Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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fibrose hépatique l.f.

hepatic fibrosis

Mécanisme de cicatrisation pathologique consécutif à une agression (toxique, infectieuse, métabolique…) source d’inflammation chronique, responsable d’une destruction de l’architecture tissulaire, consécutive au dépôt excessif de tissu collagène.
La fibrose est le résultat d’une dérégulation de l’équilibre entre synthèse et destruction de la matrice extracellulaire.
En pratique clinique, on distingue selon une gravité croissante le stade 1 où la fibrose est minime, le stade 2 où elle devient significative, le stade 3 pré-cirrhotique et le stade 4, ultime qui est la cirrhose. La cirrhose est définie histologiquement par une désorganisation diffuse de l’architecture hépatique avec une fibrose annulaire délimitant des nodules d’hépatocytes, appelés nodules de régénération.
Lorsque le facteur d’agression du foie a disparu et que la fibrose n’est pas au stade de cirrhose, elle régresse complètement. On a longtemps cru que la régression de la fibrose n’était pas possible au stade de cirrhose. On sait maintenant que si le facteur d’agression a disparu, la réaction inflammatoire étant donc stoppée, la cirrhose peut régresser. La régression de la cirrhose n’est pas possible lorsque les septums fibreux sont épais avec de petits nodules de régénération ce qui correspond souvent au plan clinique à des cirrhoses s’accompagnant de signes d’insuffisance hépatocellulaire et d’hypertension portale. A l’opposé, lorsque les septums fibreux sont minces avec de gros nodules de régénération, la réversibilité de la cirrhose avec restitution ad integrum du parenchyme hépatique est possible, une fois le facteur d’agression éliminé.

cirrhose hépatique, fibrose hépatique congénitale

[A2,L1]

Édit. 2018

hémangiome hépatique l.m.

hemangioma of the liver

L’hémangiome du foie est une tumeur bénigne non néoplasique (polyclonale) formé de cavités remplies de sang, bordées par des cellules endothéliales, alimentées exclusivement par l’artère hépatique.
Les hémangiomes prédominent chez la femme (2/3 des cas). Ils sont fréquents (2 à 5 % de la population). Dans la majorité des cas, ils sont de petite taille, inférieurs à 4 cm de diamètre, peuvent être multiples, ne donnent aucun symptôme, sont généralement stables et ne dégénèrent jamais. La biologie hépatique est normale. Ils sont découverts fortuitement sur une échographie. Lorsqu’ils sont de petite taille, leur aspect est le plus souvent caractéristique ; ils ont un aspect hyperéchogène ayant l’aspect d’une mûre. Ils ne nécessitent aucun examen, ni traitement, ni surveillance.
Plus rarement, leur taille peut être plus grande, entre 5 et 10 cm de diamètre ou géant de plus de 10 cm de diamètre. Ils sont souvent asymptomatiques, mais lorsque leur taille est particulièrement volumineuse, ils peuvent être responsables d’une gêne abdominale ou de douleurs causées par la distension de la capsule de Glisson. Les complications sont possibles : inflammation, hémorragies intra-tumorales ou extra-tumorales. Les hémorragies peuvent être spontanées dans la moitié des cas ou iatrogènes. Les autres complications sont exceptionnelles, volvulus d’une forme pédiculée, compression des organes adjacents, le syndrome de Kasabach-Merritt, qui associe une coagulopathie de consommation, une coagulation intra-vasculaire disséminé et une fibrinolyse.
Lorsque l’hémangiome mesure plus de 4 cm de diamètre l’aspect échographique est souvent atypique. L’IRM est l’examen de choix permettant le plus souvent le diagnostic de certitude. L’hémangiome apparaît en hyposignal sur les séquences T1, en hypersignal sur les séquences T2, après injection, il existe un rehaussement périphérique avec un remplissage qui se fait de la périphérie vers le centre et souvent incomplet.
Le traitement ne doit être discuté qu’en cas d’hémangiome compliqué, symptomatique.

hémopéritoine n.m.

hemoperitoneum

Epanchement de sang dans la cavité péritonéale.
Les causes en sont multiples. Les plus fréquentes sont les traumatismes soit par un choc direct appuyé sur l’abdomen, soit par un effet de décélération (tachytraumatisme) entraînant une rupture de la rate ou du foie ou des lésions vasculaires. Chez la femme jeune, ce sont la grossesse extra-utérine, la rupture d’un kyste lutéinique ou celle d’un adénome hépatocytaire secondaire à une contraception oestroprogestative. Sont également possibles, la rupture d’une tumeur hépatique (carcinome hépatocellulaire, plus rarement métastase, exceptionnellement hémangiome), la rupture spontanée de la rate au cours d’une infection ou d’une hémopathie, la rupture spontanée du foie en cas de prééclampsie, de vascularite systémique, la rupture de varices mésentériques ou pariétales chez un cirrhotique. C’est aussi la complication la plus grave de la biopsie hépatique et très exceptionnellement de la ponction d’ascite.
Le tableau clinique est soit aigu associant collapsus et état de choc à des signes abdominaux (augmentation de volume de l'abdomen, météorisme avec matité des flancs, comblement du cul-de-sac de Douglas, douleur au toucher rectal), soit subaigu avec un tableau moins franc, associant des douleurs localisées, des signes d'hypovolémie (tachycardie, chute tensionnelle) et d'anémie (baisse d'hématocrite). Les examens complémentaires (échographie essentiellement et éventuellement ponction lavage du péritoine) précisent le diagnostic et l'indication opératoire.

Étym. gr. haima : sang ; peritonaion : ce qui est étendu autour (de l’intestin), péritoine

tachytraumatisme

[L1,O3,L1]

hépatite allo-immune congénitale l.f.

congenital alloimmune hépatitis

Hépatite néonatale sévère déclenchée par un processus immunitaire de la mère contre le foie fœtal.
Le phénotype clinique rassemble une hypotrophie et une prématurité fréquentes, un ictère cholestatique avec coagulopathie, une absence d’intervalle libre/naissance, un foie de volume normal ferme hétérogène à l’échographie, de l’ascite fréquente, une élévation modérée des transaminases, une hypoalbuminémie, une élévation de la ferritine. Le pronostic de l’affection est très réservé.
Au début de la vie fœtale, des IgG maternelles se lient à la membrane cellulaire du foie fœtal ; ce complexe active la voie classique du complément et déclenche le complexe d’attaque membranaire responsable de l’atteinte de l’ hépatocyte. Cette nécrose hépatique massive est à l’origine d’une insuffisance hépatique fœtale avec mort in utero ou prématurité. La confirmation d’une allo-immunisation conduit à un traitement
de la mère pour prévenir les récidives.

[L1,Q2,F3,O6]

Édit. 2015

hépatite E l.f.

hepatitis E

Atteinte inflammatoire du parenchyme hépatique liée à l'infection par le virus de l'hépatite E (VHE).
Sa transmission a lieu par voie féco-orale (eau et aliments souillés) ; il est responsable d’hépatites aigües sans évolution vers la chronicité en l’absence de déficit immunitaire. Des formes asymptomatiques semblent fréquentes chez l’enfant. Cette hépatite est particulièrement sévère chez la femme enceinte ou en cas d’association avec une hépatite A.
L'endémie virale E concerne principalement les pays d'Asie et d'Afrique du Nord expliquant que les cas européens soient principalement observés chez des voyageurs de retour de zone d'endémie. Des cas autochtones ont cependant été décrits dans les pays industrialisés chez des patients n’ayant jamais voyagé en zone d’endémie.
Le diagnostic repose sur l'exposition géographique, l'hypertransaminasémie associée à la présence d'anticorps anti-VHE de l'immunité acquise contre le virus.
Le VHE expose à des risques d'hépatite fulminante, principalement chez les femmes enceintes au 3ème trimestre de la grossesse, chez lesquelles un voyage en zone d'endémie sera déconseillé en l'absence de prophylaxie passive ou active.
La surinfection par le VHE en cas de cirrhose (ou fibrose évoluée) est un facteur aggravant de la décompensation hépatique. Une évolution vers la chronicité est possible lorsque l’hépatite E survient sur un terrain immunodéprimé (transplanté d’organe, maladies hématologiques, SIDA).
Il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite E.

hépatite fulminante, virus des hépatites, virus de l'hépatite E

[L1,D3]

Édit. 2015

hépatite virale l.f.

Atteinte hépatique due à un virus hépatotrope

Les hépatites virales rassemblent les hépatites A, B, C, D, E ... celles du groupe herpès et d'autres. Rarement ictériques, ces hépatites exposent à un double risque :
1) d'hépatite fulminante au cours de l'infection aigüe par les virus A(VHA) ou B (VHB),
2) d'infection chronique pour les virus B, C (VHC), D (VHD), (les autres virus ne sont pas responsables de telles formes), et donc de cirrhose et d'hépatocarcinome.
L'atteinte hépatocytaire, liée à une toxicité directe des virus se multipliant dans l'hépatocyte (VHA, VHE, VHD, groupe herpesvirus, …) ou immuno-induite (VHB, VHC) explique l'hypertransaminasémie signant l'hépatite. La clairance virale, au décours de l'hépatite aigüe, s'accompagne d'une guérison hépatique ad integrum.
Les hépatites chroniques, avec persistance virale et expression à la surface des hépatocytes, des antigènes viraux (reconnus par les cellules du système immunitaire en conjonction avec les molécules HLA), entraînent une cirrhose dans 20% des cas. La cirrhose elle-même ainsi que les mécanismes moléculaires liés au virus (mutagénèse insertionnelle ou transactivation par la protéine X pour le VHB, mécanisme inconnu pour les VHC et (VHD), exposent au carcinome hépatocellulaire avec une incidence annuelle de 3%.
L'hépatite chronique justifie l'appréciation de son activité et de sa sévérité par une analyse virologique et une biopsie hépatique permettant l’indication de traitements antiviraux.

hépatite fulminante, cirrhose, carcinome hépatocellulaire, virus des hépatites, hépatite A, hépatite B, hépatite C, hépatite D, hépatite E, hépatite G

[D3,L1]

hépatocyte n.m.

hepatocyte

Cellule épithéliale hépatique volumineuse, de forme polyédrique, accolée à ses voisines en une file régulière, constituant la travée hépatique ou travée de Remak, bordée par les sinusoïdes hépatiques.
La membrane cytoplasmique de deux hépatocytes voisins forme la paroi d'un minuscule canalicule biliaire servant à l'excrétion de la bile. L'hépatocyte contient un noyau rond, un cytoplasme pourvu de mitochondries, d'un réticulum endoplasmique, d'un appareil de Golgi, de lysosomes et est riche en glycogène. Outre sa fonction dans le métabolisme du glycogène, il contribue à la synthèse de protéines et de lipoprotéines plasmatiques, à la synthèse et à la sécrétion de la bile, à la destruction d'hématies et la détoxification des déchets métaboliques.

R. Remak, embryologiste, physiologiste allemand (1815-1865)

mitochondrie, réticulum endoplasmique, Golgi (appareil de), lysosome

[A2, L1]

Édit. 2018

hépatorénal (syndrome) l.m.

hepatorenal syndrome

Association d’une insuffisance rénale aigüe, d’abord fonctionnelle, et d’une insuffisance hépatique grave (cirrhose ascitique avec hypertension portale ou hépatite fulminante), à l’occasion d’une hypovolémie (hémorragie, traitement diurétique) entraînant des phénomènes de redistribution sanguine dans les territoires splanchniques et rénaux.
Ce tableau clinique doit être distingué des insuffisances rénales fonctionnelles de cause connue (hypovolémie par hémorragie, déshydratation induite p. ex. par les diurétiques), d'une insuffisance rénale aigüe organique due notamment à un choc infectieux ou à la néphrotoxicité de médicaments, et d'une néphropathie organique associée à la cirrhose (glomérulonéphrite à dépôts d'IgA p. ex.). La natriurèse est quasi-nulle, la concentration uréique urinaire élevée. Ce syndrome est dû à une vasoconstriction artériolaire rénale sévère, elle-même secondaire à l'activation des systèmes vasoconstricteurs humoraux et nerveux sympathiques. Son pronostic est très sévère, et, si elle est possible, la transplantation hépatique doit être envisagée.

[L1,M1]

hépatostéatose aigüe gravidique l.f.

acute fatty liver of pregnancy

Surcharge lipidique du foie chez la femme enceinte, avec cytolyse hépatique, thrombopénie, insuffisance rénale, hypertension artérielle.
Evoluant parfois vers la mort par insuffisance hépatique, elle impose l'interruption immédiate de la grossesse.

H. L. Sheehan, anatomopathologiste britannique, membre de l'Académie de médecine (1937)

Syn. stéatose aigüe hépatique,  Sheeha (maladie de)

[L1, O3]

Édit. 2015

hydatidose pulmonaire secondaire l.f.

pulmonary metastasis echinococcosis

Localisation métastatique de la forme larvaire de l'échinocoque due à la fistulisation d'un kyste hydatique siégeant dans la paroi du ventricule droit le plus souvent, mais aussi d'un kyste hydatique hépatique fistulisé dans la veine cave inférieure ou une veine sus-hépatique.
Le kyste fissuré envoie régulièrement dans la petite circulation des microemboles de vésicules hydatiques dont le développement entraine des images en "lâcher de ballons" sous la forme de multiples opacités arrondies bilatérales de taille et d'âge variables, ayant tendance à s'ouvrir dans les petites bronches.
Le traitement repose sur l'ablation du kyste d'origine, foie ou ventricule droit. Au niveau du cœur, une CEC est toujours nécessaire. Le traitement de l'échinococcose pulmonaire métastatique secondaire doit être, après ablation du kyste causal, suivi d'un traitement médical à l'albendazole de 1 à 3 ans pour n'avoir à traiter ultérieurement que les kystes pulmonaires résiduels.
L'échinococcose secondaire bronchogénique, ensemencement pulmonaire par voie endobronchique du fait de la rupture d'un kyste fertile, est certes possible mais rarissime.

Syn. kyste hydatique pulmonaire secondaire (métastatique), échinococcose pulmonaire secondaire (métastatique)

échinococcose

[D2,K1]

hyperbilirubinémie n.f.

hyperbilirubinaemia

Excès du taux de la bilirubine dans le sang.
L’hyperbilirubinémie peut provenir :
- soit d’un excès de production de bilirubine libre (ou indirecte lors de sa mesure par la réaction d’Hijmans Vandenberghe) en raison d’une hémolyse d’origine congénitale ou acquise ;
- soit d’un défaut de conjugaison de la bilirubine libre au niveau hépatique (cholémie familiale de Gilbert, ou ictère grave de Crigler-Najjar) ;
- soit d’un défaut d’élimination de bilirubine conjuguée (ou directe) par une atteinte hépatique ou un état d’obstruction des voies biliaires (cholostase).
L’hyperbilirubinémie est responsable d’un subictère si la bilirubinémie excède 15 mg /L ou d’un ictère au-delà de 30mg/L.

I. N. Dubin et F. B. Johnson, anatomopathologistes américains (1954) ; A. Gilbert, médecin français, membre de l’Académie de médecine (1901) ; J. F. Crigler Jr et V. A. Najjar, pédiatres américains (1952)

[L1]

Édit. 2015

hyperthermie maligne d'effort l.f.

Elévation extrême de la température centrale qui survient au cours d’un exercice musculaire intense, et conduit à un syndrome de défaillance multiviscérale.
Son apparition est favorisée par des conditions climatiques particulières (température élevée, hygrométrie >75%, absence de vent) ainsi que par des facteurs personnels (myopathie infraclinique, obésité, absence d’acclimatation, défaut d’entraînement, déshydratation, motivation extrême, vêtements inadaptés, prise d’alcool ou de médicaments agissant sur le système nerveux autonome).
Trois mécanismes physiopathologiques entrent en jeu : dysfonction du système nerveux central (incompétence de l’hypothalamus antérieur), déséquilibre entre la production et l’élimination de la chaleur produite par l’exercice, anomalie structurelle ou enzymatique du muscle squelettique (des similitudes ont été retrouvées avec l’hyperthermie maligne anesthésique dans près de 50% des cas).
Ils sont responsables d’une altération des activités mitochondriales, des synthèses protéiques et des débits sanguins régionaux à l’origine d’insuffisances hépatique et rénale.
La survenue de troubles du comportement, d’une démarche ébrieuse, d’une soif intense, de nausées et vomissements, de crampes musculaires précèdent le plus souvent la perte de connaissance, le coma de profondeur variable, avec convulsions, hypotension artérielle et tachycardie, signes tégumentaires (anhydrose, chaleur intense, pli cutané, cyanose et pétéchies), masses musculaires tendues et douloureuses. La température centrale est alors supérieure à 40°C. Les examens biologiques découvrent une hémoconcentration, une acidose métabolique, une élévation des teneurs plasmatiques en enzymes musculaires, une cytolyse hépatique et une insuffisance rénale fonctionnelle avec urines foncées (rhabdomyolyse)
Le traitement comporte outre la réfrigération, et la correction de l’hypovolémie, l’utilisation des moyens de suppléance des fonctions vitales. L’emploi du dantrolène est controversé.
Les éléments fâcheux du pronostic sont la durée de l’hyperthermie et des troubles de la conscience. La mortalité atteint 20% des formes graves, moins de 10% de l’ensemble des cas. Ces chiffres illustrent l’importance de la prévention individuelle et collective (annulation des activités dans les conditions extrêmes de température et d’humidité).

Syn. coup de chaleur d’exercice

hyperthermie maligne anesthésique, insuffisance rénale fonctionnelle, insuffisance hépatique, rhabdomyolyse

infarctus biliaire l.m.

biliary infarct, feathery degeneration

Zone de nécrose du parenchyme hépatique secondaire à une cholestase hépatique intense et de durée prolongée.
La lésion siège dans la zone périportale, elle est centrée par de la bilirubine et entourée par des hépatocytes au cytoplasme très clarifiés, spumeux, pseudoxanthomateux et au noyau pycnotique.

J. M. Charcot, membre de l'Académie de médecine et A. Gombault, neurologues français (1876)

Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.

Syn. infarctus de Charcot-Gombault

insuffisance hépatique aigüe l.f.

acute hepatic failure

Déchéance profonde de la plupart, sinon de l'ensemble des fonctions du foie.
On appelle acutisation une poussée se développant sur une insuffisance hépatique chronique.
Une insuffisance hépatique sans encéphalopathie est dite grave quand le temps de Quick est inférieur à 50%. Elle est dite très grave quand s'y ajoutent des troubles de la conscience, fulminante, quand il s'est écoulé moins de 15 jours depuis le début de la maladie et moins fulminante lorsque le délai est compris entre 15 et 90 jours.

Étym. lat. in privatif ; sufficientia : ce qui suffit (pour assurer une tâche assignée) ; gr. hepatikos : qui concerne le foie

Itô (cellule de) l.f.

fat-storing cell, Ito’s cell

Cellule constituant, avec la cellule endothéliale et la cellule de Kupffer, la paroi du capillaire sinusoïde hépatique.
Elle est généralement située sous la couche des cellules endothéliales, entre celle-ci et les hépatocytes. Elle contient de nombreuses vacuoles lipidiques. Impliquée dans la biosynthèse du collagène de l'espace de Disse et le stockage de la vitamine A, elle jouerait aussi un rôle dans l'histogénèse de la cirrhose hépatique.

T. Itô, anatomopathologiste japonais (1951) ; K. von Kupffer, (1829-1902) et J. Disse (1852-1912) anatomistes allemands

Syn. cellule à vacuoles lipidiques, cellule périsinusoïdale

lédipasvir n.m.

Nouvel antiviral à action directe, d’activité pangénomique utilisé en association avec d’autres molécules dans le traitement de l’hépatite chronique C.
Il peut être prescrit en association avec le sofosbuvir dans le cadre d’une autorisation temporaire d’utilisation de cohorte en cas d’hépatite chronique C à un stade avancé (fibrose F3 ou F4) ou associée à des manifestations extra-hépatiques, ainsi que chez des malades inscrits sur une liste d’attente pour une transplantation hépatique, ou ayant subi une transplantation hépatique et présentant une récidive de l’infection par le VHC, ou encore chez des malades transplantés rénaux porteur du VHC.

hépatite C, virus de l'hépatite C, sofosbuvir

maladie de Caroli l.f.

Dilatation segmentaire des gros canaux biliaires intra-hépatiques, qui restent en communication avec l’arbre biliaire.
C’est une malformation rare, se manifestant parfois seulement à l’âge adulte, par des douleurs, une fièvre, un subictère ; il n’y a ni gros foie, ni cirrhose. Elle se complique souvent d’une lithiase intra-hépatique. Elle peut être associée à une malformation rénale (rein en éponge) ou bien une fibrose hépatique congénitale dans 25 à 50 % des cas : son pronostic est alors beaucoup plus grave.

J. Caroli, hépatologue français (1958)

[L1]

maladie de Crigler-Najjar l.f.

Crigler Najjar’s disease

Affection génétique exceptionnelle se transmettant sur le mode autosomique récessif, due au déficit d'activité d'un enzyme hépatique, la bilirubine-UDP-glucuronosyltransférase dont le rôle est de conjuguer la bilirubine en un dérivé soluble dans l'eau, entraînant donc la survenue dès les premiers jours de vie d'un ictère intense dû à une hyperbilirubinémie non conjuguée, ictère qui en l'absence de traitement peut se compliquer de graves lésions cérébrales connues sous le nom d'encéphalopathie bilirubinique ou ictère nucléaire.
L'administration de phénobarbital permet de reconnaître deux variétés de maladie de Crigler-Najjar. Le type I est insensible au phénobarbital et ne répond que partiellement à la photothérapie qui doit être poursuivie à domicile la nuit sous surveillance précise pour maintenir la bilirubinémie dans des zones mettant l'enfant à l'abri de complications neurologiques. La difficulté de prolonger ce traitement conduit à proposer une transplantation hépatique qui est suivie du déjaunissement définitif de l'enfant. Le type II bénéficie d'un traitement à vie par le phénobarbital dont l'effet inducteur de l'activité enzymatique déficitaire est suffisant pour maintenir l'enfant à l'abri de l'ictère nucléaire même s'il reste modérément jaune. Le traitement initial de l'ictère dans ces deux variétés repose sur une ou plusieurs exsanguinotransfusions en attendant le contrôle thérapeutique de long cours. Des mutations géniques ont été récemment décrites dans l'une et l'autre variété dont la connaissance permettra un diagnostic anténatal dans le type I, le plus sévère et le plus difficile à contrôler.

J. F. Crigler, pédiatre et V. A. Najjar, microbiologiste américains (1952)

Syn. ictère familial congénital de Crigler et Najjar

UDP-glucuronosyltransférase

[Q2]

miliaire tuberculeuse l.f.

acute miliary tuberculosis

Tuberculose diffuse hématogène, caractérisée par la présence de multiples granulations tuberculeuses en grains de mil dans tout l'organisme, devenue rare.
Elle est liée à l'effraction d'un foyer tuberculeux dans la circulation sanguine. Les lésions atteignent le poumon, le foie, la rate, les reins, la choroïde, les séreuses (méninges, plèvre, péricarde, péritoine) et la moelle osseuse.
Elle réalise habituellement un tableau infectieux sévère avec fièvre élevée, altération de l'état général et plus ou moins vite, cyanose et tachypnée. La radiographie thoracique révèle les micronodules de 1 à 3 mm, disséminés dans les deux champs pulmonaires. Les anomalies ne sont pas toujours aisément décelables. La tomodensitométrie avec des coupes fines en fenêtre pulmonaire confirme les images douteuses ou les révèle.
L'intradermoréaction est habituellement positive. Il faut rechercher le BK par tubage gastrique, faire un examen du fond d'œil pour dépister des tubercules choroïdiens (tubercules de Bouchut) et étudier le liquide céphalorachidien pour déceler une méningite latente. L'élévation des transaminases témoigne de l'atteinte hépatique que confirme la ponction-biopsie hépatique qui apporte la preuve histologique et bactériologique de la tuberculose.
Constamment fatale avant la découverte de la streptomycine, la miliaire tuberculeuse guérit par le traitement antituberculeux moderne qui est une urgence.

E. Bouchut, médecin français (1869)

Étym. lat. milium : grain de millet

Mirizzi (syndrome de) l.m.

Mirizzi’s syndrome

Ensemble d'une angiocholite, éventuellement ictèrigène due à la compression du canal hépatique commun par un calcul impacté dans le canal cystique, ou au niveau du collet vésiculaire, ou dans un moignon cystique résiduel.
Il est probablement favorisé par une insertion basse du canal cystique dans la voie biliaire principale et un trajet parallèle du cystique et de cette voie biliaire.
L'échographie permet le diagnostic en révélant des voies biliaires dilatées au-dessus de l'obstacle et de taille normale au-dessous et peut montrer le calcul dans le collet vésiculaire ou le cystique.
En l'absence de traitement (chirurgical) trois types de complications peuvent s'observer : fistule entre le canal hépatique commun et le canal cystique ou le collet de la vésicule (aspect opératoire pouvant mimer un cancer des voies biliaires extrahépatiques) ; cirrhose biliaire secondaire ; atrophie du lobe droit du foie.

P. L. Mirizzi, chirurgien argentin (1948)

angiocholite

périkystectomie n.f.

pericystectomy

Intervention chirurgicale correspondant à l'ablation d'un kyste hydatique hépatique et de l'enveloppe qui l'entoure.
Cette intervention est utilisée principalement pour le traitement des kystes hydatiques hépatiques lorsqu'ils ne sont pas trop volumineux. L'existence d'une densification du tissu hépatique autour du kyste rend l'intervention assez facile.

péritoine (fonctions du) l.f.p.

Les fonctions du péritoine découlent de ses origines embryologiques à partir du feuillet mésoblastique au sein duquel, entre la 3ème et la 8ème semaines, va se produire un clivage en deux couches, l’une en continuité avec le mésenchyme extra-embryonnaire tapissant l’amnios, c’est la somatopleure intraembryonnaire ( futur péritoine pariétal), l’autre en continuité avec le mésenchyme tapissant la vésicule vitelline, c’est le splanchnopleure intraembryonnaire (futur péritoine viscéral), ces deux couches délimitant une nouvelle cavité, le cœlome interne future cavité péritonéale ; l’organisation finale du péritoine avec ses mésos et ses fascias d’accolement accompagne le développement des organes intra-abdominaux .
Cette évolution mésoblastique explique les différentes fonctions du péritoine, tant mécaniques que physiologiques :
- maintenir les organes en place par les mésos et fascias d’accolement ;
- servir de structure porteuse aux vaisseaux et nerfs des organes par les mésos ; 
- permettre le glissement harmonieux des viscères grâce à une mince lame lubrifiante qu'il contient. Ce liquide péritonéal existe en quantité minime chez le sujet sain. Il est principalement issu du liquide interstitiel hépatique, passant à travers la capsule du foie. Le liquide interstitiel (et donc la lymphe) hépatique est riche en protéines parce que les capillaires sinusoïdes sont fenêtrés. Les lymphatiques sous-péritonéaux, principalement dans les régions diaphragmatiques, ont pour fonction de drainer ce liquide physiologique. ; la fixation anormale des organes soit au péritoine pariétal, soit par accolement des viscères entre eux par leur péritoine viscéral, est une réaction à des phénomènes inflammatoires quelle qu’en soit l’origine ; elle est expliquée par la richesse du liquide péritonéale en protéines qui, en s’organisant, sera responsable des adhérences. Les conséquences de l’existence d’adhérence sont variable, soit nulles et bien tolérées, soit à l’origine de troubles du transit pouvant aller jusqu’à l’occlusion intestinale.
- protéger les organes contre les infections (rôle du liquide de glissement) ;
- le péritoine sert également de surface d'échange puisqu'il est utilisé dans ce but lors d'une dialyse péritonéale (la membrane péritonéale est alors la membrane d’échange, de dialyse) ;
- le cas particulier de la cœliochirurgie doit être évoqué : plusieurs études ont observé une chute de la température centrale lors d’interventions par cœliochirurgie. Le gaz expose la surface péritonéale (comparable à celle de la peau, soit 1 à 2 m²) à des conditions de température et d’humidité différentes de celles de l’organisme.

feuillet mésoblastique, somatopleure intra-embryonnaire, vésicule vitelline, splanchnopleure intra-embryonnaire, cœlome interne, méso,  fascia d'accolement, péritoine, occlusion intestinale, péritonite, dialyse péritonéale, cœliochirurgie

[A1,C2]

pharmacocinétique n.f.

pharmacokinetics

Etude de l’évolution des concentrations du principe actif d’un médicament et de ses métabolites en fonction du temps dans les différents compartiments de l’organisme.
Elle se décompose en quatre phases : la résorption (appelée absorption par les auteurs anglo-saxons), la distribution, les biotransformations et  l'élimination du principe actif et de ses métabolites.
Les  concentrations sanguines sont un reflet plus ou moins direct des  concentrations dans les  biophases, c'est-à-dire aux sites actifs récepteurs. Cette concentration dépend des propriétés physicochimiques (essentiellement de la liposolubilité et de la fixation aux protéines), de la distribution (débit cardiaque, débits sanguins régionaux et, pour les anesthésiques volatils, de la ventilation alvéolaire) ainsi que de l'élimination (effet de premier passage hépatique, métabolisme hépatique, cycle entérohépatique, excrétion rénale et, éventuellement, ventilation). Pour la plupart des médicaments la cinétique est dite d'ordre 1, c'est-à-dire que leur métabolisme augmente proportionnellement à la concentration : la décroissance est exponentielle et l'analyse mathématique permet d'individualiser deux ou trois exponentielles de constantes de temps différentes correspondant chacune à un compartiment différent, ce qui permet de construire des modèles physiques analogiques ou mathématiques pour simuler la pharmacocinétique. Dans certains modèles on inclut la biophase avec son site actif. Ces modèles permettent de calculer le volume de distribution, la clairance plasmatique totale, la demi-vie de distribution et d'élimination du produit. Ils sont utilisés en clinique pour adapter les doses aux effets pharmacologiques recherchés, notamment en anesthésie assistée par ordinateur à objectif de concentration (voie intraveineuse exclusivement). La pharmacocinétique des anesthésiques gazeux et volatils est suivie par l'évolution de leur concentration dans l'air alvéolaire (en pratique la concentration téléexpiratoire).

anesthésie assistée par ordinateur, constante de temps, échanges plasmatiques, échanges gazeux, demi-vie de distribution, clairance plasmatique, cycle entéro-hépatique, concentration téléexpiratoire

phosphatase alcaline l.f.

Monophosphoestérase active à pH alcalin et généralement fixée aux membranes cellulaires

Le terme phosphatase alcaline englobe de nombreuses espèces moléculaires correspondant aux produits d'au moins trois gènes différents et ayant subi diverses modifications post traductionnelles. En biologie médicale, des techniques électrophorétiques peuvent permettre de séparer les isoenzymes du sérum en trois fractions : hépatique, osseuse et intestinale.
L’activité phosphatase alcaline dans le sérum normal est de 40 à 120 UI/L. On observe une augmentation des activités sériques des phosphatases alcalines essentiellement en pathologie hépatique (cirrhose, cholestase, hépatocarcinome et métastases hépatiques) et en pathologie osseuse (ostéomalacie, maladie de Paget, hyperparathyroïdie, tumeurs primitives ou métastases). Pour les pathologies hépatiques, les concentrations sériques les plus élevées sont observées dans les cholestases extra-hépatiques.  Pour les pathologies osseuses, c’est la maladie de Paget qui donne les augmentations les plus importantes

phosphatasémie

portoscanographie l.m.

computerized tomography during arterial portography (CTAP)

Scanographie du foie pratiquée au cours d'une portographie, obtenue grâce à l'injection intraartérielle sélective d'un produit de contraste iodé hydrosoluble.
L'examen est actuellement considéré comme l'un des plus performants pour la détection des petites lésions hépatiques, en particulier des métastases. Il est réalisé en deux temps : un cathéter est mis en place sous radioscopie par voie artérielle dans l'artère mésentérique supérieure, ou à défaut dans l'artère splénique. Le second temps est scanographique. Le patient étant disposé convenablement dans l'appareil, une injection artérielle est pratiquée par ce cathéter ; la scanographie hépatique débute après un retard d'une vingtaine de secondes (délai nécessaire pour que le parenchyme hépatique ait été intensément opacifié par le produit de contraste qui circule dans la veine drainant le territoire de l'artère concernée). Toutes les coupes doivent être obtenues pendant le pic de l'hépatographie.

Syn. portoscanner

portographie

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