Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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cervicothoracique adj.

cervicothoracic

Relatif à la jonction des régions cervicales basse et thoracique haute.

→ signe cervicothoracique

[A1]

céto-11-étiocholanolone n.f.

keto-11-etiocholanolone

Stéroïde de la classe des 17-cétostéroïdes oxygéné en 11, provenant de la coupure de la chaîne latérale du cortisol ou de la cortisone, qui est éliminé dans les urines.

[C1]

chaîne ganglionnaire thoracique de Poirier et Cunéo l.f.

P. Poirier, anatomiste et chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1908) ; B. Cunéo, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1908)

→ nœuds lymphatiques axillaires pectoraux

[A1]

champ magnétique (artefact de) l.m.

Inhomogénéité du signal IRM sans base anatomopathologique, en rapport avec de nombreuses causes potentielles : sensibilité en émission et en réception des antennes, courants de Foucault, interaction électrodynamiques avec l’objet, ondes de radio-fréquence

Toutes ces inhomogénéités sont susceptibles d’être source d’erreurs diagnostiques si leur origine n’est pas perçue comme artéfactuelle.

→ champ magnétique

[B1,B2,B3]

Édit. 2018

chapelet chondrocostal l.m.

chondrocostal rosary

Nouures palpables le long des jonctions chondrosternales.
Ces signes thoraciques apparaissent entre le 6ème et le 11ème mois, parfois visibles et constituant alors du fait de leur alignement un "chapelet". Il s'observe dans le rachitisme commun.

Syn. chapelet costal

[N2,I1,O6 ]

Chédiak-Higashi (syndrome de) l.m.

Chédiak-Higashi’s syndrome

Forme rare d'albinisme oculocutané tyrosinase positif à transmission autosomique récessive, associé à une atteinte de la lignée leucocytaire et à une déficience immunitaire aux germes banals (streptocoques, staphylocoques).
Elle débute cliniquement dans la première enfance, avec une peau pâle, des cheveux argentés, une photophobie, et un nystagmus. On trouve un déficit moteur périphérique, des crises épileptiques, une déficience mentale. Il existe une anémie, une neutropénie, une thrombocytopénie, une susceptibilité à l'infection, des adénopathies, une hépatosplénomégalie, ainsi qu'une propension aux leucémies et aux lymphomes responsable du décès prématuré avant sept ans. On trouve parfois des symptômes dysautonomiques avec hypolacrymie, tachycardie, anomalies sudorales et oculaires. Au niveau des yeux les autres manifestations consistent en opacités cornéennes sous-épithéliales, opacités cristalliniennes sous-capsulaires polychromes, et exceptionnellement une dystrophie rétinienne (de type amaurose de Leber) ou un œdème papillaire. Les lymphocytes ont des anomalies de structure du noyau, granulations peroxidase positive, inclusions cytoplasmiques et corps de Döhle. Les conducteurs du gène ont des inclusions spécifiques et le diagnostic en prénatal est possible. Locus du gène en 1q42. L’affection est autosomique récessive (MIM 214500).

A. M. Béguez César, pédiatre cubain (1943) et A. M. Chédiak, médecin cubain (1952), W. Steinbrinck, médecin allemand (1948), O. Higashi, pédiatre japonais (1954), C. Griscelli, pédiatre et généticien français (1978)

Syn. déficit en lymphocytes tueurs naturels, Steinbrinck (syndrome de), Béguez César (maladie de), albinisme oculocutané type VIb, Griscelli (syndrome de), Béguez César-Chédiak-Higashi (syndrome de), Chédiak-Steinbrinck-Higashi (syndrome de

[Q2]

chef court du muscle biceps brachial l.m.

caput breve musculi bicipitis brachii (TA)

short head of biceps brachii

Courte portion du muscle biceps brachial qui s’insère au sommet du processus coracoïde.

Syn. anc. chef coracoïdien du muscle biceps brachial ; muscle coraco-biceps ; muscle court biceps

[A1]

chef court du muscle biceps fémoral l.m.

caput breve musculi bicipitis femoris (TA)

short head of biceps femoris

Courte portion du muscle biceps femoral qui s’insère sur la partie distale de l’interstice de la ligne âpre.
Il fusionne à son extrémité distale avec le chef long du muscle biceps fémoral et se fixe par un tendon commun sur la tête du la fibula, le condyle latéral du tibia et le fascia crural.

[A1]

cheiropompholyx n.m.

Dyshidrose palmaire

En cas d'atteinte des plantes des pieds, on parle de podopompholyx.

Étym. gr. kheir : main ; pomphyx : bulle

[N1,J1]

chirurgie rénale ex situ l.f.

bench surgery, ex vivo surgery

Technique chirurgicale qui enlève un rein par une néphrectomie ménageant particulièrement les éléments du pédicule vasculaire, traite les lésions rénales sur le rein isolé, refroidi et perfusé, et se termine par une autotransplantation.
Elle est adaptée à la chirurgie de l'artère rénale et de ses branches, de certaines lithiases complexes, et des tumeurs sur rein unique.

Syn. chirurgie extracorporelle, chirurgie ex vivo, chirurgie hors du corps

→ autotransplantation

[M2]

chirurgie thoracique vidéo-assistée l.f.

thoracoscopy

Technique chirurgicale réalisée dans la cavité pleurale, au travers de trocards avec une instrumentation adaptée où le contrôle visuel des gestes de l'opérateur se fait sur un écran de télévision placé face à lui.
Le but de cette méthode est de supprimer les délabrements musculaires qu'entraînent les thoracotomies larges avec section de muscles dont la portion sous-jacente à cette section est définitivement dénervée et s'atrophie.
Cette méthode opératoire est utile pour traiter les pneumothorax, les tumeurs pulmonaires corticales bénignes énucléables, les petites tumeurs médiastinales bénignes, pour pratiquer des résections en coin de tumeurs périphériques jusqu'à 3 cm de diamètre. Elle est commode pour les biopsies pleurales, pulmonaires, ganglionnaires ou de tumeurs médiastinales inenlevables car les prélèvements sont bien orientés et de volume suffisant.
À tout moment, on peut faire une "conversion" en thoracotomie classique en cas d'incident, d'accident ou de besoin.
Dans les exérèses pulmonaires réglées telles que lobectomies, pneumonectomies ou plurisegmentectomies, dans l'exérèse des grosses tumeurs médiastinales, la vidéochirurgie ne peut guère être utilisée et est remplacée par la chirurgie vidéo-assistée avec une minithoracotomie. La taille des incisions pour extraire les pièces opératoires supprimerait l'intérêt de la chirurgie vidéoscopique pure.
Autre dénom. chirurgie thoracique sous vidéoscopie, chirurgie thoracique endoscopique

Sigle CTVA

[K3,B2]

Chlamydia trachomatis

Chlamydia trachomatis

Bactérie pathogène coccoïde agent du trachome, cosmopolite mais avec une prédominance intertropicale, dont le réservoir est humain.
La transmission est directe ou indirecte (objets de toilette, cosmétiques oculaires, mouches).
Lorsqu’elle est sexuellement transmise, elle est responsable : chez l’homme d’urétrite, avec quelquefois diarrhée et conjonctivite, réalisant le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter, et de la lymphogranulomatose vénérienne ou maladie de Nicolas-Favre ; chez la femme de salpingite avec périhépatite, de stérilité et de douleurs chroniques;chez le nouveau-né de pneumopathie, de méningite et d’ophtalmie purulente contractées lors de l’accouchement.

→ Chlamydia, trachome, syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter, maladie de Nicolas-Favre

[D1, L1, M3, O1, O3, P1]

Édit. 2020

chloroquine n.f.

chloroquin

4-amino-quinoléine chlorée sur le C7, qui a été le schizonticide de synthèse le plus universellement utilisé, à la fois comme traitement curatif et en chimioprophylaxie, jusqu’à l’apparition et à la généralisation de résistances.
Bien que cet antipaludique ait été synthétisé en 1934, son mode d’action n'a été défini (partiellement) que récemment : en métabolisant l’hémoglobine de l’hématie hôte, le Plasmodium libère de l’hème, normalement toxique pour le parasite et que celui-ci détoxifie sous forme d’hémozoïne. La chloroquine agit -au moins en partie- en inhibant cette détoxification. Depuis quelques années, une association de chloroquine et de proguanil est utilisée pour la chimioprophylaxie antipaludique des voyageurs dans les pays endémiques de zone II, c’est-à-dire, selon la classification de l’OMS, où les chloroquinorésistances sont fréquentes, sans être toutefois majoritaires.

Syn. chlorochine, cycloquine. Sous forme de phosphate : Nivaquine®

[G3]

choane n.m.

choana ; apertura nasalis posterior (TA)

choana ; posterior nasal aperture

Chacun des deux orifices postérieurs de la cavité nasale.
Situés de chaque côté du septum nasal, ils s’ouvrent dans la partie nasale du pharynx.

Syn. orifice nasal postérieur

[A1]

Édit. 2015

choc n.m.

shock

1) En accidentologie et en général, effet produit par un coup.
Il entraîne la projection du corps choqué ou sa déformation, réversible (choc élastique avec production de vibrations, voire d'une onde de choc dans le corps) ou irréversible qui produit des dommages et des écrasements si l'on dépasse une certaine limite.
2) En médecine, syndrome consécutif à une désadaptation du contenant cardiocirculatoire et du contenu sanguin. Il entraîne des troubles microcirculatoires et de l'utilisation de l'oxygène, avec augmentation de la lactacidémie, témoin du métabolisme anaérobie : c'est l'état de choc.
Même si le point de départ est local (ex. levée de garrot), les déchets toxiques, libérés dans le sang et transportés par la circulation dans tout l'organisme, produisent des lésions cellulaires et des troubles microcirculatoires. L'évolution se fait en trois temps.
1) En général, intense réaction neurovégétative avec production de catécholamines entraînant une vasoconstriction générale (choc froid), sauf dans les territoires à structure privilégiée du cœur et du cerveau. Si le système neurovégétatif est paralysé le sang artériel va directement vers les veines court-circuitant les capillaires (choc chaud).
2) Vasoplégie générale : l'endothélium capillaire a été lésé et a laissé fuir le plasma vers les tissus, ce qui augmente le collapsus et mène à l'arrêt cardiaque en quelques heures.
3) Même si le traitement a pu momentanément rétablir la situation, la défaillance multiviscérale apparaît après un intervalle libre de quelques jours (les reins sont bloqués, les poumons œdématiés, une fibrinolyse possible, etc.), l'issue fatale est très difficile à éviter : le choc est dit «irréversible».
L'exploration hémodynamique avec cathétérisation du cœur droit (cathéter de Swan-Ganz) permet de mesurer le débit cardiaque et les résistances circulatoires : ces données sont utiles pour classer le choc et guider le traitement.

Étym. moyen néerlandais schokken : heurter, recevoir un coup

→ classification des états de choc, état de choc, collapsus, défaillance multiviscérale généralisée, rein de choc, poumon de choc, classification des états de choc, syndrome de choc

[N1,K2]

choc affectif l.m.

affective shock

Traumatisme psychique (manifestations immédiates ou rapprochées), traumatisme psychique et évènement exceptionnel.

[H4]

choc allergique l.m.

allergic shock

→ anaphylactique (choc)

[N1,G1]

choc amphétaminique l.m.

amphetaminic shock

Psychostimulation à visée thérapeutique, recherchée par injection rapide d'une amphétamine.
Blocages ou réticences, surtout chez des hystériques ou des schizophrènes, mais aussi dépression, hypocondrie et alcoolisme névrotique : telles étaient après le travail princeps de E. Davidoff (1936), les indications principales de cette méthode.
Mais les contrindications de ce puissant sympathicomimétique (notamment cardiovasculaires et endocriniennes) étaient nombreuses, ainsi que ses effets négatifs (exagération de certains symptômes, explosions émotionnelles incoercibles, etc.). Sa valeur thérapeutique au long cours a été réfutée. L'association avec un barbiturique, ou narcose amphétaminée, est en général considérée comme bien plus maniable.

E. Davidoff, psychiatre américain (1936)

Syn. all. weckanalyse (wecken : éveiller)

[H3,G5]

choc anaphylactique l.m.

anaphylactic shock.
État de choc brutal de mécanisme immuno-allergique (réaction d'hypersensibilité immédiate de type I avec l'intervention de complexes antigène-anticorps, les anticorps sont les plus souvent des immunoglobulines E), traduisant un contact préalable, passé souvent inaperçu.
Il survient souvent sur terrain prédisposé (accidents allergiques antérieurs, atopie), après l'ingestion ou l'injection de certains produits (aliments, antibiotiques, curares, vaccins, hormones, antalgiques, produits iodés, venins d'hyménoptères, produits de désensibilisation, latex, etc.). Les délais d'apparition varient de 2 à 20 min et plus. Les signes cliniques sont ceux du choc vasogénique (ouverture des shunts précapillaires et effondrement des résistances vasculaires), c'est un choc chaud. Les signes associés peuvent comprendre : tachycardie, urticaire, éruptions, bronchospasme, œdème laryngé (œdème de Quincke), diarrhée.
L'évolution peut être mortelle par collapsus et arrêt cardiaque. Le traitement d'urgence consiste en l'administration d'adrénaline par voie sous-cutanée, endotrachéale et surtout intraveineuse (chez l'adulte, 0,25 à 1 mg dilué dans 10 mL de solution sodée physiologique, en injection lente, à répéter si besoin). Pour la prévention d'accidents ultérieurs, une enquête allergologique doit toujours être entreprise afin d'identifier la substance en cause.

Étym. gr. ana : contraire de ; phulaxis : protection : anaphylaxie = qui fait le contraire d'une protection

→ choc, envenimation

choc anaphylactoïde l.m.

anaphylactoid shock

État de choc se distinguant du choc anaphylactique par sa pathogénie non-immunologique, il est dû à une libération d'histamine et de leucotriènes par les leucocytes basophiles ou à d'autres modes de libération chimique d'histamine.
Le choc anaphylactoïde peut être dû à une activation du complément par voie alterne.
Le traitement d'urgence est le même que celui du choc anaphylactique mais la prévention est différente.

Étym. gr. ana : contraire de ; phulaxis : protection : anaphylaxie = qui fait le contraire d'une protection

→ anaphylactique (choc), anesthésie (accident)

[N1,G1]

choc apexien l.m.

heart apical beat

Mouvement systolique de la pointe du cœur perçu normalement par la palpation du 4e ou 5e espace intercostal gauche.
Il peut être difficile à percevoir chez l’obèse. Certains états pathologiques modifient le choc apexien soit dans son siège, soit dans son aspect (choc en dôme, choc étalé, choc en masse).

[N1,K2]

choc bactériémique l.m.

bacteriemic shock

État de choc causé par une infection ayant entraîné une insuffisance circulatoire aiguë à composante vasogénique essentielle et parfois hypovolémique ou cardiaque, qui constitue la réponse de l'organisme à des toxines bactériennes (endotoxines lipopolysaccharidiques de germes à Gram-, exotoxines de germes Gram+, acide teichoïque).
Cet état de choc est associé à une hyperthermie (parfois une hypothermie), à un collapsus, à une tachycardie, à des troubles digestifs (diarrhée) ou à des signes neuropsychiques (encéphalopathie septique). Les extrémités peuvent être chaudes (choc chaud).

→ défaillance multiviscérale généralisée

[G1,D3]

choc cardiogénique l.m.

cardiogenic shock

État de choc apparaissant après une chute importante et durable de la pression artérielle (collapsus) due à une atteinte primitive de la pompe cardiaque.
L'insuffisance cardiaque primitive relève d'une réduction de l'éjection systolique par diminution de la capacité d'admission diastolique ou troubles du rythme cardiaque. Les résistances périphériques sont normales ou modérément élevées, la pression veineuse centrale et la pression capillaire pulmonaire sont élevées. Les causes sont nombreuses :
- infarctus du myocarde à la phase aiguë ;
- cardiopathie dilatée, myocardite, valvulopathies évoluées non traitées ou traitées chirurgicalement trop tard, troubles du rythme, suites postopératoires de chirurgie cardiaque ;
- gêne à l'éjection ventriculaire gauche ;
- gêne à l'éjection ventriculaire droite.
Le traitement est étiologique .

[G1,K2]

choc chaud l.m.

worm shock

État de choc caractérisé par une peau chaude : la pression artérielle est normale ou abaissée, les résistances périphériques sont abaissées (ouverture des shunts capillaires).

→ choc, choc bactériémique

[G1,D3]

choc circulatoire l.m.

circulatory shock

État de choc apparaissant à la suite d'une insuffisance circulatoire aiguë qui ne permet pas aux tissus de recevoir la quantité d'oxygène nécessaire à leurs besoins.
Le diagnostic se fonde sur trois critères :
- Abaissement de la pression artérielle systolique < 90 mm de Hg ou de la pression moyenne < 70 mm de Hg ne répondant pas immédiatement au remplissage.
-Altération de la perfusion des organes avec notamment signes de souffrance encéphalique, oligurie, et élévation des lactates au-dessus de 2 mmol/L.
- Ralentissement manifeste de la circulation cutanée (marbrures).

→ choc cardiogénique

[G1,K2]

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