choc septique l.m.
septic shock
Syndrome caractérisé par une hyperthermie, une tachycardie, une leucopénie inférieure à 4000/mL ou une leucocytose supérieure à 12 000/mL et une baisse de la pression artérielle systolique au-dessous de 90 mm de mercure non corrigée par une perfusion de soluté.
Ce choc peut évoluer vers une défaillance multiviscérale avec augmentation de l’acide lactique dans le sérum, insuffisance rénale aiguë, insuffisance cardiaque à débit élevé avec augmentation du résidu post-systolique parfois insuffisance surrénalienne. Dans le modèle le mieux étudié, ce syndrome est déclenché par l’action des endotoxines des bactéries gram négatif. Des syndromes analogues peuvent être observés lors des infections à bactéries gram-positif (par ex. par les peptidoglycanes des staphylocoques dorés). Des syndromes de même mécanisme peuvent être provoqués par des infections fongiques, virales ou parasitaires ou bien en l’absence d’infection dans le cadre du choc traumatique ou des syndromes de choc consécutif aux brulures ou aux pancréatites aiguës hémorragiques. Le syndrome de défaillance respiratoire aiguë (ARDS : acute respiratory distress syndrome) met en jeu les mêmes mécanismes mais il est caractérisé par une symptomatologie à prédominance pulmonaire avec passage de plasma dans les alvéoles. L’ensemble de ces syndromes est désigné actuellement sous le nom de syndromes inflammatoires aigus systémiques (systemic acute inflammatory syndroms).
Les mécanismes sont multiples. Ils font intervenir plus particulièrement la libération massive de cytokines de l’inflammation TNFα et IL-1, puis de chimiokines provoquant l’adhérence des leucocytes et des plaquettes à l’endothélium, l’activation des cellules endothéliales avec expression de facteur tissulaire et coagulation locale. Les autres systèmes mis en jeu sont le système des kinines et l’activation du complément. Les traitements symptomatiques comprennent l’administration de corticostéroïdes à fortes doses, d’agonistes ß adrénergiques et de dopamine. Les anticorps anti-TNF et les récepteurs solubles de TNF sont en cours d’évaluation. Les anticorps monoclonaux dirigés contre les lipopolysaccharides ont donné des résultats décevants, de même que l’antagoniste du récepteur de l’IL-1, IL-1RA. La mortalité des syndromes inflammatoires aigus systémiques demeure particulièrement élevée.
→ syndrome inflammatoire aigu systémique
[D1,G1]
choc spinal l.m.
spinal shock
Choc vasoplégique consécutif à la lésion des centres sympathiques paravertébraux (par fracture cervicale généralement).
Il est précédé par un collapsus cardiovasculaire avec bradycardie.
[H1,G1]
choc (syndrome de) l.m.
shock syndrome
Syndrome résultant d'une insuffisance circulatoire aigüe par traumatisme grave, brûlure, infection, déshydratation, chirurgie ou intoxication, et surtout après une hémorragie, un hématome rétroplacentaire ou une hémorragie de la délivrance p. ex., se traduisant par une accélération et un affaiblissement du pouls, une chute de la tension artérielle, pâleur, cyanose, peau froide, anxiété, transpiration accrue, anoxie tissulaire.
[N1,O3,G1]
choc thermique l.m.
heat shock
Agression d’un organisme ou d’une cellule par une élévation de température au-dessus du seuil qui dépend de l’espèce.
→ protéine du choc thermique, réponse au choc thermique, gène du choc thermique
[B1,G1]
choc toxi-infectieux l.m.
→ choc septique, choc bactériémique
[G1,D1]
choc toxique l.m.
toxic shock syndrome
Choc d'origine toxique ou septique, dû notamment au staphylocoque.
J. K. Todd, pédiatre américain (1978)
[G1,D1]
choc toxique staphylococcique l.m.
toxic shock syndrome
Syndrome associant un état de choc, une fièvre et une éruption scarlatiniforme, dû à l'exotoxine (entérotoxine F) du Staphylococcus aureus, survenant chez des patients ayant un foyer staphylococcique et, en particulier, chez des femmes utilisant des tampons vaginaux.
L'éruption, qui évolue en 8-15 jours vers une desquamation en grands lambeaux, est fréquemment associée à un œdème des extrémités, à une langue framboisée et à une conjonctivite. L'atteinte viscérale, notamment digestive, musculaire, rénale, hépatique, etc., est responsable d'une mortalité d'environ 10%. Les hémocultures sont négatives. Le traitement associe antibiothérapie antistaphylococcique, suppression du foyer initial, traitement du choc.
J. K. Todd, pédiatre américain (1978)
→ choc septique, défaillance multiviscérale, toxémie
[G1,D1]
choc toxique streptococcique l.m.
septrococcic toxic shock
État de choc d'évolution fulminante survenant au cours d'une infection par des streptocoques du groupe Aβ hémolytique, de localisation variable (infection gynécologique, obstétricale, cutanée, des parties molles, angine), parfois favorisé par une varicelle.
Les symptômes sont : douleurs des extrémités, douleurs abdominales, myalgies, hyperthermie, frissons, diarrhée. Un rash éruptif n'est pas constant. La mortalité est élevée (30%).
→ choc septique, défaillance multiviscérale
[G1,D1]
Choclo (virus)
Choclo virus
Virus à ARN, appartenant à la famille des Bunyaviridae et au genre Hantavirus.
Ce virus est une cause de syndromes pulmonaires à Hantavirus au Panama ; son réservoir naturel est le rongeur Oligoryzomys fulvescens.
Sigle CHOV
→ syndrome pulmonaire à Hantavirus, Hantavirus
[D1]
choix psychique invisible l.m.
invisible psychical choice
Conditions psychologiques rencontrées à la base de certaines crises ou décompensations hystériques, amenant le sujet à une fuite ou à un état d'agitation (tempête motrice) face à un danger réel ou vécu comme tel sur le plan affectif (E. Kretschmer).
Le "choix forcé" constitue selon J. Lacan la pierre angulaire de la construction du sujet. C'est celui de tout sujet inscrit dans le symbolique, soit dans le signifiant auquel, par contrecoup, il est aliéné. Par ce choix forcé, se construit la structure névrotique et sont articulés et liés symbolique, réel et imaginaire. Au contraire, dans la psychose, le défaut d'inscription du signifiant fondamental ne permet pas que puisse se nouer cette construction stable.
E. Kretschmer, psychiatre allemand (1888-1964)
[H3,H4]
cholagogue n.m.
cholagogue
Substance qui provoque la vidange de la vésicule biliaire en provoquant en même temps sa contraction et l'ouverture du sphincter d'Oddi.
La vidange physiologique de la vésicule biliaire est sous la dépendance de la cholécystokinine-pancréozymine (CCK-PZ), dont les cholagogues provoquent la sécrétion (tel le sorbitol).
Les cholagogues sont contrindiqués en cas de lithiase biliaire.
[G3,L1]
cholalémie n.f.
cholalemia
Présence ou concentration de sels biliaires dans le sang.
Elle est normalement inférieure à 4 mg/L ; elle augmente 10 à 100 fois au cours des ictères par rétention.
cholalurie n.f.
cholaluria
Présence ou concentration de sels biliaires dans les urines, qui n'est observée qu'au cours des ictères par rétention.
[C3,L1]
cholangiocarcinome n.m.
bile duct carcinoma, cholangiocarcinoma
Tumeur maligne des canaux biliaires intrahépatiques, moins fréquente que le carcinome hépatocellulaire, avec concentration normale en α-fœtoprotéine.
Elle ne s’accompagne pas de cirrhose.
L’étude histologique d’une biopsie montre une prolifération adénocarcinomateuse faite de structures ductulaires, bordées de cellules cubiques ou cylindriques, et accompagnée d’un abondant stroma fibreux.
Dans quelques cas, la tumeur survient dans l’évolution d’une maladie de Caroli ou d’une fibrose hépatique congénitale. On a pu aussi l’observer après l’administration de thorotrast ou de stéroïdes anabolisants.
J. Caroli, médecin hépatologue français (1958)
Syn. carcinome cholangiocellulaire
[F2,L1]
cholangiocarcinome hilaire l.m.
G. Klatskin, médecin hépatologue américain (1965)
[F2,L1]
cholangio-cholécystographie n.f.
cholangio cholecystography
[B2,L1]
cholangiocyte n.m.
cholangiocyte
Cellule épithéliale des canaux biliaires.
Les cholangiocytes jouent un rôle dans la formation de la bile.
[A2,L1]
Édit. 2015
cholangiographie n.f.
cholangiography
Examen radiographique des voies biliaires après opacification de celles-ci par un produit de contraste iodé .
Celui-ci peut être absorbé per os puis secrété par le foie (cholécystographie orale), injecté par voie veineuse (cholangiographie intraveineuse) ou introduit directement dans la voie biliaire par un drain per ou postopératoire, par voie rétrograde lors d'une endoscopie (cholangiographie rétrograde) ou par ponction percutanée transhépatique de l'arbre biliaire( cholangiographie percutanée).
La cholecystographie orale n'est plus réalisée.
La cholangiographie intraveineuse est restée pendant de nombreuses années le seul moyen de visualiser l'ensemble des voies biliaires. En pratique, cholécystographie et cholangiographie désignent le même examen quand elles sont pratiquées par voie veineuse. Cet examen est de moins en moins pratiqué.
L'échographie, l'IRM et la fibroscopie digestive avec cathétérisme du sphincter d'Oddi, ont supplanté les techniques anciennes.
En chirurgie digestive, on peut réaliser l'opacification peropératoire sous radioscopie avec amplificateur de luminance.
Étym. gr. kholê : bile ; aggeion : vaisseau ; graphein : écrire
Syn. angiocholécystographie, angiocholégraphie, biligraphie, cholangio-cholécystographie, cholédocographie
→ cholangiographie intraveineuse, cholangiographie rétrograde, cholécystographie orale
[B2,L1, L2]
Édit. 2020
cholangiographie intraveineuse l.f.
intravenous cholangiography
La cholangiographie intraveineuse permettait la visualisation de la voie biliaire principale (VBP) et des voies biliaires intra-hépatiques opacifiées par le produit de contraste.
Sa sensibilité diagnostique était médiocre. Elle exposait aussi à des incidents d'intolérance et n’est plus utilisée.Pour l’exploration de la VBP et des voies biliaires intrahépatiques, est utilisée en première intention l’échographie, très sensible pour l’exploration de la vésicule biliaire, mais peu sensible pour l’étude de la VBP. Elle précise si celle-ci est ou non dilatée, mais n’indique pas toujours la nature de l’obstacle. La cholangio-IRM est l’examen de référence pour la VBP et les voies biliaires intra-hépatiques. Ces deux examens sont non invasifs. En cas de non accessibilité à l’IRM, l'opacification des voies biliaires peut être couplée à une tomodensitométrie réalisant un cholangioscanner. L’écho-endoscopie biliopancréatique est un examen de troisième intention, qui précède souvent la cholangio-pancréatographie rétrograde par voie endoscopique ; cette dernière est à visée thérapeutique, examens nécessitant une anesthésie et étant invasifs.La cholangiographie percutanée permet une opacification des voies biliaires intra-hépatiques dilatées puis de la VBP et est associée aussi à un geste thérapeutique. Il s’agit d’un examen invasif nécessitant une anesthésie.
Syn. biligraphie intraveineuse
[B2, L1, L2]
Édit. 2020
cholangiographie rétrograde l.f.
Syn. cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique
→ cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique
[B2,L1, L2, B3]
Édit. 2020
cholangiographie transhépatique l.f.
→ cholangiographie transpariétale
[B2,L1]
cholangiographie transhépatique percutanée l.f.
percutaneous transhepatic cholangiography
Opacification directe des voies biliaires par ponction percutanée des voies biliaires intrahépatiques et injection d'un produit de contraste iodé hydrosoluble.
Le repérage des voies biliaires s'effectue soit sous radioscopie, soit sous contrôle échographique. L'opacification peut être suivie de drainage ou de mise en place d'endoprothèse. Cet examen agressif ne doit pas être réalisé en présence de troubles de la coagulation ; ses principales complications sont l'hémorragie et l'angiocholite.
Sigle CTP
[B2, L1]
Édit. 2020
cholangiographie transpariétale l.f.
percutaneous transhepatic cholangiography
Méthode de radiographie des voies biliaires, opaci
Cet examen complémentaire se pratique lors de l'échec des techniques habituelles par cholangiographie ou échographie. Il est le seul utilisable chez les patients porteurs d'une anastomose cholédocoduodénale.
Syn. cholangiographie transhépatique
[B2,L1]
cholangio-IRM l.f
MR cholangiography
Imagerie des voies pancréato-bilaires par IRM 2D ou 3D.
1. Sans injection de contraste gadoliné
Différentes séquences IRM peuvent être utilisées qui ont toutes en commun une forte pondération T2 dans laquelle les liquides statiques (bile) en fort hypersignal (blanc) se distinguent spontanément des organes de voisinage et des structures vasculaires en hyposignal (noires), ainsi qu’une faible sensibilité aux mouvements péristaltiques et respiratoires. L’ingestion de jus d’ananas peut permettre de diminuer les artéfacts d’origine digestive grâce au manganèse que ce jus contient.
2. Avec injection de contraste gadoliné
Un produit de contraste gadoliné, l’acide gadobénique (Multihance®) qui a une excrétion en partie biliaire est utilisé dans de rares cas pour des explorations spécialisées telles la recherche d’une fuite biliaire postopératoire.
[B2,B3,L1,L2]
Édit. 2018
cholangiole n.m.
bile ductule
Première structure histologique propre des voies biliaires intrahépatiques.
Situé entre les canalicules biliaires, dont il reçoit la bile par l'intermédiaire du passage de Hering, et les canaux biliaires interlobulaires, il est bordé par 3 à 4 cellules cubiques, avec un diamètre inférieur à 15 µm. Il est situé dans l'axe vasculaire de l'acinus de Rappaport, et apparaît en microscopie optique en dehors de l'espace porte et non accompagné de vaisseaux.
E. Hering, physiologiste allemand (1867) ; A. M. Rappaport, physiologiste canadien (1954)
Syn. ductule biliaire
[A2,L1]