Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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antitrypsine (clairance) l.f.

antitrypsin clearance

Test mesurant la vitesse de disparition de l’antitrypsine plasmatique.
Comme l'alpha1-antitrypsine résiste bien à l'activité protéolytique des enzymes pancréatiques et bactériens, elle peut servir de marqueur endogène pour la mesure fécale des pertes protéiques d'origine plasmatique, et sa clairance peut être évaluée, car elle est un bon reflet de l’exsudation protéique dans le tube digestif.
Son dosage dans le sang et les selles est facile par immunodiffusion radiale. La clairance se calcule par le rapport entre le débit fécal de l’alpha1-antitrypsine et son taux sérique (elle est normalement inférieure à 12 mL/j).
Les selles sont recueillies en totalité pendant 3 jours et un échantillon sanguin est prélevé durant cette période.
Les limites de la méthode étant liées à la destruction de l'alpha1-antitrypsine au-dessous de pH 3, elle ne peut servir à mesurer les pertes protéiques plasmatiques intragastriques.
Les protéines plasmatiques peuvent traverser en excès la muqueuse intestinale (élévation de la clairance de l’alpha1-antitrypsine) lorsque celle-ci est enflammée ou ulcérée (par ex. maladie de Crohn, lymphome malin), lorsqu’il existe un renouvellement trop rapide des cellules de la muqueuse (par ex. dans la maladie cœliaque), lorsque la pression lymphatique est trop élevée (par ex. envahissement des structures lymphatiques par une affection néoplasique, insuffisance cardiaque droite), ou lorsque les canaux lymphatiques de la paroi digestive sont dilatés et se rompent dans la lumière digestive (par ex. lymphangiectasie digestive). La mesure de la clairance de l’alpha1-antitrypsine est aussi utile pour la surveillance de l’efficacité du traitement de la maladie causale.

antre folliculaire l.f.

follicular antrum

Formation cavitaire intra-ovarienne emplie de liquide folliculaire, limitée en périphérie par la membrane de Slavjanski, formée de 5 à 6 assises de cellules de la granulosa.
Le follicule se situe dans les couches externes de la thèque ovarienne. Dans l'antre folliculaire saille le cumulus oophorus contenant l'ovocyte prémature.

antre mastoïdien l.m.

antrum mastoideum (TA)

mastoid antrum

Volumineuse cavité mastoïdienne communiquant en avant avec le récessus épitympanique par l’intermédiaire de l’aditus ad antrum.
Elle se développe dans la portion pétreuse de l’os temporal. Cette cellule aérique est présente dès la naissance; à partir d'elle se développent dans le processus mastoïde les autres cellules matoidiennes, plus petites jusqu'à l'age de 5 ans. Son infection est responsable d'une mastoïdite.

Syn. anc.  antre pétreux, antre tympanique, ductus tympanomastoïdeus.

[A1, P1]

Édit. 2020

AP-1 sigle angl. pour :

1) Activator Protein-1.
Protéine formée de deux sous-unités appartenant aux familles Jun et Fos (ou ATF), dimérisée par une fermeture-éclair à leucine.
Le terme AP-1 couvre un ensemble de facteurs de transcription inductibles homodimériques ou hétérodimériques, induits par divers stimulus (stress oxydant, cytokine, etc.).
AP-1 est un facteur de transcription provoquant l'expression de nombreux gènes de la réaction inflammatoire. Les corticostéroïdes liés aux récepteurs des glycocorticoïdes sont des antagonistes de cet effet transactivateur.
2) le premier des quatre Adaptor Protein complex AP-1, AP-2, AP-3, AP-4.
Protéine transmembranaire formée de quatre sous-unités qui sont associées avec les organites subcellulaires dans les cellules avec des voies d'endocytose ou de sécrétion.
AP-2 appartient à la membrane plasmique et participe à l'internalisation rapide des récepteurs d'endocytose.
AP-1, AP-3 et AP-4 sont associées aux membranes des vésicules transgolgiennes et des endosomes et jouent un rôle dans les mécanismes de sécrétion en liant à la membrane les protéines cargo qui transportent les produits de sécrétion.

apexite n.f.

apicitis

Inflammation des cellules de la pointe du rocher.

→ pétrosite, Gradenigo (syndrome de)

aphérèse n.f.

apheresis

Technique consistant à effectuer dans le sang d'un donneur ou d'un malade un prélèvement du plasma, des érythrocytes, des leucocytes ou des thrombocytes grâce à un séparateur de cellules.
Elle permet l'épuration d'un composant sanguin en excès, immunoglobulines dans le myélome, plaquettes dans la thrombocytose. L'aphérèse est la technique qui, à partir d'un donneur unique, permet d'obtenir un concentré plaquettaire contenant un nombre de plaquettes suffisant pour compenser une thrombopénie majeure en réduisant le risque d'immunisation.

Étym. gr. aphairesis : suppression

aplasie maculaire l.f.

macular aplasia

Absence de pigmentation, de reflet et d'entonnoir fovéolaire.
Histologiquement les cellules ganglionnaires persistent à l’emplacement de la fovéola et il n'y a pas de bouquet de cônes centraux. On la trouve dans l'albinisme oculaire, certaines aniridies et certains colobomes du nerf optique.

Étym. gr. a privatif ; plassein : façonner

aplasie papillaire l.f.

papilla aplasia

Absence de nerf optique, de cellules ganglionnaires, de vaisseaux rétiniens sur un œil le plus souvent microphtalme avec d'autres malformations oculaires (cornéennes etc.).
Il existe des formes isolées et des formes associées à des anomalies de chiasma ou cérébrales antérieures (structures médianes).

Étym. gr. a privatif ; plassein : façonner

apocrine  adj.

apocrine

1) Se dit d’une glande dont la sécrétion est expulsée en même temps qu’une partie de la cellule où elle a été accumulée par boursouflement et décapitation de la portion apicale des cellules.
2) Se dit de cette sécrétion elle-même.
Ce type de sécrétion exocrine, intermédiaire entre mérocrine et holocrine, est aussi désigné sous le nom d’holomérocrine. Il concerne la glande mammaire et certaines glandes sudoripares.

Étym.  gr. apokrinô : j’exclus

Syn. holomérocrine

→ holocrine, mérocrine, glande sudorale apocrine

apudome n.m.

apudoma

Prolifération développée aux dépens des cellules APUD, telles que les carcinoïdes.

Étym. APUD acr. pour Amine Precursor Uptake Decarboxylation

aquarétique n.m.

aquaretic compound

Médicament augmentant la diurèse aqueuse (aquarèse) et dépourvu d’effets sur l’excrétion urinaire des électrolytes.
Les aquarétiques sont des inhibiteurs non peptidiques des récepteurs V2 de l’hormone antidiurétique (ADH), présents à la face baso-latérale des cellules épithéliales du tube collecteur des reins. L’activation de ces récepteurs est la première étape de la voie de signalisation de l’ADH conduisant à la réabsorption de l’eau. Ils n’ont pas d’effet sur l’excrétion urinaire du sodium et sont donc indiqués dans les hyponatrémies (insuffisance cardiaque, cirrhose, sécrétion inappropriée d’ADH). On les désigne sous le nom de vaptans. Le tolvaptan est un inhibiteur spécifique des récepteurs V2 alors que le conivaptan est un inhibiteur mixte des récepteurs V2 et V1.

→ ADH, diurèse aqueuse, hyponatrémie

arc cornéen l.m.

arcus cornealis

Anneau cornéen gris opaque de surcharge lipidique en périphérie de la cornée à la jonction sclérocornéene.
Extrêmement fréquent, il apparaît à tout âge, plus fréquent chez les gens âgés. Le plus souvent non héréditaire : athérosclérose, cholestérol. Constitué de dépôts lipidiques ou de dégénérescence hyaline de cellules et de lamelles cornéennes. L’affection est autosomique dominante (MIM 107800).

Syn. gérontoxon, arc sénile cornéen, xanthome cornéen, arc lipoïdique

argyrophilie n.f.

argyrophily

Capacité d'une cellule de fixer les sels d'argent.
Dans le tube digestif, c'est une caractéristique des cellules endocrines du système APUD (Amine and Amine Precursor Uptake and Decarboxylation), qui ne permet pas de mettre en évidence un type particulier de cellule au sein de ce système. Les colorations argyrophiles les plus utilisées pour mettre en évidence cette propriété sont celles de Grimelius, de Bodian et de Vevier-Munger. La plupart des tumeurs endocrines du tube digestif sont argyrophiles.

Étym. gr. argyros : argent; affinis : ami

Arias-Stella (images d') l.f.p.

Arias-Stella’s phenomenon

Aspect histologique de l'endomètre dont les cellules sont vacuolisées et ballonnées, au cours de la grossesse extra-utérine.

J. Arias-Stella, anatomopathologiste péruvien, Presidente de la Academia Nacional de Medicina (1954)

ARN nucléaire hétérogène l.m.

heterogenous nuclear RNA (hnRNA)

Ensemble de molécules d'ARN de masses moléculaires élevées et variées, présentes dans le noyau des cellules eucaryotes, et qui constitueraient les ARN pré-messagers en cours de maturation.
Symb. ARNnh

→ ARN messager

artère ethmoïdale antérieure l.f.

arteria ethmoidalis anterior (TA)

anterior ethmoidal artery

Branche collatérale de l’artère ophtalmique qui traverse le canal orbitaire antérieur, longe le bord latéral de la lame criblée de l’ethmoïde et pénètre dans la cavité nasale par le foramen ethmoïdal antérieur.
Elle vascularise la dure-mère de la fosse crâniale antérieure (rameau méningé antérieur), les cellules ethmoïdales antérieures, le sinus frontal, la partie antérieure et latérale de la muqueuse nasale, le septum nasal (rameaux septaux antérieurs) et la peau du dos du nez.

artioploïdie n.f.

artioploidy

Caractéristique des cellules polyploïdes dont l'équipement chromosomique est constitué d'un nombre pair de n chromosomes (4n, 6n, 8n, etc.).

ARX gene sigle angl. pour aristaless related homeobox

Gène situé sur le locus chromosomique Xp21.3, codant r les protéines homeobox liées à aristaless.
The ARX gene provides instructions for producing a protein that regulates the activity of other genes.Le gène ARX fournit des instructions pour produire une protéine qui régule l'activité d'autres gènes. On the basis of this action, the ARX protein is called a transcription factor. Sur la base de cette action, la protéine
ARX est un facteur de transcription. The ARX gene is part of a larger family of homeobox genes, which act during early embryonic development to control the formation of many body structures. Le gène ARX fait partie d'une plus grande famille de gènes de homeobox, qui agissent pendant le développement embryonnaire précoce pour contrôler la formation de nombreuses structures corporelles. Plus précisément, on pense que la protéine ARX est impliquée dans le développement du pancréas, des testicules, du cerveau et des muscles utilisés pour le mouvement (muscles squelettiques).
Dans le cerveau en développement, la protéine ARX est impliquée dans le mouvement (migration) et la communication des cellules nerveuses (neurones). En particulier, cette protéine régule les gènes qui jouent un rôle dans la migration des neurones spécialisés (interneurones) vers leur emplacement approprié. Des mutations du gène ARX ont été identifiées dans un large spectre de désordres neurologiques précoces, incluant ou non des malformations cérébrales, le plus souvent associés à des épilepsies. Ces mutations provoquent une lissencéphalie à prédominance frontale. Elles sont à l’origine du syndrome de Partington, du syndrome de West, de la lissencéphalie avec anomalies génitales liée à l’X et du syndrome de Proud-Levine-Carpenter.

Syn. aristaless-related homeobox, X-linked, ISSX, MRX29, MRX32, MRX33, MRX36, MRX38, MRX43, MRXS1, PRTS

→ syndrome des spasmes en flexion, Partington (syndrome de), West (syndrome de)

[H1,H3,O1,Q1,Q2]

Édit. 2017

Aschoff-Tawara (nœud d') l.m.

Aschoff-Tawara’s node

Élément anatomique du système nerveux autonome du cœur constitué d’un amas de cellules nerveuses situé à la partie basse et antérieure de la cloison inter-atriale sur sa face droite, dans un triangle limité par l’orifice du sinus coronaire, l’orifice de la veine cave inférieure et l’insertion de la tricuspide septale.
Il mesure 3 à 5 mm. Sa vascularisation vient de la coronaire droite dans 83% des cas, de la coronaire gauche dans 7% des cas et des 2 coronaires dans 10% des cas.
Il reçoit l’influx nerveux venu du nœud sinusal de Keith et Flack. Il a la forme d’une massue dont le pôle inférieur se prolonge par le faisceau de His. C’est ce nœud qui donne naissance à l’ordre d’excitation cardiaque dans les rythmes anormaux dits nodaux ou jonctionnels.

K. A. L. Aschoff, anatomopathologiste allemand (1866-1942) et S. Tawara, anatomopathologiste japonais (1906)

Syn. nœud atrio-ventriculaire

Asfivirus

Asfivirus

Genre de virus à ADN, de la famille des Asfarviridae, ne comprenant qu'une seule espèce : l'agent de la fièvre porcine africaine.
La réplication de ce virus a lieu dans le cytoplasme des cellules. La transmission s'effectue par contact avec un animal infecté ou un environnement contaminé, parfois grâce à un vecteur (tique Argasidae du genre Ornithodoros ; c'est le seul virus à ADN à être transmis par un arthropode vecteur).

→ peste porcine africaine

[D1]

Édit. 2018

aspartyl protease n.f.

aspartyl protease

Famille d’enzymes protéolytiques appartenant au groupe des endoprotéinases, qui clivent des liaisons peptidiques au sein des protéines.
Les aspartyl protéases, ou aspartyl protéinases, sont ainsi dénommées car elles possèdent en général deux résidus d’acide aspartique dans leur site actif. Elles sont trouvées chez les vertébrés, les végétaux  et les virus, en particulier les rétrovirus. Elles jouent un rôle majeur en physiologie humaine, puisqu’elles incluent des enzymes telles que la rénine qui clive l’angiotensinogène en angiotensine I,  la pepsine, enzyme du suc gastrique, essentielle dans la digestion des protéines alimentaires, et la cathepsine D, aspartyl protéase jouant un rôle majeur dans la présentation de peptides au complexe majeur d’histocompatibilité de type II.
Une aspartyl protéase est également exprimée par le génome du virus HIV-1(HIV-1 protéase). Cette protéase parait particulièrement impliquée dans l’acquisition du caractère infectieux de celui-ci.  Elle clive les polyprotéines codées par le génome viral , produisant ainsi les protéines nécessaires pour son infectiosité. Son inhibition pourrait donc empêcher la maturation des particules virales et la contamination des cellules voisines

Syn.   aspartyl protéinase

aspergillose pulmonaire invasive l.f.

invasive pulmonary aspergillosis

Pneumopathie opportuniste nécrosante susceptible d'une extension extra-thoracique par voie hématogène due à des champignons du genre Aspergillus, qui survient en cas d'immunosuppression en particulier chez le neutropénique, au cours d'hémopathies en aplasie, chez l'allogreffé de cellules souches hématopoïétiques, le transplanté d'organes et au cours du SIDA.
L'aspergillose pulmonaire invasive représente près de 90% des cas d'aspergillose invasive, les autres formes étant l'atteinte trachéobronchique (SIDA), l'atteinte cérébrale, voire oculaire. Les formes disséminées s'observent dans 20 à 30% des cas. Le pronostic est sévère.
Dans les localisations pulmonaires, la radiographie thoracique montre un aspect de pneumopathie alvéolaire ou alvéolo-interstitielle extensive.
Elle a été décrite chez des non-immunodéprimés.

Étym. lat. aspergillum : goupillon

astrocyte n.m.

astrocyte

Cellule macrogliale comportant de nombreux prolongements cytoplasmiques qui lui donnent une forme étoilée.
Présente en abondance dans la substance blanche et surtout dans la substance grise, elle comprend un noyau dépourvu de nucléole. Occupant un volume considérable, ses prolongements cytoplasmiques forment les pieds vasculaires et contribuent à la constitution de la barrière hémato-cérébrale, tandis que d’autres se terminent sur les régions non synaptiques des neurones.
On en distingue deux types : l’astrocyte fibreux, dans la substance blanche, et l’astrocyte protoplasmique, dans la substance grise où il est un des éléments les plus nombreux parmi les cellules gliales.
Les astrocytes possèdent expérimentalement des relations avec le système immunitaire. Leur aptitude à répondre à l'effet des lymphokines et à produire des substances immunomodulatrices est pratiquement superposable. Ainsi, la barrière sang-cerveau garde l'encéphale relativement à l'abri des agressions infectieuses, mais en échange limite la diffusion des substances thérapeutiques administrées par voie générale.

Étym. gr. aster : étoile, ou astron : constellation ; kutos : cellule

ataxie-télangiectasie héréditaire l.f.

ataxia telangiectasia

Affection transmise sur le mode autosomique récessif.
Les sujets atteints développent une ataxie cérébelleuse, des télangiectasies et un déficit très variable des cellules T accompagné d’un déficit en IgG2, IgG4 et IgA.
La maladie correspond à un défaut de réparation de l’ADN et on observe très fréquemment des cassures chromosomiques, en particulier dans les chromosomes 7 et 14 dans la région des gènes des chaînes des TCR et des immunoglobulines. Ces malades sont très sensibles aux radiations ionisantes et présentent souvent des lymphomes malins. Le gène ATM (11q22-23) code une protéine qui ressemble à la phosphatidyl-inositol-3-kinase (PI-3K), impliquée dans la transduction du signal mitogénique, le contrôle du cycle cellulaire et la régulation de l’apoptose.

Étym. gr. a : priv. ; taxis : ordre 

→ déficit immunitaire

athérogénèse n.f.

atherogenesis

Succession des étapes de l'évolution d'une lésion athéroscléreuse.
Elle comprend des lésions qui peuvent régresser, dites potentielles : point graisseux, strie graisseuse, plaque gélatineuse qui ont pour origine une accumulation de cholestérol dans des cellules macrophagiques et des lésions constituées, soit simples (athérome, plaque), soit compliquées (extension, occlusion artérielle, thrombose, rupture, hémorragie intraplaque, fissure, anévrisme). Par les ruptures peuvent être libérés des matériaux lipidiques ou nécrotico-conjonctifs à l’origine d’emboles lipidiques. Tous les intermédiaires existent entre point graisseux, strie, athérome et plaque.

Étym. gr. athêrê : bouillie ; gène : qui engendre

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