Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Barth (syndrome de) l.m.

Barth’s syndrome

1) Erreur innée du métabolisme des phospholipides, qui touche les garçons, caractérisée par une cardiomyopathie dilatée (CMD) avec myopathie squelettique, neutropénie, retard de croissance et acidurie organique.
La prévalence est estimée à 1/454.000 avec une incidence de 1/140.000 (Angleterre du Sud-ouest, sud du Pays de Galles) et de 1/300.000 à 1/400.000 naissances vivantes (USA).
Le tableau clinique est très variable. Le début peut avoir lieu in utero avec insuffisance cardiaque, anasarque foetale, avortement ou mortinatalité au 2ème ou 3ème trimestre de gestation. Le plus souvent une CMD apparaît dans la première décennie, en général dans la première année de vie, pouvant s'accompagner de fibroélastose endocardiaque. Une arythmie ventriculaire, notamment à l'adolescence, peut être cause de mort subite. Ces troubles cardiologiques peuvent manifester aussi une non-compaction ventriculaire gauche. Un risque accru d'accident vasculaire cérébral est présent.
La myopathie squelettique (à prédominance proximale) entraîne un retard des acquisitions motrices avec hypotonie et léthargie ou intolérance à l'effort.
Une neutropénie intermittente ou permanente est présente dans 90% des cas avec risque de septicémies, d'infections bactériennes sévères, d'ulcères buccaux et de gingivites douloureuses. Une acidose lactique et une anémie discrète sont possibles.
Les garçons ont en général un retard pubertaire et statuto-pondéral jusqu'en fin d'adolescence ou au début de l'âge adulte, où survient souvent une importante poussée de croissance.
Il existe une tendance à l'hypoglycémie chez le nourrisson. Des difficultés nutritionnelles sont possibles. Une diarrhée récidivante est fréquente.
Les patients ont souvent en commun une physionomie particulière avec visage joufflu, yeux enfoncés et oreilles proéminentes.
Le syndrome de Barth est dû à des mutations du gène TAZ qui code l'acyltransférase Taz1p impliquée dans le métabolisme de la cardiolipine, un phospholipide majeur des membranes mitochondriales internes. La Taz1p défectueuse entraîne un remodelage de la cardiolipine qui compromet la structure mitochondriale ou la fonction de la chaîne respiratoire. La transmission est récessive.
Le pronostic est considérablement amélioré grâce à la détection précoce et aux progrès de la prise en charge. Les patients atteignent la quarantaine et l'espérance de vie attendue va bien au-delà.
2) Syn. microlissencéphalie de type B

P. G. Barth, neuropédiatre néerlandais (1983)

Réf. Orphanet juin 2011, Colin Steward, pédiatre britannique

microlissencéphalie, non-compaction du ventricule gauche

[Le diagnostic reposait auparavant sur la découverte d’une excrétion urinaire élevée des acides organiques (typiquement l'acide 3,méthylglutaconique 3,MGC) et ensuite sur l'analyse du gène TAZ. Mais l'excrétion d'acide 3,MGC peut être normale même dans les]

Édit. 2017

BBS genes sigle angl. pour Bardet-Biedl syndrome

Le syndrome de Bardet-Biedl résulte de mutations qui concernent 14 gènes différents, souvent appelés BBS genes, qui produisent des protéines impliquées dans le maintien et la fonction des structures ciliaires.
Ce sont le BBS1dans environ un quart des cas, le BBS10 dans 20 % et aussi d’autres gènes responsables d’un petit pourcentage. Restent environ 25 % des cas dont la cause est inconnue. Chez un même patient, les mutations des gènes BBS peuvent être associées à des mutations d’autres gènes.

Bardet-Biedl (syndrome de), BBS genes, protéines BBS °

Édit. 2017

BBS1 gene sigle angl pour Bardet-Biedl syndrome 1

Gène localisé en 11q13, qui dirige la formation d’une protéine appartenant à un complexe protéinique impliqué dans la formation des structures ciliaires.
Dans un quart des cas de syndrome de Bardet-Bridle plus de 30 mutations du gène BBS1 ont été identifiées, remplaçant le plus souvent la méthionine par l’arginine en position 390. Ces modifications provoquent une réduction de la protéine et une détérioration de la formation comme de la fonction des cils.

Syn. BBS1 HUMAN, BBS2L2, FLJ23590

Bardet-Biedl (syndrome de), BBS genes protéines BBS,

Édit. 2017

BBS5 gene sigle angl. pour Bardet-Biedl syndrome 5

Gène localisé en 2q31.1, qui encode une protéine nécessaire à la formation des cils et dont les mutations interviennent dans les manifestations du syndrome de Bardet-Biedl.

Bardet-Biedl (syndrome de), BBS genes protéines BBS,

Édit. 2017

BBS7 gene sigle angl. pour Bardet-Biedl syndrome 7

Gène localisé en 4q27 qui encode une des huit protéines du complexe des gènes BBS (comprenant BBS1, BBS2, BBS4, BBS5, BBS7, BBS8, BBS9 and BBIP10) dont le rôle est de recruter Rab8(GTP) pour promouvoir la genèse du cil.
L’assemblage du complexe BBS est médié par un autre complexe de trois protéines de cohésion de protéines BBS (BBS6, BBS10, and BBS12) ainsi que de la famille CCT/TRiC.
Les mutations de ce gène et celles du BBS8 jouant un rôle mineur tandis que les mutations des gènes de cohésion des gènes BBS ont une résponsabilité majeure dans le dévelopement du syndrome de Bardet-Biedl

Syn. BBS2L1

Bardet-Biedl (syndrome de), BBS genes protéines BBS,

Édit. 2017

Beauvieux (syndrome de) l.m.

Beauvieux’s disease

Retard de myélinisation du nerf optique avec coloration grise des papilles et  cécité apparente à la naissance.
Aspect qui disparaît en quelques mois. L’électrorétinogramme  est normal ; les potentiels évoqués visuels  sont absents ou altérés ; il n’y a ni réflexe photomoteur ni nystagmus. Le syndrome n’est pas héréditaire mais peut accompagner certaines affections qui le sont.

J. Beauvieux, ophtalmologiste français (1926 et 1947)

leucinose, électrorétinogramme

[P2]

Édit. 2017

bêta-hydroxy-acyl-CoA-déshydrogénase des acides gras à longue chaîne (déficit en) l.m.

long-chain β-hydroxyacyl-CoA-dehydrogenase deficiency

Anomalie de la β hydroxy-acyl-CoA-déshydrogénase des acides gras à chaîne longue, se traduisant cliniquement avant l'âge de deux ans par des épisodes d'hypotonie, d'hypoglycémie hypocétosique et par une myocardie hypertrophique.
L'enzyme β-hydroxy-acyl-CoA-déshydrogénase des acides gras à chaîne longue est l'un des trois constituants de la protéine trifonctionnelle mitochondriale. Son déficit a souvent un pronostic sévère. Les formes plus tardives, moins sévères, sont accompagnées d'une dystrophie choriorétinienne, d'épisodes de rhabdomyolyse et d'une neuropathie périphérique. L'anomalie rétinienne prend au pôle postérieur l'aspect d'une choroïdopathie polycyclique épargnant longtemps l'ilot fovéolaire, et en périphérie un aspect remanié poivre et sel. L'altération rétinienne est lente et progressive, et commence vers l'âge de deux ans, avec un électrorétinogrammetrès altéré et un rétrécissement concentrique des isoptères.
Les mères hétérozygotes peuvent, lorsque le fœtus est atteint, vers le troisième trimestre, développer un HELLP syndrome (haemolysis, elevated liver enzymes, low platelets) ou un ictère avec anorexie, nausées et vomissements. Le diagnostic est fait par étude de l'activité des trois enzymes de la protéine trifonctionnelle dans les fibroblastes. Le gène est en 2p23 et la mutation ponctuelle HADHA représente 90% des allèles mutés. L'affection est autosomique récessive (MIM 143450).

R. Wanders, pédiatre néerlandais  (1989)

Syn. LCHAD (déficit en protéine trifonctionnelle mitochondriale (déficit en déhydrogénase de la)

rhabdomyolyse, HELLP syndrome, protéine trifonctionnelle mitochondriale (déficit en), HADHA gene  

Édit. 2017

B3GALTL gene sigle angl. pour beta-1,3-galactosyltransferase

Gène situé sur le locus chromosomique 13q12.3 codant pour une enzyme appelée beta 3-glucosyltransferase qui est impliquée dans la glycosylation (processus conduisant à ajouter une molécule de sucre aux protéines).
Au moins dix types de mutations de ce gène sont responsables du syndrome de Peters plus.

Syn. B3GALTL, B3Glc-T, B3GLT_HUMAN, B3GTL, beta 1,3-galactosyltransferase-like, beta-3-glycosyltransferase-like, beta3Glc-T

Peters plus (syndrome de)

[Q1]

Édit. 2017

BIDS (syndrome) sigle angl. pour

Short stature
Syndrome congénital complexe dû à une carence en protéines riches en soufre et associant une trichothiodystrophie, un retard mental, une hypofertilité et un nanisme.

IBIDS (syndrome), PIBIS (syndrome)

Édit. 2017

Biermer (anémie de) l.f.

pernicious anemia, Biermer’s disease

Anémie sidéroblastique macrocytaire par carence en vitamine B12 due à un tarissement de la sécrétion du facteur intrinsèque par l'estomac empêchant l'absorption de la vitamine B12.
Mécanisme auto-immun, plus fréquent chez les femmes âgées de 40 à 50 ans, par destruction des glandes du corps et du fundus gastriques qui secrètent l’acide chlorhydrique et le facteur intrinsèque. Dans l'estomac, la cobalamine, forme active de la vitamine B12, est libérée de complexes protéiques sous l'action de l'acide chlorhydrique et de la pepsine. Il y a une malabsorption de la vitamine B12 avec baisse de sa concentration sérique par tarissement de la sécrétion du "facteur intrinsèque", une glycoprotéine, nécessaire à son absorption.
La vitamine B12 est nécessaire à la synthèse de l'ADN et les signes de l'affection sont d'abord visibles au niveau de l'épithélium digestif (régénération rapide) avec hypochlorhydrie, glossite de Hunter, stomatite, dysphagie.
Cette maladie auto-immune peut s’associer à d’autres affections auto-immunes : thyroïdite auto-immune, diabète de type 1, polyendocrinopathie auto-immune de type 1 et 2, vitiligo.
Il existe une baisse du nombre d'hématies et de leur teneur en hémoglobine (CCMH) avec augmentation du volume globulaire moyen (VGM).Les formes sévères s’accompagnent d’une leuconeutropénie et une thrombopénie ; l’examen du frottis sanguin découvre quelques mégaloblastes.
Les lésions neurologiques sont liées à une démyélinisation progressive centrale et périphérique, parfois avec atteinte axonale : troubles sensitifs profonds (ataxie, incoordination), irritation pyramidale, paresthésies réalisant des tableaux de sclérose combinée de la moelle, de neuropathies périphériques et d'atteintes encéphaliques associant troubles visuels, état démentiel, altérations de l'humeur et du comportement. Le diagnostic neurologique est clinique, mais l'EMG montre le plus souvent des aspects de neuropathie axonale, ou axono-myélinique. L'IRM, notamment médullaire, met en évidence parfois des hypersignaux en T2, régressifs dans certains cas après correction de la carence vitaminique. Le protoxyde d'azote, gaz anesthésiant, peut être neurotoxique par inactivation de la vitamine B12, expliquant des manifestations neurologiques aigües ou subaigües après chirurgie sous anesthésie générale. Il n'est que le révélateur d'une maladie de Biermer méconnue.
L’atteinte oculaire réalise un scotome central et centrocoecal (rare), des hémorragies rétiniennes au centre blanc, une névrite ou une atrophie optique, une cataracte, et une paralysie oculomotrice du III (rare).
L'affection n'est pas communément héréditaire mais secondaire à la présence d'anticorps antifacteur intrinsèque et/ou d'anticellules pariétales gastriques, mais l'hypothèse héréditaire a été envisagée à plusieurs reprises (MIM 170900). Deux formes familiales récessives sont actuellement connues : l'une congénitale avec défaut de facteur intrinsèque (MIM 261000) et l'autre juvénile, le syndrome d'Imerlund-Gräsbeck, avec malabsorption intestinale de vitamine B12 (MIM 261100 bis).
Avant la découverte de la vitamine B12, l'anémie de Biermer était une maladie mortelle. Le diagnostic biologique repose sur une anémie macrocytaire, une mégaloblastose médullaire, une concentration plasmatique très basse de vitamine B12. La mise en évidence dans le sérum d’anticorps anti-facteur intrinséque, d’anticorps anticellules pariétales gastriques et un test de Schilling positif affirment traditionnellement le diagnostic. Le test de Schilling, basé sur l’administration d’une gélule de Vitamine B12 radio-marquée ne se pratique plus. La recherche d’une achlorhydrie gastrique ne se pratique plus. En revanche la mise en évidence d’une hypergatrinémie constitue précocement la pierre angulaire du diagnostic. Histologiquement, il existe au niveau du fundus de l’estomac une gastrite atrophique. Cette gastrite fundique auto-immune est un terrain qui favorise la survenue de tumeurs endocrines gastriques par prolifération de cellules ECL (enterochromaffin-like cells), ce qui impose un contrôle endocopique gastrique biennal.

A. Biermer, médecin allemand (1868)

Syn. anémie pernicieuse, anémie pernicieuse progressive, Biermer (syndrome de), Addison-Biermer (maladie d'), anémie hyperchrome mégalocytique, Imerslund-Najman- Gräsbeck (syndrome d')

avitaminose B12, facteur intrinsèque, hypochlorhydrie, Hunter (glossite de), thyroïdite d’Hashimoro, diabète de type 1, polyendocrinopathie auto-immune, vitiligo, encéphalopathies par carence vitaminique, neuroané thyroïdite mique (syndrome), sclérose combinée de la moelle (syndrome de), vitamine B12 (carence en), Imerlund-Grassbeck (syndrome d’)

[F1]

Édit. 2018

bilharziose intestinale l.f.

intestinal schistosomiasis

Bilharziose provoquée par Schistosoma mansoni, existant au Proche-Orient, dans la plupart des pays africains, sur la côte est de Madagascar, ainsi qu’en Amérique du Sud (Brésil particulièrement) et dans certaines îles des Antilles.
Le parasite responsable se développe chez certains mammifères et en particulier chez des rongeurs qui jouent le rôle de réservoir de germes. L’infestation est produite par la pénétration transcutanée de larves infestantes (furcocercaires) qui se sont développées chez un hôte intermédiaire, un mollusque d’eau douce particulier (planorbe). Les vers adultes vivent dans les veines mésentériques. L’affection est caractérisée par des troubles digestifs variés et par une splénomégalie, sa gravité résultant surtout des complications hépatospléniques (cirrhose bilharzienne, syndrome d’hypertension portale).
Schistosoma intercalatum a une symptomatologie surtout rectale et sa zone d’endémie est l’Afrique centrale.

Syn. schistosomose

 bilharziose,schistosome, Schistosome mansoni

Édit. 2017

Binder (syndrome de) l.m.

Binder’s syndrome, dysplasia type Binder

Malformation congénitale relevant d’une hypoplasie ou d’une aplasie de l’épine nasale antérieure du maxillaire.
Ce syndrome est responsable d’une fermeture anormale de l’angle nasolabial. A l’hypoplasie de l’étage moyen de la face peuvent s’associer une fente labiopalatine, des anomalies dentaires, une hypoplasie des phalanges terminales, un retard et une irrégularité d’ossification du calcaneum, des malformations vertébrales.

K. Binder, dentiste allemand (1962)

Syn. hypoplasie maxillonasale, dysplasie maxillonasale, dysostose maxillonasale.

Édit. 2017

biopsie du trophoblaste l.f.

chorionic villus sampling

Prélèvement de trophoblaste, pouvant être réalisé en début de grossesse à partir de 12 à 13 semaines d'aménorrhée pour l’étude du caryotype.
Il est toujours pratiqué sous contrôle échographique, soit par voie transabdominale à l'aide d'une aiguille, soit par voie transcervicale à l'aide d'une pince de type ORL pédiatrique, ou par aspiration grâce à un cathéter souple ou rigide, muni d'un mandrin déformable échogène. Ses principales indications sont : l’âge maternel, la notion d’une anomalie chromosomique équilibrée chez l'un des parents, d’une anomalie chromosomique chez l'un des enfants du couple, la découverte échographique d'une anomalie morphologique faisant suspecter une anomalie chromosomique (à ce terme un hygroma cervical évoque une monosomie X ou trisomie 21, une omphalocèle suggére une trisomie 18, 13 ou 21, une hydrocéphalie signe une triploïdie). La biopsie est aussi indiquée pour le diagnostic de sexe lors du diagnostic prénatal des maladies héréditaires récessives liées au sexe : la myopathie de Duchenne de Boulogne, l'hémophilie A ou B, le syndrome de l'X fragile. La biopsie permet aussi l'analyse de l'ADN par biologie moléculaire pour le diagnostic anténatal de la mucoviscidose, la drépanocytose, les thalassémies, certaines maladies métaboliques, la détermination du groupe sanguin et du groupe rhésus dans les formes sévères d'immunisation fœtomaternelle. Cet examen est de plus en plus fréquemment remplacé par l'amniocentèse précoce, qui peut être réalisée à partir de 13 semaines d'aménorrhée.

Étym. gr. bios : vie ; opsis : vue

biopsie

Édit. 2017

blépharochalasis n.m.

blepharochalasis

Flaccidité et plis permanents de la paupière supérieure par hyperlaxité de la peau due à un relâchement du tissu cellulaire sous-cutané et une atrophie du derme pouvant entraîner un ptosis.
Il peut être associé à un syndrome de cutis laxa ou apparaître isolé. Dans ce dernier cas, on distingue plusieurs formes dont une juvénile, une sénile et une très rare héréditaire (Fuchs). Parfois décrite avec d’autres associations, l’affection est autosomique dominante. Le traitement est chirurgical.

E. Fuchs, ophtalmologiste autrichien (1896)

Étym. gr. blepharon : paupière ; khalasis : relâchement

Ascher (syndrome d'), Laffer- Ascher (syndrome de)

Édit. 2017

blépharo-conjonctivite de l'ichtyose l.f.

Blépharo-conjonctivite qui débute souvent par une atteinte palpébrale produisant une desquamation.
L'existence d'un syndrome sec aggrave l'atteinte blépharo-conjonctivale.

blépharo-conjonctivite, syndrome sec

Édit. 2017

blépharo-naso-facial (syndrome) l.m.

blepharonasofacial syndrome

Télécanthus, déplacement latéral et sténose des points lacrymaux avec hypoplasie médiane du visage, gros nez, lèvre supérieure trapézoïdale.
Autres signes s'ajoutant au syndrome, une laxité articulaire, une dystonie, une syndactylie, et un retard mental. L’affection est autosomique dominante (MIM 110050).

Nancy B. Esterly, dermatologiste américaine et Hermine M. Pashayan, pédiatre américaine (1973)

Étym. gr. blepharon : paupière

Édit. 2017

blépharophimosis-déficience intellectuelle type Ohdo (syndrome) l.m.

Ohdo’s blepharophimosis

Le syndrome Ohdo-Madokoro-Sonoda comporte un blépharophimosis, une hypoplasie dentaire, une diminution de l'audition et un déficit intellectuel.
Des oreilles anormales, une microcéphalie et un retard de croissance ont été rapportés occasionnellement. Les garçons peuvent présenter une cryptorchidie et un scrotum hypoplasique.
Le mode de transmission est autosomique récessif. Une transmission autosomique dominante, liée à l'X et mitochondriale, ont également été suggérées (ORPHA 2728, OMIM 249 620).

S. Ohdo, H. Madokoro, T. Sonoda pédiatres japonais (1986)

retard mental, maladie cardiaque congénitale, blépharophimosis, blépha roptosis et dents hypoplasiques

Édit. 2017

bloc atrioventriculaire (BAV) l.m.

atrioventricular block

Trouble permanent ou paroxystique de la conduction de l'onde d'excitation du myocarde, cheminant des oreillettes vers les ventricules, par ralentissement ou interruption, secondaire à une altération organique ou fonctionnelle du tissu spécifique de conduction, qui peut amener un ralentissement de la fréquence cardiaque, voire un arrêt cardiaque (syndrome de Stokes-Adams).
On distingue plusieurs degrés de BAV. Le 1er degré est caractérisé par un allongement fixe de la conduction auriculoventriculaire, avec sur l'ECG un espace PR supérieur à 0,20 s. Le deuxième degré (BAV2) se subdivise en type Mobitz I et Mobitz II. Le BAV2 de type Mobitz I est caractérisé par un allongement progressif du temps de conduction auriculoventriculaire sur 3 ou 4 complexes, jusqu'à la venue d'une onde P (auriculaire) qui ne parvient plus au ventricule encore en dépolarisation («onde P bloquée»). Ce rythme, dit de Luciani-Wenckebach, ne ralentit que faiblement la fréquence cardiaque et n'entraîne pas de trouble de conscience. Le BAV2 de type Mobitz II est caractérisé par un blocage fixe de la conduction auriculoventriculaire qui peut survenir une fois sur deux (BAV2/1), deux fois sur trois (BAV3/1), etc. A l'extrême, la succession d'ondes P non suivies de réponses ventriculaires aboutit en quelques secondes à un arrêt cardiaque qui peut être mortel s'il se prolonge. Le BAV3 ou dissociation auriculoventriculaire est responsable du «pouls lent permanent».
Le BAV de type Mobitz II et le BAV3 sont dits de «haut degré» (par opposition aux précédents qui ne comportent pas de risque vital), la fréquence basse qui les caractérise ne permet pas toujours une irrigation suffisante des «tissus nobles», du cerveau, en particulier.
Selon le siège du trouble de conduction par rapport à la jonction auriculoventriculaire, on distingue les blocs sus- ou suprahissiens et les blocs hissiens, à QRS fins, et les blocs infrahissiens à QRS larges. Certains BAV sont transitoires, d'autres permanents.
Les BAV sont le plus souvent secondaires à un processus de fibrose des voies de conduction (BAV «dégénératifs»). Parmi les causes reconnues de BAV, il faut citer l'infarctus du myocarde, les cardiomyopathies, certaines maladies infectieuses, les suites de chirurgie cardiaque, une action médicamenteuse (traitement par β-bloquant ou digitalique).
Le pronostic des BAV de haut degré a été radicalement transformé par l'entraînement électrosystolique, temporaire dans les BAV transitoires, définitif dans les BAV permanents.

W. Mobitz, médecin interniste allemand (1889-1951) ; K. F. Wenckebach, médecin interniste autrichien (1864-1940)

Édit. 2017

Bloch (opération de) l.f.

Bloch's procedure

Correction chirurgicale de l'absence congénitale du vagin dans le syndrome de Rokitansky-Küster-Hauser.
Après clivage rectovésical, le péritoine pelvien situé entre les deux cornes utérines rudimentaires est dédoublé puis abaissé jusqu'à la région vestibulaire. Cette intervention n’est actuellement plus pratiquée.

P. Bloch, gynécologue suisse (1961)

Rokitansky-Küster-Hauser (syndrome de)

Édit. 2017

Bongiovanni (syndrome de) l.m.

Affection très rare, secondaire à un déficit enzymatique de la 3 bêta-hydroxystéroïde déshydrogénase.
Elle est responsable d’une hyperplasie congénitale des surrénales, détermine un syndrome de perte de sel et un pseudohermaphrodisme. L’atteinte du développement génital n’est en effet patente que chez les garçons où est constatée l’atténuation des caractères sexuels masculins.

A. Bongiovanni, pédiatre américain (1962)

hyperplasie congénitale des surrénales

[O4]

Édit. 2020

Boston (exanthème de) l.m.

Boston's exanthema

Syndrome infectieux, fébrile, épidémique, avec exanthème rubéoliforme principalement observé au niveau de la face et de la partie haute du thorax associé à une stomatite herpétiforme, d’étiologie virale (echovirus 16).

Étym. description de l’affection a été décrite à Boston dans le Massachussets, en 1951

Édit. 2017

botulisme n.m.

botulism

Maladie rare, due à une toxi-infection alimentaire (conserves avariées) provoquée par l'exotoxine d'une bactérie anaérobie sporulée, Clostridium botulinum, laquelle interfère sur la libération de l'acétylcholine au niveau des terminaisons présynaptiques.
Elle se manifeste, douze à trente-six heures après l'ingestion, par une anorexie, des nausées et vomissements, une vision floue avec ptosis, diplopie, une sécheresse des muqueuses buccales et trachéales, et un déficit moteur périphérique progressif à prédominance proximale. Une dysarthrie et une dysphagie s'y associent. Les réflexes sont abolis dans les formes sévères. Il existe une mydriase aréactive. Une constipation opiniâtre, secondaire à l'atteinte de la musculature lisse, et une rétention d'urines, sont possibles. Des complications respiratoires peuvent survenir, qui font la gravité de la maladie. L'évolution est rapide en 2 à 4 jours, la paralysie progressant de façon descendante. L'électrophysiologie confirme le diagnostic en montrant des anomalies comparables à celles du syndrome de Lambert-Eaton.
L'injection d'antitoxine ou un traitement par guanidine ou 4 aminopyridine pourraient éventuellement accélérer la récupération.

Étym. diminutif du gaulois boël : boyau, intestin, du latin botulus : boudin

arme biologique, toxine botulique, toxine botulique en thérapeutique, Lambert-Eaton (syndrome de), Clostridium botulinum

Édit. 2017

boucle n. f.

gamma loop (en neurologie), loop (en génétique)

1) En neurologie, boucle réflexe médullaire jouant un rôle dans la régulation motrice.
Il s'agit d'un circuit constitué des motoneurones γ, des fibres qui en sont issues, du fuseau neuromusculaire et des fibres primaires dites annulospirales du fuseau, les fibres sensitives I et II, qui aboutissent au motoneurone α.
Permanente, l'activité de la boucle γ entretient un état de facilitation des motoneurones α.
Il convient de distinguer les motoneurones dynamiques γ 1, qui augmentent la composante dynamique de l'étirement musculaire, et les motoneurones statiques γ 2 qui accroissent la sensibilité des terminaisons primaires à l'étirement.
Cette activité offre en fait des variations liées à la contraction musculaire et continuellement modelées par les structures supramédullaires.
Le défaut de contrôle de la motricité par la boucle γ est à l'origine du syndrome pyramidal.2) En génétique:
a) Séquence simple brin à l'extrémité d'un acide nucléique replié en épingle à cheveux,
p. ex. dans un ARN de transfert (ARNt) ;
b) Lors de l'hybridation de deux brins issus de deux molécules différentes, séquence simple brin correspondant à une séquence non homologue.

motoneurone, syndrome pyramidal, ARN de transfert, hétéroduplex

[H1, Q1]

Édit. 2019

Bourbon (virus)

Bourbon (virus)

Virus à ARN du genre Thogotovirus (famille des Orthomyxoviridae), probablement responsable d'infections humaines sévères aux Etats-Unis.
Le tableau clinique attribuable, selon toute vraisemblance, à l'infection par le virus Bourbon est celui d'un syndrome infectieux aigu, comprenant de la fièvre, une asthénie, des nausées, des arthralgies et myalgies, une éruption cutanée, qui peut évoluer vers une défaillance cardiaque, rénale ou respiratoire éventuellement mortelle. S'y associent une thrombopénie et une leucopénie.
Isolé pour la première fois du sang d'un patient au Kansas en 2014, ce virus pourrait être transmis par des Arthropodes vecteurs, peut-être des tiques.

Étym. Bourbon, comté du Kansas, Etats-Unis.

Édit. 2017

bourse subcutanée trochantérique l.f.

bursa subcutanea trochanterica (TA)

subcutaneous trochanteric bursa

Bourse synoviale située à la face postérolatérale du grand trochanter entre le relief du grand trochanter et la peau.
Elle se place entre le tendon antérieur du gluteus maximus et la partie postérieure du tractus iliotibial. Elle communique avec les autres bourses qui s'interposent entre les muscles s'insérant sur le grand trochanter : piriformis, gluteus medius, bandelette iliotibiale et la face souscutanée superficielle du gluteus maximus.Son inflamation peut être responsable du syndrome douloureux du grand trochanter (bursite rétrotrochantérienne).

Syn. anc. bourse sous-cutanée trochantérique, bourse séreuse trochantérienne superficielle, bourse séreuse péritrochantérienne

[A1]

Édit. 2019

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