Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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scintigraphie des récepteurs l.f.

receptor scintigraphy

Scintigraphie réalisée, en recherche biologique, à l'aide de substances marquées se fixant électivement sur des récepteurs normaux ou pathologiques.
Elle peuvent être marquées soit à l'aide d'un émetteur de photons (par exemple octréotide marqué à l'indium 111), soit à l'aide d'émetteurs de positons.
Cette technique est particulièrement utilisée pour l'étude des récepteurs cérébraux.
 Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire

→ scintigraphie

scintigraphie gastrique l.f.

gastric scintigraphy

Scintigraphie dynamique de l'estomac après absorption d'aliments solides ou liquides marqués par un radioisotope, voire après ingestion des deux en utilisant un double marquage.
Technique obsolète, elle permettait d'étudier des troubles fonctionnels, dont le dépistage d'un reflux gastro-œsophagien, et d'apprécier l'effet d'agents pharmacologiques ou de certains traitements médicaux ou chirurgicaux.

Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire

→ scintigraphie

scintigraphie osseuse l.f.

bone scintigraphy

Technique d'imagerie du squelette utilisant un radio-isotope lié à une molécule ayant une forte affinité pour le tissu osseux.
Actuellement, on utilise le méthyldiphosphonate marqué au technetium99. Après injection intraveineuse, le diphosphonate a une fixation osseuse maximale entre 2 et 3 heures après l'injection. Deux types d'images peuvent être obtenues : des images vasculaires précoces et des images osseuses plus tardives où l'isotope se concentre plus particulièrement dans l'os réactionnel en voie de minéralisation. La scintigraphie osseuse est utilisée en cas de tumeurs osseuses malignes ou bénignes (ostéome ostéoïde), dans la recherche de métastases osseuses et pour le diagnostic d'algodystrophie, de maladie de Paget ou d'infections osseuses.

Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire

→ scintigraphie

scintigraphie placentaire l.f.

placentography

Technique de localisation placentaire par fixation élective d'isotopes radioactifs liés à la sérumalbumine. préalablement introduits par voie intraveineuse.
Elle est pratiquée à l'aide d'un scintigraphe en position fixe (scintigraphie statique) ou qui se déplace automatiquement (scintigraphie par balayage).

Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire

Syn. placentographie

→ scintigraphie

scintigraphie pulmonaire par perfusion l.f

pulmonary perfusion scintigraphy

Scintigraphie obtenue après administration par voie intraveineuse de particules marquées inertes, d'une taille juste suffisante pour qu'elles ne puissent franchir les capillaires pulmonaires (20 à 100m).
On utilise le plus souvent des macroagrégats ou des microsphères d'albumine humaine marquées au technétium 99m.
En urgence hospitalière, cette technique permet le dépistage de l'embolie pulmonaire.
En dehors de l'urgence, les images, bien que non spécifiques, servent en pathologie cancéreuse bronchique à l'étude fonctionnelle pré-opératoire.
Le plus souvent, il est nécessaire de compléter l'examen par une scintigraphie pulmonaire par ventilation.

Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire

→ scintigraphie, technétium, aérosol marqué

scintigraphie thyroïdienne l.f.

thyroid scintigraphy

Technique permettant d’obtenir une image fonctionnelle de la glande thyroïde après administration d'un traceur radioactif.
On en distingue deux variétés.
- Pour la scintigraphie thyroïdienne "standard" le produit radiopharmaceutique de choix est l'iodure de sodium marqué à l'iode 123 (émetteur gamma de 180 KeV ; période 15 heures). Cet isotope est le plus physiologique et le moins irradiant pour l'organisme dans son ensemble. En pratique, il est souvent remplacé par le pertechnétate marqué au technétium 99Te, qui est fixé par des cellules thyroïdiennes de manière similaire.
- La scintigraphie thyroïdienne "cancérologique" est une exploration spécialisée qui ne s'adresse qu'à la surveillance des cancers thyroïdiens différenciés, en général après thyroïdectomie. Elle recherche, par scintigraphie du corps entier après administration d'131iode  (émetteur bêta et gamma, période huit jours) et stimulation par la TSH (thyréostimuline), des foyers de fixation anormaux témoignant de la présence de cellules cancéreuses différenciées. Les images sont réalisées le plus souvent au bout de deux à trois  jours.
En thérapeutique, les activités utilisées sont élevées, de l'ordre de 200 MBq ou plus.

Étym. lat. scintilla : étoile ; gr. graphein : écrire

→ scintigraphie, iode radioactif

scotch test l.(angl.) m.

scotch test, Graham’s test

1) En parasitologie, test diagnostique utilisé pour rechercher les œufs d’oxyures (Enterobius vermicularis) sur les plis radiés de la marge de l’anus, lieu de ponte de ces nématodes.
Il consiste en l’application, sur la région anale, avant la toilette, d’un fragment de cellophane adhésive transparente qui retient les éventuels œufs d’oxyure. Appliqué sur une lame porte-objet, ce fragment de cellophane peut être directement observé au microscope pour la recherche des œufs d’Enterobius vermicularis. Ce test peut être éventuellement renouvelé plusieurs jours consécutifs, tant chez le sujet suspect d’oxyurose (prurit anal) que dans l’entourage familial.
2) En dermatologie, technique consistant à mettre en évidence au microscope l’agent causal du pityriasis versicolor (Malassezia furfur) sur un ruban adhésif appliqué sur la zone atteinte.

C. F. Graham, anatomopathologiste américain (1941)

Syn. test de Graham, test à la cellophane adhésive

→ pityriasis versicolor

SDHEA sigle m. pour Sulfate de DesHydroEpiAndrostérone

DHEAS (pour DesHydroEpiAndrostérone Sulphate)

Androgène surrénalien dont la concentration sanguine est élevée dans certains hirsutismes.
Produit par la cortico-surrénale et sulfaté dans le foie, c’est un précurseur de la testostérone. Chez le fœtus, aromatisé par le placenta, il est à l'origine de l'œstriol maternel. Le DHEAS peut être dosé par technique radio-immunologique, par immunodosage, et par chromatographie gazeuse ou chromatographie liquide haute performance couplées à la spectrométrie de masse. Sa concentration sérique est maximale entre 20 et 35 ans puis diminue au cours du vieillissement. Chez la femme enceinte, c’est un marqueur de la vitalité foeto-placentaire

→ sulfate de deshydro-épi-androstérone

Seldinger (technique de) l.f.

Seldinger’s procedure

Technique d'exploration du cœur gauche ou des vaisseaux par introduction d'un cathéter dans une artère, le plus souvent l'artère fémorale au pli de l'aine, après ponction transcutanée à l'aide d'un trocart spécial.
Ce cathétérisme artériel rétrograde transcutané utilise un guide métallique très simple et un cathéter de polythène opaque aux rayons X. Par ponction à l’aiguille de l’artère fémorale (plus rarement humérale ou radiale), le guide est introduit dans l’aorte, puis la sonde est enfilée sur le guide et poussée avec lui jusqu’à la racine de l’aorte et ensuite à travers l’orifice aortique dans le ventricule gauche. Il est rarement possible de pousser le cathéter jusqu’à l’oreillette gauche. À chaque étage exploré, le cathéter permet des mesures de pression, des prélèvements sanguins et l’injection éventuelle d’un liquide de contraste. Il peut aussi déceler un trajet anormal.

S. I. Seldinger, médecin radiologue suédois (1953)

Syn. Seldinger (méthode de)

sériescopie n.f. (obs)

serioscopy

Technique d'analyse de radiographies standard prises sous différents angles et examinées sur un négatoscope spécial, destinée à ne visualiser qu'un plan du sujet.

B.G. Ziedses des Plantes, médecin neurologue et radiologue néerlandais (1934)

shaving n.angl.

Technique opératoire qui consiste à araser la peau pour réaliser l'ablation de certaines lésions cutanées bénignes superficielles à l'aide d'une lame de bistouri utilisée tangentiellement, cette exérèse étant suivie d'une hémostase et ne nécessitant pas de suture.

Étym. angl. shave (to) : raser

sialographie n.f.

sialography, sialadenography

Technique radiographique consistant à visualiser les canaux excréteurs de la parotide ou de la glande sousmaxillaire par injection d'un produit opaque aux rayons X dans le canal de Sténon ou le canal de Wharton.
Préconisée dès 1913 par Arcelin, elle devint de pratique courante après les travaux de Sicard et Forestier en 1922 sur l'utilisation du lipiodol. Les produits opaques actuels, en particulier le lipiodol ultrafluide, permettent une visualisation complète des voies excrétrices des glandes parotides et sousmaxillaires.

Étym. gr. sialon : salive, graphein : écrire

siliconome n.m.

siliconoma

Lésion infiltrée, plus ou moins inflammatoire, résultant de l'injection sous-cutanée d'huile de silicone, surtout polyméthylsiloxane, correspondant histologiquement à un granulome macrophagique à corps étranger.
Complication souvent tardive d'une telle injection pratiquée dans un but esthétique, par exemple le comblement de rides ou l'augmentation du volume mammaire, cette technique a été interdite, en particulier à cause de la possibilité de migration du produit à distance.

sillon muqueux (procédé du) l.m.

mucosal groove’s technic

Technique utilisée dans les anastomoses urétéro-intestinales dans le but de créer un dispositif antireflux, consistant à réaliser par incision de la muqueuse intestinale un sillon dans lequel est couchée et suturée l'extrémité urétérale.

sinus longitudinal supérieur (ponction du) l.m.

puncture of the sinus longitudinalis superior

Chez le nouveau-né et le nourrisson seulement, le sinus longitudinal supérieur assure le drainage du sang veineux du cortex.
Il est facilement abordable sous la dure-mère et assure une voie d'abord exceptionnelle, à réserver aux situations d'extrême urgence pour traiter l'hypovolémie aigüe d'une déshydratation majeure ou d'une hémorragie, ou encore lors de la prise en charge d'un arrêt circulatoire.
Le sinus est abordé par une aiguille à biseau court ou par un cathéter court, en suivant un trajet antéropostérieur. Un soin particulier doit être apporté à la technique, à la fixation de l'aiguille ou du cathéter et à la surveillance de l'écoulement, pour ne pas risquer de provoquer un épanchement sous-dural par déchirure de la paroi du sinus. Dès qu'une hémodynamique suffisante est rétablie, cette voie doit être abandonnée et remplacée par une autre moins dangereuse.

sinusographie n.f.

sinusography

Technique radiologique obsolète qui consistait à étudier les sinus veineux intracrâniens après leur opacification par un produit de contraste iodé hydrosoluble.
On procédait, soit par ponction du sinus longitudinal supérieur au moyen d'un trou de trépan (sinusographie directe), soit par injection rétrograde du produit de contraste dans la veine jugulaire interne (sinusographie indirecte).
Actuellement, l'étude des sinus veineux se fait sur le temps veineux d'une artériographie cérébrale.

sociodrame n.m.

sociodrama

Technique de jeu dramatique, qui inclut la totalité ou un échantillon d'un groupe en conflit dans la perspective d'une catharsis collective, par "le jeu en commun d'un problème commun".
D'une portée sociothérapeutique collective, cette méthode permettrait de résoudre les conflits de rôle et de groupes (p. ex. entre le mari et la femme, le patron et l'ouvrier), ce qui paraît excessif. Cependant, elle faciliterait l'élucidation des conflits développés dans un groupe limité, de même que certaines évolutions des attitudes.

J. L. Moreno, psychiatre américain (1946)

→ psychodrame

sociométrique (test) l.m.

sociometric test

Interrogation de chacun des membres d’un petit groupe invité à désigner ceux auxquels il souhaite s’associer ou ne pas s’associer dans des circonstances données.
Ce test est la technique de base utilisée en  sociométrie.

sondage n.m.

1) En épidémiologie (sampling) : modalité de sélection d’un échantillon dans une population constituée d’unités statistiques de base.
Il existe plusieurs modalités de sondage, en particulier :
. le sondage aléatoire (random sampling) : sondage réalisé avec un échantillon tiré au sort.
. le sondage en grappes (cluster sampling) : réalisé par tirage au sort de groupes d’unités statistiques.
. le sondage en strates (stratified sampling) : réalisé par tirage au sort des unités statistiques au sein de différentes strates.
2) En médecine : pénétration d’un instrument cylindrique rigide ou flexible dans un canal ou une cavité.
Cette technique est utilisée pour explorer un conduit accidentel ou pour évacuer un liquide présent dans une cavité naturelle ou pathologique. Elle permet de pallier les troubles de l’évacuation des urines.
3) En imagerie : exploration ultrasonique par effet doppler et introduction d’un cathéter  permettant d'explorer les veines et les artères, voire de les dilater.
4) En génétique : repérage par autoradiographie d’un fragment d’ADN en utilisant une séquence unicaténaire d'ADN rendue radioactive.

→ sonde, sonde armée, sonde béquillée, sonde d'aspiration, sonde de Blakemore, sonde urinaire à demeure, sondage urinaire, intermittent, sonde électronique

sonde de Churet l.f.

Sonde uréthrovésicale spécialement adaptée à la technique d'adénomectomie prostatique transvésicale .
Elle comporte une extrémité à bout coupé, des orifices latéraux pour le drainage vésical, un ballonnet autostatique, et une troisième voie pour la mise en aspiration sous vide de la loge prostatique.

J. P. Churet, chirurgien urologue français (1972)

→ adénomectomie prostatique transvésicale

[M2,B3]

sous-clavière voleuse (syndrome de la) l.m.

subclavian steal syndrome

Syndrome provoqué par l’obstruction (sténose ou thrombose) du tronc artériel brachiocéphalique ou de l’artère sous-clavière, en amont de l’origine de l’artère vertébrale, et dans lequel le courant s’inverse dans l’artère vertébrale pour revasculariser la sous-clavière d’aval à contrecourant.
Cette inversion du courant vertébral crée une spoliation des artères du polygone de Willis et peut ainsi être responsable d’accidents neurologiques ischémiques paroxystiques qui en sont la traduction clinique. Ce syndrome, lorsqu’il est grave, peut être traité par désobstruction du tronc artériel brachiocéphalique ou de la sous-clavière par une technique de cardiologie interventionnelle ou une intervention chirurgicale (désobstruction ou pontage).

Syn. syndrome de vol sous-clavier

Southern (technique de) l.f.

Southern’s blotting

Technique de séparation électrophorétie des fragments d'ADN obtenus par des hydrolyses utilisant des enzymes de restriction et les identifier après transfert (blot) sur une membrane de nitrocellulose, en les hybridant avec des sondes nucléiques spécifiques marquées au 32P, repérables par autoradiographie.

E. M. Southern, biochimiste britannique (1975)

→ northern (technique de), western (technique de)

[Q1]

Édit. 2018

spectral inversion at lipids l.angl.

 Méthode de suppression du signal des graisses associant une inversion-récupération et une saturation spectrale, un remplissage centrifuge du plan de Fourier (favorisant la résolution en contraste), et une technique d'interpolation permettant de reconstruire des images chevauchées en augmentant la matrice.

Sigle SPECIAL

spectrométrie par résonance magnétique l.f.

magnetic resonance spectrometry

Technique qui utilise la résonance magnétique nucléaire pour obtenir des informations sur les structures biochimiques à partir de la répartition des fréquences de résonance des noyaux.

Syn. spectroscopie par résonance magnétique

Sigle SRM

→ résonance magnétique

[B2,B3]

Édit. 2018

spermatocèle artificielle l.f.

Confection chirurgicale avec du tissu veineux, vaginal ou prothétique d'une cavité branchée sur le conduit épididymaire et destinée à créer un réservoir ponctionnable de spermatozoïdes.
Cette technique destinée à l’insémination artificielle n’est presque plus utilisée : elle a été remplacée par la ponction directe de l'épididyme complétée par une fécondation in vitro.

Syn. spermatocèle chirurgical

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