Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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buvardage n.m.

blotting, blot

Technique utilisant une membrane absorbant, permettant le transfert par contact de molécules d'acides nucléiques ou de protéines d'un gel d'électrophorèse à une membrane où elles se fixent.
 Les molécules d'acide nucléique peuvent ensuite être soumises à l'hybridation avec une sonde et les molécules de protéines à la reconnaissance par un anticorps.
 Selon la nature des molécules utilisées, on distingue les buvardages de « Southern » pour l'ADN, de « Northern » pour l'ARN, et de « Western » pour les protéines. Quand le transfert a eu lieu à l'aide de l'électrophorèse, on parle d'électrobuvardage.

Édit. 2017

canal collecteur du rein n.m.

collecting duct

Partie distale du néphron entre le tube connecteur et la papille collectant le liquide de plusieurs néphrons et chargé d’élaborer l’urine définitive.
Le tube collecteur a une origine embryologique différente de celle des autres segments du néphron. Il provient du bourgeon urétéral, excroissance issue de la paroi dorso-médiale du canal de Wolff fait de cellules épithéliales, qui pénètre dans le blastème métanéphrogène qui est un tissu mésenchymateux. Ces deux structures exercent des effets inducteurs réciproques de type épithélio-mésenchymateux qui aboutissent du côté distal à la formation d’un arbre de tubules à l’origine des canaux collecteurs. Les tubes collecteurs comportent deux types cellulaires, les cellules principales ou claires, les plus nombreuses, et les cellules intercalaires ou sombres. Les premières sont le lieu de la réabsorption du sodium couplée à la sécrétion de potassium et de la réabsorption de l’eau. Les secondes sécrètent les ions H+ et les bicarbonates. Les cellules principales expriment des récepteurs des minéralocorticoïdes sensibles à l’aldostérone. Par leur intermédiaire, l’aldostérone stimule l’activité du canal à sodium, canal électrogène, qui réabsorbe le sodium créant ainsi une électronégativité luminale à l’origine de la sécrétion de potassium. Les cellules principales expriment également à leur pôle basolatéral des récepteurs de type V2 de l’hormone antidiurétique dont la stimulation entraîne le transfert à la membrane apicale de l’aquaporine 2 qui accroît la réabsorption d’eau le long d’un gradient osmotique préexistant en augmentant la perméabilité de la membrane. Les cellules intercalaires sont de deux types. Les cellules intercalaires A possèdent une H+ ATPase à leur pôle apical qui assure la sécrétion des ions H+ dans la lumière tubulaire et un échangeur chlore bicarbonate à leur pôle basolatéral pour la sortie des bicarbonates de la cellule. La situation est symétrique dans les cellules intercalaires de type B qui apparaissent plus sombres en microscopie optique du fait de l’abondance des mitochondries, sécrètent les bicarbonates dans la lumière par un échangeur anionique de type pendrine et les ions H+ dans les liquides interstitiels. Ces 2 types cellulaires sont convertibles entre eux selon les nécessités de rétablissement de l’équilibre acidobasique du sujet.

aldostérone, hormone antidiurétique, aquaporine

[A1,M1]

Édit. 2015

canal ionique l.m.

ionic channel

Groupe important de protéines membranaires, constitué de plusieurs centaines de variantes, qui assurent la régulation ionique à travers la membrane cellulaire.
Le long des neurones, circulent les influx nerveux, impulsions électriques provoquées par le passage d'ions (Na+, K+) à travers cette membrane. Sauf exception, l'onde électrique ne franchit pas la fente synaptique. Dès lors, la chimie prend le relais de l'électricité, avec synthèse de neuromédiateurs qui s'accumulent dans des vésicules situées dans les terminaisons nerveuses. Quand une impulsion électrique atteint la terminaison, le neuromédiateur est libéré de ces vésicules dans la fente synaptique ; en une fraction de milliseconde, il diffuse au milieu de l'espace synaptique et, dans une cellule proche, déclenche un nouveau signal, en général lui aussi électrique.
Le transmetteur, dans les synapses excitatrices, provoque l'ouverture de canaux où passent les ions positifs Na+ et K+ ; dans les synapses inhibitrices, il ouvre un canal pour les ions négatifs Cl- Une transformation (ou transduction) du signal chimique en signal électrique se produit, qui suscite soit le départ d'un nouvel influx nerveux, soit son inhibition.
Jusqu'à présent, plus de 40 neuromédiateurs ont été individualisés. Un neurone peut en synthétiser ou en libérer plusieurs à la fois. Si bien que les communications chimiques tiennent un rôle dominant dans le fonctionnement cérébral. Les canaux ioniques ont une action déterminante dans la transmission des signaux entre les cellules.
De nombreuses affections (notamment génétiques ou auto-immunes) sont liées à une pathologie des canaux.

canalopathie ionique, membrane cellulaire, neuromédiateur

[C3]

cancer du sein in situ l.m.

carcinoma in situ of the breast

Tumeur épithéliale non infiltrante du sein, précurseur potentiel d'un carcinome infiltrant et dont il existe deux types : le carcinome canalaire in situ et le carcinome lobulaire in situ.
- Le carcinome canalaire in situ (ou carcinome intra-canalaire) : prolifération de cellules épithéliales malignes développée à l'intérieur des canaux galactophores, sans effraction visible en microscopie optique de la membrane basale et donc a priori sans risque d'atteinte ganglionnaire ou métastatique. Représentant 15 à 30% des nouveaux cas de cancer du sein, il est principalement évoqué devant un foyer de micro-calcifications découvert par la mammographie. Le diagnostic est établi par les macro-biopsies après repérage stéréotaxique. En fonction de l‘architecture, du grade nucléaire et de la présence ou non d'une nécrose centrale, on distingue les types "cribriforme", "micropapillaire" , "solide" et "comédocarcinome", forme la plus agressive définie par une nécrose associée à un haut grade nucléaire . Le traitement (tumorectomie et radiothérapie ou mastectomie) se fonde sur l'index pronostique de Van Nuys, basé sur le grade histologique (établi en fonction du grade nucléaire et de l'existence d'une nécrose) la taille de la tumeur et l'étendue des marges saines d'exérèse .Il tiendra compte du caractère souvent multicentrique et de la présence fréquente de foyers micro-invasifs spécialement dans les tumeurs de grande taille (supérieures à 25 mm).
- Le carcinome lobulaire in situ est une prolifération épithéliale maligne développée dans les lobules, sans effraction de la membrane basale et donc sans invasion du stroma. Il n'existe en règle, ni nécrose, ni calcification, et en l'absence habituelle de traduction clinique ou radiologique, le diagnostic est une découverte histologique lors d'une intervention pour une lésion préjugée bénigne. Souvent multifocal et bilatéral, il est difficile à différencier des lésions d'hyperplasie lobulaire atypique (avec lesquelles on les réunit sous le nom de "néoplasies lobulaires "). Il confère un risque accru de développement d'un carcinome infiltrant lobulaire ou canalaire.

cancer du sein, van Nuys (index pronostique de), maladie de Paget du mamelon

[F2,O5]

capacité de diffusion pulmonaire l.f.

pulmonary diffusing capacity (DL)

Volume de gaz qui franchit la membrane alvéolocapillaire en 1 mn pour une différence de pression partielle du gaz de 1 mm Hg.
Elle s'exprime en mL/mn/mm Hg ou mieux en mMol/L/kPa. Les résultats sont exprimés en valeur absolue et en pourcentage de valeurs théoriques tenant compte de l'âge, de la taille et du sexe.
Elle comporte une composante liée à la membrane (épaisseur et surface) et une partie liée aux caractéristiques du gaz (PM et solubilité) et au volume capillaire. Elle est 20 fois plus élevée pour le gaz carbonique que pour l'oxygène, augmente à l'exercice, est diminuée en cas de maladie interstitielle pulmonaire ou d'amputation importante du lit vasculaire pulmonaire.
On apprécie la capacité de diffusion pulmonaire par la mesure de la diffusion du CO. Lors de cette mesure en laboratoire on peut aussi apprécier la part qui revient à chaque composante.

[C2,K1]

cavité tympanique l.f.

cavitas tympani (TA)

tympanic cavity

Cavité de l’oreille moyenne située entre le méat acoustique interne en dehors, dont elle est séparée par la membrane du tympan, et l’oreille interne en dedans.
Remplie d’air, elle communique en avant avec le rhinopharynx par la trompe auditive. Elle est prolongée en arrière par l’antre mastoïdien qui s’ouvre sur sa paroi postérieure par l’aditus ad antrum. Elle comporte deux étages : un étage supérieur, le récessus épitympanique traversé de dehors en dedans par la chaîne des osselets ; un étage inférieur (cavité tympanique proprement dite) prolongé au-dessous de la membrane du tympan par le récessus hypotympanique. La muqueuse tapisse l’ensemble des parois et des osselets et forme des replis ou poches dans la partie supérieure de la cavité.

Syn. anc. caisse du tympan

[A1,P1]

Édit. 2015

CD 14 sigle pour Cluster of Differentiation

Protéine liée à la membrane lipidique par un pont phosphatidyl-inositol glycane, de 55 kDa, de la famille des protéines à motifs riches en leucine.
CD14 est exprimé principalement à la membrane des monocytes et des macrophages. C’est le récepteur des lipopolysaccharides, dont la fixation induit un signal activateur avec synthèse d’IL-1 et de TNFα. La forme soluble de CD14 est susceptible de se lier aux cellules endothéliales et de les activer. Elle est le précurseur de la molécule appelée présepsine, marqueur sérique d’infection bactérienne.

présépsine

[C3,F3]

Édit. 2015

cellule musculaire lisse vasculaire l.f.

vascular smooth muscle cell

Cellule présente dans les artères et les veines, allongée, fusiforme, de petite taille, à noyau central ovalaire indenté.
Elle se présente sous deux phénotypes, soit contractile, au cytoplasme pauvre en ergatoplasme mais riche en myofilaments ancrés sur la membrane plasmique par de nombreux corps denses, soit sécrétant collagènes, élastine, glycosaminoglycanes, de même aspect cellulaire mais avec peu de myofilaments et un ergastoplasme développé. Ce dernier type peut migrer, se multiplier et acquérir des propriétés de phagie vis à vis des lipoprotéines de faible densité, devenant une cellule spumeuse. La cellule musculaire lisse est entourée d'une membrane basale discontinue. Au cours de la genèse des parois vasculaires, le phénotype, d'abord sécrétant, assure la construction de la média par ses sécrétions, puis devient contractile et assure la contractilité de la paroi ; au cours du vieillissement, la média contient progressivement de plus en plus de cellules musculaires lisses de type sécrétant des collagènes et devient scléreuse.

[A2,K4]

cellule rétinienne l.f.

retinal cell

Cellule constitué de dix couches qui composent la rétine : épithélium pigmentaire, photorécepteurs, membrane limitante externe, cellules réceptrices, couche plexiforme externe, cellules bipolaires, couche plexiforme interne, cellules ganglionnaires, couche des fibres optiques, membrane limitante interne.

rétine

[A2,P2]

cellules rénales intercalaires n.f.p.

intercalated cells

Cellules présentes dans le tube connecteur et le canal collecteur cortical et médullaire du néphron distal de deux types différents, les cellules intercalaires A (ou alpha) sécrétrices de protons et les cellules intercalaires B (ou bêta) sécrétrices de bicarbonate.
Les segments distaux du néphron (tubes connecteur et collecteur) comportent trois types cellulaires : les cellules principales pour 70% environ et les cellules intercalaires de type A et de type B respectivement pour 20% et 10% environ.
Les cellules de type A sécrètent des protons au pôle apical via la HK ATPase qui échange les ions H+ et K+. Les cellules de type B sécrètent les bicarbonates via un échangeur Cl- / HCO3 , la pendrine. Les cellules de type A sont pourvues de structures tubulovésiculaires qui bombent dans la lumière tubulaire. Leur membrane apicale est différenciée en microvillosités ou en en microplicatures. Leur nombre et la surface de leur membrane apicale augmentent dans des situations d'acidose respiratoire ou métabolique.
Les cellules de type B apparaissent plus sombres en microscopie optique ou électronique en raison d’une plus grande densité en mitochondries ; d’où leur autre nom de cellules sombres (dark cells). C'est leur nombre que J. Hagège et G. Richet ont vu augmenter lors de l'alcalose métabolique.
Les cellules A et B sont considérées comme deux aspects différents d’un même type cellulaire qui acquièrent des caractères propres et dont le nombre respectif varie en fonction de l’état acidobasique du milieu. Des formes intermédiaires entre ces deux types peuvent être occasionnellement observées dans des situations métaboliques instables ou lors de changements rapides de l'équilibre acidobasique.

J. Hagège et G. Richet, membre de l’Académie nationale de médecine, médecins néphrologues français (1970)

pendrine

chromosome bactérien l.m.

bacterial chromosome

Structure composée d'une molécule circulaire d'acide désoxyribonucléique double brin, porteuse de l'information génétique.
Le chromosome bactérien n'est pas enfermé dans une membrane nucléaire et n'est pas lié à des histones. Il est attaché à la membrane cytoplasmique. Il est habituellement unique mais une cellule peut en contenir plusieurs copies.

Étym. gr. chrôma : couleur ; sôma : corps

[Q1,D1]

collagènes n.m.

collagens

Famille de glycoprotéines présentes dans la matrice extracellulaire des tissus conjonctifs, synthétisées principalement par les cellules mésenchymateuses, en particulier les fibroblastes.
La famille des collagènes comporte actuellement 28 types différents, numérotés en chiffres romains de I à XXVIII. Ils représentent environ un tiers du total des protéines du corps humain. La molécule élémentaire de collagène est constituée de l’association de trois chaînes polypeptidiques appelées chaînes alpha, dont il existe une quarantaine de types différents. Tous les collagènes comprennent au moins un domaine en triple hélice. Ils sont répartis en trois  grandes catégories.
- La première catégorie est celle des collagènes formant des fibres. Au sein de celle-ci, le type I est le plus répandu, présent principalement dans la peau, les tendons , les ligaments et l'os. Le type II est spécifique du cartilage et du vitré. Le type III est associé aux fibres de type I et il est particulièrement abondant dans la paroi des vaisseaux. Les types V et XI sont des collagènes mineurs associés respectivement aux fibres de collagènes de types I et II.
- La deuxième catégorie est celle des collagènes associés aux fibres, appelés FACIT (« Fibril-Associated Collagens with Interrupted Triple Helix »). Ces collagènes mineurs, présents à la surface des fibres, permettent l’ancrage de celles-ci dans la matrice qui les entoure. Il s’agit du collagène IX pour les fibres de collagène type II, et des collagènes XII et XV pour les fibres de collagène types I et III.
- La troisième catégorie est celle des collagènes formant des réseaux. Le plus abondant est le collagène IV, constituant majeur des membranes basales. On y trouve également des collagènes mineurs : les collagènes VIII et X qui forment des réseaux hexagonaux dans la membrane de Descemet de la cornée de l’œuil, le collagène VI qui forme des filaments perlés au sein des tissus conjonctifs et le collagène VII qui forme des fibrilles d’ancrage unissant l’épiderme au derme sous-jacent.
Les collagènes exercent de multiples fonctions biologiques : outre leur rôle structural, joué essentiellement par les collagènes formant des fibres qui contribuent à l’architecture des tissus et à leurs propriétés mécaniques, ils interagissent avec des récepteurs spécifiques de la membrane cellulaire pour réguler des fonctions essentielles comme la prolifération, la différenciation et la migration cellulaires

Étym. gr. kolla : colle ; genos : origine

fibre de collagène, maladie du collagène, membrane basale

[C1]

corps adipeux pré-épiglottique l.m.

corpus adiposum preepiglotticum (TA)

pre-epiglottic fat body

Elément graisseux qui comble l’espace hyo-thyro-épiglottique au-dessous dela membrane hyo-épiglottique, en arrière de la membrane thyro-hyoïdienne et de la partie supérieure de l’angle rentrant du cartilage thyroïde, en avant de la moitié inférieure de la face antérieure du cartilage épiglottique.

[A1]

Édit. 2015

corpuscule de Hassall-Henle l.m.

Hassall-Henle’s body

Excroissance en goutte de matériel hyalin au niveau de la membrane de Descemet siégeant à la périphérie cornéenne et se projetant dans la membrane antérieure.
Leur apparition est liée au vieillissement.

A. H. Hassall, anatomiste britannique (1817-1894) ; F. Henle, anatomiste allemand (1809-1885)

Descemet (membrane de)

[P2]

Édit. 2015

culture sur membrane l.f.

Culture développée sur une membrane à travers laquelle a été filtré un volume donné de liquide et qu'on a posé sur une plaque de gélose ou un tampon absorbant imprégné d'un milieu de culture liquide.
Les solutions nutritives passent à travers la membrane et, après incubation, les bactéries qu'elle a retenues forment des colonies à sa surface, ce qui permet leur dénombrement.

[C1]

cytoplasme n.m.

cytoplasm

Contenu cellulaire, séparé du milieu extérieur par la membrane cytoplasmique externe et du noyau par la membrane nucléaire.
Il est fait d'une matrice ou cytosol et d'organites.

Étym. gr. kutos : cellule ; plassein : modeler, façonner

[A2]

cytotrophoblaste n.m.

cytotrophoblast

Couche interne du trophoblaste faite de cellules mononuclées, limitée par une membrane qui recouvre les villosités choriales.
Elle est tapissée intérieurement par la membrane d’Heuser. Le cytotrophoblaste s'oppose au syncytiotrophoblaste plus superficiel et qui en dérive. A partir du quatrième mois, le revêtement cytotrophoblastique des villosités est extrêmement réduit, mais persiste jusqu'au terme de la grossesse.

trophoblaste, Heuser (membrane de), syncytiotrophoblaste

[A4,O6]

dégénérescence nodulaire de Salzmann l.f.

Lésions cornéennes ayant, à l’examen bio-microscopique, l’aspect d’élévations nodulaires blanches ou bleuâtres, de situation annulaire en moyenne périphérie, uniques ou multiples, uni ou bilatérales

Affection rare, d’évolution très lente, survenant plus fréquemment chez la femme d'âge moyen, elle est souvent idiopathique mais peut être associée à une atteinte chronique de la surface oculaire volontiers inflammatoire : blépharite, méibomite, syndrome sec, kératoconjonctivite vernale, trachome, port prolongé de lentilles de contact.
Les lésions sont constituées de plaques collagènes denses avec hyalinisation, apparaissent localisées entre l’épithélium et la membrane de Bowman. Fréquemment, la membrane de Bowman est érodée sous la lésion et l'épithélium sus-jacent peut-être aussi atrophique ou absent.
La dégénérescence nodulaire de Salzmann est en général asymptomatique. Toutefois, des érosions cornéennes récidivantes peuvent survenir au niveau de la lésion, entraînant larmoiement photophobie et irritation. Une baisse de vision peut se produire, soit par un astigmatisme irrégulier soit par une opacification dans l'axe visuel.
Les patients ayant une gêne modérée seront initialement traités par les larmes artificielles. La ciclosporine peut être utilisée dans les formes plus sévères. En cas d'aggravation des symptômes, les lésions nodulaires peuvent être traitées par kératectomie superficielle chirurgicale ou par laser excimer. Très exceptionnellement, une kératoplastie peut-être nécessaire, le plus souvent lamellaire. Des récidives ont été rapportées après greffe.

M. Salzmann, ophtalmologiste autrichien (1925)

dégénérescences cornéennes

dépôt linéaire sur la membrane basale l.m.

basar linear deposit

1) En ophtalmologie : dépôt de matériel dégénératif qui s'accumule dans l'espace externe à la membrane basale de l'épithélium pigmenté de la rétine et donc dans la couche collagène interne de la lame de Bruch.
2) En néphrologie : dépôt de matériel d’origine immunologique le long de la membrane basale du floculus glomérulaire.

développement de l'embryon et du fœtus humain (séquence de 6 à 7 semaines) l.m.

human embryonic and fetal development (6 to 7 weeks)

Cette période correspond approximativement aux horizons XIX et XX de Streeter et aux stades carnegie 20 et 21; en fin de séquence la taille vertex-coccyx (VC) atteint 17 mm.
Les caractéristiques du développement sont les suivantes :
- morphologie corporelle : les arcs branchiaux disparaissent ; le sinus cervical se ferme ; la face et le cou sont formés ; les doigts sont individualisés ; le dos se redresse ; le cœur et le foie forment un relief ventral sur le corps ; la queue régresse.
- cavité buccale : les ébauches linguales primordiales se sont rassemblées en un seul organe lingual ; les lames labiales et dentaires se séparent de façon distincte ; les mâchoires ont pris forme et commencent à s’ossifier ; les replis du palais sont présents et se séparent de la langue ;
- pharynx et ses annexes : les thymus se sont allongés et ont perdu leur cavité ; les trabécules parathyroïdiens apparaissent et s’associent à la thyroïde ; les corps ultimo-branchiaux fusionnent avec la thyroïde ; la thyroïde prend forme de croissant ;
- tube digestif et ses glandes : l’estomac atteint sa forme et sa position finale ; le duodénum est temporairement occlus ; les anses intestinales font hernie dans le cordon ; le rectum se sépare de la vessie et de l’urèthre ; la membrane anale se rompt ; les ébauches pancréatiques dorsale et ventrale fusionnent ;
- système respiratoire : le larynx et l’épiglotte sont bien dessinés ; l’orifice trachéal s’ouvre ; les cartilages laryngés et trachéaux s’ébauchent ; les cornets apparaissent ; les choanes primaires s’ouvrent ;
- cavité cœlomique et les mésos : l’extension du péricarde se fait par lamellisation à partir de la paroi du corps ; le mésentère grandit rapidement parallèlement aux anses intestinales ; les ligaments du foie se forment ;
- système urogénital : le mésonéphros est à l’acmé de sa différenciation ; les tubes collecteurs métanéphrotiques commencent à s’anastomoser ; les tubules métanéphrotiques sécrétoires les plus précoces se différencient ; la vessie et l’urèthre sont séparés du rectum ; la membrane uréthrale se rompt.
- système vasculaire : les veines cardinales se transforment ; la veine cave inférieure prend forme ; atrium, ventricule et bulbe sont divisés ; les valves cardiaques sont présentes ; le tronc de la veine pulmonaire est intégré dans l’atrium gauche ; apparition de la rate ;
- système squelettique : chondrification généralisée ; formation du chondrocrâne ;
- système musculaire : les muscles se différencient rapidement dans tout le corps et prennent leur forme et leur connexion finales ;
- téguments et leurs annexes : les aréoles mammaires s’épaississent ;
- système nerveux : les hémisphères cérébraux croissent ; le corps strié et le thalamus se forment ; l’infundibulum et la poche de Rathke (saccule hypophysaire de l’embryon) entrent en contact ; les plexus choroïdes apparaissent ; la médullaire suprarénale envahit le cortex ;
- organes des sens : la fissure choroïdienne se ferme, englobant l’artère centrale ; les fibres nerveuses envahissent le tronc optique ; le cristallin perd sa cavité par allongement des fibres lenticulaires ; les revêtements fibreux et vasculaires de l’œil apparaissent ; les vésicules olfactives s’ouvrent dans la cavité buccale.

L. B. Arey – Development Anatomy - WB. Saunders Philadelphia (1966)

Étym. a. fr. (fin XIIe) voloper enlever ce qui enveloppe – fig. faire croître, donner de l’ampleur à – bas lat. faluppa balle de blé

stades carnegie, horizons de Streeter

[A4,O6]

diffusion (capacité de) des poumons l.f.

diffusion lungs capacity

Rapport entre le débit d'un gaz g et sa différence de pression partielle motrice entre l'alvéole et le capillaire pulmonaire (ou plus exactement l'intérieur de l'hématie).
Elle se mesure en mL/min/mm de Hg, on l'exprime aussi maintenant en mL/min/hPa .
La formule
 
valable pour un alvéole, a été généralisée à l'ensemble des poumons bien qu'elle soit alors très approximative étant donné l'inhomogénité de la ventilation et de la circulation pulmonaires. Elle est pourtant utile en clinique pour caractériser les troubles de diffusion des gaz lors de leur passage de l'air au sang. A côté des éléments correspondants à la surface et à l'épaisseur de la membrane alvéolaire, figurés par Dm, il faut encore tenir compte du volume Qc du sang capillaire pulmonaire dans lequel le gaz se fixe avec une vitesse de fixation de sorte qu'on a (par analogie avec un circuit électrique :

formule qui explicite le rôle des deux éléments.
En pratique, la capacité de diffusion de l'oxygène, DLO2, peut difficilement se mesurer en régime stable à partir de la PaO2 en utilisant la formule initiale (la PaO2 est un peu plus faible que celle des capillaires pulmonaires) et de la PAO2, mal représentée par l'air de fin d'expiration, de sorte que cette mesure très approximative et peu fidèle n'est pratiquement pas utilisée en clinique.
Mais la formule initiale se simplifie pour les gaz qui, à très faible concentration, ont une très grande affinité pour l'hémoglobine, tel le monoxyde de carbone, CO, parce que la PCO est alors quasi-nulle à l'intérieur des globules rouges et la vitesse de fixation sur l'hémoglobine est très grande. On peut alors écrire :
DLCO = V'CO/PA CO.
Par conséquent la détermination de la capacité de diffusion des poumons au CO, plus facile à mesurer et mieux définie que la capacité de diffusion des autres gaz, sert de méthode de référence.
La DLCO est d'environ 40 mL/min/hPa au repos et de 44 mL/min/hPa à l'exercice chez le sujet normal. Elle est augmentée dans les cardiopathies avec court-circuit gauche-droit, diminuée légèrement au cours de la grossesse et fortement dans les pneumopathies.
La mesure de la DLCO se fait principalement par la méthode en apnée (Marie Krogh, 1915) ou par celle d'équilibration.
En ce qui concerne les autres gaz, notamment les gaz anesthésiques l'on se base sur les propriétés physiques du gaz considéré : masse moléculaire, solubilité dans la membrane (pratiquement celle dans l'eau). La capacité de diffusion est proportionnelle au coefficient de solubilité et inversement proportionnelle à la racine carrée de la masse moléculaire du gaz. On utilise la capacité de diffusion du CO, de masse moléculaire 28 comme référence : la formule donnée à l'article «diffusion», ci-dessus, devient pour un gaz g, de masse moléculaire Mg,
avec α CO = 0,0217 g/L à 37°C :
 
Etant donné tout ce qu'a de conventionnel la notion de capacité de diffusion pulmonaire, la généralisation de cette formule aux autres gaz que le CO ne peut donner qu'un ordre de grandeur. Pour l'azote, de masse moléculaire 28, le coefficient de proportionnalité, rapport des coefficients de solubilité, est égal à 0,67 et le rapport sous la racine est égale à l'unité, on a donc :
DLN2 = O, 67 DLCO.
Etant donné la grande solubilité du dihydroxyde de carbone dans l'eau (1,0522 g/L, soit 600 mL/L à 37°C), le CO2 a une capacité de diffusion de l'ordre de DLCO2 = 1500 mL/min/hPa, elle est 20 fois plus grande que celle de l'oxygène. De ce fait l'écart alvéolocapillaire de pression partielle de CO2 est très faible : pour un débit de dihydroxyde de carbone normal au repos, V'CO2 = 130 mL/min, l'écart alvéolo-capillaire du CO2 est inférieur à 0,1 mm de Hg, c'est-à-dire de l'ordre de grandeur des erreurs de mesure, ce qui justifie l'hypothèse d'Enghoff : PACO2 = PaCO2 .

August Krogh, prix Nobel de médecine en 1920 et Marie Krogh-Jørgensen, physiologistes danois (1910)

Syn. capacité de transfert pulmonaire, constante de diffusion pulmonaire

capacité, diffusion, diffusion pulmonaire (mesure de la), physiologie respiratoire (symboles de)

double contour de la membrane basale glomérulaire l.m. 

double outline of the glomerular basement membrane

Aspect en rails de la membrane basale glomérulaire observé en cas d'interposition mésangiale à la périphérie de l'anse capillaire.
Lésion caractéristique de la glomérulonéphrite membranoproliférative traduisant le glissement mésangial entre membrane basale et cellule endothéliale, secondaire à une prolifération mésangiale qui induit l'apposition d'une néobasale.

glomérulonéphrite, glomérulonéphrite membra noproliférative

dystrophie cornéenne de la membrane basale de l'épithélium l.f.

corneal dystrophy, epithelial basement membrane

Dystrophie cornéenne épithéliale, bilatérale, avec lignes grisâtres épithéliales en "empreintes digitales", membrane intraépithéliale anormale, épaississement en "carte de géographie" de la membrane basale, et petits kystes plus clairs au dessus de la basale en intraépithélial.
Les petits kystes sont visibles en lampe à fente, superficiels, symétriques, dans l'aire de la fente palpébrale, et leur contenu est microscopiquement fait de débris nucléaires et cytoplasmiques. L'affection peut se compliquer d'érosions de cornée idiopathiques dans 10% des cas (crises en fin de nuit ou au réveil), mais elle est le plus souvent asymptomatique et peu évolutive. L’affection est autosomique dominante (MIM 121820).

D. G. Cogan, ophtalmologiste américain (1964)

Étym. gr. dus : difficulté : trophein : nourrir

Syn. MDFD, Cogan (dystrophie cornéenne de), MDFD (corneal dystrophy map dot fingerprint type), dystrophie cornéenne microkystique, dystrophie cornéenne microkystique épithéliale

dystrophie cornéenne postérieure polymorphe héréditaire l.f.

posterior hereditary corneal dystrophy

Dystrophie cornéenne postérieure avec altération de l'endothélium ou de la membrane de Descemet.
L’affection apparaît dans la première enfance, elle est précédée d'irritation et de photophobie puis apparaissent des plages de cristaux calcaires dans les couches profondes du stroma, des lésions vésiculaires dans l'endothélium et un œdème des couches profondes du stroma. Elle peut être asymptomatique mais dans les formes les plus majeures, l'épithélium et le stroma sont altérés de façon sévère par l'œdème. L’affection est autosomique dominante (MIM 121700).
Il existe parfois des adhérences iridocornéennes, un œdème de cornée et un ectropion uvéal. il s'agit d'une différenciation incomplète des cellules endothéliales cornéennes qui secrètent une membrane collagène envahissant l'angle et l'iris. L’affection est autosomique dominante (MIM 122000). Gène en 20q11.

L. Koeppe, ophtalmologiste allemand (1916) ; A. E. Maumenee, ophtalmologiste américain (1960) ; E. F. Carpel, ophtalmologiste américain (1977) ; H. Schlichting, ophtalmologiste allemand (1941)

Étym. gr. dus : difficulté : trophein : nourrir

Syn. dystrophie cornéenne postérieure amorphe (Carpel), dystrophie cornéenne de Schlichting, dystrophie endothéliale congénitale, dystrophie postérieure polymorphe, œdème cornéen congénital héréditaire de Maumenee

dystrophie cornéenne endothéliale congénitale

échangeur à membrane l.m.

artificial membrane for solute or gaz exchange

Dispositif mettant en contac, à travers une membrane, un fluide (le sang, en général) avec un mélange gazeux (oxygénateur à membrane) ou une solution (dialyseur) afin d'apporter ou d'extraire certaines molécules ou ions.
La circulation extracorporelle du sang peut être partielle ou totale dans de tels appareils. Ces échangeurs sont utilisés en hémodialyse (insuffisance rénale) en ultrafiltration (hyperhydratation, traitement des perturbations hydro-électrolytiques, élimination des toxiques endogènes ou exogènes) ou pour remplacer l'hématose pulmonaire (cœur-poumon artificiel) en chirurgie cardiaque ou en médecine, lors de certaines insuffisances respiratoires aigües réfractaires aux autres traitements (pour suppléer en partie à une épuration insuffisante du CO2).
Le débit d'échange à travers un filtre est proportionnel à sa surface (loi de Darcy). Pour augmenter le débit, on utilise soit des fibres creuses (capillaires), soit des empilages de plaques au travers desquelles le sang circule. Les membranes d'hémodialyse, à faible perméabilité, ne laissant passer que les petites molécules (électrolytes, urée, créatinine), sont en cellulose (cuprophane, acétate ou tri-acétate de cellulose) ou en polymères synthétiques (polysulfone, polyacrylonitrile, polyamide, polyméthyl-acrylate). Les membranes d'ultrafiltration, à haute perméabilité, sont à base de polymères, elles permettent le passage de molécules moyenne (de 500 à 50 000 Da).
Des membranes spéciales (à zéolithes) pour les échanges gazeux permettent de trier par filtration les molécules d'O2 de l'air et de les séparer de l'azote dans les extracteurs d'O2.

dialyse, diffusion, extracteur d'oxygène, filtre, hémodialyse chronique de suppléance, hémofiltration, zéolithe

[B4, C2, G1, G ,K3, M1]

Édit. 2019

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