Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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rétrécissement diaphragmatique de l'œsophage l.m.

constrictio phrenica oesophageae, constrictio diaphragmatica oesophageae (TA)

diaphragmatic constriction of oesophagus

→ œsophage

rétrécissement du bassin l.m.

narrow pelvis

Déformation du bassin osseux diminuant un des diamètres de la filière pelvienne, source de dystocie obstétricale.

rétrécissement mitral (RM) l.m.

mitral stenosis

Valvulopathie définie par la diminution de la surface mitrale, aboutissement d'un processus scléro-inflammatoire d'origine rhumatismale : le rhumatisme articulaire aigu.
Le RM frappe électivement le sexe féminin : 75% des cas. On distingue les sténoses sévères et modérées selon que la surface mitrale est inférieure ou supérieure à 1,5 cm2 chez l'adulte (surface normale = de 4 à 6 cm2). Le diagnostic repose sur des signes :
- auscultatoires : éclat de premier bruit, claquement d'ouverture, roulement diastolique ; radiologiques (grosse oreillette gauche, dilatation des artères pulmonaires, hypertrophie du ventricule droit),
- électrocardiographiques : hypertrophie de l'oreillette gauche et parfois du ventricule droit,
- et surtout ultrasoniques à l'examen Doppler .
Les aspects enregistrés en échographie et à l'examen Doppler sont très caractéristiques de cette valvulopathie. Les ultrasons permettent non seulement de confirmer le diagnostic mais aussi d'évaluer le degré de la sténose, la sévérité  des lésions des valves et de l'appareil sous-valvulaire, parfois de découvrir des lésions associées telles que l'atteinte d'autres valves, des thromboses intra-auriculaires gauches.
Selon l'état de l'appareil mitral, le rétrécissement mitral symptomatique relève d'un traitement conservateur ou du remplacement valvulaire par une prothèse: commissurotomie percutanée, rarement chirurgicale, ou remplacement valvulaire par une prothèse si les lésions valvulaires et sous-valvulaires sont majeures.

Sigle RM

rétrécissement mitral (accidents évolutifs du) l.m.p.

accidental complications in mitral stenosis

Évènements pathologiques émaillant et compliquant l'évolution habituelle des rétrécissements mitraux.
Ils sont la conséquence des modifications hémodynamiques entraînées par la sténose mitrale : diminution du débit cardiaque, élévation des pressions et stase en amont de l'obstacle, dans l'oreillette gauche et la circulation pulmonaire.
Les plus habituels sont les manifestations pulmonaires (dyspnée d'effort, œdème pulmonaire, hémoptysie) et l'insuffisance cardiaque droite, avec turgescence jugulaire, gros foie et œdèmes, phlébothromboses ; l'arythmie complète par fibrillation auriculaire ou le flutter auriculaire sont quasi constants dans le RM évolué ; ils font le lit des thromboses auriculaires gauches responsables d'embolies très souvent cérébrales entraînant décès ou séquelles invalidantes dans 1/3 des cas. La survenue de l'une de ces complications doit faire envisager la cure du rétrécissement mitral (valvuloplastie percutanée ou chirurgie).

rétrécissement mitral (bronchopneumopathie du) l.f.

bronchopulmonary effect secondary mitral stenosis

Affections bronchopulmonaires chroniques survenant chez des patients atteints de rétrécissement mitral habituellement sévère.
Une sténose mitrale assez serrée entraîne une stase pulmonaire, une élévation des pressions de la petite circulation. Ces modifications hémodynamiques sont responsables d'altérations anatomiques des poumons, favorisant ainsi les bronchites à répétition. À la longue, s'installe une insuffisance respiratoire et parfois un emphysème pulmonaire. Ces bronchopneumopathies ne contrindiquent pas une chirurgie de la valve mitrale mais elles en augmentent le risque et en compromettent le résultat.

rétrécissement pharyngo-œsophagien l.m.

constrictio pharyngooesophagealis (TA)

pharyngo-oesophageal constriction

G. Killian, oto-rhino-laryngologiste allemand (1907)

Syn. anc. bouche de l’œsophage, bouche de Killian

→ œsophage

rétrécissement tricuspidien l.m.

valvular tricuspid stenosis

Cardiopathie rare caractérisée par une diminution de l'orifice valvulaire tricuspidien.
Le rétrécissement est le plus souvent d'origine rhumatismale. Un syndrome carcinoïde est alors possible. L'expression hémodynamique consiste en la présence d'un gradient de pression diastolique entre l'oreillette et le ventricule droit. L'obstacle peut être à l'origine d'une décompensation cardiaque droite ; par contre, lorsqu'il est associé à un rétrécissement mitral, il joue un rôle protecteur relatif en prévenant les manifestations paroxystiques de l'affection mitrale.
Ce vice valvulaire induit un roulement diastolique, à renforcement présystolique lorsque le patient est en rythme sinusal. Il s’entend le mieux dans la région xyphoïdienne. Le claquement d'ouverture tricuspidien est rarement perçu.
Seul l'échocardiogramme permet généralement d’affirmer le diagnostic. Le rétrécissement tricuspidien est, de façon générale, longtemps bien toléré. L'apparition d'une cirrhose hépatique avec subictère, œdèmes des membres inférieurs, ascite, amaigrissement, purpura, est de mauvais pronostic. Un rétrécissement tricuspidien sévère nécessite une correction chirurgicale par méthode conservatrice (commissurotomie) ou par remplacement valvulaire par prothèse.
 Sigle RT

rétrécissement uréthral l.m.

urethral stenosis

Diminution de calibre de la lumière uréthrale due à une sclérose de la paroi du conduit et cause de dysurie et de rétention chronique incomplète.
L'étiologie peut être infectieuse, congénitale, traumatique, parasitaire ou iatrogène.
Les rétrécissements post-infectieux, souvent multiples, notamment blennorragiques, ont vu leur fréquence diminuer avec l'amélioration du traitement de l'infection initiale, cédant le pas aux rétrécissements post-traumatiques et iatrogènes. Leur traitement peut être long et difficile du fait de leur caractère récidivant, allant du simple calibrage uréthral par dilatation à la bougie ou au béniqué, à des uréthrotomies et à la chirurgie réparatrice par résection-suture ou l'une des multiples modalités d'uréthroplastie.

→ uréthroplastie, uréthrotomie

rétrécissement valvulaire l.m.

Diminution pathologique du calibre d’un des orifices valvulaires du cœur, soit par malformation congénitale, soit par maladie acquise (rhumatisme articulaire le plus souvent)

Syn. sténose valvulaire

→ rétrécissement aortique, rétrécissement mitral, rétrécissement tricuspidien

rhinophyma n.m.

Aspect du nez lorsqu'il est touché par l'éléphantiasis facial, avec peau irrégulièrement épaissie, orifices folliculaires

élargis et couleur rouge ou pourpre.
Atteignant le plus souvent le sexe masculin, il complique généralement une rosacée sévère, mais en est parfois la
seule manifestation.

Étym. gr. rhis : nez ; phuma : tumeur

Syn. acné hypertrophique de Vidal et Leloir (obs.)

→ mentophyma, otophyma

rhytidectomie n.f.

face lift

Intervention de chirurgie cervicofaciale qui corrige la ptose liée au vieillissement cutané.
Elle consiste à réséquer la peau en excès et à l’amarrer au système musculo-aponévrotique sous-cutané.

Étym. gr. ruthis : ride ; ektomê : ablation

Syn. lifting facial, lissage, déridage

→ déridage, lifting facial

Riddoch (phénomène de) l.m.

Riddoch's phenomenon

Capacité pour un sujet de percevoir un objet dans le champ aveugle quand celui-ci est en mouvement, alors qu'il ne voit rien quand l'objet est stationnaire.
Le regard est attiré par cette stimulation à laquelle il se fixe. Ce phénomène a été considéré comme précurseur de récupération de la fonction visuelle corticale. De fait, il n'est pas pathognomonique d'une lésion occipitale et n'a pas de valeur pronostique.

G. Riddoch, neurologue et médecin militaire britannique (1917)

Syn. dissociation statocinétique, perception résiduelle du mouvement

Risser (signe de) l.m.

J. C. Risser Sr, chirurgien orthopédiste américain (1958)

→ Risser (test de)

Risser (test de) l.m.

Risser's test

Test permettant d’apprécier la maturation osseuse grâce à l’étude de l’ossification de la crête iliaque sur un cliché radiographique du bassin d'un adolescent.
On établit une cotation de 0 à 5 par comparaison avec un schéma de référence : 0 indique l'absence de point d'ossification; les chiffres de 1 à 4 une maturation incomplète et 5 la soudure des crêtes iliaques. Habituellement, le premier point d'ossification apparaît vers 13 - 14 ans chez la fille et vers 15 - 16 ans chez le garçon. La soudure complète vers 19 - 20 ans traduit la fin de la croissance.
Le test est par exemple utilisé dans les scolioses pour apprécier l’état d’avancement de la croissance osseuse au cours de laquelle la déviation rachidienne peut continuer à s’aggraver.

J. C. Risser Sr, chirurgien orthopédiste américain (1958)

→ âge osseux, âge osseux (méthode de Sauvegrain et Nahum)

[B2,C2,I1,O1, O4]

Édit. 2020

Risser-Ferguson (méthode de) l.f.

Risser-Ferguson’s method

Méthode de mesure de l'angulation d'une courbure scoliotique sur la radiographie.
L'angle de la courbure est mesuré par deux lignes tracées à partir du centre de la vertèbre au sommet de la courbure vers le centre des vertèbres supérieure et inférieure, les plus inclinées sur l'horizontale.

J. C. Risser et A. B. Ferguson Jr, chirurgiens orthopédistes américains (1936)

→ Cobb (angle de)

Rolando (scissure de) l.f.

L. Rolando, anatomiste italien, membre de l’Académie de médecine (1773-1831)

→ sillon central de l'hémisphère cérébral

rupture traumatique de l'aorte et des gros vaisseaux l.f.

traumatic ruptured aorta and large vessels

Lésion partielle ou complète de la paroi de l'aorte et des gros vaisseaux lors d'un traumatisme.
Les ruptures brutales de toutes les couches de la paroi artérielle se produisant lors du choc offrent peu de possibilités de traitement, l'hémorragie est foudroyante et la mort s'en suit dans la minute. Le médecin appelé en urgence peut se trouver devant un mort : il doit éviter qu'on lui reproche de ne pas avoir sauvé la victime alors que souvent aucune lésion thoracique apparente n'est visible en cas de tachytraumatisme. Il faut qu'il puisse témoigner en cas d'enquête, et dire ce qu'il sait de l'accident.
Mais la section d'une grosse artère n'est pas toujours aussi brutale, seuls l'endothélium et la tunique musculeuse peuvent être rompus. Il se constitue alors un anévrisme, plus ou moins localisé au niveau de l'isthme aortique. Cet anévrisme peut rester muet pendant assez longtemps avant de se rompre, quelquefois plusieurs années après l'accident.
Un examen soigneux est donc nécessaire pour toute victime d'accident au cours duquel des accélérations importantes (> 5 G) ou une compression de la poitrine ont eu lieu, surtout si la victime se plaint d'une douleur pectorale dont il faut trouver la cause.

→ accélération, anévrisme, dissection aortique, tachytraumatisme

rythme pendulaire l.m.

pendular rhythm

Variété de rythme fœtal sans tachycardie ni affaiblissement des bruits, les deux bruits sont égaux, ce qui a fait comparer ce rythme aux oscillations d’un pendule.

Syn. embryocardie dissociée

→ rythme fœtal

sarcoïdes noueuses disséminées de Darier l.f.p.

Darier’s knotty diffuse sarcoids

Lésions nodulaires proches de l'érythème induré de Bazin mais qui, selon Darier, s'en distingueraient par le nombre plus grand des éléments, leur siège sur la face d'extension des membres, un caractère moins inflammatoire et un aspect histologique plus tuberculoïde.
Cependant, tous ces caractères peuvent faire partie du tableau de l'érythème induré décrit par Bazin et ne permettent donc plus d'individualiser formellement les sarcoïdes nodulaires disséminées de Darier.

J. Darier, dermatologiste français, membre de l’Académie de Médecine (1910)

sarcome alvéolaire des tissus mous l.m.

alveolar soft tissue sarcoma

Il s’agit d’une tumeur rare représentant 0,5 à 1% des sarcomes des tissus mous, survenant plus volontiers chez le jeune. Son pronostic est sévère. Son traitement est essentiellement chirurgical. Plus volontiers que les autres sarcomes des tissus mous ce sarcome peut être responsable de métastases cérébrales.
Etym : gr sarx : chair

Cette tumeur est ainsi dénommée car elle est faite de cellules organisées en alvéoles séparées par de fins réseaux de tissu conjonctif contenant des vaisseaux sinusoïdaux bordés d’un endothélium aplati. Elle est caractérisé par une translocation spécifique t(X;17)

→ sarcome, sarcome des tissus mous,

sarcomes des tissus mous l.m

Tumeurs malignes développées aux dépens du tissu conjonctif commun extra-squelettique : tissu adipeux, tissu musculaire, vaisseaux et système nerveux périphérique. L’entité « sarcomes des tissus mous » recouvre une cinquantaine de types et sous types histologiques différents
L’incidence des sarcomes est de l’ordre de 3,5 /100 000 habitants. Leur prise en charge initiale est défectueuse dans plus de la moitié des cas ce qui a des conséquences fâcheuses sur le pronostic.
Etym : gr sarx : chair
Syn sarcomes des parties molles

→ sarcome

sarcome intimal l.m

Sarcome de la l’intima des gros vaisseaux pouvant prendre plusieurs aspects histologiques : indifférencié, angiosarcome, myxoïde, léiomyosarcome rhabdomyosarcome chondrosarcome ostéosarcome(2%), histiocytofibrome malin

Il s’agit d’une tumeur très rare à prédominance féminine survenant surtout entre 15 à 80 ans, avec une moyenne aux environs de 50 ans.
Etym : gr sarx : chair

→ sarcome

saturation de la graisse en IRM l.f.

→ saturation sélective des graisses en IRM l.f.

[B2,B3]

Édit. 2018

saturation sélective des graisses en IRM l.f.

fat saturation (abrégé en fat sat)

Une des technique permettant de supprimer la signal de la graisse en IRM. Elle détruit l'aimantation longitudinale du vecteur Mz par incorporation dans la séquence d'une impulsion sélective, dont la fréquence correspond exactement à la fréquence de résonance de la graisse. La fréquence de résonance des protons de la graisse est légèrement différente de celle des protons de l'eau. Si l'on introduit dans la séquence une impulsion de fréquence égale à celle de résonance de la graisse, on sature l'aimantation longitudinale de celle-ci, qui n'aura pas le temps de repousser avant l'impulsion suivante : le signal de la graisse est ainsi supprimé.

→ déplacement chimique, saturation, suppression de graisse (en IRM), séquence STIR, séquence Dixon

[B2,B3]

Édit. 2018

Scheuermann (maladie de) l.f.

Scheuermann’s disease

Dystrophie rachidienne de croissance à l’origine d’une hypercyphose thoracique, en général douloureuse.
La maladie de Scheuerman est classiquement définie par une déformation cunéiforme antérieure d’au moins trois vertèbres thoraciques adjacentes, occasionnant une accentuation de la cyphose thoracique physiologique. Assez fréquente, cette affection - bien que pouvant parfois être asymptomatique - se manifeste habituellement chez un adolescent par des dorsalgies ou des lombalgies mécaniques et une hypercyphose thoracique réductible, au moins initialement.
A l’état normal, les faces crâniale et caudale du corps vertébral de l’enfant et de l’adolescent, sont recouvertes par un disque cartilagineux, équivalent de l’épiphyse de la vertèbre. La périphérie de ce disque (listel marginal), s’ossifie entre 14 et 25 ans et sert d’ancrage aux fibres périphériques de l’annulus fibrosus ou fibres de Sharpey.
L’ostéochondrose de Scheuerman est liée à une fragilité temporaire, présente chez certains adolescents, de l’ensemble fonctionnel constitué par le plateau vertébral, le listel et le disque intervertébral.
Elle se traduit en imagerie (radiographies, EOS, IRM, scanner) par des anomalies de ces trois structures : fissures, amincissement, ulcérations, aspect feuilleté des plateaux vertébraux ; aspect cunéiforme des corps vertébraux dû au ralentissement de leur croissance antérieure ; discopathies dégénératives ; hernie de matériel discal dans le corps vertébral à travers le plateau vertébral (hernies intra-spongieuses ou nodule de Schmorl) ; hernie discale antérieure entre listel marginal antérieur décollé et corps vertébral (hernie rétromarginale antérieure) ; hernie discale postérieure vers le canal vertébral entre listel marginal postérieur décollé, refoulé en arrière dans le canal et corps vertébral (hernies pré-marginale postérieure).
L’imagerie doit être source de l’irradiation la plus basse possible : examen EOS de la statique spino-pelvienne, IRM, et scanner seulement si c’est indispensable.
Le traitement de la maladie de Scheuerman est en général rééducatif, parfois orthopédique (corset), exceptionnellement chirurgical.

H. W. Scheuermann, chirurgien orthopédiste et radiologue danois (1920)

Syn. ostéochondrose vertébrale de croissance, épiphysite vertébrale, ostéochondrite vertébrale, ostéochondrose juvénile dorsale, cyphose juvénile, cyphose des adolescents

→ Schmorl (nodule de)

[I,O1]

Édit. 2017

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