névroglie n.f.
neuroglia (TA)
neuroglia
Ensemble des cellules gliales qui, dans le système nerveux, constituent l’environnement des neurones.
Représentant environ 50 % du volume cérébral ; elles assurent l’homéostasie, produisent la myéline et assurent le soutien nutritif.
Parmi les cellules gliales, on distingue les astrocytes, les oligodendrocytes, les cellules de Schwann et la microglie.
R. Virchow, anatomopathologiste allemand (1856)
Étym. gr. neuron : nerf ; gloios : gluant
Syn. anc. basilemme, glie, glu nerveuse
→ astrocyte, oligodendrocyte, cellule de Schwann, microglie
[A1, A2, H1]
Édit. 2018
névropathie n.f.
neuropathy
1."État de faiblesse du système nerveux central occasionnant des troubles psychiques" (P. Janet, 1903).
2. Terme utilisé volontiers en littérature pour exprimer un ensemble assez mal défini de troubles de la personnalité comportant une asthénie, un vécu dépressif et une impressionnabilité, souvent qualifiés de neurasthénie. En étaient généralement exclues les manifestations psychiatriques majeures de la "folie".
Les représentations actuelles de la maladie mentale se reflètent plutôt dans la dépression.
P. Janet, philosophe et psychiatre français (1903)
nitrés (dérivés) l.m.p.
nitrate derivate
Substances nitrées vasodilatatrices à prédominance veineuse dont le type est la nitroglycérine.
Ce sont de puissants vasodilatateurs, relaxateurs des fibres musculaires lisses des veines, à faible dose, et des artères, à plus forte dose. Sur les vaisseaux du cœur, à l'état normal ou en spasme, cette action s'exerce essentiellement sur les artères coronaires, elle persiste moins longtemps si les coronaires sont athéromateuses.
L'action vasodilatatrice s'exerce principalement sur le système veineux périphérique, elle réduit le retour veineux d'où diminution de la pré-charge. Cette propriété est mise à profit dans le traitement de l'insuffisance cardiaque.
Les principaux dérivés nitrés utilisés par voie sublinguale ou transcutanée sont la Trinitrine® (nitroglycérine), et par voie intraveineuse à la seringue électrique, le Risordan® (isorbide de dinitrate), le Nipride® (nitroprussiate de sodium). L'absorption sublinguale est extrêmement rapide mais brève, elle est utilisée pour traiter la crise angineuse. L'absorption gastro-intestinale est plus lente et incomplète. La voie percutanée utilise des timbres adhésifs, plus efficaces pour la prophylaxie de l'angine de poitrine. La perfusion continue est réservée au traitement de l'insuffisance coronarienne aigüe. L'échappement thérapeutique constaté avec ces molécules oblige à interrompre transitoirement l'administration pour pallier cet inconvénient.
nocicepteur n.m.
nociceptor
Récepteur nerveux périphérique transmettant le message nociceptif vers le système nerveux central.
Les récepteurs nociceptifs sont des terminaisons nerveuses de petit diamètre, myélinisées (fibres A delta, à transmission rapide et bien localisée de la douleur) ou sans myéline (fibres C, transmission tardive et plus diffuse, du type «brulure»), ils n'ont pas de structure spécifique.
Au niveau de la peau, on distingue deux types de nocicepteurs : A delta ne répondant qu'à des stimulations mécaniques intenses et les nocicepteurs polymodaux ou neurones à convergence, empruntant les fibres C et répondant à toutes les modalités de stimulations nociceptives (mécaniques, thermiques ou chimiques).
Étym. lat. noceo : faire du mal ; capio : prendre
nœud atrio-ventriculaire l.m.
nodus atrioventricularis (TA)
atrioventricular node
Nœud participant à la constitution du système de conduction du cœur.
Il est situé à la partie postérieure de la cloison qui sépare les deux ventricules du cœur, au niveau du plancher auriculo-ventriculaire. Vers lui convergent les fibres d’origine du fascicule atrio-ventriculaire nées au niveau du nœud sinu-atrial, an dedans de l’orifice du sinus coronaire. Le tronc du fascicule atrio-ventriculaire lui fait suite avant de se diviser en ses deux branches droite et gauche. Comme le tronc du fascicule atrio-ventriculaire, il est irrigué par la première des artères perforantes ou septales postérieures qui se détache d’ordinaire de la partie auriculo-ventriculaire de l’artère coronaire droite, rarement de la partie terminale de la branche auriculo-ventriculaire de l’artère coronaire gauche ; plus rarement il est irrigué par ces deux rameaux.
K. Aschoff, anatomo-pathologiste allemand (1866-1942); S. Tawara, anatomo-pathologiste japonais, (1906)
Syn. anc. nœud d’Aschoff-Tawara
→ système de conduction du coeur
nœud lymphatique l.m.
nodus lymphoideus, nodus lymphaticus, lymphonodus (TA)
lymph node
Structure organoïde lymphoïde encapsulée située sur le trajet des vaisseaux lymphatiques centraux (abdominaux, thoraciques) et périphériques (cervicaux, axillaires, inguinaux, cruraux).
Les vaisseaux lymphatiques afférents traversent la capsule du ganglion pour constituer sous celle-ci un sinus lymphatique périphérique plus ou moins riche en macrophages, ou sinus sous-capsulaire ; de là rayonne un réseau lymphatique soutenu par les travées conjonctives émanées de la capsule, constituant les sinus médullaires qui convergent vers le hile ganglionnaire pour former les vaisseaux lymphatiques efférents. La zone dense périphérique sous-capsulaire du ganglion, ou zone corticale, est peuplée de lymphocytes groupés dans la partie externe en follicules à centre clair dits germinatifs, où prolifèrent les lymphocytes B avec présence d’immunoblastes et de proplasmocytes, et à couronne plus sombre où se continue la maturation des cellules plasmocytaires ; la partie profonde du cortex, au contact de la médullaire, ou zone para-corticale, renferme peu ou pas de follicules et est peuplée de lymphocytes T. La médullaire, faite de cordons émanés de la corticale et séparés par les sinus lymphatiques, contient des lymphocytes et des plasmocytes.
Outre leur rôle de filtre à l’égard de substances diverses, (des poussières notamment pour les ganglions thoraciques), et de bactéries, grâce à l’activité des macrophages, les ganglions lymphatiques sont, pour les lymphocytes B, un lieu de multiplication et de production de leurs anticorps, et, pour les lymphocytes T, un lieu de multiplication et de mise en réserve.
Une atteinte ganglionnaire (adénopathie), de nature inflammatoire ou tumorale, se traduit généralement par une intumescence, soit indolore, soit plus ou moins douloureuse. Les ganglions lymphatiques peuvent en effet devenir le siège de proliférations tumorales primitives (lymphomes malins, etc.) ou secondaires (métastases de carcinomes, mélanomes, etc.).
Dans la nouvelle terminologie, utilisée pour le système lymphatique, la dénomination ganglion est remplacée par le mot nœud.
Syn. anc. ganglion lymphatique
nœud sinu-atrial l.m.
nodus sinuatrialis (TA)
sinu-atrial node
Partie du système de conduction du cœur.
Le nœud sinu-atrial est situé dans la paroi de l’oreillette droite au niveau du sillon terminal du cœur. Son segment supérieur, dit cordon cavaire de Taussig, est sous péricardique sur le côté latéral de l’orifice de la veine cave supérieure ; son segment inférieur, auriculaire, descend en regard du sillon terminal du cœur et paraît se terminer, après un trajet de deux à trois centimètres, dans la couche profonde de la paroi auriculaire, voisine de l’endocarde. L’onde excitatrice partie du nœud sinu-atrial, diffuse dans la paroi des oreillettes, puis se rassemble vers le nœud atrio-ventriculaire. Le nœud sinu-atrial est irrigué par une branche d’une artère auriculaire antérieure provenant le plus souvent de l’artère coronaire droite, parfois de l’artère coronaire gauche, rarement par ces deux rameaux artériels.
A. Keith, Sir, anatomiste britannique (1866-1955) ; M. Flack, physiologiste britannique (1882-1931)
Syn. anc. nœud sino-auriculaire, noyau de Keith et Flack, nœud sinusal, nœud de Keith et Flack, faisceau de Keith et Flack ; faisceau atrio-necteur,
→ système de conduction du cœur
nogo acr.angl. m. pour Neurite OutGrowth inhibitor
Protéine présente surtout dans le système nerveux, dont on connait plusieurs formes, principalement nogo-A, -B et –C, et dont la propriété essentielle parait être l’inhibition de la croissance des prolongements axonaux. Normalement absente dans les muscles, sa présence chez les patients atteints de sclérose latérale amyotrophique a été proposée comme test diagnostique de cette affection.
Nogo-A qui est impliqué dans l’inhibition de la régénération des axones est une grosse protéine de 250 kDa ; elle est exprimée dans les oligodendrocytes de la myéline. nogo-B et nogo-C sont des formes beaucoup plus courtes d’environ 35 kDa possédant la même extrémité C-terminale.
nombre de copies l.m.
copy number
1) Pour un plasmide ou un vecteur plasmidique donné, rapport du nombre d'exemplaires de ce plasmide au nombre d'exemplaires du chromosome dans une cellule.
Il dépend essentiellement du système de contrôle strict ou relâché de la réplication du plasmide.
2) Nombre d'exemplaires d'un gène dans une cellule.
→ amplification génique, amplification d'un plasmide, plasmide à faible nombre de copies, plasmide multicopie
NO-synthase n.f.
NO synthase
Système enzymatique catabolisant la biosynthèse du monoxyde d’azote NO à partir de l’azote guanidine terminal de la L-arginine (au cours d’une réaction de dioxygénation qui entraîne la biotransformation de la L-arginine en L-citrulline), du NADPH et de la tétrahydrobioptérine.
Il en existe trois formes distinctes, les deux premières étant calcium dépendantes : la NO synthase I neuronale, flavoprotéine de masse moléculaire 160 kDa; la NO-synthase III endothéliale, de structure proche de la NO-synthase I, de masse 135 kDa, mais possédant un site myristoylé lui permettant d’être attachée à la membrane ; la NO-synthase II de masse 130 kDa, qui est inductible.Dans la vasoplégie du choc septique, la NO- synthase est inhibée.
| Type de NO-synthase | mode d'expression | mode d'action |
| NOS neuronale(NOS - I)calcium dépendante | neuronescentraux et périphériques(nerfs nitergiques) | neurotransmissionrelaxation (fibres musculaires)régulation centrale de la pression artérielle |
| NOS endothélialeNOS - IIIcalcium dépendante | cellules endothélialesplaquettesactivées par stimulus cyclique(acétylcholine, bradykinine)flux pulsatilestress et cisaillement | activation de guanylate-cyclaseélévation du GMP cycliquerégulation du tonus musculaire de la pression artérielle et des flux régionauxdiminution adhésion leucocyteset plaquettes à paroi |
| NOS inductibleNOS IIcalcium indépendante | induction dans les endothéliums et les fibres musculaires lisses sous l'effet d'endotoxines et de cytokines(TNFά IL I interféron γ) | synthèse de novo de protéinesrôle dans l'inflammation et dansle choc |
Sigle : NOS
noyaux gris centraux l.m.p.
basal ganglia
Formations de substance grise situées dans la profondeur de la substance blanche hémisphérique, de part et d'autre de la capsule interne.
Elles comprennent : en dedans, au niveau de la région paraventriculaire, le thalamus, le plus volumineux, surmonté du noyau caudé, plaqué contre le ventricule latéral, et dont la forme épouse celle du ventricule ; en dehors, notamment, le noyau lenticulaire, superposition de noyaux, de forme triangulaire à sommet interne, et le claustrum ou avant-mur. S'y ajoutent en particulier le noyau sous-thalamique ou corps de Luys, et le locus niger qui se situe à l'étage mésencéphalique. Ce système complexe comporte encore des inconnues. Il répond en tout cas à une triple fonction : parachevant l'action du tronc cérébral, il finit de coordonner les réflexes en extension (proprioceptifs) et en flexion (d'origine cutanée) dans l'acquisition et le maintien de la station debout ; infléchissant ces activités toniques de base au profit d'activités phasiques, il contribue au maintien de l'équilibre, à l'accomplissement de déséquilibres contrôlés comme la marche et au tonus d'attitude ; sous la direction du cortex moteur, il participe à la réalisation du geste, principalement de sa composante proximale.
Sur des bases à la fois neurophysiologiques et embryologiques, deux régions principales sont distinguées : le thalamus et la partie interne du noyau lenticulaire (globus pallidus), qui forment le pallidum ; la partie externe du noyau lenticulaire (putamen), qui constitue avec le noyau caudé le striatum ou corps strié, auquel on adjoint le noyau accumbens et le tubercule olfactif (striatum ventral). Il apparait que le striatum intègre les apports de régions étendues du cortex concernant l'exécution des mouvements automatiques ou semi-volontaires et le contrôle du tonus. Le message consécutif est canalisé par le pallidum vers le thalamus ventrolatéral et le cortex moteur.
Un fonctionnement par boucle de rétroaction entre les différentes structures ou entre divers composants d'une même structure semble dominant.
L'expression anglo-saxonne de "basal ganglia" désigne l'ensemble des noyaux gris centraux sauf le thalamus.
nucléaire adj.
nuclear
Relatif au noyau de l’atome, de la cellule (Par ex. ADN nucléaire) ou des noyaux du système nerveux central.
numérisation n.f.
digitalisation, digitizing
Procédé électronique et informatique consistant à transformer une donnée analogique à variation continue, en une série de chiffres.
Ceux-ci représentent les mesures effectuées sur les images à des intervalles de temps connus, mises en mémoire, puis traités en temps réel afin d'améliorer la visualisation de certaines structures (atténuation du bruit de fond, modification des contrastes, effet zoom, soustraction, reconstruction tridimension
Les signaux fournis initialement par les détecteurs sont analogiques. Leur numérisation s'effectue en prélevant une série d'échantillons équidistants (équidistance qui définit le pas d'échantillonnage) et en adressant chaque valeur (en général des millivolts) à un convertisseur analogique-numérique. Celui-ci opère par comparaison avec une série de cellules dont les tensions progressent comme les multiples de 2; il fournit la suite de signes binaires (1 ou 0) correspondant à l'expression numérique de chaque échantillon, en système à base 2. Cette suite est adressée à une mémoire où sont stockées en correspondance la valeur de l'échantillon et sa localisation sur le signal ou l'image.
En imagerie médicale, la numérisation s'est imposée pour la scanographie et l'IRM, puis en angiographie et enfin en radiologie courante pour le traitement des images acquises par les écrans radioluminescents à mémoire ou par la fluorographie numérisée.
Ce procédé permet une diminution de la dose de rayonnement X distribuée.
→ programmation, méthode de convolution
nystagmus n.m.
nystagmus
Série de mouvements oscillatoires, conjugués des deux globes oculaires, involontaires et saccadés,changeant alternativement de sens.
Les mouvements sont pendulaires (nystagmus pendulaire) ou plus souvent diphasiques (nystagmus à ressort) avec une phase rapide de rappel, qui définit son sens. Le nystagmus est horizontal, vertical, giratoire ou combiné, spontané ou provoqué, physiologique, congénital ou pathologique, rencontré alors dans les atteintes du vestibule ou du système nerveux central. Les mouvements sont habituellement synchrones et congruents, inconscients, presque toujours involontaires et ne perturbant pas les mouvements physiologiques des yeux.
Cette définition concerne le nystagmus où le tremblement siège en même temps, aux deux yeux. Dans les très rares cas où le tremblement n'intéresse qu'un seul œil, il est d'usage de spécifier "nystagmus monoculaire".
Denise Goddé-Jolly, ophtalmologiste pédiatrique française (1973)
Étym. gr. nustazô : je m'incline
nystagmus ataxique de Harris l.m.
Harris’ ataxic nystagmus, dissociated or disconjugate nystagmus, ataxic nystagmus
Nystagmus « à ressort », monoculaire, ou à prédominance unilatérale, constaté uniquement sur l’œil en abduction dans la position latérale du regard.
C'est donc un nystagmus incongruent du regard latéral dont le caractère est majeur dans le nystagmus monoculaire d'abduction. Il peut être associé à divers symptômes oculaires : paralysies de fonction, nystagmus verticaux, nystagmus de convergence, nystagmus à bascule, paralysie des nerfs crâniens.
Le nystagmus ataxique a une valeur séméiologique considérable : il traduit toujours une atteinte de la calotte du tronc cérébral ; c'est un élément du syndrome de la bandelette longitudinale postérieure. Il est la compensation du système nerveux central à une ophtalmoplégie internucléaire controlatérale.
W. J. Harris, Sir, neurologue britannique (1944)
Étym. gr. nustazô : je m'incline
Syn. gaze nystagmus
[P2,H1]
Édit. 2015
nystagmus de fixation l.m.
tremor
Durant la fixation, mouvements de haute fréquence de quelques secondes d'arc, non perceptibles cliniquement.
Il traduit l'instabilité du système oculomoteur perpétuellement corrigé par un mécanisme de rétroaction, de réajustement. En fait, il serait destiné à mobiliser durant la fixation, l'image sur la rétine de manière à éviter une adaptation sensorielle locale.
Étym. gr. nustazô : je m'incline
Syn. micromouvement de fixation
nystagmus neurologique l.m.
neurological nystagmus
Nystagmus dû à une atteinte du système nerveux central.
Étym. gr. nustazô : je m'incline
nystagmus physiologique l.m.
physiologic nystagmus, physiological nystagmus
1) Nystagmus du sujet normal, obtenu par une stimulation appropriée : nystagmus optocinétique, nystagmus vestibulaire, nystagmus de la position extrême du regard au-delà de 50°, etc.
Il est de faible amplitude et bat dans la direction du regard.
Terme impropre pour désigner les micromouvements de fixation qui ne sont pas un nystagmus.
2) Micronystagmus physiologique : fins mouvements des globes oculaires, cliniquement imperceptibles, existants à la fixation, étudiés par photonystagmographie.
Ils traduisent l'instabilité fondamentale du système oculomoteur.
Étym. gr. nustazô : je m'incline
obsistine n.f.
obsistin
Système lytique du sérum humain normal, actif sur diverses espèces de bactéries gram-négatives et dans lequel ne semblent intervenir ni les anticorps spécifiques, ni le complément.
Édit. 2017
occlusion ophtalmique complète l.f.
full occlusion
Occlusion diagnostique ou thérapeutique où le système occlusif couvre tout le champ visuel.
Étym. lat. occludere : fermer
Édit. 2017
œil réduit de Donders l.m.
Donders’ reduced eye
Pour étudier le système optique de l’œil, on peut utiliser l’œil réduit proposé par Donders qui considère que les points principaux et les points nodaux image et objet sont suffisamment rapprochés pour qu’on puisse les considérer comme confondus, réduisant ainsi l’œil théorique à un dioptre unique.
Donders a en outre proposé pour les calculs courants de choisir des constantes simplifiées pour le rayon de courbure, l’indice, les distances focales et la puissance.
Son rayon de courbure est de 5 mm, son indice 1,33, ses distances focales f = 15 mm et f ' = 20 mm, sa puissance 66,75 dioptries. Gullstrand précisera encore davantage ces données numériques et ajoutera celle de l'œil réduit aphaque. Pour l'œil réduit de Listing, la puissance est de 60 D, avec une dioptrie de 5,6 mm de crayon.
F. C. Donders, ophtalmologiste néerlandais, membre de l’Académie de médecine (1864) ; A. Gullstrand, ophtalmologiste suédois, prix Nobel de médecine en 1911 (1912)
Édit. 2017
œsophage n.m.
oesophagus (TA)
oesophagus
Segment du tube digestif qui relie le pharynx à l’estomac.
Il mesure environ vingt-cinq centimètres de long. Son orifice supérieur, la bouche de l’œsophage, répond, en avant, au bord inférieur du cartilage cricoïde et, en arrière, à la sixième vertèbre cervicale. Son orifice inférieur, le cardia, s’abouche dans l’estomac au niveau du flanc gauche de la douzième vertèbre thoracique. Conduit musculo-membraneux vertical, à direction générale un peu oblique en bas et à gauche, il descend en avant du rachis et en arrière de la trachée. Il comporte trois parties correspondant aux régions qu’il traverse : la partie cervicale s’étend jusqu’à l’incisure jugulaire du sternum ; la partie thoracique est située dans le médiastin postérieur jusqu’au diaphragme qu’elle traverse ; la partie abdominale, courte, répond à la face postérieure du foie. Le calibre de l’œsophage moyennement distendue, chez l’adulte, varie entre deux et trois centimètres. L’œsophage présente trois parties rétrécies : le rétrécissement cricoïdien au niveau de son orifice supérieur, la bouche de l’œsophage ; le rétrécissement broncho-aortique correspondant à la crosse de l’aorte et à la bronche gauche ; le rétrécissement diaphragmatique au niveau de l’orifice œsophagien du diaphragme. La paroi œsophagienne est constituée de trois tuniques superposées qui sont, de dehors en dedans : la tunique musculaire composée de fibres superficielles longitudinales et de fibres profondes circulaires ou obliques ; la tunique sous-muqueuse, celluleuse ; la tunique muqueuse. Dans son trajet cervico-thoracique et diaphragmatique il est en outre entouré par une tunique adventitielle. La partie abdominale comporte une tunique séreuse. L’innervation de l’œsophage est assurée par le plexus œsophagien provenant du système sympathique et des nerfs vagues.
Étym. gr. oisophagos : œsophage, qui porte ce qu'on mange ; « casse-noisette » : expression venant des images de spasmes étagés observées au cours de la radiographie de l’œsophage
Édit. 2017
œsophagite à éosinophiles l.f.
eosinophilic esophagitis
Entité, concernant souvent des sujets jeunes aux antécédents atopiques, manifestée par une symptomatologie de reflux gastro-œsophagien et surtout par une dysphagie sans altération de l’état général avec des antécédents évocateurs de blocage alimentaire.
Il s’agit d’une affection allergique dysimmunitaire avec une réaction inflammatoire œsophagienne où prédominent les éosinophiles.
La physiopathologie est multifactorielle :
– prédisposition génétique, le facteur le plus connu étant un polymorphisme génétique pour l’éotaxine-3 à l’origine du « recrutement » des éosinophiles dans la paroi œsophagienne ;
– réponse immune anormale à des antigènes environnementaux, faisant intervenir une réponse de type Th2 exagérée à des antigènes divers (y compris non alimentaires), dans laquelle les interleukines 5 et 13 jouent un rôle central. Le mécanisme de l’allergie alimentaire n’est pas dépendant des IgE puisque les anticorps monoclonaux anti-IgE sont dénués d’effets ;
- altération de l’intégrité de la muqueuse œsophagienne qui permet l’exposition des antigènes alimentaires au système immunitaire et donc le recrutement des éosinophiles à ce niveau ;
–développement d’une fibrose plus ou moins marquée de la paroi de l’œsophage à l’origine d’une diminution de la compliance du corps de l’œsophage, et dans certains cas d’une sténose œsophagienne.
Il existe une nette prédominance masculine et les sujets de plus de 65 ans sont beaucoup moins fréquemment atteints, mais il faut savoir l’évoquer à tous les âges. L’endoscopie est essentielle pour le diagnostic. Les lésions macroscopiques évocatrices sont :
- la présence d’anneaux circulaires évoquant un aspect pseudo-trachéal,
- des sillons longitudinaux donnant à l’œsophage un aspect en fourreau,
- la présence d’exsudats blanchâtres ou d’œdème, plus rarement la présence d’une sténose significative.
Les biopsies œsophagiennes doivent être systématiques car la muqueuse œsophagienne peut avoir un aspect normal .Elles doivent être faites à deux niveaux différents. La présence d’une infiltration de la muqueuse œsophagienne par plus de quinze éosinophiles par champ évoque le diagnostic sans être spécifique. En effet, il faut éliminer une gastroentérite à éosinophiles ou un syndrome hyperéosinophile et donc associer aux biopsies œsophagiennes des biopsies antrales et fundiques.
Le reflux gastro-œsophagien peut s’accompagner d’une infiltration à éosinophiles. Les relations entre les deux affections sont complexes.
Les inhibiteurs de la pompe à protons sont proposés en première intention dans l’œsophagite à éosinophiles. La tendance actuelle est de considérer que l’éosinophilie œsophagienne répondant à ce traitement est une forme d’œsophagite à éosinophiles. En cas d’échec, le traitement repose sur des corticoïdes topiques ingérés. Des études non contrôlées suggèrent l’efficacité d’un inhibiteur des leucotriènes, le montelukast qui peut donc être proposé dans les formes réfractaires. La mise en évidence d’allergènes alimentaires est difficile.
Étym. gr. oisophagos : œsophage, qui porte ce qu'on mange
→ éotaxine, IgE, inhibiteur de la pompe à protons, inhibiteur des leucotriènes, TH2, interleukine 5, interleukine 13, Ig E, reflux gastro-œsophagien, inhibiteurs de la pompe à protons, montelukast
Édit. 2017
offre de soins l.m.
Dans un système de soins, ensemble des professionnels de santé et des établissements de soins à la disposition des malades pour satisfaire leurs besoins.
On admet généralement que l’offre entraîne la demande : c’est pourquoi plusieurs pays s’efforcent d’instaurer un numerus clausus pour les professions de santé et de limiter le nombre et la capacité des établissements de soins.
Édit. 2017
oligoarthrite juvénile l.f.
juvenile oligoarthritis
Concernant le plus souvent les filles (80%), l'oligoarthrite juvénile et débute vers l'âge de 2 à 4 ans, touchant une à quatre articulations au maximum, le plus souvent des membres inférieurs, de façon asymétrique.
La douleur est inconstante chez le petit enfant et le signe d’alerte est fréquemment une augmentation de volume de l'articulation et/ou une boiterie. Dans un tiers des cas, s’associe une iridocyclite asymptomatique qui exige une recherche systématique, répétée, par l’examen à la lampe à fente.
C’est la plus fréquente des arthrites juvéniles idiopathiques (près de 50% des cas). Sa prévalence est comprise entre 15 et 150 enfants pour 100 000, avec une incidence annuelle de 0.1 à 2/100 000 enfants.
Deux sous-groupes sont identifiés : l'oligoarthrite persistante (moins de quatre articulations touchées) et l'oligoarthrite extensive (concernant cinq articulations et plus après 6 mois).
Le syndrome inflammatoire biologique est inconstant mais la recherche de facteurs anti-nucléaires est positive dans 70 à 80% des cas, de spécificité indéterminée et à des taux relativement modérés. Il s'agit d'une maladie de type auto-immun, mais le mécanisme précis et les facteurs déclenchants restent inconnus. Une liaison a été mise en évidence avec les antigènes du système HLA de classe II, HLA DR3 et DRB108.
L'association à une iridocyclite et/ou la présence de facteurs antinucléaires permettent d'affirmer le diagnostic, en l'absence de fièvre et de psoriasis. Les critères d'exclusion sont chez le patient: la présence d'une arthrite systémique, d’une arthrite chez un garçon HLAB27 débutant après l'âge de 6 ans, de facteur rhumatoïde IgM à deux reprises à 3 mois d'intervalle et aussi chez un parent de premier degré : l’existence ou un antécédent de psoriasis, de spondylarthrite ankylosante, d’arthrite et d’enthésite, d'une sacroiliite avec entéropathie inflammatoire, d'une uvéite antérieure aiguë.
Le traitement initial est basé sur les anti-inflammatoires non stéroïdiens. En cas d'échec, l'injection intra-articulaire d'un dérivé corticoïde retard est nécessaire et efficace. L'utilisation d'un traitement de fond (méthotrexate, anti TNF alpha) est réservée aux formes récidivantes et/ou extensives. L'atteinte ophtalmologique doit être traitée par des collyres mydriatiques et corticoïdes, voire une corticothérapie générale dans les formes très sévères. 50% des cas ne sont plus évolutifs à l'âge adulte et les séquelles articulaires sont mineures (asymétrie possible de longueur des membres inférieurs). Dans la moitié des cas, la maladie reste évolutive : extension polyarticulaire et risque de destruction ostéocartilagineuse. Dans 10% des cas, l'iridocyclite entraîne une amblyopie.
Chantal Job-Deslandre, médecin rhumatologue française (2007)
Réf. Orphanet, Chantal Job-Deslandre rhumatologue française (2007)
→ arthrites juvéniles idiopathiques, iridocyclite, facteurs anti-nucléaires, HLA, HLAB27, facteur rhumatoïde, psoriasis, arthrite, enthésite, sacro-iliite, entésopathie, uvéite antérieure aiguë, anti-inflammatoires non stéroïdiens, anti TNF al
[I1,O1]
Édit. 2017