Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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pseudo-occlusion colique l.f.

colonic pseudo-obstruction

Dilatation aigüe d'un côlon, antérieurement sain, survenant sans obstacle mécanique.
Elle survient habituellement chez des malades âgés (60% d'hommes) atteints d'une maladie extracolique grave, avec souvent des troubles respiratoires, ayant nécessité la ventilation mécanique. Il peut s'agir d'affection du système nerveux (maladie de Parkinson, d'accident vasculaire cérébral, démence, atteinte médullaire), bronchopneumopathie chronique, diabète, insuffisance cardiaque, hépatique ou rénale, greffe du rein, grabataires. Dans 25% des cas, il existe une affection associée intra- ou rétropéritonéale, en particulier après une intervention chirurgicale ou un traumatisme. Le syndrome peut parfois s'observer après césarienne ou accouchement non compliqué. Malgré de nombreuses hypothèses, la physiopathologie du syndrome est actuellement discutée : la pathogénie fait intervenir un déséquilibre neurovégétatif et une atteinte diffuse de la motricité viscérale, étendue parfois à l'œsophage, à l'estomac et à la vessie. Certains médicaments peuvent en favoriser l'apparition (clonidine, analgésiques centraux, opiacés, glucocorticoïdes).
Cliniquement l'attention est attirée par une distension abdominale diffuse, parfois monstrueuse, d'installation progressive ou brutale. Les symptômes sont modestes : douleur abdominale, arrêt des matières et des gaz, mais les nausées et les vomissements sont rares et peuvent même manquer. L'abdomen est tendu et tympanique, difficilement dépressible, sans contracture ni défense. Au toucher rectal, l'ampoule rectale est généralement vide. La radiographie de l'abdomen sans préparation montre une distension gazeuse diffuse ou segmentaire. Les dernières anses iléales peuvent être visibles et distendues. L'endoscopie ne trouve aucun obstacle. L'affection peut causer une gêne respiratoire et nutritionnelle, il y a surtout un risque élevé de perforation (surtout cœcale), entraînant un risque de péritonite conduisant à une issue fatale.
Le traitement consiste en aspiration gastrique, mise en place d'une canule rectale, puis exsufflation du côlon sous endoscopie, complétée éventuellement par une intubation colique prolongée car les récidives sont fréquentes.

W. H. Ogilvie, Sir, chirurgien britannique (1948)

→ occlusion intestinale

psychiatrie italienne l.f.

italian psychiatry

Réforme élaborée en Italie en 1978 sous l'influence d'un psychiatre, F. Basaglia, et de son école de Trieste, avec le vote de la loi n°I80, incluse dans un dispositif législatif visant à une réforme sanitaire générale.
Elle modifiait un système mis en place en 1904, proche de la loi française de 1838, mais confiant l'essentiel du pouvoir à la police et à la magistrature, et rigidifié sous le régime fasciste.
Une idéologie généreuse soutenue par un militantisme passionné visait à dépasser définitivement l'hôpital psychiatrique au profit des soins extrahospitaliers, en respectant mieux les libertés individuelles et en mettant fin à l'exclusion et à l'isolement des institutions spécialisées. Ainsi, étaient interdites de nouvelles admissions en milieu hospitalier psychiatrique et créés des "services de diagnostic et de traitement" de 15 lits au maximum pour 100 000 habitants, au sein des hôpitaux généraux, pour les malades aigus. Les autres patients devaient être dirigés vers des structures intermédiaires et des dispensaires spécialisés
Cette loi n'a pas obtenu tous les résultats positifs escomptés. Les régions italiennes n'ont pas créé les institutions légères nécessaires, sinon de façon très insuffisante ; le nombre des malades dont l'état nécessitait une admission en milieu spécialisé a été sous-estimé ; les unités d'aigus étaient trop médicalisées ; des patients ont été récupérés dans des institutions privées qui se sont multipliées et ont fonctionné dans des conditions difficiles à contrôler, le plus souvent très éloignées des buts de la réforme.
Il y a plus grave : plusieurs dizaines de milliers de décès ont pu être attribués à l'abandon de malades mentaux chroniques dont les liens avec leurs institutions avaient été rompus ; les prisons italiennes regorgent de malades mentaux dont elles ne savent que faire.

F. Basaglia, neurologue et psychiatre italien (1924-1980)

psychopolynévrite n.f.

psychic disturbances associated with polyneuritis

Association de troubles psychiques de type encéphalopathique et d'une polyneuropathie, s'observant parfois au cours de certains états infectieux ou toxiques, mais surtout dans un contexte d'alcoolisme chronique, réalisant la psychopolynévrite de Gayet-Wernicke-Korsakoff.
Divers facteurs de carence, notamment en vitamine B1, sont responsables de ce type d'atteinte qui, selon la sévérité des lésions, est réversible ou non sous traitement substitutif, en particulier vitaminique B1. Dans le système nerveux central, la prédominance lésionnelle s'observe au niveau des tubercules mamillaires et du tronc cérébral, à type de micro-proliférations vasculaires et de microlésions hémorragiques. La polyneuropathie alcoolo-carentielle est de type axonal.

psychose, hyponatrémie intermittente, polydipsie (syndrome) l.

psychosis, intermittent hyponatremia, polydipsia syndrome

Tendance impulsive à boire de grandes quantités d'eau, fréquente chez les patients psychiatriques, associée à un état schizophrénique dans 80% des cas (R. G. Hoskins, F. H. Sleeper), avec, chez certains patients, une hyponatrémie ou intoxication par l'eau ("PIP", W. Vieweg).
Le terme de potomanie, en tant que trouble instinctuel, aurait dû être préféré à celui de polydipsie, indicateur d'une lésion organique endocrinienne ou rénale.
L'intoxication par l'eau nécessite trois conditions : une régulation anormale de la soif ; une sécrétion inappropriée de l'hormone antidiurétique (ADH) et/ou une sensibilité rénale excessive à l'ADH ; une sensibilité accrue du système nerveux central à l'hyponatrémie.
Les signes suivants caractérisent l'encéphalopathie hyponatrémique : céphalées, vision floue, asthénie, tremblements, crampes, hyper-sialorrhée, troubles digestifs, parfois crises convulsives, troubles de la conscience, voire coma et décès (L.G. Rowntree).
La notion d'une prise de poids avec chute rapide de la natrémie (en deça de 130 mmol/l) indique des mesures de restriction hydrique et la prise de traitements médicamenteux. Parmi ceux-ci, certains neuroleptiques atypiques tels que la clozapine ou la rispéridone ouvrent de nouvelles perspectives.
Lors de traitements par le lithium, le syndrome polyuropolydipsique parfois constaté est différent du PIP.

R. G. Hoskins, médecin endocrinologue et F. H. Sleeper, médecin américains (1933) ; W. V. Vieweg, psychiatre américain (1985) ; L. G. Rowntree, médecin néphrologue américain (1929)

psychothérapie en pédopsychiatrie l.f.p.

psychotherapy in child psychiatry

Ensemble des techniques par lesquelles le thérapeute agit sur le jeune patient, souvent d'inspiration psychanalytique.
Leurs indications peuvent s'adresser : chez l'enfant très jeune, au système inter-réactionnel mère-enfant, cherchant ainsi à modifier la forme de l'interaction manifestée ; à la fin de la première année, à des interactions ludiques, parfois dans une visée interprétative ; chez l'enfant plus grand, à une psychothérapie psychanalytique. Le psychodrame peut être employé chez ceux ayant déjà une conscience possible des rôles et des jeux.
Les psychothérapies de groupe permettent de traiter simultanément plusieurs patients, avec un ou plusieurs thérapeutes utilisant les phénomènes d'interpsychologie au sein de groupes restreints.
Née de la connaissance du rôle pathologique de la famille sur le patient désigné, la psychothérapie familiale peut utiliser : les techniques psychanalytiques ; les théories visant à améliorer les modalités de la communication intrafamiliale ; les interventions visant à une psychothérapie systémique.

→ interactions précoces

psychotropes (résistance aux) l.f.

non-response to psychotropes

Insensibilité du patient à un traitement médicamenteux bien conduit.
Dans la dépression résistante (environ 20% des cas selon certains), l'évolution naturelle n'est pas influencée par les mesures thérapeutiques (J. Angst).
La définition d'une schizophrénie résistante pose divers problèmes méthodologiques : critères de définition, évolutivité hétérogène, absence de codification des traitements, critères de réponse. Pour Brenner, les critères de résistance sont fonction de la sévérité de la pathologie, qui impose une dépendance quasi totale vis-à-vis du système de soins hospitaliers.
Dans les états psychotiques, certains estiment que l'action des neuroleptiques s'exerce essentiellement sur l'agitation, l'inhibition et les phénomènes aigus. De plus, la disparition d'un délire n'est pas toujours recherchée.
Dans un cadre médicolégal (traitement après un dommage corporel matière à litige, injonction thérapeutique concernant un toxicomane, par ex.), les résistances peuvent s'associer à une médiocre tolérance, bien que contrastant avec une coopération extériorisée en contenu manifeste.
Répondre ou résister sont souvent considérés comme des expressions du transfert.

J. Angst, psychiatre suisse (1960)

PTPN22 gene sigle angl. pour protein tyrosine phosphatase, non-receptor type 22

Gène localisé en 1p13.2 qui détermine la formation de la tyrosine phosphatase 22.
La tyrosine phosphatase 22 participe au contrôle des cellules T du système immunitaire qui identifient les substances étrangères et défendent l’organisme contre les infections.
Les mutations de ce gène participent à la constitution de nombreuses afffections : maladie d’Addison auto-immune, maladie de Basedow, myopathie inflammatoire idiopathique, arthrites juvénilse idiopathiques, polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé, sclérodermie, diabète de type 1, vitiligo.

Syn. hematopoietic cell protein-tyrosine phosphatase 70Z-PEP, lymphoid phosphatase, lymphoid-specific protein tyrosine phosphatase, LYP, LYP1, LYP2, PEP, PEST-domain phosphatase, protein tyrosine phosphatase, non-receptor type 8, protein tyrosine phosphatase,

→   Addison (maladie d'), Basedow (maladie de), myopathie, arthrites juvéniles idiopathiques, polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé, sclérodermie, diabète de type 1, vitiligo, tyrosine phospatases

[I1,C3]

Édit. 2017

Purkinje (réseau de) l.m.

Élément anatomique terminal du système nerveux autonome d’activation électrique du cœur.
Il constitue un réseau de ramifications anastomosées entre elles, des deux branches du faisceau de His, tapissant les deux ventricules, surtout vers la pointe du cœur.

J. Purkinje, anatomiste et physiologiste tchèque, membre de l'Académie de médecine (1787-1869)

pyruvate-déshydrogénase n.f.

pyruvate-dehydrogenase

Enzyme catalysant l'oxydation décarboxylante du pyruvate dans le règne animal.
Il catalyse la décarboxylation de l'acide pyruvique lié au thiamine-pyrophosphate, en formant une combinaison de l'acétaldéhyde avec ce coenzyme, puis le transfert d'hydrogène et du radical acétyle sur l'acide lipoïque. Le radical acétyle est secondairement transféré sur le coenzyme A ou, chez certaines bactéries, sur l'acide phosphorique.
L'enzyme est constitué de 3 sousunités : E1 ou pyruvate-décarboxylase, E2 ou lipoyltransacétylase, E3 ou dihydrolipoyl-déshydrogénase.
Des pyruvate-déshydrogénases ont été purifiées à partir de mitochondries de tissus animaux et à partir d'Escherichia coli. D'autres ont été trouvées chez les bactéries : elles n'utilisent pas l'acide lipoïque, mais oxydent le pyruvate en acétate, anhydride carbonique et eau, portant les électrons sur le dioxygène par un système cytochromique. Un auto-anticorps dirigé contre la lipoyl-transacylase E2 est responsable d'un syndrome de cirrhose biliaire (anticorps anti-mitochondrie).

Syn. pyruvate-décarboxylase oxydative

quantité de chaleur l.f.

quantity of heat

Alors que la chaleur, mieux dénommée «énergie calorique», se mesurait en calories, on utilise maintenant le joule (unité d'énergie du système international), car la chaleur, due à l'agitation moléculaire, est l'énergie interne du milieu, mesurée par la température.

→ calorie, température

raccord de prise rapide l.m.

quick connector

Couple de raccords non filetés, spécifiques à un gaz anesthésique et qui peuvent être facilement enclenchés par simple action d'une ou de deux mains sans utilisation d'un outil.
Il se compose en général d'un about (ou fiche) et d'une tête de prise avec un clapet (embout). La prise, murale ou portée sur l'appareil d'anesthésie, constitue la partie femelle, la fiche monté sur le tube flexible constitue la partie mâle.
 En France, un système de crans de sécurité, normalisé par l'arrêté interministériel du 2 janvier 1958 (Identification des prises et raccords rapides des gaz anesthésiques - norme AFNOR), assure la sécurité de la distribution des gaz anesthésiques en rendant impossible toute interversion des branchements.

Étym. fr. déverbal de raccorder, initialement remettre les cœurs (ensemble), réconcilier, par extension ajuster deux choses ensemble.

→ about, embout, AFNOR

[B3, G1]

Édit. 2018

racémisation n.f.

racemization

Transformation d'un composé optiquement actif en un composé racémique.
Si des microorganismes sont capables de transformer un acide -alcool ou -aminé en son énantiomère, il semble que chez les animaux la racémisation soit un processus très lent et spontané.
P. ex. l'acide D-aspartique se forme progressivement à partir de l'acide L-aspartique dans les protéines du cristallin à la vitesse de 0,14 % par an. La réaction enzymatique qui permet à certains organismes de faire l'épimérisation d'un acide aminé – L dans une chaine peptidique en son isomère optique, telle qu'elle a été décrite pour la synthèse de peptides opioïdes dans le système nerveux d'invertébrés, est sans doute orientée et ne répond pas à la définition d'une racémisation.

→ énantiomère, épimérisation, peptide opioïde

rad acr. angl. pour Radiation Absorbed Dose

Ancienne unité de dose absorbée, égale à 100 ergs/g  (système C.G.S.).
1 rad = 10-2 Gy.= 1 centigray

→ système C.G.S.

[B1, B2, B3]

Édit. 2018

radiométrie n.f.

radiometry

Ensemble des techniques qui permettent de mesurer des grandeurs caractéristiques d’un rayonnement avec un appareil dont la réponse est indépendante de la longueur d’onde.
Les techniques radiométriques mesurent en fait des grandeurs énergétiques “physiquement disponibles” et parfaitement indépendantes de tout récepteur biologique. Elles ont permis d'aboutir à un ensemble d'unités rigoureusement définies, valables pour l'ensemble des radiations électromagnétiques quelles que soient leurs longueurs d'onde (et par conséquent leur énergie). Ce système d'unités, comportant principalement le watt (flux), le watt par stéradian (intensité), le watt par mètre carré (éclairement) et le watt par mètre carré et par stéradian (luminance), sert de base à la définition des unités visuelles qui lui sont reliées par l'intermédiaire des courbes issues des techniques photométriques.

→ photométrie

radiopelvigraphie n.f.

radiopelvigraphy

Examen radiologique du petit bassin sans préparation, ou après insufflation, la pelvigraphie gazeuse, ou après injection de produit de contraste dans le système circulatoire ( hystérophlébographie).

radiophotographie n.f.

radiophotography

Procédé de radiographie qui consistait à photographier l'image d'un écran radioscopique.
Très utilisée pour le dépistage de la tuberculose et en médecine du travail, cette technique employait des caméras spéciales couplées à un système optique qui réalisait des clichés de format 7 x 7cm ou 10 x 10cm, faciles à archiver. Cette technique esr actuellement remplacée par l'ampliphotographie.

→ ampliphotographie

radiosensibilité n.f.

radiosensitivity

Sensibilité d'un système vivant, cellule, tissu ou organisme à l'action des radiations ionisantes.
Elle peut être exprimée par la dose produisant un effet déterminé, quantifiable (p. ex. taux de survie) ou non (p. ex. épidermite).
Elle dépend du type de cellule et varie peu entre individus normaux; elle peut être très augmentée dans certaines affections génétiques (p. ex. ataxie télangiectasique).

→ Bergognié et Tribondeau (loi de), ataxie télangiectasie

[B2]

Édit. 2018

radiothérapie (complications nerveuses de la) l.f.p.

radiotherapy induced neurological lesions

Manifestations neurologiques aigües ou chroniques, précoces ou retardées, survenant après irradiation thérapeutique.
La tolérance du système nerveux aux radiations dépend de la dose totale reçue, de la dose et du nombre de chaque fraction, de la durée de la radiothérapie, du volume des zones irradiées et des facteurs propres au malade : âge, état vasculaire et général.
Sont décrites :
- des plexopathies, principalement brachiales et lombosacrées, après une latence de quelques mois à plusieurs dizaines d'années ;
- des atteintes des nerfs périphériques, surtout des nerfs crâniens (optique, auditif, dernières paires), parfois de troncs des membres comme le nerf crural ;
- des myélopathies, avec pour forme la plus habituelle la myélopathie post-radiothérapique chronique tardive progressive, sinon à type de myélopathie motrice pure, myélopathie aigüe (très rare), myélopathie aigüe transitoire, myélopathie chronique stabilisée ;
- des complications cérébrales avec œdème radique en période d'irradiation, encéphalopathie précoce réversible, leucoencéphalopathie nécrosante précoce, radionécrose cérébrale tardive, artériopathie cérébrale, atrophie post-radique. Ont été également signalés une insuffisance hypothalamo-hypophysaire chez l'enfant, des  calcifications post-radiques, des tumeurs gliales ou méningiomes, voire des fibrosarcomes.
Le plus souvent palliatif, le traitement est peu efficace. Reste la prévention, nécessairement limitée du fait des objectifs visés, si souvent vitaux. Elle repose sur la meilleure technique radiothérapique possible en fonction de chaque cas

→ artériopathie radique, radique (plexopathie)

radiothérapie stéréotaxique l.f.

radiosurgery

Technique radiothérapique utilisant des faisceaux de rayons X ou gamma de très petite section, non coplanaires, convergeant vers le volume-cible (petite lésion vasculaire ou tumorale intracrânienne).
Elle est réalisée avec un grand nombre de faisceaux fixes ou décrivant des arcs. Elle requiert un système extérieur de repérage très élaboré pour assurer un positionnement précis des faisceaux.

Syn. radiochirurgie

→ faisceaux coplanaires

Randall (syndrome de) l.m.

monoclonal immunoglobulin deposition disease (MIDD)

Néphropathies interstitielle ou glomérulaire secondaires à des dépôts d’immunoglobulines (Ig) monoclonales, constitués d’une chaîne légère (CL) (light chain deposition disease ou LCDD), ou d’une chaîne lourde isolée (heavy chain deposition disease ou HCDD), ou encore d’une chaîne lourde et d’une CL d’Ig (light and heavy chain deposition disease ou LHCDD).
Le syndrome survient généralement à l’âge adulte, dans la septième décennie, mais parfois chez des sujets jeunes, notamment de race noire.
Le tableau de néphropathie interstitielle est caractérisé par une protéinurie de profil tubulaire, des signes d’atteinte fonctionnelle tubulaire avec parfois syndrome polyuro-polydipsique et insuffisance rénale lentement progressive.
La néphropathie glomérulaire est responsable d’une, protéinurie abondante (constituée principalement d’albumine, accompagnée d’une CL, le plus souvent kappa), avec syndrome néphrotique dans 20 à 65% des cas, associée à une hématurie microscopique et à une hypertension artérielle chez environ la moitié des malades ; l’atteinte fonctionnelle rénale est précoce, de sévérité variable, parfois d’emblée au stade terminal.
La ponction biopsie rénale met en évidence un épaississement des membranes basales tubulaires, prenant un aspect rubané, avec des dépôts éosinophiles souvent fortement positifs au PAS, et négatifs au rouge congo. L’interstitium est le siège d’une fibrose proportionnelle à la sévérité des lésions tubulaires. Les lésions glomérulaires, inconstantes, sont plus hétérogènes. La glomérulosclérose nodulaire est la plus caractéristique, corrélée à l’existence d’un syndrome néphrotique. La lobulation du flocculus est accentuée par des nodules mésangiaux. Les lésions glomérulaires se limitent parfois à un simple épaississement des basales glomérulaires, associé ou non à une hypertrophie mésangiale. Une prolifération endocapillaire, plus rarement extra-capillaire est parfois observée. La membrane basale de la capsule de Bowman présente souvent un aspect épaissi, remanié. Les artères, artérioles et capillaires péri-tubulaires contiennent habituellement des dépôts PAS positifs.
L’immunofluorescence montre une fixation linéaire constante d’un conjugué anti-CL le long des membranes basales tubulaires, avec une prépondérance de l’anti-kappa. Elle s’associe à une fixation glomérulaire linéaire dans 65 à 90% des cas, avec un aspect plus hétérogène, et généralement moins intense. Prédominant le long de la membrane basale glomérulaire, elle est parfois visible au sein des nodules mésangiaux, ou le long de la capsule de Bowman. Dans la majorité des cas, une fixation linéaire périmyocytaire est détectée, dans la média des artérioles et des artères inter-lobulaires, ou sur le versant intimal des artères de petit calibre. Au cours des dépôts de chaînes lourdes, une fixation linéaire du conjugué anti-chaîne lourde gamma (ou plus rarement alpha) est observée sur les basales tubulaires, mais surtout au niveau du mésangium et des parois capillaires glomérulaires, sans fixation des conjugués anti-CL. L’immunofluorescence révèle parfois une fixation du complément, de même localisation que les dépôts d’Ig monoclonale.
Le syndrome de Randall est une maladie systémique, pouvant intéresser la quasi-totalité des organes, surtout le foie, le cœur et le système nerveux périphérique. L’atteinte hépatique, parfois isolée, est souvent révélée par une hépatomégalie et une élévation des phosphatases alcalines et/ou des transaminases. Les manifestations cardiaques (20 à 50% des cas) dont la fréquence augmente avec la durée d’évolution de la maladie réalisent un tableau de myocardiopathie hypertrophique restrictive, avec des troubles du rythme ou de la conduction. Il existe une neuropathie périphérique chez environ 20% des patients.
Le traitement du syndrome de Randall reste mal codifié en raison de la rareté de la maladie. Il vise à l’éradication du clone plasmocytaire responsable de la sécrétion de l’Ig monoclonale causale. Le myélome représente l’hémopathie la plus fréquemment associée à cette affection.
Une plasmocytose médullaire supérieure à 5% est mise en évidence chez 50 à 90% des patients. Dans 15 à 40% des cas, il s’agit d’une gammapathie monoclonale de signification indéterminée et chez 15 à 30% des patients, aucun composant monoclonal n’est détecté dans le sérum ou les urines par immunoélectrophorèse ou immunofixation. Le recours à des techniques plus sensibles, telles que l’immunoblot, peut être utile. Le dosage néphélémétrique des CL libres sériques révèle un excès d’une des CL ou une anomalie du rapport kappa/lambda dans la quasi-totalité des cas.
D’autres hémopathies ont été décrites de façon exceptionnelle au cours du syndrome de Randall: maladie de Waldenström et POEMS syndrome.

R. E. Randall Jr, médecin américain (1976) ; P. Aucouturier, immunologiste français (1993)

→ myélome, Waldenström (maladie de), POEMS syndrome, immunofixation, immunoblot, néphélémétrie, immunoglobulines, néphropathie interstitielle, syndrome néphrotique, glomérulosclérose

[F1, F3, K2, L1, M1, N3]

Édit. 2018

rate n.f.

splen ; lien (TA)

spleen

Organe lymphoïde volumineux (poids moyen 200g), situé dans l’hypochondre gauche, en arrière de l’estomac, au-dessous et en dedans du diaphragme, en avant du rein gauche et au-dessus de la courbure colique gauche et du ligament phrénico-colique gauche.
Maintenue en place par les organes voisins, les vaisseaux spléniques, le péritoine et les replis péritonéaux (notamment le ligament gastro-liénal et le ligament pancréatico-liénal), la rate a une forme polyédrique à quatre faces, avec un grand axe à peu près parallèle à la dixième côte, fortement oblique en avant, en dehors et en bas. Elle est plus large et plus épaisse en bas et en avant qu’en haut et en arrière. La face diaphragmatique, postéro-latérale, régulièrement convexe et entièrement tapissée par le péritoine, est en contact avec le diaphragme. La face rénale, inféro-médiale, concave, se moule sur la convexité de l’extrémité supérieure de la glande suprarénale et de la partie supéro-latérale du rein gauche. La face gastrique, antéro-médiale, concave, répond à la face postérieure de l’estomac ; elle est occupée par le hile splénique, rangée de fossettes par lesquelles les vaisseaux spléniques pénètrent dans l’organe ; cette face est reliée à l’estomac par le ligament gastro-liénal et à la queue du pancréas par le ligament pancréatico-liénal ; la queue du pancréas peut y marquer une empreinte. La face colique, basale, presque plane,  est dirigée en dedans, en bas et un peu en avant; elle s’appuie sur l’angle colique gauche. La rate est recouverte d’une capsule fibreuse qui envoie des tractus fibreux dans la pulpe splénique, les trabécules spléniques. La pulpe splénique, rouge, est parsemée de nodules blancs qui forment la pulpe blanche. La pulpe rouge est constituée de sinus remplis de sang, bordés de cellules réticulo-endothéliales et séparés les uns des autres par des travées lymphoïdes (les cordons de Billroth). La pulpe blanche est représentée par les nodules lymphoïdes spléniques à centre germinatif bien développé (les corpuscules de Malpighi). Organe hémopoïétique myéloïde chez le fœtus, lymphoïde monocytaire dans la vie post-fœtale, la rate constitue un réservoir important de sang qui peut, en cas de besoin, libérer dans la circulation générale, très rapidement, environ 150 à 200ml de sang. En tant qu’organe important du système réticulo-endothélial, elle intervient dans le processus d’hémolyse, dans l’élaboration de l’hémoglobine et des pigments biliaires, et dans la production d’anticorps. Elle est capable de fixer des cellules, des protozoaires, des bactéries et des substances chimiques diverses. La mise en réserve anormale de certaines substances au niveau de la rate est à l’origine d’un grand nombre d’affections.

récepteur à la ryanodine l.m.

ryanodine receptor

Canal inséré dans la membrane du réticulum cellulaire assurant le transport des ions Ca2+.
Il s’agit d’un homotétramère dont chaque monomère comporte 4 hélices transmembranaires qui circonscrivent un canal calcique permettant la sortie, vers le cytosol, des ions Ca2+ séquestrés à haute concentration dans un compartiment cellulaire, le réticulum endoplasmique. Présents dans l’organisme animal, les récepteurs à la ryanodine servent au transfert de l’adénosine. Leur ouverture peut être obtenue soit à des concentrations élevées d’ions calcium cytosolique (M), soit par l’introduction de ryanodine à des concentrations comprises entre 10-9 (à l’échelle du nM) et 10-6 (à l’échelle du micromètre μM), soit encore par la caféine à des concentrations millimolaires (10-3 mM). En fait il existe trois récepteurs à la ryanodine, le RY1, caractéristique des muscles striés squelettiques, le RY2 exprimé essentiellement dans le myocarde et le cerveau, enfin le RY3, surtout cérébral.
La ryanodine est un alcaloïde de structure assez inhabituelle, ayant des analogies spatiales avec l’adénosine dont le rôle est bien connu dans le fonctionnement du système nerveux central.

Étym. Nom d’une espèce de Flacourtiacée, Ryania speciosa, arbrisseau d’Amérique centrale, servant traditionnellement à la préparation de poisons de pêche

→ adénosine, ryanodine

récepteur intracérébral l.m.

intracerebral receptor

Structure protéinique encéphalique capable de reconnaître spécifiquement le neuromédiateur qui lui correspond.
Chaque neuromédiateur possède de nombreux récepteurs pré et postsynaptiques. Au niveau postsynaptique, le récepteur permet la transmission de l'influx, alors qu'au niveau présynaptique, la liaison neurotransmetteur-récepteur peut agir en réduisant la biosynthèse du premier. Ces récepteurs sont, en effet, dynamiques : ils peuvent modifier leur densité ou leur affinité pour le ligand en fonction de la quantité de stimulation reçue.
La spécificité des récepteurs pour un seul neuromédiateur donné est un point important, qui explique que des molécules différentes puissent exercer des effets différents sur le système nerveux.
Il apparaît qu'il y a environ I0 000 molécules de neurotransmetteur dans une vésicule synaptique et qu'il faut autour de 100 microsecondes à 1000 d'entre celles-ci pour traverser la fente synaptique et se fixer sur leurs récepteurs spécifiques.
Jusqu'à présent, la liaison directe d'un type de récepteur au tableau clinique d'une affection psychiatrique ne peut être démontrée.

récepteurs alpha et bêta des catécholamines l.m.p.

α and β catecholamine receptors

Récepteurs membranaires sensibles à l'action de l'adrénaline et de la noradrénaline, présents à la surface de nombreuses cellules de l'organisme, réagissant à l'adrénaline hormonale circulante ou au système nerveux sympathique.
Ce sont des protéines à 7 domaines transmembranaires, associées à des protéines G et à des enzymes (adénylate-cyclase ou phospholipase C).
Selon les tissus, on trouve différents types de récepteurs de catécholamines : les récepteurs bêta (bêta1, surtout dans le cœur, bêta 2 surtout dans le poumon, bêta 3 surtout dans le tissu adipeux) qui sont des activateurs d'adénylate-cyclases par l'intermédiaire de protéines GS, induisant la glycogénolyse et la lipolyse dans les adipocytes, hépatocytes, myocytes, etc. ; les récepteurs alpha2 (alpha2A, alpha2B, alpha2C) qui ont un effet inhibiteur sur l'adénylate-cyclase par l'intermédiaire de protéines GI ; et les récepteurs alpha1 (alpha1A, alpha1B, alpha1C) qui agissent en ouvrant des canaux calciques ou en activant les phospholipases C pour former des messagers secondaires tels que l'inositol-triphosphate et le diaglycérol. Les récepteurs β2 sont plus spécialement actifs sur le poumon, comme bronchodilatateurs et comme inhibiteurs de la contraction des myocytes.

Syn. récepteurs alpha et bêta du sympathique

recombinaison non homologue l.f.

non homologous recombination

Mode de recombinaison pouvant avoir lieu entre deux molécules d'ADN ayant peu ou pas d'homologies de séquences.
Chez Escherichia coli cette recombinaison a lieu indépendamment du système de la recombinaison homologue, et dépendrait de l'ADN-gyrase.

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