Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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centre de moyen séjour l.m.

Etablissement public d’hospitalisation destiné à assurer, après la phase aigüe d’une maladie, le prolongement des soins actifs ainsi que les traitements nécessaires à la réadaptation en vue du retour à une existence autonome.
L’admission des malades s’effectue sur présentation d’un dossier médical ou médicosocial ; elle ne peut avoir lieu en urgence. Les centres de moyen séjour sont classés selon la dénomination des unités qui les composent : convalescence, cure médicale, réadaptation, etc.

[E]

centre d'examens de santé l.m.

Centre où sont accueillies les personnes non malades désirant subir un examen de santé.
En France la plupart de ces centres sont géré par des Caisses d’assurance maladie. Aucun soin n’y est donné.

[E]

centre de référence l.m.

Centre spécialisé, agréé par une administration nationale ou internationale, pour l’étude d’un problème sanitaire particulier, d’ordre épidémiologique, biologique, thérapeutique, etc.
Des centres sont ainsi spécialisés dans le recueil des informations concernant une épidémie, une endémie ou une maladie rare, dans le classement des variétés d’une espèce bactérienne, dans la culture et la conservation de certains virus, dans l’évaluation d’une thérapeutique nouvelle, etc. Dans le domaine de leur compétence, ils peuvent être consultés par toute personne ou tout organisme moins spécialisé.

[E1]

centre hospitalier l.m.

Etablissement public d’hospitalisation dont la mission est d’assurer le traitement des malades pendant la phase aigüe de la maladie. Le centre hospitalier est un établissement de court séjour.
L’admission dans un centre hospitalier est prononcée soit sur certification médical, soit en urgence. Ce type d’établissement doit disposer d’une unité d’accueil et de réception des urgences. Il existe quatre types de centres hospitaliers : de secteur, général, régional, spécialisés.

Sigle CH

[E]

céphalée n.f.

cephalalgia, headache

Douleur de l'extrémité céphalique, qui peut constituer à elle seule la maladie, comme dans la migraine, ou représenter un symptôme d'une affection telle qu'une tumeur cérébrale ou une affection méningée.
Les plus fréquentes sont psychogènes, traduisant une affection psychiatrique ou une anxiété névrotique. Elles défient toute description clinique, sauf à retenir les céphalées de tension, surtout à type de serrement nuquo-occipital. La migraine correspond à environ 15% des céphalées et également de la population générale. Les céphalées post-traumatiques sont, elles aussi, nombreuses (12%).
Parmi les autres céphalées symptomatiques, plus rares mais dont le diagnostic est capital, le profil évolutif est un élément essentiel. Soudaines, elles évoquent une hémorragie encéphalique, une encéphalopathie hypertensive, un accident vasculaire cérébral, une dissection des troncs artériels supra-aortiques. Récentes et persistantes, elles peuvent être dues à une hypertension intracrânienne de causes diverses, à une affection méningée ou une artérite temporale. La douleur parfois intense des sinusites aigües et des glaucomes aigus s'associe à d'autres signes. Les céphalées iatrogènes sont fréquentes. Habituellement, l'arthrose cervicale n'est pas en cause.
Parmi les céphalées primitives autres que la migraine, seront citées : les algies vasculaires de la face, les céphalées de tension, la névralgie d'Arnold, la névralgie essentielle du trijumeau, l'hémicrânie paroxystique chronique, les céphalées en coup de piolet, les céphalées sexuelles bénignes, les céphalées d'effort.

J. Arnold , anatomopathologiste allemand (1894)

[N1,H1]

céphalhématome n.m.

caput succedanum

Décollement du périoste des os de la voûte crânienne du nouveau-né par un hématome, traumatique par utilisation d’une ventouse d’extraction le plus souvent, parfois dû à une maladie hémorragique néonatale par déficit en vitamine K, se résorbant spontanément.

Étym. gr. kêphale : tête ; haïmatoma : tumeur sanguine

→ bosse sérosanguine

[O1]

céramide-trihexoside n.m.

ceramide-trihexoside

Sphingolipides dans lequel la sphingosine porte un résidu d'acide gras et un trihexoside glucose-galactose-galactose.
Les céramide trihexosides sont normalement présents dans la membrane plasmique de nombreux types cellulaires. Ils s'accumulent dans différents tissus au cours de la maladie de Fabry, par suite d'un défaut d'αlpha-galactosidase A empêchant le clivage du dernier galactose.

J. Fabry, dermatologiste allemand (1898)

Syn. globotriaosylcéramide, Gb3, trihexosylcéramide, CD77, GL-3

→ Fabry (maladie de), sphingolipide, sphingosine, galactosidase

[C1, C3]

Édit. 2018

cérébroglucoside n.m.

cerebroglucoside

Sphingosidolipide dont l'ose constitutif est le glucose.
Les cérébroglucosides sont présents dans tous les tissus en très petite quantité ; c'est le principal glycolipide du plasma sanguin. On le trouve accumulé dans la rate et le système histiocytes-macrophages au cours de la maladie de Gaucher.

P. Gaucher, dermatologiste français, membre de l'Académie de médecine (1882)

Syn. glucosylcéramide.

[C1]

Chagas (maladie de) l.f.

Chagas’ disease

Parasitose due à Trypnanosoma cruzi sévissant dans plusieurs pays d’Amérique latine où elle constitue un problème sanitaire majeur.
L’affection, commune à l’Homme et à différents mammifères, en particulier domestiques, est transmise par les déjections de punaises de grande taille (Triatoma, Rhodnius, Panstrongylus), mais il existe aussi une transmission congénitale et des risques de transmission transfusionnelle. Très récemment, on a également signalé des contaminations par ingestion de jus de fruits (papayes, notamment) de préparation artisanale et souillés par les déjections de triatomes infestés. Comme la contamination est fréquente au niveau de la conjonctive oculaire, un signe précoce (signe de Romaña) est l’existence d’un œdème palpébral unilatéral avec des adénopathies satellites. Les formes inapparentes sont fréquentes. Dans les formes aigues, la maladie de Chagas se manifeste par de la fièvre, des atteintes viscérales, cardiaques surtout (myocardites), mais aussi digestives, nerveuses (pouvant aller jusqu’à la démence) puis, dans les formes plus anciennes, par des dilatations du tube digestif avec survenue de méga-œsophage ou de mégacôlon). Le diagnostic est sérologoque et surtout parasitologique. Le traitement repose sur le nifurtimox et le benznidasole.

C. Chagas, médecin brésilien, membre de l'Académie de médecine (1909) ; C. Romaña, médecin argentin (1935) ; Caryn Bern, épidémiologiste américaine (2015)

Syn. trypanosomose américaine

→ trypanosomose humaine américaine

[D3,D2,D4]

chagome n.m.

chagoma

Lésion primaire de la trypanosomose humaine américaine ou maladie de Chagas.

→ trypanosomose humaine américaine

[D3]

chancre n.m.

chancre

Ulcération siégeant au point d'inoculation d'une maladie infectieuse telle que syphilis, tuberculose, rickettsiose, lèpre, etc.
Terme souvent utilisé pour désigner une ulcération d'origine infectieuse ayant tendance à s'étendre, p. ex. chancre syphilitique, chancre redux (chancre récidivant), chancre donovanien (chancre en plateau de la donovanose), chancre induré (pour le chancre syphilitique), chancre mou, chancre mixte (ulcération génitale à la fois due au tréponème pâle et au bacille de Ducrey), chancre tuberculeux, chancre lépreux, chancre du Sahara (leishmaniose), chancre de la sporotrichose, chancre scabieux (papules du gland secondairement excoriées au cours de la gale), etc.

Étym. lat. cancer : ulcère qui ronge, crabe, chancre

[D1,J1]

chancre mou l.m.

chancroid, soft chancre

Maladie infectieuse sexuellement transmissible due à Haemophilus ducreyi, d'évolution seulement locale, fréquente en zones tropicales et responsable d'ulcérations génitales accompagnées d'adénopathies évoluant vers la fistulisation, réalisant alors un bubon.
Le chancre mou est très sensible à de nombreux antibiotiques, p. ex. céphalosporines de 3ème génération, macrolides, fluoroquinolones.

P. Ricord, membre de l'Académie de médecine (1838) et L. Bassereau(1852), dermato-vénéréologues français

Étym. chancre mou par opposition au chancre induré syphilitique

Syn. chancrelle (obs.)

[D1,J1]

Charcot-Marie-Tooth (maladie de) l.f.

Charcot-Marie-Tooth's disease, neuropathic peroneal atrophy, CMT

Neuropathie héréditaire, débutant le plus souvent dans l'adolescence, caractérisée par une paralysie ou plutôt une parésie prédominante avec atrophie des muscles innervés par les péroniers et par des troubles sensitifs distaux objectifs, ces derniers inconstants.
Elle évolue très lentement et s'étend progressivement aux muscles des mains et des bras. Se trouve alors réalisé l'aspect typique d'atrophie "en manchette", "en guêtre" ou "mollet de coq".
En fait, il s'agit du groupe le plus fréquent du syndrome dit d'atrophie péronière : ensemble hétérogène de neuropathies démyélinisantes familiales, objet de discussions et remaniements liés notamment aux progrès de la génétique moléculaire. On séparera d'abord la forme médullaire - amyotrophie spinale déterminant une atrophie distale et en rapport avec une dégénérescence génétiquement induite des motoneurones - des formes dites neuropathiques. Celles-ci ont été classées par Dyck dans le groupe des neuropathies sensitivomotrices héréditaires (NSMH), ainsi réparties :
- Le type 1 (1 A et 1 B) correspond à la neuropathie hypertrophique d'hérédité autosomique dominante, avec une vitesse de conduction très diminuée et une une prolifération en « bulbe d’oignon » de la gaine des nerfs périphériques ; elle est souvent liée à une duplication sur le chromosome 17 ; on lui intègre le syndrome de Roussy-Lévy, classiquement associé à un tremblement. Le sous-groupe A comprend les cas non liés au locus du groupe sanguin Duffy, le sous-groupe B comprend les cas liés au système Duffy (locus FY situé sur le chromosome 1 en 1q23.2) ;
- Le type 2 correspond aux formes neuronales (axonales) moins sévères, sans hypertrophie nerveuse avec peu ou pas de modification de la conduction nerveuse à l’électromyogramme. Elles peuvent débuter à tout âge, le plus souvent vers 15 ans. Les mutations géniques sont nombreuses à l’origine des CMT2 : le plus fréquent des 16 sous-types est lié à une mutation sur le gène MFN2 (mitofusine 2) en 1p36.32, codant pour une GTPase impliquée dans la fusion des mitochondries et dans la production d’énergie dans les mitochondries ; une autre mutation est située sur le gène CMT2 I/J en 1q22, au niveau du gène LMNA ; récessif, il présente des signes cliniques évoquant une laminopathie.
- type 3, neuropathies hypertrophiques de l'enfance de type Dejerine-Sottas, à hérédité autosomique récessive, qui pourraient bien n'être qu'une forme grave du type 1 A.
En effet, nombreux sont les patients appartenant à ces deux types, qui présentent la même anomalie génique : une mutation du gène codant pour la protéine de structure PMP-22 (PMP : protéine myélinique périphérique).
- la forme récessive liée à l’X est présente chez les hommes avec des signes comparables au type 1 ; les femmes peuvent présenter des signes discrets de la maladie.
Les précisions attendues sur les atteintes géniques des divers patients devraient permettre de modifier ces classifications.

J-M. Charcot et P. Marie, neurologues français, membres de l'Académie de médecine (1886) ; H. H. Tooth, neurologue britannique (1886) ; P. J. Dyck, neurologue américain (1984) ; S. N. Davidenkov, neuropathologiste russe (1939) ; J. J. Dejerine, membre de l'Académie de médecine et J. Sottas, neurologues français (1893) ; G. Roussy, anatomopathologiste français, membre de l'Académie de médecine et Gabrielle Lévy, neurologue française (1926)

Syn. neuropathie sensitivomotrice héréditaire forme I, neuropathie motrice et sensitive héréditaire, atrophie péronéomusculaire, Charcot-Marie-Tooth forme à conduction nerveuse lente

Sigle NSMH forme I (Neuropathie SensitivoMotrice Héréditaire)

→ Davidenkow (syndrome de), Dejerine-Sottas (maladie de), Roussy-Levy (syndrome de), mitofusine, laminopathie, bulbe d'oignon

[H1]

Charcot-Marie-Tooth avec ptosis et Parkinson (maladie de) l.f.

Charcot-Marie-Tooth’s disease with ptosis and Parkinson

Maladie de Charcot-Marie-Tooth avec neuropathie périphérique, ptosis et Parkinson.
Une famille a été étudiée sur 3 générations avec apparition tardive de l'affection. Pied creux, réflexes vifs, hypotension orthostatique, hypoventilation centrale et démence modérée. L’affection est autosomique dominante (MIM 118301).

R. Tandan, neurologue américain (1990)

[H1]

charlatanisme médical l.m.

disease monger

Comportement visant à élargir la notion de maladie afin de développer des marchés pour de nouveaux produits médicamenteux.

[E]

chéilite granulomateuse de Miescher l.f.

granulomatous cheilitis, Miescher's cheilitis

Inflammation granulomateuse chronique de la lèvre de cause inconnue.
Elle se traduit initialement par une tuméfaction intermittente, parfois asymétrique d'une lèvre. Puis l'hypertrophie devient permanente : c'est la macrochéilite ; la lèvre prend une consistance élastique. Seule une biopsie profonde permet de retrouver les petits granulomes gigantoépithélioïdes caractéristiques. Elle peut accompagner une maladie de Crohn. Le syndrome de Melkersson-Rosenthal associe une macrochéilite identique à celle de Miescher, une langue plicaturée et une paralysie faciale périphérique.

A. G. Miescher, dermatologiste suisse (1945) ; E. Melkersson, neurologue suédois (1928) ; C. Rosenthal, neuropsychiatre allemand (1931)

→ macrochéilite granulomateuse

[N1,P3]

chérubisme l.m.

cherubism

Maladie kystique multiloculaire fibreuse des os et particulièrement de la mandibule avec déformation faciale à partir de trois ou quatre ans et aspect de chérubin.
Il existe un hypertélorisme, les sclérotiques sont visibles sous l'iris par la dysplasie fibreuse du maxillaire supérieur et inférieur (donnant l'aspect joufflu) qui déplace le plancher de l'orbite vers le haut. La déformation diminue à la troisième décennie mais est encore visible après quarante ans. Radiologiquement on trouve une image multiloculaire claire au niveau de la branche montante de la mandibule, de l'angle et de l'extrémité antérieure des côtes. L’affection est autosomique dominante (MIM 118400).

W. A. Jones, médecin radiologue canadien (1933)

Étym. Hébr. cherubin (plur. de kerubh) : ange

[F5,Q2,I2]

cheveux argentés de Griscelli-Pruniéras (syndrome des) l.m. .transfert en G

Griscelli's syndrome

Maladie héréditaire rare transmise sur un mode autosomique récessif, associant un déficit immunitaire combiné et un albinisme partiel avec absence de cellules de Langerhans.
Le déficit immunitaire est sévère avec, malgré un nombre de lymphocytes B et T normal, une anergie cutanée, une hypogammaglobulinémie, une neutropénie et une thrombopénie. L'albinisme cutané peut passer plus ou moins inaperçu, mais les cheveux, les cils et les sourcils sont, dès la petite enfance, d'une couleur gris argenté caractéristique.

Cl. Griscelli, pédiatre et immunologiste français et M. Pruniéras, dermatologiste français (1978) ; A. Chédiak, sérologiste cubain (1952) ; O. Higashi, pédiatre japonais (1954)

Syn. Griscelli (syndrome de),

→ Chédiak-Higashi (maladie de)

[J1,Q2]

cheveux crépus et maculopathie l.m.p.

wooly hair

Cheveux courts très frisés et crépus qui ressemblent aux cheveux des noirs mais non pigmentés.
Mohr trouve que la famille caucasienne avec cheveux crépus qu'il étudie en Norvège et où de nombreuses personnes sont atteintes n'a aucune parenté avec les noirs. Il existe en fait des formes dominantes et récessives. Pour la forme dominante l'anomalie porte sur tous les cheveux, pour la forme récessive les cheveux sont très frisés blancs ou blonds, courts et présents à la naissance ; et pour la troisième forme l'anomalie porte sur une plage bien délimitée. Taylor (1990) a décrit une famille où le propositus présente une maladie de Coats. L’association cheveux crépus et plage de dépigmentation rétinienne maculaire et périmaculaire bilatérale et bien délimitée a été signalée à plusieurs reprises dans la littérature. L’affection est autosomique dominante (MIM 194300).

O. L. Mohr, anatomiste et généticien norvégien (1932) ; A. E. Taylor, dermatologiste britannique (1990) ; G. Coats, ophtalmologiste britannique (1908)

[J1,Q2,P2]

chimioprophylaxie n.f.

chemoprophylaxis

Utilisation d’un médicament à titre protecteur ou préventif contre une maladie transmissible (paludisme en particulier).

[G5,D ]

chiropraxie n.f.

chiropractic

Méthode thérapeutique consistant en diverses manipulations manuelles sur les articulations, principalement la colonne vertébrale et se proposant de remédier à certaines affections de l'appareil locomoteur et parfois viscérales.
La chiropraxie a été proposée aux Etats Unis, presque à la même époque que l’ostéopathie, par Daniel David Palmer (1845-1913) qui imagina cette technique après avoir prétendument guéri un sourd par une simple manipulation vertébrale, et en avoir attribué l’effet à la correction d’une « subluxation vertébrale » responsable de la maladie. Suivant sa théorie, cette subluxation intervient en comprimant les nerfs ; les fonctions chimiques et physiques de l’organisme humain sont contrôlées par l’énergie vitale transmise par le système nerveux ; la correction des anomalies vertébrales permet de supprimer les interférences des courants nerveux et de rétablir dans les nerfs un courant électrique normal, nécessaire à la concentration des solutions tissulaires. Le côté spirituel est évoqué par Barlett Joshua Palmer : le corps humain est le temple de Dieu ; chaque cellule cérébrale envoie son message par un câble, la fibre nerveuse, qui aboutit à un récepteur, la cellule tissulaire. En fondant son école, Daniel D.Palmer insiste sur l’orientation scientifique qu’il souhaite lui donner notamment par l’étude approfondie de l’anatomie, ce que confirme le livre de Mabel H. Palmer. Au terme de leur formation, identique à celle que dispensent les écoles de médecine, mais avec l’application des théories de Palmer et l’interdiction de prescrire des médicaments, les étudiants ont le titre de docteur en chiropratique (CD). Certains y ajouteront PhD, après avoir passé une thèse d’université.
A partir des Etats Unis, l’ostéopathie et la chiropratique se sont considérablement développées en Europe, en commençant par l’Angleterre, avec une préférence du monde anglo-saxon pour les chiropraticiens, jugés plus scientifiques, alors que l’ostéopathie devenait de plus en plus populaire en France.
La première reconnaissance officielle de la chiropraxie intervient avec l’article 75 de la loi du 4 mars 2002 : « L’usage professionnel du titre d’ostéopathe ou de chiropracteur est réservé aux personnes titulaires d’un diplôme sanctionnant une formation spécifique à l’ostéopathie ou à la chiropraxie délivrée par un établissement de formation agréé par le ministre chargé de la santé dans des conditions fixées par décret ».
Il faut attendre le décret du 7 janvier 2011 en application de la loi pour que soient précisés les actes et les conditions d’exercice de la chiropraxie :
-Article 1 – Les praticiens justifiant d’un titre de chiropracteur sont autorisés à pratiquer des actes de manipulation et mobilisation manuelles, instrumentales ou assistées mécaniquement, directes et indirectes, avec ou sans vecteur de force, ayant pour seul but de prévenir ou de remédier à des troubles de l’appareil locomoteur du corps humain et de leurs conséquences, en particulier au niveau du rachis, à l’exclusion des pathologies organiques qui nécessitent une intervention thérapeutique, médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agents physiques. Ils exercent dans le respect des recommandations de bonnes pratiques établies par la Haute Autorité de santé.
Ces actes de manipulation et mobilisation sont neuro-musculo-squelettiques, exclusivement externes. Ils peuvent être complétés par des conseils ou des techniques non invasives conservatrices et non médicamenteuses à visée antalgique.
-Article 2 – il précise les conditions dans lesquelles un chiropracteur non médecin doit orienter son patient vers un médecin.
-Article 3 –
I – Le praticien justifiant d’un titre de chiropracteur ne peut effectuer les actes suivants : 1° manipulation gynéco-obstétricale – 2° touchers pelviens
II – Après un diagnostic établi par un médecin attestant l’absence de contre-indication médicale à la chiropraxie, le praticien justifiant d’un titre de chiropracteur est habilité à effectuer les manipulations du crâne, de la face et du rachis chez le nourrisson de moins de six mois.
III – Les actes de manipulation du rachis cervical sont réalisés, par le praticien justifiant d’un titre de chiropracteur, sous réserve des restrictions prévues en annexe.
IV – Les dispositions prévues aux points I à III ci-dessus ne sont pas applicables aux médecins ni aux autres professionnels de santé lorsqu’ils sont habilités à réaliser ces actes dans le cadre de l’exercice de leur profession de santé et dans le respect des dispositions relatives àleur exercice professionnel.
-Les articles 4 à 16 précisent les conditions d’acquisition et d’usage du titre de chiropracteur tant pour les ressortissants français que pour les ressortissants d’un état membre de l’Union Européenne ou d’un autre Etat partie à l’accord sur l’Espace économique européen.
-Une annexe au décret du 7 janvier 2011 spécifie les circonstances dans lesquelles une manipulation ou une mobilisation cervicale ne doit pas être pratiquée en chiropraxie.
Le décret du 20 septembre 2011  «  relatif à la formation des chiropracteurs et à l’agrément des établissements de formation en chiropraxie » et l’arrêté du 24 mars 2014 « relatif aux dispenses d’enseignement susceptibles d’être accordées en vue de la préparation au diplôme permettant d’user du titre de chiropracteur », complètent cette réglementation.
Biblio. – Thérapies complémentaires – acupuncture, hypnose, ostéopathie, tai-chi – leur place parmi les ressources de soins – rapport 13-04 de D. Bontoux, D. Couturier, C-J. Menkès au nom d’un groupe de travail, devant l’Académie Nationale de Médecine le 5 mars 2013 –Bull.Acad. Natle Méd., 2013, 197, n°3, 717-757

Étym. gr. kheir : main ; praxis : action, mouvement

→ chiropraticien, chiropracteur, ostéopathie, médecine manuelle de Robert Maigne

[G5 ]

Chlamydia trachomatis

Chlamydia trachomatis

Bactérie pathogène coccoïde agent du trachome, cosmopolite mais avec une prédominance intertropicale, dont le réservoir est humain.
La transmission est directe ou indirecte (objets de toilette, cosmétiques oculaires, mouches).
Lorsqu’elle est sexuellement transmise, elle est responsable : chez l’homme d’urétrite, avec quelquefois diarrhée et conjonctivite, réalisant le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter, et de la lymphogranulomatose vénérienne ou maladie de Nicolas-Favre ; chez la femme de salpingite avec périhépatite, de stérilité et de douleurs chroniques;chez le nouveau-né de pneumopathie, de méningite et d’ophtalmie purulente contractées lors de l’accouchement.

→ Chlamydia, trachome, syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter, maladie de Nicolas-Favre

[D1, L1, M3, O1, O3, P1]

Édit. 2020

chlorure de vinyle monomère l.m.

Gaz servant à fabriquer le chlorure de polyvinyle ou PVC (polyvinyl chloride), matière plastique couramment répandue.
Ce gaz, autrefois utilisé dans les pulvérisateurs s’est avéré cancérogène, responsable d’angiosarcomes hépatiques chez les personnes exposées, notamment en milieu professionnel chez les décroûteurs de four exposés à ce gaz, mais également de troubles angio-neurotiques des doigts, d’ostéolyse des phalanges distales des mains et d’hypertension portale.
Ces manifestations correspondent à une maladie professionnelle reconnue (tableau 52)/

[E2,F2]

cholangiocarcinome n.m.

bile duct carcinoma, cholangiocarcinoma

Tumeur maligne des canaux biliaires intrahépatiques, moins fréquente que le carcinome hépatocellulaire, avec concentration normale en α-fœtoprotéine.
Elle ne s’accompagne pas de cirrhose.
L’étude histologique d’une biopsie montre une prolifération adénocarcinomateuse faite de structures ductulaires, bordées de cellules cubiques ou cylindriques, et accompagnée d’un abondant stroma fibreux.
Dans quelques cas, la tumeur survient dans l’évolution d’une maladie de Caroli ou d’une fibrose hépatique congénitale. On a pu aussi l’observer après l’administration de thorotrast ou de stéroïdes anabolisants.

J. Caroli, médecin hépatologue français (1958)

Syn. carcinome cholangiocellulaire

→ cancer des voies biliaires

[F2,L1]

cholangiopathie auto-immune l.f.

Maladie auto-immune ayant les mêmes caractéristiques cliniques et histologiques que la cirrhose biliaire primitive, mais avec les particularités suivantes : les anticorps antimitochondrie sont absents, les anticorps antinoyaux sont présents, une amélioration nette est généralement obtenue par les corticoïdes.

[L1,F3]

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