dérivation digestive du suc pancréatique l.f.
pancreatic enteric diversion
Dans le cadre de la transplantation pancréatique, dérivation vers le tube digestif de la sécrétion exocrine du pancréas, généralement par anastomose duodéno-iléale latérolatérale ou sur anse en Y.
dérivation du liquide céphalorachidien l.f.
diversion of the spinal fluid
Dérivation permanente du liquide céphalorachidien retenu dans les ventricules cérébraux en cas d’hydrocéphalie.
La dérivation peut se faire vers les citernes des espaces sous-arachnoïdiens (ventriculo-cysternostomie1), soit vers des régions extra-crâniennes : dans une oreillette cardiaque (ventriculo-atriostomie2) ou dans la cavité péritonéale (ventriculo-péritonéostomie3).
W. E. Dandy, neurochirurgien américain (1922) ; 2 A. Torkildsen, neurochirurgien norvégien (1939); 2 F. E. Nulsen et E. B. Spitz, neurochirurgiens américains (1952) ; 3 W. Kaush, chirurgien allemand (1908), W. V. Cone, neurochirurgien canadien (1948) ; J. F Hirsch, neurochirurgien français (1992)
→ hydrocéphalie, ventriculo-cisternostomie, ventriculo-atriostomie, ventriculo-péritonéostomie
dérivations électrocardiographiques l.f.p.
electrocardiographic leads, leads EKG
Circuit permettant d’étudier l’activité électrique du cœur, constitué par une paire d’électrodes appliquées sur le sujet examiné et reliées aux deux bornes de l’appareil d’enregistrement.
Dans les dérivations bipolaires les deux pôles de l’appareil sont connectés à deux électrodes d’enregistrement identiques placées à une distance à peu près équivalente du cœur. Ces dérivations sont dites périphériques, les électrodes étant éloignées de la surface épicardique. Pour les dérivations unipolaires une des électrodes, dite exploratrice, placée près du cœur subit des variations de potentiel importantes et l’autre, dite indifférente, ne subit aucune variation de potentiel d’origine cardiaque.
Il existe différentes modalités de connexion des électrodes entre lesquelles est enregistré l’électrocardiogramme.
En dehors de situations particulières de recherche, l’électrocardiographie clinique utilise pratiquement trois sortes de dérivations.
1) les trois dérivations standard (D1, D2, D3) qui sont bipolaires, les électrodes étant placées aux trois sommets du triangle d’Einthoven (bras droit, bras gauche, jambe gauche et reliées deux à deux).
2) Les trois dérivations unipolaires des membres (VR, VL, VF) enregistrées entre les trois sommets du triangle d’Einthoven et une borne centrale. Elles constituent avec les trois dérivations standard l’ensemble des six dérivations périphériques.
3) Les dérivations unipolaires précordiales, dérivations unipolaires rapprochées, sont enregistrées entre la borne centrale et une électrode précordiale. Selon la position de celle-ci on distingue six dérivations usuelles (V1 à V6) et des dérivations extrêmes soit gauches (V7, V8) soit droites (V4R, V3R).
Il convient d’ajouter l’utilisation possible dans certaines situations particulières de dérivations œsophagiennes et de dérivations endocavitaires dans lesquelles l’électrode active est placée dans l’œsophage ou dans une cavité cardiaque.
dérivation péritonéoveineuse l.f.
peritoneovenous shunt
Dérivation permanente de l'ascite vers la circulation générale par l'intermédiaire d'une valve.
Cette valve implantée chirurgicalement est unidirectionnelle barosensible raccordée à un cathéter plongeant dans l'ascite et à un autre cathéter dont l'extrémité est située dans la veine cave supérieure ou dans l'oreillette droite. La différence de pression entre la cavité péritonéale et l'oreillette droite fait circuler l'ascite vers le cœur, elle est ensuite éliminée par les reins. Les deux valves les plus fréquemment employées sont la valve de LeVeen et celle de Denver. La dérivation péritonéoveineuse est utilisée comme traitement des ascites compliquant une cirrhose ou une carcinose péritonéale réfractaires aux traitements médicaux.
dérivation urinaire l.f.
urinary diversion
Opération destinée à changer le cours de l'urine en raison de l'obstruction ou de la destruction de la voie excrétrice d'aval.
Cette dérivation peut être située à tous les niveaux de l'arbre urinaire : néphrostomie, urétérostomie, cystostomie, uréthrostomie. Elle peut se faire par abouchement d'un segment de la voie excrétrice, ou par l'intermédiaire de tubes, sondes ou cathéters. Elle peut être conçue définitive ou transitoire. Elle peut être interne, dérivant l'urine dans un autre organe (p. ex. urétérosigmoïdostomie) ou externe (par ex. urétérostomie cutanée, simple ou transintestinale).
dérivation urinaire continente l.f.
continent urinary diversion
Mode de dérivation externe de l'urine ne donnant pas lieu à un écoulement permanent.
Ce type de dérivation suppose la confection d'un réservoir intermédiaire entre le cours des urines et la peau, par utilisation en général d'un segment intestinal (iléal, colique, caecal), et d'un système à fonction de valve empêchant le passage spontané de l'urine vers la stomie cutanée, rendant ainsi inutile tout appareillage externe. L'opéré vide régulièrement ce réservoir urinaire intestinal par cathétérisme. Les variétés techniques opératoires sont complexes et nombreuses. Les inconvénients sont la stase urinaire, l'infection, les difficultés de cathétérisme.
N. Kock, chirurgien suédois (1982)
→ Kock (poche de), vessie caecale
dérivation urinaire du suc pancréatique l.f.
pancreatic urinary diversion
Dans le cadre de la transplantation pancréatique, dérivation de sa sécrétion exocrine vers la voie excrétrice urinaire, habituellement par anastomose duodéno-vésicale.
dérive génétique l.f
genetic drift
Changements dans les fréquences alléliques, observés au sein d'une population isolée et généralement réduite, et résultant de facteurs aléatoires et non de processus de sélection.
→ population, génétique des populations.
dérivés müllériens persistant s l.m.p.
Syn: homme à utérus, persistance des canaux de Müller, PMDS
→ persistance des canaux de Müller
[A4,O1]
Édit. 2018
dérivés nitrés l.m.p.
nitrated products
Médicaments d’action vasodilatatrice veineuse utilisés dans le traitement de la maladie coronarienne.
Ce sont la trinitrine et les sydnonimines (molsidomine)
dérivés réactifs de l'oxygène l.f.p.
reactive oxygen species
→ radicaux libres, formes actives de l'oxygèn
Der Kaloustian-Jarudi-Khoury (syndrome de) l.m.
Der Kaloustian-Jarudi-Khoury‘s syndrome
V. M. Der Kaloustian, pédiatre généticien, N. I. Jarudi, ophtalmologue, M. J. Khoury pédiatre généticien libanais (1985)
→ dégénérescence spinocérébelleuse et dystrophie de cornée
[H1, P2]
Édit. 2018
dermabrasion n.f.
dermabrasion, surgical skin planing
Intervention qui consiste à détruire l'épiderme à l'aide d'une petite meule abrasive fixée sur un moteur électrique.
Elle est suivie d'un saignement : la cicatrisation sera obtenue en 10 à 15 jours selon la profondeur du meulage et les pansements utilisés. Cette technique permet d'atténuer des cicatrices d'acné; elle est aussi utilisée pour supprimer les rides et certains tatouages ou corriger des couperoses importantes. Il en existe deux variantes : la dermabrasion manuelle réalisée au papier de verre et la laserabrasion qui utilise soit le laser CO2 soit le laser erbium Yag.
Dermacentor andersoni
Dermacentor andersoni
Tique très commune dans certaines régions des États-Unis où elle apparaît d’avril à septembre et où elle parasite le bétail (en particulier les chevaux) et éventuellement l’Homme.
À l’état larvaire, elle se développe chez de petits rongeurs qui servent de réservoirs de virus à la fièvre pourprée des montagnes rocheuses. Elle transmet à l’Homme outre la fièvre pourprée des montagnes rocheuses, une forme mortelle de la paralysie ascendante à tiques, la tularémie, la fièvre Q et la fièvre à tiques du Colorado.
dermal duct tumor l.f.
dermal duct tumor
Variété de tumeur sudorale eccrine bénigne, dont l'aspect histologique comporte des amas intradermiques denses parfois creusés d'une cavité kystique, n'entrant que peu ou pas en contact avec l'épiderme et composés de petites cellules épithéliales monomorphes présentant une différenciation vers la portion intradermique du canal sudorifère eccrine.
R. Winkelmann et W. McLeod, dermatologues américains (1966)
dermatane-sulfate n.m.
dermatan sulfate
Glycosaminoglycane sulfaté dont la structure polyosidique ne contient pas d'acide glucuronique, mais de l'acide L-iduronique qui alterne avec les molécules de N-acétylgalactosamine, formant des maillons dihexosidiques (L-iduronosido-3-β-N-acétylgalactosamine) attachés au C4 de l’acide iduronique du maillon suivant.
Les radicaux sulfuriques sont attachés au C4 des galactosamines.
Comme la plupart des glycosaminoglycanes, les dermatane-sulfates font partie des édifices glycoprotéiniques, les protéoglycanes, des tissus conjonctifs, en particulier du derme, du cartilage et de la cornée. Selon les tissus, la longueur des chaînes varie de 10 à 50 maillons ; elles sont liées à un polypeptide de la même manière que les chaînes glucidiques des glycoprotéines. Ces dermatane-sulfates sont soit localisés sur la surface externe des membranes cellulaires, soit associés sous forme de complexes macromoléculaires dans la substance fondamentale extracellulaire.
dermatite n.f.
dermatitis
Ensemble des dermatoses inflammatoires, habituellement des eczémas.
Dans certaines écoles, notamment anglo-saxonne, il a totalement supplanté l'appellation eczéma dans toutes ses variétés.
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
Syn. dermite, ces deux termes étant souvent employés indifféremment
dermatite à IgA linéaire l.f.
linear IgA dermatitis
dermatite actinique chronique l.f.
chronic actinic dermatitis, persistent light reactivity, actinic reticuloid photosensitive eczema
Forme rare de photodermatose idiopathique, atteignant surtout l'homme de plus de 50 ans, caractérisée, sur le plan clinique, par une photosensibilité importante se manifestant par une éruption eczématiforme chronique, éventuellement associée à des papules et à des plaques infiltrées, prédominant sur les zones exposées à la lumière solaire, pouvant s'étendre aux zones couvertes et évoluer vers une érythrodermie obligeant les sujets à vivre reclus dans une chambre noire.
Sur le plan histologique, il existe un aspect à type d'eczéma avec un infiltrat inflammatoire lymphocytaire du derme superficiel à prédominance périvasculaire, une spongiose et une acanthose épidermique; dans les formes les plus importantes, l'infiltrat peut être pseudolymphomateux. L'exploration photobiologique montre un effondrement des doses érythémales minimales UBV et/ou UVA, une fréquente sensibilisation de contact aux lactones sesquiterpéniques présentes dans certaines plantes, aux métaux, et une fréquente photoallergie de contact aux phénothiazines, salicylanilides halogénés, musk ambrette. Actuellement, la photosensibilité rémanente, l'eczéma photosensible et le pseudolymphome actinique sont considérés comme des formes cliniques de la dermatite actinique chronique, et l'apparition d'un lymphome semble être plus une coïncidence qu'une complication de la photodermatose.
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
Syn. photosensibilité rémanente, photo
dermatite annulaire lichénoïde juvénile l.f.
annular lichenoid dermatitis of youth
Dermatose récemment décrite chez des enfants ou adolescents, siégeant surtout sur les flancs et la région périnéale, faite d’une éruption non prurigineuse de macules annulaires à bordure rouge brun et à centre hypopigmenté, avec une structure lichénoïde comportant une nécrose kératinocytaire massive.
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
dermatite atopique l.f.
Besnier's prurigo
Dermatose chronique fréquente chez le nourrisson, débutant généralement au cours des premiers mois de la vie et évoluant par poussées très prurigineuses, réalisant, dans la forme typique aigüe du petit enfant, des plaques érythémateuses et suintantes surtout sur le visage et les parties convexes des membres; plus tard, il s'agit d'un eczéma sec, lichénifié, épaissi, prédominant dans les plis de flexion, notamment des coudes et des creux poplités.
Elle guérit assez souvent avant l'âge de dix ans mais peut persister aussi à l'âge adulte. Une notion familiale est souvent retrouvée de même qu'une association en alternance avec de l'asthme. Le traitement repose sur la corticothérapie locale, les soins hydratants et la prévention des surinfections. Le rôle des facteurs allergiques, notamment alimentaires, est discuté.
Il peut s’y associer une cataracte d’abord sous-capsulaire postérieure puis corticale postérieure et antérieure et enfin sous-capsulaire dense en « bouclier ». Le kératocône associé à l’atopie a été également décrit (L. A. Brunsting 1955).
Le locus du gène candidat pour l’atopie (FCER1B) est localisé en 11q12-13. L’affection est autosomique dominante (MIM 147050) ou à hérédité indéterminée.
E. Besnier, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1892) ; L. A. Brunsting, dermatologue américain (1955) ; S. Ständler, dermatologue allemand (2021)
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
Syn. eczéma atopique, eczéma constitutionnel (désuet), prurigo diathésique de E. Besnier (désuet)
[J1]
Édit. 2021
dermatite auto-immune à la progestérone l.f.
autoimmune progesterone dermatitis
Éruption érythématovésiculeuse et urticarienne, très prurigineuse, diffuse, atteignant le tronc et les membres qui, en dehors de la grossesse, évolue de façon cyclique par poussées prémenstruelles récidivantes, tandis que, chez la femme enceinte, elle est papulofolliculaire puis pustuleuse, s’accompagne d’arthrite transitoire avec hyperéosinophilie et peut provoquer des fausses couches à répétition.
En dehors de la grossesse, les symptômes sont reproduits par l’administration d’un progestatif et disparaissent lors de la prise d’oestrogènes. Cette dermatose rare est identifiée par une réaction très positive à une injection intradermique de progestérone et se traite par des œstrogènes.
W. B. Shelley dermatologue américain (1964), S. M. Bierman, dermatologiste américain (1973)
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
dermatite auto-immune aux œstrogènes l.f.
autoimmune estrogene dermatitis
Éruption cutanée prurigineuse, généralisée ou localisée, éventuellement à la région anogénitale, soit à type d'urticaire soit faite de papules ou de vésicules inflammatoires, évoluant par poussées prémenstruelles.
Le diagnostic est précisé par la positivité de l'intradermo-réaction aux œstrogènes et par l'amélioration par l'administration d'antiœstrogènes.
W. B. Shelley, dermatologue américain (1995)
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
dermatite bulleuse chronique bénigne de l'enfant l.f.
chronic benign bullous disease of childhood
Dermatose décrite par Bowen en 1901 comme une éruption bulleuse de l'enfant, peu prurigineuse, avec des lésions essentiellement péribuccales et périgénitales et longtemps considérée comme une dermatite herpétiforme de l’enfant avant d'en être différenciée par Kim et Winkelmann en 1961 et de recevoir, de Jordon, son nom actuel en 1970.
Cliniquement, elle est distinguable de la dermatose à IgA linéaire de l'enfant, avec des bulles tendues, sur peau saine ou érythémateuse, à disposition souvent annulaire, prédominant dans les régions péribuccale et périgénitale et à la partie basse de l'abdomen. Les lésions muqueuses buccales et oculaires ne sont pas rares. L'image histologique est habituellement proche de celle d'une pemphigoïde. Dans la peau malade, on retrouve à la jonction dermoépidermique un dépôt linéaire d'auto-anticorps, le plus souvent IgA, parfois IgG ou les deux, localisé dans la lamina lucida ou le plus souvent sous la lamina densa, dans le derme papillaire. L'évolution et le traitement sont habituellement ceux de la dermatose à IgA linéaire de l'enfant.
J. T. Bowen, dermatologiste américain (1857-1940) ; R. Kim et R. K. Winkelmann, dermatologistes américains (1961) ; R. E. Jordon, dermatologiste américain (1970)
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
dermatite bulleuse mucosynéchiante et atrophiante de Lortat-Jacob l.f. (obs.)
Lortat-Jacob’s bullous dermatitis mucosynéchiante and atrophiante
E. Lortat-Jacob, dermatologiste français (1958) ; W. F. Lever, dermatologiste américain (1965)
Syn. pemphigoïde cicatricielle, pemphigoïde bénigne des muqueuses de Lever