofolliculomes, de trichodiscomes et d'acrochordons, c'est-à-dire de molluscum pendulum.

A. R. Birt, G. R. Hogg, W. J. Dubé, dermatologues canadiens (1977)

→ Hornstein-Knickenberg (syndrome de)

Édit. 2017

Bishop et Corson (formule de) l.f.

Bishop-Corson’s formula

Méthode d'appréciation du poids et de l'âge du fœtus après la 36ème semaine de grossesse.
Elle est fondée sur le nombre N de cellules orangées comptées sur 500 cellules retrouvées dans un prélèvement de liquide amniotique.

E. H. Bishop et S. Corson, gynécologues américains (1968)

→ cellule orangée

Édit. 2017

Bishop (score pelvien de) l.m.

Bishop’s pelvic score

Cotation numérique qui permet d'évaluer la qualité du col utérin chez une femme enceinte en fin de grossesse, pour apprécier soit l'imminence d'un accouchement spontané, soit les chances de réussite d'un déclenchement artificiel du travail.
Il prend en compte cinq paramètres : la dilatation cervicale appréciée en centimètres, le degré d'effacement du col, la consistance du col, sa position, le niveau de la présentation par rapport aux épines sciatiques. A chaque paramètre est attribuée une valeur en points allant de 0 à 3. Le score varie de 0 à 15 points. Le pronostic du déclenchement est jugé favorable à partir d'un score de 5. Il s'agit d'un des scores les plus utilisés ; les autres principaux scores sont les scores de Friedman, de Burnett ou de Fields.

E. H. Bishop, gynécologue américain (1964) ; E. A. Friedman, gynécologue américain (1955) ; J. E. Burnett Jr, gynécologue américain (1966) ; H. Fields, gynécologue américain (1966)

Édit. 2017

bismuth (intoxication au) l.f.

bismuthism, bismuthosis

Troubles pathologiques liés à des absorptions orales excessives de sels de bismuth.
De tels troubles ont été décrits en 1973, dominés par une encéphalopathie myoclonique.
Relevés chez des colectomisés ou des colopathes chroniques jusqu'en 1978, date de la suppression de l'usage thérapeutique  des sels de bismuth, ils ont constitué une véritable épidémie dont les mécanismes physiopathologiques ont été mal élucidés. La micronisation des sels de bismuth permettant leur résorption intestinale a été mise en cause.
D'installation insidieuse, en quelques jours ou mois, l'encéphalopathie associait un état confusionnel, des myoclonies, des troubles de l'équilibre et une dysarthrie. Des crises épileptiques étaient observées, et parfois des manifestations psychiatriques.
Le diagnostic reposait sur l'anamnèse (prise de bismuth) et les dosages dans le sang et le LCR. L'évolution était régressive avec l'arrêt de l'intoxication, mais de nombreux décès ont été relatés.

Édit. 2017

Biörk (syndrome de)

Å Thorson et G. Biörk, médecins suédois (1954)

Syn. : flush

→ flush

Édit. 2017

blanc avec ou sans pression l.m.

white with pressure, white without pressure

Aspect blanchâtre de la rétine pré-équatoriale correspondant à des anomalies de la jonction vitréorétinienne.
Ces modifications de la coloration de la rétine périphérique peuvent être observées directement à l’examen biomicroscopique (blanc sans pression) ou lorsqu’on indente la paroi sclérale en regard de ces zones (blanc avec pression).

Édit. 2017

Blastocystis hominis

Blastocystis hominis
Protozoaire présentant des caractéristiques morphologiques, biologiques et moléculaires particulières qui l’ont fait longtemps considérer comme un champignon levuriforme.
Parasite de différents mammifères, d’oiseaux et même de reptiles, il est chez l’Homme habituellement dépourvu de tout pouvoir pathogène sauf chez certains malades immunodéprimés.

Édit. 2017

Blaton (méthode de) l.f.

Blaton's method

Méthode dérivée de la réaction de Galli-Mainini, qui utilisait le crapaud Bufo vulgaris pour le diagnostic biologique de grossesse.

A. Blaton, gynécologue belge (1954) ; C. Galli-Mainini, médecin endocrinologue argentin (1948)

Édit. 2017

blennorragie n.f.

blennorragia, gonorrhoeae, blennorhea, gonococal urethritis

Maladie infectieuse sexuellement transmissible due au gonocoque de Neisser (Neisseria gonorrhoeae), cause d'uréthrite aigüe ou chronique chez l'homme, de vulvite, vaginite, cervicite ou métrite chez la femme.
L'usage a limité son emploi pour désigner électivement les uréthrites gonococciques aigües, vulgairement appelées "chaudepisse".

Étym. gr. blennos : pus ; rhêgnumai : couler

Syn. blennorrhée, gonorrhée, chaudepisse, phallorrhée

→ gonococcie, maladies sexuellement transmissibles

Édit. 2017

blennorragique adj.

gonorrhoeal

Qui concerne la blennorragie.

→ blennorragie

Édit. 2017

bloc des nerfs honteux internes l.m.

pudendal analgesia

Infiltration des nerfs honteux internes qui permet d'obtenir une analgésie de la partie basse du vagin et du périnée.
Surtout réalisée avant de pratiquer un forceps ou une épisiotomie, permettant d'éviter une anesthésie générale, elle peut également constituer le complément d'une anesthésie péridurale au cours de laquelle des difficultés sont rencontrées pour étendre l'anesthésie vers les racines sacrées.

Édit. 2017

Boero (méthode de) l.f.

Boero's method

Méthode anciennement utilisée pour évacuer l'utérus gravide par injection d'une solution de formol dans la cavité amniotique.

E. A. Boero, gynécologue argentin (1935)

Édit. 2017

boisson alcoolique l.f.

alcoholic beverage

Boisson fermentée (vin, bière, cidre, etc.) ou distillée (eau-de-vie, cognac, whisky, etc.). contenant naturellement de l'éthanol.
La distinction entre boisson alcoolique et boisson alcoolisée (où de l'éthanol a été ajouté, p. ex. dans le "café arrosé") semble ne plus devoir s'imposer, les effets étant les mêmes.

Édit. 2017

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