Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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suicide (psychiatrie et) l.

psychiatric context and suicide

Environ 10% des malades mentaux mourraient par suicide et environ 60% de ces conduites sont le plus souvent imputés à un état dépressif, avec 15% de décès.
Plus que le découpage nosologique, le sexe masculin, l'âge (avant 25 ans et après 70 ans), l'isolement social ou affectif, une rupture récente quelle qu'en soit la nature, l'absence de croyances religieuses, la sévérité de l'état dépressif (idées délirantes mélancoliques en particulier), des conduites toxicophiles, y compris alcooliques (parfois équivalents suicidaires), une affection somatique grave, la notion d'antécédents suicidaires personnels ou familiaux, constitueraient les principaux facteurs de risque.
Plus rares, seront cités les états schizophréniques ("dépression atypique" du sujet jeune, états dépressifs post-psychotiques, etc.) et le potentiel suicidaire des états dépressifs chez les délirants paranoïaques ou lors des "failles dépressives" des états limites.
Les personnalités pathologiques (psychopathiques et névrotiques, hystériques en particulier) représentent moins de 5% de l'ensemble des suicidés, mais le plus important contingent des suicidants.
Très souvent, surtout chez un sujet jeune, il s'agit d'une conduite lui apparaissant comme la seule issue d'un conflit insoluble, inscrite sur un terrain très vulnérable, et dont la cause déclenchante serait banale pour un adulte.

Étym. lat. sui caedere : de soi, abattre, couper

suicide

sursimulation en psychiatrie l.f.

oversimulation in psychiatry

Majoration consciente ou inconsciente de troubles psychiques sur un terrain déjà pathologique.
Elle se rencontre plus fréquemment dans les suites d'un accident de la circulation ou du travail, en psychiatrie militaire et en milieu pénitentiaire. La sursimulation est, en effet, souvent liée à la recherche d'un bénéfice matériel, situationnel ou affectif.
Il est classique et moins discutable en psychiatrie qu'ailleurs d'admettre qu'on ne simule jamais bien que ce qu'on a ou plutôt ce qu'on est.

Ch. Lasègue, neuropsychiatre français, membre de l’Académie de médecine (1852)

tempérament et psychiatrie l.

temperament and psychiatry

Terme inspiré du concept très ancien d'unité du corps et de l'esprit, jusqu'à présent très peu utilisé en psychiatrie, qui a été défini par ex. comme l'expression et la contribution de la physiologie des gènes et de la constitution à la formation de la personnalité.
Le caractère serait le représentant des connaissances culturelles, des apprentissages, de l'histoire personnelle du sujet, et la personnalité proprement dite, le témoin et l'acteur de cette interaction entre inné et acquis.
C'est ainsi que rien ne permet d'exclure p. ex. l'existence d'un tempérament dépressif. Mais l'appréciation de la valeur opérationnelle de cette notion et de ses applications éventuelles pose toujours bien des questions.

J.C. Perry et G.E. Vaillant, psychiatres américains (1989)

thermalisme et psychiatrie l.m.

 insomniaques, dépressifs ; troubles du sommeil (très fréquente insomnie

psycho-physiologique) ; sevrage médicamenteux.
Les névroses obsessionnelles fixées dans leur symptomatologie et les états limites à forte
 composante narcissique (dysmorphophobie, troubles alimentaires...) ne sont pas des
 indications.
Les états aigus de toute nature, qu'ils soient psychotiques, maniaques, dépressifs, confusionnels, anxieux..., psychoses chroniques, schizophrénie, délires chroniques de l'adulte, hypocondrie
 majeure, troubles de l'adaptation sociale qui rendent inapte à la vie en groupe, anxiété
majeure, phobies graves (agoraphobie, phobies sociales...), dépressions endogènes avec
risque suicidaire constituent des contrindications.
Stations qualifiées pour les affections mentales : Bagnères-de-Bigorre, Divonne-les-Bains, Néris-les-Bains, Saujon, Ussat-les-Bains.

travail et psychiatrie l.

working life and psychiatry

Lien de causalité difficile à établir, bien que fortement débattu depuis quelques décennies.
Décrite dans les années 60, la névrose des téléphonistes et des mécanographes" n'a pas été réellement prouvée, au profit d'anomalies prévalentes de la personnalité.
Cependant, certaines formes d'organisation du travail, de relations hiérarchiques, la précarisation de l'emploi, etc., peuvent s'avérer pathogènes. Des professions comme celles comportant de fortes contraintes relationnelles et émotionnelles (personnel soignant, éducatif, social, avocats, etc.) risquent davantage un épuisement professionnel ou "burn-out". Des évènements tels qu'une attaque dans une banque ou un accident peuvent constituer de véritables traumatismes psychiques. Les femmes semblent imputer au travail une plus grande souffrance mentale que les hommes.
C'est au médecin du travail que reviennent la difficile appréciation des liens entre santé mentale et travail, ainsi que les contacts avec les responsables de l'entreprise.

voyage pathologique en psychiatrie l.m.

psychiatric pathological trip

En psychiatrie, déplacement plus ou moins éloigné ou durable, sans but logique, symptomatique de manifestations psychiatriques inaugurales ou en évolution, qui se différencie de la plupart des fugues réactionnelles et des errances confuses ou démentielles.
Chez l'adulte, toute la nosographie peut être concernée, en particulier : l'épilepsie (observation classique de H. Legrand du Saulle, 1877, en fait discutable) ; un état névrotique, surtout hystérique, avec son vécu crépusculaire ; une dépression, p. ex. mélancolique, fréquent équivalent ou prodrome d'une conduite suicidaire ; une personnalité psychopathique, avec souvent alcoolisme et/ou toxicomanie ; une activité délirante, qui peut donner lieu p. ex. à des parcours volontiers stéréotypés, incompréhensibles, chez les schizophrènes, ou à des déplacements, voire des déménagements répétés chez des paranoïaques (persécutés migrateurs, A. Foville, 1799-1878) ; l'émergence ou plutôt la révélation d'une affection psychiatrique à l'occasion d'un voyage, voire d'une transplantation.
A contrario, la notion de voyage thérapeutique, maintenant dépouillée de son romantisme, a pris une place plus technique parmi les thérapies institutionnelles.

H. Legrand du Saulle, psychiatre français (1830-1886) ; A. L. Foville, fils, psychiatre français (1799-1878)

dromomanie, fugue chez l'enfant et l'adolescent

vulnérabilité en psychiatrie l.f.

vulnerability in psychiatry

Fragilité de la personnalité l'exposant à des réactions pathologiques aux évènements et aux circonstances de l'existence, ainsi qu'à l'apparition de troubles mentaux caractérisés, transitoires ou durables.
Ce terme tend à remplacer ceux de prédisposition, d'hérédité pathologique, etc. La notion de vulnérabilité implique celle de risque plutôt que celle de déterminisme étiologique. Les facteurs de vulnérabilité sont aussi bien génétiques que physiques ou sociaux. Leur prise en considération est inséparable de celle des évènements de vie susceptibles de s'associer à cette vulnérabilité dans la production d'états pathologiques.

Étym. lat. vulnerare : blesser

xérostomie en psychiatrie l.f.

xerostomia in psychiatry

Sensation plus ou moins accentuée de sécheresse de la bouche.
Elle se rencontre chez les dépressifs, mais est surtout provoquée par certains neuroleptiques et principalement par les antidépresseurs, du fait de leurs effets anticholinergiques. Dans les chimiothérapies au long cours, une surveillance stomatologique régulière et une correction de l'hyposialie sont indispensables pour prévenir les candidoses rebelles et les délabrements dentaires.

Étym. gr. xeros : sec, et stoma : bouche

Syn. hypo-, aptyalisme, et hypo-, asialie

[H3,G5]

éthologie et psychiatrie l.f.

ethology and psychiatry

C’est une discipline ancienne, développée par K. Lorenz et N. Tinbergen, et fondée sur l'observation du comportement propre à une espèce animale dans un milieu aussi proche que possible de la Nature, associée au besoin à l'expérimentation.
Lors d'une période sensible, délimitée dans le temps, le jeune animal acquiert une marque permanente ("empreinte"), à la base des conduites sociales et sexuelles qui seront observées plus tard.
Pour l'étude du comportement humain, l'éthologie a été utilisée de deux façons, en principe complémentaires : la comparaison, voire la transposition des modèles animaux à l'Homme, la plus délicate et une application directe de tels concepts à celui-ci. Il en est ainsi,  chez l'enfant, des interactions primitives non verbales et de la théorie de l'attachement (J. Bowlby) ; chez l'adulte, de l'appropriation de l'espace (B. Cyrulnik) et, ici encore, des communications non verbales.
Ainsi, l'aptitude à créer des relations ultérieures est-elle considérée comme liée à la qualité des liens précoces d'attachement. , une séparation précoce peut s'accompagner d'une tension interne douloureuse, considérée comme le prototype de l'anxiété et source d'anxiété à partir de l'adolescence, comme on l'observe en particulier dans la panique et l'agoraphobie.,

K. Lorenz, médecin, zoologiste, éthologiste et ornithologiste autrichien (1903-1989) et  N. Tinbergen, ornithologiste, zoologiste néerlandais, père de l’éthologie (1963), tous deux titulaires du prix Nobel de Médecine en 1973

Étym. Etymethos :coutume, habitude
éthologie

éthologie

[E1,H3]

Édit. 2018  

état dangereux dangerous state agressivité et criminologie, dangerosité en psychiatrie l.m.

dangerous state

agressivité et criminologie, dangerosité en psychiatrie

[H3]

Édit. 2018

échelles d’évaluation quantitative en psychiatrie l.f.p.

La psychiatrie quantitative, née de l’exemple de la psychologie quantitative s’aidant de l’utilisation de tests, a mis au point des échelles dites quantitatives, listes de symptômes d’une maladie mentale dont il s’agit de quantifier l’intensité: ces outils sont surtout utiles pour comparer l’état d’un patient avant et après traitement, par exemple mesurer le niveau d’efficacité de médicaments psychotropes.
 En dehors des quelques échelles conçues comme outils de dépistage d’une pathologie, la démarche de mesure de l’intensité dépressive, anxieuse, psychotique ou autre n’est pertinente qu’à la condition d’un diagnostic de pathologie mentale préalablement porté.
Il existe deux grands types d’échelles quantitatives : les échelles d’auto évaluation (cotation par le malade de l’intensité de chaque symptôme indiqué dans la liste) et les échelles d’hétéro évaluation (cotation par l’examinateur).
Des échelles visuelles analogiques (choix de position du niveau d’intensité du symptôme sur une ligne entre deux pôles, minimum et maximum) peuvent aussi être utilisées.
L’utilisation de ces outils d’hétéro-évaluation d’une symptomatologie psychique et comportementale nécessite un entraînement préalable.
Les échelles quantitatives d’auto ou d’hétéro-évaluation peuvent être utiles au praticien souhaitant disposer d’une mesure quantitative pour le suivi de son patient.
De très nombreuses échelles ont été mises au point selon des conditions méthodologiques strictes ayant notamment vérifié la fiabilité inter-cotateurs et la cohérence interne de l’outil pour la symptomatologie qu’il s’agit de quantifier.
A titre d’exemple l’échelle dite HAD (Hôpital Anxiety and Depression scale) : 

[H3]

Édit. 2020

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