Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

910 résultats 

Chlamydia

Chlamydia

Genre de bactéries appartenant à l'ordre des Chlamydiales, à la famille des Chlamydiaceae dont on distingue plusieurs espèces, notamment Chlamydia trachomatis, Chlamydia pneumoniae qui sont pathogènes pour l'Homme, Chlamydia pecorum, pathogène pour l'animal et accidentellement pour l'Homme.
Les Chlamydia sont des petites bactéries à parasitisme intracellulaire obligatoire. Leur enveloppe est dépourvue de peptidoglycane et leur structure est comparable à celle des bacilles à Gram négatif. Elles se multiplient dans le cytoplasme de la cellule-hôte (dont elles dépendent pour la production d'énergie) et forment des inclusions intracellulaires caractéristiques.
- Chlamydia trachomatis est responsable de lésions oculaires (trachome et conjonctivites à inclusions), d'infections sexuellement transmissibles (lymphogranulomatose vénérienne ou maladie de Nicolas Favre, uréthrites, prostatites, épididymites, cervicites, endométrites et salpingites), de périhépatite ou syndrome de Fitz-Hugh-Curtis et du syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter.
- Chlamydia pneumoniae provoque des infections respiratoires hautes (sinusites et pharyngites) et basses (bronchites et pneumopathies).
- Autrefois dénommé Chlamydia psittaci, l’agent de la psittacose appartient aujourd’hui au genre Chlamydophila. 
Le diagnostic direct des infections à Chlamydia est porté après isolement du germe sur culture cellulaire ou après recherche de cellules à inclusions. Le diagnostic indirect utilise essentiellement l'immunofluorescence indirecte pour mettre en évidence des anticorps dans le sang des sujets infectés et permet ainsi de porter un diagnostic d'espèce.
Le traitement s'appuie sur des antibiotiques actifs sur les germes intracellulaires : tétracyclines, macrolides et fluoroquinolones.

T. Fitz-Hugh, médecin américain (1934) ; A. H. Curtis, gynécologue américain (1930) ; N. Fiessinger et E. Leroy, médecins français (1916), H. Reiter, médecin allemand (1916) ; N. J. Durand, médecin, J. Nicolas, dermatologiste et M. Favre, anatomopathologiste français (1913)

→ Chlamydiaceae, trachome, psittacose, Chlamydophila psittaci

[D1]

Édit. 2020

haplo-insuffisance
n.f.

haploinsufficiency

Situation dans laquelle un allèle parental est muté ou absent et le produit de l’autre allèle, bien qu’actif, est synthétisé en quantité insuffisante pour permettre un fonctionnement optimal de la cellule.
On peut donner comme exemples d’haplo-insuffisance le syndrome de Greig qui résulte de la perte du facteur de transcription GLI-3 et le syndrome de Williams qui provient d’une délétion du gène codant pour l’élastine.

→ syndrome de Greig, syndrome de Williams

[Q1]

Édit. 2020

Cardiomyopathie hypertrophique l.f.

Hypertrophic cardiomyopathy

maladie de la structure de la cellule cardiaque. Le muscle devient hypertrophié (épaissi) et ses cellules ont une structure anormale. Il s'agit d'une maladie génétique, secondaire à une mutation au niveau d'un gène. Ainsi, les enfants d'un patient atteint de cardiomyopathie hypertrophique ont un risque sur deux (50%) d'être porteurs de la mutation associée à la CMH et ainsi de développer la maladie. Elle peut se développer à tout âge, particulièrement à l'adolescence et au début de l'âge adulte. De 1 à 2  personnes sur mille naissent avec cette anomalie génétique et la plupart sont asymptomatiques.Il existe plusieurs formes de CMH : le muscle cardiaque peut être touché de façon symétrique ou plus fréquemment asymétrique (certaines parois sont plus souvent atteintes que d'autres). De plus, le muscle hypertrophié (épaissi) peut provoquer un blocage à la sortie du coeur; on parle alors de maladie obstructive.La cardiomyopathie hypertrophique est la cause première de mort subite chez les jeunes de moins de 40 ans

B. J. Maron, médecin américain (2018)

[K2, Q3]

Édit. 2020

MAPK, acr angl. de mitogen-activated protein kinases

Ensemble de protéines kinases nécessaires à l'induction de la mitose dans les cellules eucaryotes. Elles appartiennent au groupe des kinases CMGC (incluant les kinases CDK, MAPK, GSK3 et CLK)1.
Les MAP-K sont impliquées dans un certain nombre d'évènements de la vie de la cellule, comme la mitose, mais aussi très liées à des phénomènes apoptotiques, la différenciation ou encore la survie cellulaire. Ceci se fait en réponse à divers signaux externes : des facteurs mitogènes (le PDGF, par exemple), le stress osmotique cellulaire, le choc thermique ou encore un certain nombre de cytokines2.

[C3]

Édit. 2020

PDGFRA gene
sigle pour Platelet Derived Gowth Factor Receptor Alpha

Gène situé sur le locus chromosomique 4q12 donnant instruction pour une protéine de la famille du récepteur de la tyrosine kinase.
Celui-ci transmet des signaux de la surface cellulaire jusqu’à l’intérieur de la cellule par un processus appelé signal de transduction. La protéine PDGFRA est située dans la membrane cellulaire de certains types de cellules où une protéine spécifique appelée platelet-derived growth factor receptor alpha se lie à elle. Ce processus conduit à l’activation de multiples protéines dans une voie de signalisation multiple.
Des mutations de ce gène sont à l’origine de la leucémie chronique à éosinophiles associée à PDGFRA, de la tumeur stromale gastro-intestinale.

Syn. CD140 antigen-like family member A, CD140A, CD140a antigen, GAS9, PDGFR-alpha, PDGFR2, PGFRA_HUMAN, platelet-derived growth factor receptor 2, platelet-derived growth factor receptor alpha, platelet-derived growth factor receptor, alpha polypeptide

→ eucémie chronique à éosinophiles associée à PDGFRA, tumeur stromale gastro-intestinale

[Q1, F1, L1]

Édit. 2020

enzyme de conversion de l’angiotensine de type 2 l.m.

angiotensin converting enzyme 2

L'enzyme de conversion de l'angiotensine de type 2 (ECA2) est une peptidase clivant l'angiotensine II (ou angiotensine 1-8) en angiotensine 1-7, formée des 7 premiers acides aminés de l'angiotensine II.
L'angiotensine 1-7 possède des propriétés antagonistes de l'angiotensine II. Elle est, en particulier, vasodilatatrice et anti-hypertensive. L'enzyme ECA2 intervient donc dans la régulation de la pression artérielle. Elle possède également des propriétés anti-inflammatoires.  Elle agit par l'intermédiaire d'un récepteur membranaire spécifique appelé mas.
Cette enzyme existe sous 2 formes, circulante et membranaire. On a montré récemment que la forme membranaire servait de voie d’entrée au virus du Covid-19 (SARS-CoV-2) et au virus du SRAS (SARS-CoV ) dans les cellules. Des tentatives ont été faites d’injecter dans la circulation un excès d’ECA2 humain recombinant afin de piéger le virus et de l’empêcher ainsi de se fixer sur la forme membranaire, porte d’entrée dans la cellule. 

Sigle ECA2

→ angiotensine, Covid-19, SRAS, enzyme de conversion de l’angiotensine

[C1, C2, D1]

Édit. 2020

péplomère n.f.

peplomer

Protubérance de la capside des coronavirus leur donnant l’aspect en couronne (d’où leur nom)
Un péplomère est un groupe de glycoprotéines ayant l’aspect d’une pique sur la capside virale conférant au virus sa spécificité vis-à-vis de la cellule hôte et nécessaire à la contagiosité virale.

→ coronavirus

[D1]

Édit. 2020

bortezomid n.m.

bortezomid

Molécule anticancéreuse inhibant le protéasome, cytostatique utilisée dans le traitement du myélome multiple et du lymphome à cellule du manteau.
Le produit provoque dans un tiers des cas une thrombopénie secondaire à l'inhibition du protéasome. L'effet secondaire le plus gênant reste (imposant la réduction des doses) la survenue d'une neuropathie périphérique.

Syn. velcade

→ protéasome,  myélome multiple,  lymphome à cellule du manteau

[F1, G5]

Édit. 2020

glymphatique adj.

glymphatic

Qualifie le système de circulation du fluide cérébrospinal à travers le système nerveux central.
Le cerveau ne possède pas de lymphatiques. Les déchets cellulaires s’évacuent par un espace, dit périvasculaire, défini par les extensions d’astrocytes (un type de cellule gliale) entourant complètement les artères, les capillaires et les veines cérébrales. Le liquide céphalorachidien qui baigne le cerveau pénètre dans ce système via des espaces périvasculaires situés le long des artères et ressort le long des veines.

M, Nedergaard, neurologue danois (1957)

Étym. fusion de glia et de lymphatique

[H1]

Édit. 2020

accoutumance n.f.

habituation

1) Au sens général :
tolerance
Processus de durée variable par lequel une cellule, un individu ou une population est capable d'accepter une modification du milieu.
2) En pharmacologie :
tolerance
Phénomène qui consiste en une diminution progressive de la sensibilité de l'organisme à un médicament ou à un toxique et qui se traduit par la nécessité d'augmenter la dose pour obtenir le même effet.
Si l'accoutumance est obtenue très rapidement, elle prend le nom de tachyphylaxie. L'accoutumance peut conduire, pour certaines substances, en particulier psychotropes, à la pharmacodépendance et à la toxicomanie.

Étym. de la fin du XIIe siècle acustumer du lat. ad… : vers ; de la fin du XIe siècle custume ; du lat. pop. cosetudine ; du lat. clas. consuetudinem : coutume

→ tachyphylaxie, toxicomanie, psychotropes, pharmacodépendance, mithridate, mithridatisme

[C3,E1,G3,G4,G5]

Édit. 2017

| page précédente | /37