déplacement chimique en IRM l.m.
chemical shift
En IRM, le déplacement chimique est lié à la modification de la fréquence de résonance des protons d’hydrogène au sein des molécules lorsque leur environnement électronique est différent.
Ainsi, la fréquence de résonance des protons de l'eau (H2O) n'est pas exactement la même que celle des protons des groupements CH3 de la graisse. Cette différence est d'autant plus grande que le champ magnétique est plus élevé. Elle peut devenir source d'artéfacts au niveau des interfaces eau-graisse en imagerie à haut champ (les images des protons de l'eau et de la graisse commencent en pratique à se décaler de plus de un pixel au-dessus de 1,5 tesla).
Cette différence de fréquence de résonance des protons est à l’origine d’une erreur de calcul de leur positionnement dans le sens du codage par la fréquence : les protons de la graisse subissent une légère translatation à l’origine d’une bande noire ou blanche à l’interface eau-graisse.
C'est sur ce déplacement chimique que reposent les applications de la résonance magnétique à la spectrométrie, car il permet d'identifier certains groupements chimiques.
[B2,B3]
Édit. 2018
déplacement de perception (phénomène de) l.m.
displacement of perception phenomenon
→ alloesthésie, exosomesthésie
déplacement en psychiatrie l.m.
displacement
Passage de l'énergie d'investissement d'une représentation à une autre, liée à la première par une chaîne associative.
Notion présente dès les premières élaborations théoriques de S. Freud sur les névroses, le déplacement, qui appartient essentiellement au processus primaire, a fait l'objet d'une description complète à propos du rêve. Un élément anodin ou saugrenu du contenu manifeste du rêve se révèle lié dans le contenu latent à un élément destiné à rester caché.
Le déplacement favorise les autres mécanismes de la formation du rêve : la condensation et la figurabilité, et il intervient aussi au niveau de l'élaboration secondaire sous l'effet de la censure. Dans la phobie, il intervient comme mécanisme défensif permettant de circonscrire l'angoisse.
déplacement (méthode de) l.f.
displacement (method of)
A. W. Proetz, otorhinolaryngologiste américain (1926)
dépolarisation du cœur l.f.
heart depolarization
Perte des charges électriques positives des fibres myocardiques, conséquence de leur activation par l’onde d’excitation automatique.
La dépolarisation normale se traduit sur l’électrocardiogramme par l’onde QRS.
dépolarisation diastolique spontanée l.f.
spontaneous diastolic depolarization
Elle est à l’origine de l’automaticité du tissu nodal, amenant progressivement le potentiel de membrane d’une valeur de 90 millivolts à un seuil critique de 70millivolts à partir duquel sz déclenche le potentiel d’action. Normalement ce sont les cellules du nœud sinusal qui ont la vitesse de dépolarisation spontanée la plus élevée. Ce sont elles qui constituent le centre de commande du cœur.
déportation (victime de la) l.f.
deportation (victim of)
Personne qui a survécu à des périodes souvent longues de soumission à des privations, à une déshumanisation, à des maladies et à la proximité de la mort pour elle-même ou à travers celle de ses camarades, et qui peut présenter des troubles mentaux majeurs.
À la répétition traumatique des évènements dramatiques vécus, autour de laquelle s'organise le "syndrome du survivant", s'associent avec une grande variabilité des manifestations psychosomatiques qui prolongent les troubles en relation avec la misère physiologique. Ceux-ci ont été décrits peu après la libération sous le nom de "syndrome du camp de concentration".
→ traumatisme psychique et générations suivantes
dépôt n.m.
deposit
Matériel amorphe, de siège intercellulaire, interstitiel, ou épaississant des structures conjonctives : lame basale, membrane, etc.
La substance déposée peut être de composition chimique variée : substance fibrinoïde, amyloïde, lipidique ou lipoprotidique, immunoglobuline. La paroi des vaisseaux, capillaires ou artériels, est assez fréquemment le siège de tels dépôts notamment dans le cadre de l’athérosclérose, la maladie des dépôts denses, dense deposit disease, au niveau des anses capillaires des glomérules rénaux : maladie de Berger. Un dépôt peut se calcifier, être l’objet d’une réaction histiocytaire à corps étranger, comme dans le tophus goutteux et les lésions athéromateuses constituées et vieillies.
J. Berger, néphrologue français (1968)
dépôt fibrinoïde l.m.
fibrinoid deposition
Dépôt de substance fibrineuse sur les villosités apparaissant dès la deuxième semaine de grossesse.
dépôt fibrinoïde villositaire l.m.
fibrinoid deposition
Dépôt de substance fibrineuse sur les villosités placentaires apparaissant dès la deuxième semaine de grossesse.
dépôt laminaire basal l.m.
basal laminar deposit
Dépôt de matériel granuleux dégénératif qui s'accumule entre la membrane cytoplasmique et la basale de l'épithélium pigmenté de la rétine.
dépôt linéaire sur la membrane basale l.m.
basar linear deposit
1) En ophtalmologie : dépôt de matériel dégénératif qui s'accumule dans l'espace externe à la membrane basale de l'épithélium pigmenté de la rétine et donc dans la couche collagène interne de la lame de Bruch.
2) En néphrologie : dépôt de matériel d’origine immunologique le long de la membrane basale du floculus glomérulaire.
dépôts glomérulaires l.m.p.
glomerular deposits
Lésion élémentaire fondamentale des glomérulonéphrites.
Les dépôts qui siègent dans la matrice extracellulaires sont définis par leur topographie (dépôts pariétaux : extramembraneux ou sous-endothéliaux, intramembraneux ; dépôts mésangiaux ; dépôts intracapillaires ou thrombi), par leur nature (dépôts immuns d'aspect plus souvent granuleux que linéaire en immunofluorescence, dépôts denses de composition chimique indéterminée, dépôts amyloïdes, dépôts de chaînes d'immunoglobulines monoclonales, d'immunoglobulines monotypiques), enfin dépôts identifiés par leur aspect ultrastructurel (dépôts granuleux denses aux électrons, dépôts organisés fibrillaires ou microtubulaires).
dépôts hyalins alcooliques l.m.p.
alcoholic hyaline deposits
F. B. Mallory, anatomopathologiste américain (1911)
dépôts rétrocornéens pigmentés l.m.p.
deposits pigmented rétrocornéens
F. E. Krukenberg ophtalmologiste et anatomopathologiste allemand (1899)
déprescrire v.
to deprescribe
Arrêter de façon volontariste une prescription.
« Bien prescrire pour le médecin, c’est aussi savoir proscrire un traitement contre-
indiqué ou arrêter la prescription d’un médicament inutile ou devenu tel, a fortiori inutilement dangereux en termes de bénéfice/risque. Le prescripteur doit toujours entreprendre une explication avec son patient.
Cet arrêt volontariste d'une prescription s'impose comme une démarche parfois négligée, a tort, par le médecin. La « bonne durée » d'un traitement médicamenteux ne bénéficie pas des mêmes niveaux de preuves et de consensus que les autres paramètres des traitements (indication, contre-indications, posologie, surveillance...). En effet, s'il est prouvé, avec les moyens aujourd'hui disponibles, qu'il faille poursuivre pendant de longues années voire à vie certains traitements (antidiabétiques, antihypertenseurs, antiépileptiques... parmi d'autres), la question est beaucoup plus délicate de savoir quand il convient d'arrêter d'autres traitements, par exemple : anti-inflammatoire, corticoïde ou non, psychotrope, anti-thrombotique ou traitement hormonal substitutif de la ménopause…
Déprescrire est une démarche qui s'impose chez les patients de tous âges, entre autres chez l'insuffisant rénal et sans oublier la femme enceinte chez laquelle l'enjeu est particulièrement grave, non seulement pour elle, mais aussi pour l'enfant à naître » (P. Queneau – 2004)
J. Mouret, médecin français (1982) ; P. Queneau, médecin interniste français, membre de l'Académie de médecine (1998, 2003, 2004, 2007)
Étym. lat. scribere, écrire ; prae-, avant ; de-, marque l’éloignement
Réf. - J. Mouret, médecin français - Prescrire et déprescrire les somnifères - Cahiers médicaux, 1982, n°30, t. 7, 1904-1905 (1ère utilisation du terme, sans définition)
- P. Queneau, médecin français, membre de l’Académie nationale de Médecine
Réfé
[3]
dépression n.f.
depression, depressive disorder
Tableau clinique dont le modèle, l'accès mélancolique aigu, réversible spontanément ou sous traitement, associe dans sa forme la plus complète : tristesse, ralentissement psychomoteur majoré le matin, idées de suicide et de mort, anxiété, insomnie des petites heures de la nuit, perte de l'appétit et amaigrissement, idées délirantes de culpabilité.
Les aspects sémiologiques sont nombreux, parfois trompeurs, monosymptomatiques. A contrario, des sentiments dépressifs banals, bien qu'inconfortables, doivent en être différenciés. Il n'y a pas de données paracliniques valides, même si certaines anomalies biologiques contemporaines de l'accès ont été constatées.
Diverses variétés ont été individualisées selon les époques et les écoles : dépression psychotique, endogène, mélancolique, névrotique, réactionnelle, atypique, saisonnière, etc. Le ou les mécanismes du dérèglement thymique ne sont pas identifiés. Dans les classifications contemporaines (CIM, DSM), le terme d'état dépressif majeur désigne les formes caractérisées (d'intensité mineure, moyenne, sévère), c'est-à-dire celles dont la dimension pathologique ne peut être mise en doute.
dépression anaclitique l.f.
anaclitic depression
État d'apathie massive avec refus du contact ou indifférence à l'entourage chez un nourrisson de six à huit mois privé brutalement de sa mère (R. Spitz, 1946).
Progressive en plusieurs semaines, son apparition fait suite à une phase de pleurs et de comportements d'accrochage à l'adulte (protestation), puis de cris avec perte de poids et arrêt du développement (désespoir). Une réversibilité est possible si, au bout de moins de trois mois, a été retrouvée la mère ou une mère-nourrice stable et chaleureuse. Sinon, s'installe un marasme de plus en plus inquiétant. Cette évolution péjorative a été individualisée par Spitz sous le nom d'hospitalisme. A contrario, l'enfant dont la relation préalable avec la mère était mauvaise, se trouve protégé.
Chez le très jeune animal, la privation même brève de l'interaction avec la mère s'accompagne notamment de modifications biochimiques réversibles par des caresses renouvelées (S.M. Schanberg).
Cet état ne résume plus les dépressions du bébé, lesquelles, en particulier, comprennent aussi celles liées à une dépression maternelle postnatale, à des carences dites qualitatives de soins de la part de la mère et/ou à des troubles somatiques tels que la douleur physique. Comme l'était la douleur, l'idée d'une dépression chez un bébé demeure volontiers un scandale.
Étym. gr. anaklinô : se replier sur soi-même
dépression (aspects biologiques) l.m.p.
biological aspects of depression
Paramètres biologiques préexistants ou persistants au-delà de l'accès dépressif (marqueurs-traits), indices possibles de vulnérabilité, ainsi que ceux contemporains de l'accès (marqueurs-états), indices possibles de guérison biologique.
Parmi les paramètres statistiques contemporains de l'accès, ont été testés principalement :
- des modifications des catabolites des diverses monoamines cérébrales. La distinction entre dépressions déficitaires en catécholamines ou en sérotonine n'a pas fait progresser la compréhension physiopathologique ni les moyens thérapeutiques ;
- des modifications des taux de certains enzymes impliqués dans ce catabolisme, avec pour seul avantage possible un meilleur ajustement de la posologie d'antidépresseurs IMAO ;
- un excès de sécrétion du cortisol, qui pourrait surtout refléter un état de stress sans être spécifiquement lié à la dépression ;
- une augmentation de la proportion du sommeil paradoxal et un raccourcissement de son délai d'apparition, inférieur à 90 minutes.
Parmi les tests dynamiques neuroendocriniens, l'épreuve à la dexaméthasone, avec absence de freination de la sécrétion de cortisol après administration de cette substance chez les déprimés, avait suscité de grands espoirs.
Dans l'ensemble, deux ordres de faits sont apparus : d'une part la multitude des paramètres biologiques perturbés chez les déprimés, qui pourrait aussi concerner le système immunitaire et les débits sanguins intracérébraux régionaux ; d'autre part l'impossibilité actuelle de cerner la signification de la plupart de ces anomalies et leur usage éventuel dans le diagnostic, la prévention ou la thérapeutique.
dépression atypique l.f.
atypical depression
1) Selon la terminologie française classique, épisode dépressif survenant en début ou dans le cours d'une évolution schizophrénique.
2) Pour certains auteurs anglo-saxons, affection mentale ainsi définie : dépression majeure, mineure ou intermittente ; nette réactivité de l'humeur aux facteurs environnants ; au moins deux symptômes parmi : hyperphagie, hypersomnie, asthénie très intense et hypersensibilité au rejet.
La composante anxieuse est souvent importante et la coexistence avec un trouble panique fréquente.
Les dépressions atypiques répondent favorablement aux antidépresseurs, tout particulièrement aux IMAO.
dépression de l'adolescent l.f.
depression in adolescence
Manifestations dominées, comme chez l'adulte, par une souffrance morale, une importante tendance à la culpabilisation et une dévalorisation tant au plan intellectuel que physique ou esthétique et un ralentissement psychomoteur.
Cependant, peuvent s'adjoindre, voire se substituer : morosité hargneuse, agitation, passages à l'acte antisocial et réactions paradoxales à l'envahissement dépressif ; préoccupations centrées sur l'image corporelle et troubles somatiques (sommeil, comportement alimentaire, etc.) ; attitudes de déni, voire de mutisme oppositionnel. Autant de masques possibles de la dépression. C'est aussi la durée des troubles qui distingue ces états des moments de "cafard", de "déprime", d'ennui. On relève rarement une explication acceptable (deuil, problèmes familiaux, déception sentimentale).
De telles dépressions peuvent être à l'origine de conduites suicidaires.
Traitements médicamenteux et psychothérapies sont le plus souvent associés. Une action thérapeutique familiale est généralement indispensable.
dépression de l'enfant l.f.
child's depression
État pathologique longtemps méconnu, voire nié, dont l'expression clinique est rarement celle de l'adulte et varie avec l'âge, le degré de maturation affective et le développement.
Chez le petit enfant (de trois à cinq ou six ans), dominent les conduites de lutte contre les affects dépressifs : désordres comportementaux principalement (depuis un calme excessif jusqu'à des crises de colère au moindre refus et aussi des oscillations de l'humeur) ; perturbations des acquisitions sociales (pas de jeux avec des pairs) ; fréquentes manifestations somatiques (sommeil troublé, alternance de refus alimentaire et de boulimie, énurésie secondaire, encoprésie) ; parfois sensibilité extrême aux séparations de la mère, avec refus scolaire.
Chez le grand enfant (jusqu'à 12 à 13 ans), sont observés surtout : une tristesse continue et intense avec autodépréciation ; des conduites de protestation contre les affects dépressifs (colère, agressivité, vols répétés, mensonges ou comportements mythomaniaques, fugues) ; un échec scolaire quasi constant.
Sur le plan suicidaire, toute idée de cet ordre exprimée doit être prise en considération, de même qu'une forte autodépréciation.
dépression (données épidémiologiques) l.f.
depression epidemiological data)
Selon l'Epidemiological catchment area study, étude majeure des années 80 aux États-Unis, taux de prévalence sur la vie entière dans une population : trouble bipolaire, 1,2%, trouble dysthymique, 3,1%, dépression majeure, 4,4%, prévalence globale pour la vie entière, 10%. Cette dernière est de 5 à 10% selon d'autres études standardisées, dont la rigueur méthodologique est variable.
Le rapport d'ensemble femmes-hommes de cette prévalence est de 2 (1,5 chez les bipolaires). Le pic de prévalence se situe de 25 à 44 ans (féminin avant 35, masculin après 55 ans ; antérieur à 30 ans chez les bipolaires ; à partir de 35 ans chez les dépressifs unipolaires récidivants).
L'incidence annuelle de la dépression est de 7,6 p. 1000 chez la femme, de 4,3 p. 1000 chez l'homme (troubles bipolaires : 7,4-32,5 p. 1000 chez la femme, 9,2-15,2 p. 1000 chez l'homme).
S'agissant de l'évolution : taux d'efficacité des antidépresseurs, 60-70% ; taux de chronicité, 15-20% ; survenue d'un accès maniaque, 10-15%, tentatives de suicide, 10-20%.
En cas d'autre trouble, la prévalence dépressive sur la vie entière est la suivante : alcoolisme, 40-60%, trouble panique, 40-50%, anxiété généralisée, 26-87%, phobie sociale, 30%, trouble obsessionnel-compulsif, 14-78%, kleptomanie, 50%, jeu pathologique, 70%.
Il convient de ne pas confondre maladie et symptômes dépressifs. Répertoriée par des échelles d'auto-évaluation, la prévalence ponctuelle de ces derniers en population générale est de 10 à 20%.
L'épidémiologie confirme l'universalité des maladies dépressives. Certaines données restent inexpliquées : gradient nord-sud, augmentation numérique dans les générations nées après 1940. Ces constats renvoient à la complexité étiopathogénique du trouble dépressif.
dépression double l.f.
double depression
Survenue d'un état dépressif majeur chez un patient préalablement atteint de dysthymie, c'est-à-dire d'un état chronique subdépressif.
M. B. Keller, psychiatre américain (1982 et 1983).
dépression du bébé l.f.
baby's depression