Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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ulcère chronique de la vulve de Clément Simon l.m.

Clément Simon's chronic vulvar ulcer

Ulcération chronique indolore, torpide, de la fourchette vulvaire survenant chez des femmes ménopausées.
Elle n'est qu'une complication de l'atrophie vulvaire post-ménopausique. Elle est fréquemment constatée chez la prostituée âgée.

C. Simon, dermatologiste français (1928)

Étym. lat. ulcus : ulcère

Syn. ulcus vulvae simplex chronicum

→ ulcère

ulcère cutané l.m.

cutaneous ulceration

Ulcération chronique n'ayant aucune tendance à la guérison spontanée, d'étiologie variable, surtout vasculaire et infectieuse.

Étym. lat. ulcus : ulcère

→ ulcère

ulcère de contact du larynx l.m.

contact ulcer of the larynx

En laryngologie, ulcération chronique siégeant sur l’apophyse vocale de l’aryténoïde.
Elle peut être en rapport avec un reflux gastro-ɶsophagien, un martelage des aryténoïdes par hyperkinétisme ou hemmage.

C. Jackson, laryngologiste américain (1928)

Étym. lat. ulcus : ulcère

Syn. Jackson (ulcère de)

→ ulcère, Jackson (ulcère de), apex du cartilage aryténoïde, reflux gastro-ɶsophagien, hemmage

ulcère de jambe l.m.

leg ulcer

Perte de substance chronique de la peau, le plus souvent du tiers inférieur de jambe et dont les étiologies sont multiples : insuffisance veineuse, artériopathie, vascularite, traumatisme, infection cutanée, tumeur, hémopathies.
La cause de loin la plus fréquente est l'insuffisance veineuse qui permet de définir l'ulcère variqueux.

Étym. lat. ulcus : ulcère

→ ulcère, ulcère variqueux

ulcère veineux l.m.

venous ulcer

Ulcère cutané compliquant une insuffisance veineuse chronique.

Étym. lat. ulcus : ulcère

→ ulcère, ulcère de jambe, ulcère variqueux

uraturie n.f.

uric aciduria

Présence et concentration des urates dans l'urine.
Les urates sont la forme d'élimination urinaire de l'acide urique. Ils y sont normalement présents à la concentration de  2,4 à 4,8 mmoles par 24 heures.
L'acide urique provient de deux sources : l’une exogène, alimentaire, et l’autre endogène issu du catabolisme des acides nucléiques cellulaires. Cette dernière peut être appréciée en supprimant complètement du régime tout apport de purines (seuil urique). L'uraturie est perturbée au cours des maladies rénales. Dans la goutte chronique, l'uraturie est normale ou augmentée tant que le rein est sain ; l'acide urique exogène est éliminé plus lentement et d'une façon plus retardée. Dans la goutte aigüe, une décharge uratique n'est pas rare au moment de la crise. L’uraturie peut également augmenter lors du traitement cytolytique des hémopathies malignes.
La faible solubilité des urates est parfois à l'origine de précipitations dans les voies urinaires (lithiase urique).

Syn. uricurie

→ lithiase urinaire, goutte

Urbach et Wiethe (lipoïdoprotéinose d') l.f.

hyalinosis cutis et mucosae, Urbach-Wiethe’s disease

Maladie héréditaire rare, à transmission autosomique récessive (MIM 247100), due au dépôt dans la peau, les muqueuses et certains organes, d'une substance hyaline et caractérisée par une atteinte cutanée faite de papules ou de petits nodules du visage, du cuir chevelu avec alopécie, des faces d'extension des membres, par une atteinte du larynx avec enrouement très précoce, et par une atteinte neurologique consistant en crises convulsives et calcifications intracrâniennes.
Il s’agit d’une lipidoprotéinose avec surcharge lysosomique, et lésions infiltrantes du palais et des muqueuses. On peut observer un chapelet de nodules hyalins sur le bord des cils puis une perte des cils (blépharose monoliforme), une conjonctivite et des dépôts sur la cornée et l'angle iridocornéen (glaucome chronique), des pseudodruses au fond d'œil (d'histologie identique aux papules). On trouve également des calcifications intracrâniennes dans 70% des cas avec parfois des troubles neuropsychiques et des épilepsies.

E. Urbach, dermatologue et allergologue autrichien et C. Wiethe (1924), otorhinolaryngologiste autrichien (1929)

Syn. hyalinose cutanéomuqueuse, lipoïdoprotéinose, lipoglycoprotéinose, maladie d'Urbach-Wiethe

→ lipoïdoprotéinose palpébrale

uréthralgie n.f.

urethralgia

Douleur sur le trajet de l'urèthre périnéal ou pénien, apparaissant parfois comme une névralgie isolée, parfois dans le cadre d'une uréthrite chronique ou d'un syndrome uréthropérinéal.

Étym. gr. ourêthra : urèthre

→ uréthrite chronique, uréthropérinéal de l'homme (syndrome)

uréthrite n.f.

 urethritis

Atteinte inflammatoire ou dystrophique de l’urèthre d’évolution aigue ou chronique.

Étym. gr. ourêthra : urèthre

→ uréthrite aigüe, uréthrite chronique, uréthrite sénile

uréthrorrhée n.f.

urethrorrhea

Écoulement liquide non sanguin par l'urèthre en dehors de la miction.
Le liquide est plus ou moins épais, filant, visqueux et peut représenter du pus, des sécrétions des glandes uréthrales ou de la prostate, une sécrétion anormale de la muqueuse uréthrale, s'accompagnant ou non de douleurs uréthrales. C'est un signe d'uréthrite, aigüe ou chronique, vénérienne ou non.

→ uréthrite aigüe, uréthrite chronique, prostate

urgence psychiatrique l.f.

acute psychiatric emergency

État critique, souvent dangereux, secondaire à une affection psychiatrique ou, chez l'enfant et l'adolescent plus souvent, à une situation de conflit, de tensions internes, de détresse, d'origines extrêmement variées.
Il peut s'agir, par exemple :
- d'un état confusodélirant aigu (certaines ivresses alcooliques, notamment), dont une cause organique éventuelle devra être recherchée ;
- d'un état second chez un schizophrène ou un délirant chronique connu ;
- d'une décompensation émotionnelle (crise névropathique, comportement suicidaire, associé à un état dépressif dans un tiers des cas environ) ;
- de phénomènes de manque chez un toxicomane.
En l'état actuel, les sujets en urgence psychiatrique sont habituellement admis à l'hôpital général où ils comptent pour 10 à 30% des urgences. Mais 30% de ces sujets ne sont pas hospitalisés. En fait une intervention brève de quelques heures est souvent suffisante : écoute du patient, contact avec les proches, évaluation et dédramatisation de la situation, prescription de médicaments anxiolytiques et sédatifs, etc.
Les progrès accomplis en matière de prise en charge de la violence, d'organisation et de coordination des structures spécialisées d'accueil en urgence doivent se poursuivre. Il s'agit notamment des centres de crise. On prévoit également la mise en place d'équipes de secteur dans le cadre de l'urgence générale, après passation de conventions entre les centres hospitaliers spécialisés et généraux.
L'association entre somaticiens et psychiatres dans cette prise en charge des soins doit aussi permettre d'éviter une «psychiatrisation» excessive des problèmes sociaux, notamment de ceux des «exclus».

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

→ urgence

urologie n.f.

urology

Discipline à la fois médicale et chirurgicale vouée à l'étude de l'appareil urinaire dans les deux sexes et de l'appareil génital masculin, de leurs maladies et de leur traitement.
Les principaux domaines ainsi pris en charge sont la pathologie malformative, la cancérologie urogénitale, la lithiase urinaire, la chirurgie réparatrice de la voie excrétrice, les remplacements urétéro-vésicaux et les dérivations urinaires, la chirurgie de l'incontinence, les troubles de la miction et l'urodynamique, l'infection urinaire et génitale, la pathologie du bas appareil et de la prostate, les traumatismes, l'andrologie, la chirurgie liée à l'insuffisance rénale chronique, la transplantation rénale.

uropathie obstructive congénitale l.f.

congenital obstructive uropathy

Affection liée à une obstruction chronique de la voie excrétrice urinaire en rapport avec une malformation congénitale anatomique ou fonctionnelle, créant sur son cours un obstacle avec ses conséquences fonctionnelles sur le parenchyme rénal en amont.
Les malformations obstructives les plus fréquentes sont pour le haut appareil l'hydronéphrose et le méga-uretère, pour le bas appareil les valvules de l'urèthre postérieur. Les modifications anatomiques et fonctionnelles de la voie excrétrice d'amont peuvent être particulièrement importantes en ce domaine, et le pronostic vital mis en jeu dans les malformations bilatérales ou du bas appareil.

→ hydronéphrose, méga-uretère, valvules de l'urèthre postérieur, uropathie obstructive

urticaire chronique l.f.

chronic urticaria

Urticaire dont les poussées se répètent pendant plus de trois mois.
Bien que cette limite soit arbitraire, on considère que ces urticaires méritent un bilan étiologique approfondi. Ses principales causes sont médicamenteuses, alimentaires, infectieuses; mais il est fréquent de ne pas pouvoir mettre en évidence de cause particulière à une urticaire chronique : on parle alors d'urticaire commune idiopathique.

→ urticaire

uvéite antérieure l.f.

anterior uveitis

Inflammation aigüe ou chronique de l'iris ou iritis, du corps ciliaire ou cyclite, et des deux ou iridocyclite.
L'examen montre une injection périkératique, des modifications de l'iris : iris terne, décoloré, nodules iriens laissant place à des zones d'atrophie, myosis, des modifications de la chambre antérieure (tyndall, hypopyon), des sénéchies postérieures iridocristalliniennes, des précipités rétro-cornéens dont l'aspect et l'importance sont fonction de l'étiologie et du stade évolutif, une hypo ou hypertonie oculaire.

→ uvéite

uvéite intermédiaire l.f.

intermediate uveitis

Inflammation de l'uvée, siégeant électivement au niveau de la base d'implantation périphérique du vitré.
On distingue des uvéorétinites basales (pars planitis, cyclites postérieures) et les choriorétinites périphériques. L'examen met en évidence une hyalite, signe essentiel, avec présence au verre à trois miroirs d'exsudats se présentant soit sous forme d'œufs de fourmis, soit sous celle de placards plus étendus. Une vascularite rétinienne est en règle associée. L'évolution est chronique avec réaction maculaire œdémateuse.

Syn. pars planite

→ uvéite

uvéoméningite l.f.

uveo-meningitic syndrome

Ensemble d’affections qui associent des lésions oculaires de nature inflammatoire réalisant une uvéite et des lésions du système nerveux traduites par une méningo-encéphalite subaiguë ou chronique.
Il s’agit en particulier de la maladie de Harada et de la maladie de Vogt-Koyanagi (qui comporte en plus une surdité, un vitiligo et un blanchissement des cils).

A. Vogt, ophtalmologiste suisse (1906) ; E. Harada, ophtalmologiste japonais (1926) ; Y. Koyanagi, ophtalmologiste japonais (1929) ; H. Behçet, dermatologiste turc (1937)

→ uvéite, méningo-encéphalite, Harada (maladie de), Vogt-Koyanagi (syndrome de), Behçet (maladie de)

vaginalite n.f.

vaginalitis

Inflammation aigüe ou chronique de la vaginale testiculaire.
La cause peut en être une lésion de l'appareil épididymotesticulaire sous-jacent, mais reste souvent indéterminée. La vaginalite peut conduire à un épanchement intravaginal (hydrocèle) ou à un épaississement de la séreuse (pachyvaginalite)

→ vaginale testiculaire, hydrocèle de la vaginale, pachyvaginalite

[M2]

Édit. 2019

valvules de l'urèthre postérieur l.f.p.

posterior urethral valves

Replis membraneux issus du pôle inférieur du veru montanum et s'attachant sur les faces de l'urèthre prostatique.
Ces valves muqueuses constituent la plus fréquente et la plus grave des uropathies congénitales obstructives du bas appareil.
Il en existe plusieurs types anatomiques (les trois types de Young). Concaves vers la vessie, elles ne s'opposent pas à un cathétérisme rétrograde mais constituent un redoutable obstacle au flux mictionnel. Elles peuvent ainsi dès la naissance être cause d'une dysurie majeure, d'une rétention chronique avec modifications pariétales vésicales marquées, de méga-uretères secondaires et d'une altération anatomique et fonctionnelle rénale déjà importante.
Leur traitement est la résection ou la destruction endoscopique des valvules ; mais les lésions d'amont peuvent nécessiter des traitements complémentaires ou préalables spécifiques (dérivation haute transitoire des urines p. ex.). Le pronostic fonctionnel rénal et même vital peut être très réservé, fonction de l'importance et de la durée de l'obstruction, allant jusqu'à l'insuffisance rénale terminale néonatale.

→ uropathie obstructive

[M2]

Édit. 2019

varice n.f.

varicose vein, venous varicosity

Dilatation pathologique acquise, sinueuse et permanente, d'un tronc veineux superficiel des membres inférieurs, extrêmement fréquente, en particulier chez la femme, le plus souvent primaire et favorisée par la grossesse, le mode de vie, l'âge ou une prédisposition familiale, mais parfois consécutive à une agénésie ou à une destruction valvulaire après thrombose.
Ce terme est le plus souvent utilisé au pluriel. Les varices peuvent relever d’une dystrophie progressive de la paroi des veines ou être secondaires à un obstacle veineux.
Des varices volumineuses et nombreuses sont responsables d'œdème et de signes fonctionnels variés et peuvent se compliquer de thrombophlébite superficielle, de rupture, d'eczématisation de la peau en regard, d'insuffisance veineuse chronique et d'ulcère variqueux.

Étym. lat. varix : varice

→ thrombophlébite, eczéma, ulcère variqueux de jambe, varices de la grossesse

[K4]

Édit. 2020

vécu océanique l.m.

oceanic feeling

1. Reviviscence d'affects agréables liés à des "souvenirs" de la petite enfance et de la fusion symbiotique avec la mère.
2. Dans une dynamique de secte, englobement du sujet dans "le grand tout" après sa mise en état de réceptivité, l'abandon de son autocritique, une identification massive au gourou et au groupe, et un retour à des vécus très archaïques.
Cette adhésion absolue à des éléments doctrinaux que l'on peut qualifier de psychotiques devient fréquemment chronique. Des crises graves ne sont pas rares, pouvant atteindre le suicide collectif.

Syn. sentiment océanique

→ collective (psychose), délire à deux ou à plusieurs

[H3]

Édit. 2020

Velu-Spéder (maladie de) l.f.

Velu-Spéder disease

Intoxication chronique par le fluor.

H. Velu, médecin vétérinaire français, membre de l’Académie de médecine (1932) ; E. Spéder, médecin radiologue français (1936)

Syn. darmous (nom marocain de l’affection)

→ fluorose

[G4]

Édit. 2020

venetoclax n.m.

venetoclax

BH3 mimétique de troisième génération, actif de façon spécifique comme inhibiteur de Bcl-2 ; celui-ci bloque la protéine anti-apoptotique Bcl 2, qui programme la mort des cellules de la leucémie lymphoïde chronique.

→ leucémie lymphoïde chronique, lymphome à cellules du manteau, BH3 mimétique, Bcl-2, apoptose, leucémie aigüe myéloblastique

[F1]

Édit. 2020

ventriculocentèse n.f.

ventriculocentesis

En obstétrique, ponction d'une hydrocéphalie fœtale soit au moment de l'accouchement pour réduire la dystocie, soit pour le drainage chronique d'une dilatation ventriculaire avec un cathéter perdu dans le liquide amniotique.
Cette technique est maintenant abandonnée.

→ hydrocéphalie, dystocie

[A4, O3]

Édit. 2019

verrue séborrhéique l.f.

seborrhoeic keratosis, seborrhoeic wart, senile wart, basal-cell papilloma

Tumeur cutanée bénigne très fréquente, surtout observée dans la seconde moitié de la vie et siégeant principalement sur le tronc, le visage et le cuir chevelu, se présentant soit comme des taches ovalaires brunes plus ou moins nombreuses, soit comme des élevures plus ou moins kératosiques bien circonscrites, de forme ovale ou irrégulière, à surface mamelonnée et recouvertes d'un enduit grisâtre, brunâtre ou noirâtre.
Si cette lésion est très noire, elle peut prêter à confusion avec un mélanome.
L'examen histologique montre une tumeur superficielle en relief sur l'épiderme voisin, à limites nettes, présentant à des degrés variables une hyperkératose orthokératosique, une acanthose constituée de petites cellules basaloïdes et des inclusions de kératine ayant l'aspect de kystes cornés à kératinisation abrupte. Son inflammation ou irritation peut en rendre le diagnostic beaucoup plus difficile. La lésion est chronique. Des mutations du gène FGFR3 gene en sont responsables. Elle peut être aisément traitée par cryothérapie, curetage, dermabrasion ou électrocoagulation superficielle.

E. Leser, chirurgien allemand (1901) ; U. Trélat, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1828-1890)

Étym. lat. verruca : verrue

Syn. kératose séborrhéique, papillome basocellulaire (obs.), verrue sénile

→ mélanome, hyperkératose, acanthose, cryothérapie, dermabrasion, Leser-Trélat (signe de), dermatose papuleuse noire de Castellani, keratosis follicularis inversa, épithélioma intraépidermique, FGFR3 gene

[J1]

Édit. 2019

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