Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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syndrome d'Ehlers-Danlos classique (SED) l.m.

Dysplasie héréditaire autosomique dominante du collagène du tissu conjonctif (élastorrhexie), apparaissant en néonatal ou dans l’enfance et caractérisé par une triade symptomatique associant de façon diverse une hyperélasticité et une fragilité de la peau (cutis laxa), une hyperlaxité ligamentaire articulaire et une fragilité de l’ensemble du tissu conjonctif pouvant toucher tous les organes, notamment le système cardiovasculaire et l'œil.
Les principaux signes cliniques sont, selon les types, l'hypermobilité et la fragilité articulaire, l'hyper-élasticité et la fragilité de la peau, une grande fragilité des tissus vasculaires, l'apparition spontanée d'hématome, une propension à la fatigabilité.
Des douleurs chroniques très invalidantes rythment le quotidien de nombreux malades, avec parfois la survenue de crises de durée variable, allant de quelques jours à plusieurs mois.
La fragilité des vaisseaux cutanés et parfois des gros troncs artériels peut dans le type IV (syndrome de Sack Barabas) être à l’origine de ruptures artérielles spontanées engageant le pronostic vital (fistule carotidocaverneuse, anévrisme disséquant, anévrisme intracrânien).
Pour les yeux, on observe selon le type d'affection, retournement aisé de la paupière (signe de Métenier), luxation ou subluxation du cristallin, sclères bleues, kératocône, stries angioïdes, épicanthus, ptosis, myopie, hémorragies de vitré et remaniements maculaires avec possibles complications liées aux stries angioïdes. Le type VI, dit oculaire et scoliotique (fragilata oculi), est dû à un déficit en lysyl-hydroxylase.
Les critères diagnostiques mineurs comprennent des tumeurs molluscoïdes, des sphéroïdes sous-cutanés, des (sub)luxations articulaires, lune hypotonie musculaire ainsi qu'une histoire familiale positive.
La prévalence du type classique est estimée à 1 cas pour 30 000.
Les SED sont dus à des anomalies de la synthèse du collagène de type V, un collagène fibrillaire mineur fait le plus souvent de l'association de deux chaînes alpha1 (V), et d'une chaîne alpha2 (V) mises en évidence dans 35% des cas environ, et à des mutations effectivement détectées des gènes COL5A1 et COL5A2 codant pour l'une ou l'autre de ces chaînes.
Le diagnostic clinique peut être confirmé par des études moléculaires qui sont longues et difficiles du fait de la grande taille des gènes. Dans certains cas plus rares de transmission autosomique récessive, des mutations dans le gène de la tenascine-X ont été identifiées. La tenascine-X est une protéine de la matrice extracellulaire.
Les SED) sont un groupe hétérogène de maladies héréditaires du tissu conjonctif regroupant plusieurs formes cliniques. Le SED de type classique correspond aux anciens types I et II.
- SED type hypermobile (apparition statistique de 1 personne sur 10 000 à 15 000)
- SED type classique (1 sur 20 000 à 50 000)
- SED type vasculaire (1 sur 100 000 à 250 000)
- SED type cypho-scoliotique (1 sur 500 000 à 1 000 000)
- SED type arthro-chalasique (une trentaine de cas connus)
- SED type dermato-sparaxique (une dizaine de cas connus)

2 – P. Beighton, généticien sud-africain (1998)

Syn. EDS classique, SED classique, élastorrhexie (syndrome d')

Réf. . 1 – D. Germain, généticien français (2006) 2 – P. Beighton, généticien sud-africain (1998) 3 - J. Civatte, dermatologiste français, membre de l’Académie de médecine (2000) 5 – L. Auquier, médecin rhumatologue et J. Cauchoix, chirurgien orthopédiste français, membres de l’Académie de médecine (2001)

→ syndrome d'Ehlers-Danlos (variantes du)

[A4,O6,Q2]

syndrome des cassures de l'ADN mitochondrial secondaires à une mutation nucléaire l.m.

mitochondrial DNA breakage syndrome, secondary to nuclear mutation

Myopathie mitochondriale d'apparition tardive avec ophtalmoplégie progressive externe, faiblesse progressive des muscles proximaux, cataracte bilatérale et décès prématuré.
Myopathie mitochondriale transmise de façon dominante sous la dépendance d'un gène autosome (MIM 157640). La maladie est observée sur plusieurs générations, les patients présentent de multiples délétions mitochondriales avec un même point d'amorce, secondaire à une protéine d'origine nucléaire (codée par les chromosomes du noyau). Autres signes : présence de fibres rouges déchiquetées "ragged-red fibers". La maladie évolue vers une ataxie, et un coma acidocétosique. Affection mitochondriale (MIM 550000).

M. Zeviani, neurologue et généticien italien (1989)

Syn. myopathie mitochondriale avec délétion de l'ADN mitochondrial, délétions mitochondriales dues à une mutation nucléaire ; ophtalmoplégie progressive externe autosomique dominante avec différentes délétions mitochondriales

[Q2,I4,P2]

syndrome des synostoses multiples l. m.

multiple synostosis syndrome (SYNS)

Ostéochondrodysplasie caractérisée par des synostoses des membres, du tarse,  du carpe, avec symphalangisme, et par une synostose des osselets de l’oreille entraînant une surdité.
L'affection est liée à une mutation du gène Noggin codant pour un antagoniste de la protéine osseuse morphogénétique (BMP).

Étym. gr. sun : avec, ensemble ; osteon : os

syndrome du cil immobile l.m.

primary ciliary dyskinesia, immotile cilia syndrome

Affection héréditaire autosomique récessive, décrite par Afzelius en 1976, caractérisée par l'absence ou l'anarchie de mobilité des cils vibratiles des cellules ciliées de l'appareil respiratoire.
L'atteinte de ces cellules entraîne une gêne à l'épuration mucociliaire, avec rétention des sécrétions et tendance permanente aux surinfections. Elle peut entraîner, dès l'enfance, une bronchopneumopathie chronique obstructive avec dilatation des bronches et sinusites à répétition. L’immobilité du cil est due à l’absence du bras externe de la dynéine, protéine supportant l’activité ATPasique qui donne l’énergie nécessaire au mouvement du cil.
La fréquence de la stérilité est expliquée par une diminution de mobilité du flagelle du spermatozoïde dont la constitution est voisine de celle du cil vibratile.
La présence une fois sur deux d'un situs inversus associé réalise le syndrome de Kartagener.

B.A. Afzelius, chercheur suédois (1976) ; M. Kartagener, médecin interniste suisse (1933) ; B. Senior, pédiatre sud-africain (1961) ; A.C. Løken, neuropathologiste norvégien (1961), M. A. Sleigh, médecin britannique (1981)

Étym. lat. cilium : cil, paupière

Syn. dyskinésie ciliaire primitive

→ dyskinésie ciliaire primitive, cil vibratile (constitution du cil vibratile), ciliopathie, Kartagener (syndrome de), Senior et Løken (syndrome de)

syndrome périodique associé à la cryopyrine l.m

cryopyrin-associated periodic syndrome (CAPS)

Groupe de maladies auto-inflammatoires, héréditaires à transmission autosomique dominante, caractérisées par des épisodes répétés de crises inflammatoires systémiques sans infection liées à des mutations du gène NLRP3 (ou CIAS1) codant pour la cryopyrine.
Ce syndrome comprend 3 maladies, l’urticaire familiale au froid (« familial cold urticaria » ou FCU), le syndrome de Muckle Wells et le syndrome chronique infantile neurologique cutané et héréditaire (CINCA). Ces maladies ont en commun la fièvre associée à une éruption cutanée semblable à l’urticaire, une fatigue intense, des douleurs musculaires et articulaires, des céphalées et des conjonctivites. On constate une élévation importante de la C réactive protéine (CRP). Le mécanisme de la maladie provient d’un dysfonctionnement de la cryopyrine mutée, facteur majeur de l’immunité innée, qui entraîne une production anormale de cytokines pro-inflammatoires comme l’interleukine-1 (IL-1). D’où le traitement de fond par des antagonistes du récepteur de IL-1 qui ont remplacé les glucocorticoïdes. La sévérité de la maladie dépend de la nature de la mutation. Les complications à long terme sont la surdité, l’insuffisance rénale et l’amylose généralisée dans les formes les plus graves.

→ cryopyrine, urticaire familiale au froid, Muckle et Wells (syndrome) NLRP3 gene, interleukine-1

synémine n.f.

synemin

Protéine musculaire mineure de masse moléculaire 230 kDa, participant à la structure des fibrilles.

syntaxine n.f.

syntaxin

Protéine des membranes plasmiques présynaptiques qui joue un rôle dans la fusion des vésicules et des membranes.
Elle peut être clivée spécifiquement par l'endoprotéase à zinc associée à la neurotoxine C de Clostridium botulinum. De masse moléculaire 35 kDa elle est ancrée dans la membrane par son extrémité C-terminale et elle peut interagir avec la synaptotagmine vésiculaire par son extrémité NH2-terminale.

syntrophine n.f.

syntrophin

Protéine musculaire localisée dans le cytoplasme qui a la propriété de se lier à la dystrophine du cytosquelette assurant la liaison aux filaments d'actine.

Étym. gr. sun : avec ; trophê : nourriture, terme créé à partir de dystrophine.

taline n.f.

talin

Protéine du squelette cytoplasmique participant à l'attachement des intégrines membranaires à la vinculine et aux filaments d'actine.

Tangier (maladie de) l.f.

Tangier disease

Génopathie transmissible selon le mode autosomique récessif, due à une mutation du gène ABC1 de la protéine responsable de la sortie du cholestérol vers les HDL circulantes, caractérisée par un déficit majeur d’-lipoprotéines dans le sang.
Les principaux signes sont: plaques pharyngées jaunes, amygdales volumineuses et orangées, neuropathie périphérique, splénomégalie avec anémie et thrombocytopénie modérées.

D. S. Fredrickson, biochimiste américain (1961)

Étym. Tangier, ile de Virginie

→ analphalipoprotéinémie, lipoprotéines, thésaurismose

TAZ gene sigle angl. pour tafazzin

Gène localisé en Xq28, qui détermine la production de plusieurs isoformes de la protéine taffazine localisée dans les mitochondries.
La tafazzine est impliquée dans l’association de l’acide linoléique à la cardiolipine.
Plus de 160 mutations du gène TAZ ont été découvertes à l’origine du syndrome Barth. Elles entraînent la production d’une taffazine peu fonctionnelle ou démunies d’activité en raison de l’absence de l’ajout d’acide linoléique à la cardiolipine. Il s’en suit des anomalies de la membrane mitochondriale, des fonctions de production d’énergie et de transport de protéines retentissant sur les tissus qui demandent beaucoup d’énergie tels que le cœur et les muscles squelettiques. Il exister aussi des défauts de maturation des leucocytes à l’origine d’infections récurrentes.
Les mutations du gène TAZ sont aussi à l’origine de la cardiomyopathie familiale dilatée et de la non-compaction du ventricule gauche.
 Syn.BTHS, CMD3A, EFE, EFE2, G4.5, LVNCX, tafazzin (cardiomyopathy, dilated 3A (X-linked); endocardial fibroelastosis 2; Barth syndrome), TAZ_HUMAN, XAP-2

→ syndrome de Barth, cardiomyopathie dilatée familiale, non-compaction du ventricule gauche, taffazine

TBC1D20 gene sigle angl. pour TB domain family member 20

Gène situé sur le locus chromosomique 20p13 codant pour une protéine appartenant à la famille des protéines activatrices GTPase des petites GTPases semblables à Rab.
Des mutations de ce gène sont associées au syndrome Micro (Warburg Micro syndrome 4)

Syn. C20orf140, WARBM4

→ syndrome Micro

TBP sigle angl. f. pour Thyroxine Binding Protein.

Protéine plasmatique fixatrice des hormones thyroïdiennes de mobilité électrophorétique α2.

TBPA sigle angl. f. pour Thyroxine Binding PreAlbumin.

Protéine plasmatique fixatrice des hormones thyroïdiennes de mobilité électrophorétique préalbuminique.

TCOF1 gene sigle angl; pour treacle ribosome biogenesis factor 1

Gène situé sur le locus chromosomique 5q32-q33.1 codant pour la treacle, protéine, active durant la vie embryonnaire, joue un rôle important dans le développement de l’os et d’autres tissus de la face.
Au moins deux cents variétés de mutations sont responsables du syndrome oculo-mandibulofacial et de la dysplasie oculo-vertébrale.

Syn. TCOF_HUMAN, TCS, Treacher Collins-Franceschetti syndrome 1, Treacher Collins syndrome protein, treacle

→ oculo-mandibulofacial (syndrome), oculo-vertébrale (dysplasie)

TCP1 sigle angl. pour Tailless Complex Protein 1

Protéine faisant partie des sous-unités constitutives de la chaperonine TRIC/CCT.

Syn. T-complex, TCP1-alpha, CCT alpha, CCTA, CCT1, T-complex protein 1 alpha subunit, D6S230E

→ TRIC/CCT, chaperonine

TDP43 sigle angl.pour Trans activation response (TAR) DNA-binding Protein 43

Protéine nucléaire se liant à l’ADN pour réguler sa transcription et aux ARN pour réguler leur épissage.
Des mutations de TDP 43 sont impliquées dans la sclérose latérale amyotrophique et dans certaines démences fronto-temporales.

→ ARN, épissage, sclérose latérale amyotrophique, démence fronto-temporale

TEBG sigle angl. f. pour Testosterone Estradiol Binding Globulin.

Globuline plasmatique qui fixe la testostérone et les œstrogènes ; cette protéine a une affinité trois fois plus forte pour la testostérone que pour l’œstradiol.
Sa concentration dans le plasma augmente sous l'effet des œstrogènes et diminue sous celui de la dexaméthasone. L'intérêt de la mesure de sa capacité de fixation de la testostérone, dans la maladie de Cushing ou dans l'acné, résulte du fait que seule la testostérone libre est active.

→ protéine transporteuse d'hormones sexuelles

téléthonine n.f.

telethonin

Protéine sarcomérique de 19 kDa dont le gène est porté par le chromosome 17 et dont une mutation est associée à un type de dystrophje musculaire congénitale des ceintures (LGMD2G).

Étym. téléthon, organisation non gouvernementale qui subventionne les recherches de génétique médicale.

ténase (complexe) l.f.

tenase

Complexe de coagulation générant le facteur Xa.
Sur une surface phospholipidique, dans un complexe stœchiométrique stabilisé par le facteur VIIIc, le facteur IX activé clive le facteur X en facteur X activé. L'inhibiteur de ce complexe est la protéine C activée qui agit en dégradant le facteur VIII c activé.

tensine n.f.

tensin

Protéine du squelette cytoplasmique participant à l'attachement des intégrines membranaires aux filaments d'actine, en liaison avec la vinculine et la taline.

terminaison (facteur de) l.m.

1) lors de la terminaison de la transcription, la protéine rho (ρ

Elle a une activité hélicase d'ARN.
2) lors de la traduction, la protéine qui reconnaît les codons de terminaison et provoque la terminaison de la chaîne polypeptidique.

Symb. RF

→ terminateur de transcription

TET2 gene sigle.angl. pour Tet Methylcytosine Dioxygenase 2

Gène situé sur le locus 4q24, codifiant pour une protéine méthylcytosine dioxygénase qui catalys la conversion de méthylcytosine en 5-hydroxyméthylcytosine.
Les mutations de ce gène sont fréquemment rencontrées, dans les syndromes myéloprolifératifs, les syndromes myélodysplasiques, la leucémie aigüe myéloblastique et la mastocytose systémique.

→ leucémie aigüe myéloblastique (paysage génomique), mastocytose systémique 

[Q1,F1]

TGFBR1 gene sigle angl. pour Transforming Growth Factor Beta Receptor 1

Gène, situé sur le locus chromosomique 9q22, codant pour une protéine appelée transforming growth factor-beta (TGF-β) receptor type 1.
Ce récepteur transmet des signaux de la surface à l’intérieur de la cellule par un processus dénommé signal de transduction qui stimule les activités de croissance et de division cellulaire.
Des mutations de ce gène entraînent le syndrome de Loeys et Dietz, le cancer de la prostate 

Syn. serine/threonine-protein kinase receptor R4, TGF-beta receptor type-1, TGF-beta, receptor type I, TGF-beta type I receptor, TGFR-1, TGFR1_HUMAN, transforming growth factor beta receptor I, transforming growth factor-beta receptor type I, transforming grow

→ Loeys et Dietz (syndrome de), cancer de la prostate

TGFBR2 gene sigle angl. pour Transforming Growth Factor Beta Receptor 2

Gène situé sur le locus chromosomique 3p22, codant pour une protéine appelée transforming growth factor-beta (TGF-β) receptor type 2.
Ce récepteur transmet des signaux de la surface à l’intérieur de la cellule par un processus dénommé signal de transduction qui stimule les activités de croissance et de division cellulaire.
Des mutations de ce gène entraînent le syndrome de Loeys et Dietz, l’anévrisme familial de l’aorte thoracique et dissection aortique, des cancers.

Syn. AAT3, FAA3, HNPCC6, MFS2, RIIC, TAAD2, TGF-beta receptor type IIB, TGF-beta type II receptor, TGFbeta-RII, TGFR-2, TGFR2_HUMAN, transforming growth factor beta receptor II, transforming growth factor, beta receptor II (70/80kDa

→ Loeys et Dietz (syndrome de), anévrisme familial de l'aorte thoracique et dissection aortique

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