Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

5262 résultats 

cholangiolite n.f.

→ prolifération cholangiolaire

[L1]

cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE) l.f.

endoscopic retrograde cholangiopancreatography

Opacification des voies biliaires et du canal de Wirsung grâce à un cathéter mis en place dans l’ampoule de Vater, par un fibroscope à vision latérale introduit par voie orale et poussé jusqu’au duodénum, permettant de réaliser des radiographies puis une thérapeutique.
La CPRE n’est plus utilisée à visée diagnostique mais uniquement thérapeutique.
Ses principales indications concernent l’extraction de calculs de la voie biliaire principale après sphinctérotomie endoscopique. Les sténoses de la voie biliaire principale peuvent, après avoir été dilatées, être traitées par la pose de prothèses temporaires ou définitives, pour drainer les voies biliaires des patients atteints d’un cancer de la tête du pancréas avec ictère. Les indications à opacifier puis drainer le canal de Wirsung sont plus rares (extraction de calculs pancréatiques obstructifs en cas de pancréatite chronique calcifiante, obstruction ou sténose du canal de Wirsung).
La CPRE peut être suivie de complications : poussée de pancréatite aiguë (la plus fréquente), angiocholite aigüe (surtout en cas de voie biliaire mal drainée), cholécystite aigüe (en l’absence de prévention par une antibiothérapie chez les malades ayant une vésicule en place), perforation duodénale, hémorragie papillaire (secondaire à la sphinctérotomie).

→ fibrowirsungographie, cholangographie rétrograde endoscopique

[B2,L1, L2, B3]

Édit. 2020

cholangiopathie auto-immune l.f.

Maladie auto-immune ayant les mêmes caractéristiques cliniques et histologiques que la cirrhose biliaire primitive, mais avec les particularités suivantes : les anticorps antimitochondrie sont absents, les anticorps antinoyaux sont présents, une amélioration nette est généralement obtenue par les corticoïdes.

[L1,F3]

cholangiopathie ischémique l.f.

ischemic cholangiopathy

Atteinte localisée ou étendue, des voies biliaires intra ou extra-hépatiques, due à une insuffisance de l'apport artériel vers ces voies biliaires qui sont vascularisées exclusivement à partir du sang artériel, à travers un réseau ou plexus d’artérioles et de capillaires, émanant de l’artère hépatique propre pour les voies biliaires intra-hépatiques et extra-hépatiques supérieures ou proximales, et de l’artère pancréatico-duodénale supéro-antérieure pour les voies extra-hépatiques inférieures ou distales.
Une cholangiopathie ischémique survient lorsqu’il existe des lésions des petites artères hépatiques ou du plexus péribiliaire.
Les causes sont multiples. Après transplantation hépatique, les complications biliaires sont, parmi les plus fréquentes et la cholangiopahite ischémique est souvent la conséquence d’une autre thrombose de l’artère hépatique.
Les autres causes sont : l’administration de produits toxiques dans l’artère hépatique, par exemple au cours de la chimioembolisation , les stades avancés du sida, la radiothérapie administrée sur l’aire hépatique.
La cholangiopathie ischémique peut s’observer au cours de maladies générales : périartérite noueuse, artériosclérose, maladie de Rendu- Osler dans laquelle il existe un vol artériel ; le sang de l’artère hépatique va vers les veines via les fistules. La cholangiopathie ischémique peut aussi être la conséquence d’une défaillance cardio-circulatoire observée chez les malades de réanimation ou chez les grands brulés.

Syn. cholangite ischémique

→ plexus, artère hépatique propre, artère pancréatico-duodénale supéro-antérieure

cholangite biliaire primitive l.f.

primary biliary cholangitis

La cholangite biliaire primitive est une maladie chronique caractérisée par une inflammation chronique et une destruction des canaux biliaires interlobaires.
Il s’agit d’une cholangite destructrice chronique non suppurative. La maladie atteint surtout les femmes d'âge moyen. Une majorité de patients sont asymptomatiques. Le bilan biologique montre une cholestase : élévation de l'activité des phosphatases alcalines sériques et de la gammaglutamyltranspeptidase. L’élévation de la bilirubine reflète une forme évoluée. Les manifestations incluent une fatigue, un prurit. Plus tard peuvent apparaître une mélanodermie, des xanthomes et un xanthélasma, une ostéopénie, et les complications de toute cirrhose. Des manifestations associées auto-immunes sont fréquentes : syndrome sec, syndrome de Raynaud, sclérodermie (syndrome CREST), thyroïdite notamment. L'ictère a une valeur pronostique défavorable. Les anticorps antimitochondries de type M2, détectés dans plus de 90 % des cas, associés à la cholestase et à une élévation préférentielle des IgM sériques sont très évocateurs du diagnostic lorsque leur titre est significatif et permettent souvent de poser le diagnostic sans biopsie de foie. Ils sont dirigés contre le composant E2 du complexe de la pyruvate deshydrogénase. Les anticorps antinucléaires anti gp 210 (anti glycoprotéine) et anti sp 100 (anti protéine soluble) peuvent être positifs. Leur sensibilité est faible, 25 % de positivité, leur spécificité est élevée dans un contexte d’hépatopathie cholestatique. Ils ont une valeur pronostique péjorative.
L'examen histologique d'une biopsie hépatique montre des lésions irrégulières, associant variablement une inflammation portale péricanalaire à prédominance lymphocytaire, parfois granulomateuse, des lésions épithéliales canalaires, une fibrose d'abord portale puis porto-porte, une raréfaction des canaux biliaires, une prolifération néoductulaire, et une cholestase. Il s’agit donc pour synthétiser d’une cholangite destructrice lymphocytaire. Les lésions histologiques sont classées en 4 stades de gravité croissante, le stade 4 correspondant à une cirrhose constituée.
Le traitement symptomatique associe la cholestyramine et, l’acide ursodésoxycholique, une supplémentation en vitamines ADEK et en calcium. La transplantation hépatique dont les résultats sont excellents doit être discutée en cas d'hyperbilirubinémie supérieure à 100 µmol/L, de prurit intraitable, ou de complications sévères de l'hypertension portale.

Syn. cirrhose biliaire primitive, ne doit plus être employé. Cette locution, de caractère anxiogène pour les malades, recouvrant des cirrhoses et des non cirrhoses, n'est pas adaptée à tous les cas de pronostic très différents.

→ paucité des canaux biliaires, cirrhose hépatique

[L1]

Édit. 2018

cholangite ischémique l.f.

Syn. cholangiopathie ischémique

→ cholangiopathie ischémique

cholangite sclérosante l.f.

sclerosing cholangitis

Affection rare, d’étiologie inconnue, caractérisée par un épaississement de la voie biliaire principale, de la paroi de la vésicule biliaire et de canaux biliaires intrahépatiques.
Elle peut conduire à l’obstruction de la voie, entraînant une cholestase.
L’examen histologique montre un épaississement fibreux parsemé de nombreux éléments inflammatoires de la paroi de ces structures biliaires, mais l’atteinte initiale surviendrait au niveau des canaux biliaires intrahépatiques. L’évolution de la maladie se fait vers la constitution d’une cirrhose biliaire secondaire, rarement d’un cancer. On a rapporté l’association de la cholangite sclérosante avec une thyroïdite de Riedel, une fibrose rétropéritonéale, une colite ulcéreuse.

B. Riedel, chirurgien allemand (1896)

[L1]

cholécalciférol n.m.

cholecalciferol

Dérivé isomère du 7-déhydrocholestérol, qui se forme par ouverture du cycle B, conséquence d'une irradiation ultraviolette qui transfère un atome d'hydrogène du méthyle angulaire (C19) sur le carbone C9.
Ce composé est synthétisé dans les zones superficielles de la peau lorsqu'elle est exposée au soleil. Il est aussi présent dans les huiles de foie de certains poissons (thon, flétan, sardine, etc.). Son rôle antirachitique, qui s'explique par l'action de ses dérivés calcidiol et calcitriol sur le métabolisme du calcium, lui a valu le nom de vitamine antirachitique ou vitamine D3. Elle fait partie des vitamines liposolubles. L'apport alimentaire recommandé varie de 5 à 25 µg/j selon l'âge et les conditions de vie.

Étym. cholé de cholestérol, et calciférol

Syn. Vitamine D3

→ vitamine D

[G3]

cholécystectasie n.f.

cholecystectasia

Dilatation de la vésicule biliaire.
Terme peu utilisé. On parle plutôt de grosse vésicule ou de vésicule palpable signant la présence d’un obstacle situé sous le confluent hépatico-cystique. Cette constatation clinique est confirmée par les examens morphologiques que sont l’échographie abdominale et/ou le scanner.

Étym. gr. kholê : bile, kustis : vessie, ektasis : dilatation

cholécystectomie n.f.

cholecystectomy

Ablation chirurgicale de la vésicule biliaire.
Habituellement réalisée par laparotomie, actuellement, elle se fait dans la plupart des cas par laparoscopie. La cholécystectomie a été la première intervention de chirurgie viscérale non gynécologique effectuée par laparoscopie en 1985.

E. Mühe, chirurgien allemand (1985, 1992)

[L2]

cholécystendèse l.f.

Intervention chirurgicale rarement réalisée actuellement, consistant en l’extraction de calculs situés dans la vésicule biliaire, suivie de sa suture immédiate, celle-ci étant laissée en place.
Il s’agit d’une alternative à la cholécystectomie. Le risque élevé est la réapparition de calculs.

→ cholécystectomie, lithiase biliaire

cholécystite aigüe lithiasique l.f.

acute cholecystitis lithiasis

Inflammation aigüe de la vésicule biliaire due à la rétention aiguë de la bile vésiculaire entraînée par le blocage permanent d'un calcul au niveau du collet de la vésicule.
Le plus souvent, la bile en rétention est infectée. En l'absence de traitement, l'évolution se fait vers un abcès périvésiculaire et une péritonite biliaire.

[L1]

cholécystite aigüe non lithiasique l.f.

acute cholecystitis no lithiasis

Inflammation aigüe de la vésicule biliaire survenant en l'absence d'une lithiase, le plus souvent chez les personnes âgées ou chez les malades ayant une défaillance polyviscérale.
Une obstruction de l'artère cystique, une stase vésiculaire ont été incriminées dans la physiopathologie de la cholécystite aiguë non lithiasique. Le traitement comporte une antibiothérapie et une cholécystectomie d'urgence. Une cholécystostomie ou un drainage percutané de la vésicule biliaire peuvent être indiqués lorsqu'il existe une contrindication à une anesthésie générale.

[L1]

cholécystite chronique l.f.

chronic cholecystitis

Modification chronique de la paroi vésiculaire survenant chez des malades porteurs d'une lithiase vésiculaire comportant un épaississement fibreux de la paroi, un amincissement de la couche musculaire et des modifications de l'épithélium.
Ces altérations entraînent une diminution de la motilité vésiculaire et éventuellement une exclusion de la vésicule du circuit de la bile. Dans sa forme la plus prononcée, la vésicule devient scléro-atrophique. La paroi vésiculaire épaissie est moulée sur les calculs et ne contient plus de bile. Ces lésions de la vésicule peuvent s'observer en l'absence de symptômes.

[L1]

cholécystite gravidique l.f.

cholecystitis in pregnancy

Cholécystite survenant pendant la grossesse, laquelle en favoriserait l’apparition ou la récidive, par diminution de la motricité de la vésicule biliaire ou par augmentation de cholestérol.
Son diagnostic différentiel se discute parfois avec la périhépatite d’une salpingite à gonocoque ou à Chlamydia

[L1,O3]

cholécystite postagressive l.f.

post-agressive cholecystitis

Cholécystite nécrotique, généralement sans lithiase, survenant dans les suites d'une agression traumatique (8 à 45 jours après le traumatisme avec ou sans composante abdominale initiale), d'une opération (2 à 22 jours après l'intervention, surtout en chirurgie digestive, en particulier gastrique) ou d'une agression médicale.
La clinique est parfois caractéristique (douleur localisée, hyperthermie) mais les signes peuvent être atténués ou déroutants (vomissements, ictère, tableau post-occlusif).
L'évolution peut se faire vers la perforation, le choc septique, la péritonite biliaire. Le traitement réside dans la cholécystectomie.

[L1,O3]

cholécystite postopératoire l.f.

→ cholécystite postagressive

[L1,L2]

cholécystite posttraumatique l.f.

→ cholécystite postagressive

[L1]

cholécystographie n.f.

cholecystography

Examen radiographique de la vésicule et des voies biliaires après opacification par un produit de contraste iodé, soit ingéré, soit injecté par voie veineuse.
Les indications de cet examen ont disparu depuis l’existence de l'échographie et de l'IRM.

→ cholangiographie

[B2,L1]

cholécystographie orale l.f.

oral cholecystography

Radiographie de la vésicule biliaire après opacification par un agent de contraste iodé, ingéré.
Les indications de cet examen ont disparu depuis l’existence de l'échographie et de l'IRM.

[B2,L1]

cholécystographie percutanée l.f.

percutaneous cholecystography

Radiographie de la vésicule biliaire après ponction à travers la paroi abdominale, ou la mise en place d'un drain vésiculaire par voie percutanée sous contrôle échographique.
Les indications de cet examen ont disparu depuis l’existence de l'échographie et de l'IRM.

[B2,L1]

cholécystokinine n.f.

cholecystokinin

Hormone polypeptidique dont la forme sécrétée par les cellules APUD du duodénum comporte 33 acides aminés, ayant des homologies structurales avec la gastrine.
Elle est sécrétée par la muqueuse duodénale et la partie proximale de l’intestin grêle, en réponse à la présence de produits de la dégradation des protéines, des graisses et de l’amidon.
Les principales actions de la cholécystokinine sont la contraction vésiculaire, le relâchement du sphincter d’Oddi, la stimulation de la sécrétion pancréatique enzymatique et l’accélération du transit de l’intestin grêle. Il existerait un rétrocontrôle de la sécrétion pancréatique sur elle-même dont un chainon serait la cholécystokinine. Elle a aussi un effet anorexigène au niveau du système nerveux central. Il existe au moins deux types de récepteurs (A et B) à la cholécystokinine ayant des propriétés inverses et des affinités différentes pour cette hormone.

Étym. gr. kholê : bile ; kustis : vessie, vésicule

Syn. cholécystokinine-pancréozymine

Abrév. CCK-PZ

[G3,O4,L1]

cholécystolithotomie percutanée l.f.

percutaneous cholecystolithotomy

Ablation des calculs vésiculaires par fragmentation après ponction percutanée de la vésicule biliaire.
Ce procédé est utilisé pour extraire les calculs vésiculaires chez les malades traités d'une cholécystite aiguë par cholécystostomie ou par drainage percutané, et ne pouvant pas subir une cholécystectomie.

[L2]

cholécystométrie n.f.

cholecystometry

Étude radiologique après cholécystographie de la fonction vésiculaire, par mensuration de la surface apparente de la vésicule avec appréciation de son angle d'érection, après épreuve du repas gras.
Technique abandonnée en même temps que la cholécystographie orale.

[B2,L1]

cholécystopexie n.f.

cholecystopexy

Fixation chirurgicale de la vésicule biliaire à la paroi abdominale.
Elle est réalisée en règle lors d’un drainage biliaire par la vésicule biliaire.

V. Czerny, chirurgien allemand originaire de Bohème (1842-1916)

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