carcinome sébacé l.m.
sebaceous carcinoma
Tumeur annexielle des sujets âgés, localisée au visage ou dans le cuir chevelu, dont l'aspect clinique est aspécifique, mais de teinte souvent orangée.
La radiodermite chronique et l'arsénicisme seraient des facteurs favorisants. La caractéristique histologique la plus importante est la différenciation de nombreuses cellules tumorales basophiles vers des éléments sébacés à aspect « en grelot », dont le cytoplasme clair et multivacuolaire renferme des gouttelettes lipidiques sur coupes après congélation. Le degré de différenciation varie toutefois d'une tumeur à l'autre. Le carcinome sébacé pourrait être considéré comme le pôle le moins différencié et le plus agressif d'un pathologique à multiples gradations, dont l'autre pôle serait le carcinome basosébacé, mieux différencié et moins invasif, l'épithélioma sébacé étant une forme moins maligne que le carcinome. Au cours de l'évolution de la tumeur, les métastases sont possibles, mais peu fréquentes. Le traitement est de préférence chirurgical.
Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur ; lat. sebum : suif
Syn. adénocarcinome sébacé
→ radiodermite chronique, arsenicisme, carcinome basosébacé
[F2,J1]
carcinome spinocellulaire adénoïde l.m.
adenoid squamous cell carcinoma
Variété histologique de carcinome spinocellulaire, surtout observée sur les parties découvertes du sujet âgé, dans laquelle de nombreuses cellules se kératinisent isolément et se détachent les unes des autres (dyskératose) : il se forme ainsi des lacunes plus ou moins étendues et parfois glanduliformes.
On y observe, en outre, tous les aspects de la dyskératose, comme la présence de grains et de corps ronds. La tumeur correspond à l'adéno-acanthome des glandes sudorales de Lever (obs.) et a été également décrite comme carcinome spinocellulaire dyskératosique ou carcinome spinocellulaire acantholytique. Pour certains auteurs, elle dériverait des follicules pileux. Il s'agit d'une néoformation peu agressive et d'évolution lente.
Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur ; adenoidês : qui ressemble à une glande
Syn. carcinoma dyskeratoticum segregans, carcinome dyskératosique, carcinome spinocellulaire acantholytique, adéno-acanthome, carcinome spinocellulaire dyskératosique, carcinome spinocellulaire acantholytique
[F2,J1]
carcinome sudoripare apocrine l.m.
carcinoma of apocrine glands, apocrine sweat gland carcinoma
Tumeur cutanée maligne rare siégeant principalement sur les zones munies de glandes apocrines, telles que les aisselles et la région anogénitale, dont l'image histologique comporte des îlots ou travées contenant des lumières bordées par des cellules glandulaires atypiques à cytoplasme éosinophile présentant en certains endroits une sécrétion « en décapitation ».
La plupart ont une malignité locale, quoique des métastases régionales ganglionnaires et même généralisées aient été rapportées.
Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur
[F2,J1]
carcinome verruqueux l.m.
verrucous carcinoma
Variété de carcinome épidermoïde à malignité atténuée, se développant sur la peau ou les muqueuses de l'homme âgé, d'aspect histologique bien différencié, parcouru de fissures et creusé de pertuis contenant une substance malodorante.
Si la tumeur se localise dans la région buccopharyngée, on parle de papillomatose orale floride. Dans la région anale, elle a aussi été décrite comme condylome géant de Buschke-Löwenstein, ou comme condylomatose floride pseudocarcinomateuse. Lorsque la néoformation envahit la plante du pied, elle est nommée carcinoma cuniculatum. L'aspect histologique est constitué d'une hyperplasie épithéliale bien différenciée, dont les lobules, formés de cellules épithéliales régulières, sont creusés de cryptes et de canaux anastomosés et envahissent le derme sous-jacent. Par suite de l'absence d'atypies cellulaires, la lésion est facilement confondue avec une hyperplasie pseudocarcinomateuse ou une pyodermite végétante. Cette tumeur à faible malignité envahit progressivement les plans profonds, mais donne rarement des métastases ganglionnaires. Le traitement de choix est l'ablation chirurgicale large. La pathogénie n'en est pas connue. Des phénomènes inflammatoires, des microtraumatismes répétés, une infection virale ont été évoqués.
A. Buschke, dermatologue allemand et L. Löwenstein, dermatologue américain (1925)
Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur
Syn. papillomatose cutanée floride
→ papillomatosis cutis carcinoïdes, papillomatose orale floride, condylome géant de Buschke-Löwenstein, condylomatose floride pseudocarcinomateuse carcinoma cuniculatum
[F2]
carnitine n.f.
carnitine
Bétaïne-triméthylique de l’acide β-hydroxy-γ-aminobutyrique.
La carnitine est présente dans toutes les cellules où elle joue un rôle dans le métabolisme des acides gras : la combinaison acylcarnitine en équilibre avec l’acylcoenzyme A permet le passage du cytoplasme à l’intérieur des mitochondries et alors son oxydation génératrice d’ATP. Sa concentration dans le muscle est donc particulièrement importante (16 mmol/mg de protéine). Elle est un facteur de croissance pour certains insectes (tels Tenebrio molitor, le ver de la farine, et les termites), d’où le nom de vitamine Bg qui lui a été donné.
Étym. lat. caro, carnis : chair (originellement morceau de chair)
[C3]
Caroli-Schiff (maladie de) l.f.
hepatic cholesterol ester storage disease
Cholestérolose hépatique donnant le tableau histologique d'une stéatose faite de cholestérol estérifié et de triglycérides principalement stockés dans les cellules de Kupffer.
Liée au déficit d'une lipase acide lysosomique, elle se manifeste par une hépatomégalie de couleur jaune orangé, parfois une splénomégalie et une hypertension portale. Les tests hépatiques fonctionnels sont normaux, sauf en fin d'évolution. Le cholestérol plasmatique est élevé ainsi que les triglycérides.
J. Caroli, médecin hépatologue français (1968) ; L. Schiff, médecin interniste américain (1968)
[R1,L1]
cartilage n.m.
cartilage
Tissu d’origine conjonctive formé d’une matrice abondante au sein de laquelle se trouvent les chondrocytes et les chondroblastes.
La substance fondamentale semi-rigide est formée de polyglycanes disposés en agrégats, les glycosamineglycanes sulfatés et non sulfatés et l’acide hyaluronyque y sont majoritaires. Outre les cellules, cette substance fondamentale englobe des fibres de collagène ou d’élastine.
On distingue trois types de cartilage : hyalin, fibreux et élastique. A la périphérie du cartilage les chondroblastes fusionnent avec le tissu conjonctif lâche, environnant pour former le périchondre. Sa croissance se fait à partir du centre (croissance interstitielle) et de la périphérie (croissance par opposition). Dans ces cartilages épais, des canaux conduisent les petits vaisseaux jusqu’au centre de la masse.
H. de Mondeville, chirurgien français (1306-1320)
Étym. lat. cartilago : cartilage, pulpe de fruit, d’où fr. cartilage (Mondeville, chirurgien, 1314). les mots savants sont formés sur le gr. chondros : cartilage, originellement pulpe du grain de blé
[A1,A2,I]
Édit. 2015
catalase n.f.
catalase
Enzyme catalysant la décomposition de l'eau oxygénée en eau et oxygène : 2H2O2 → 2H2O + O2.
C'est une chromoprotéine à noyau ferriporphyrinique, présente dans presque tous les tissus animaux ; la catalase sanguine est présente dans les globules où elle est très active.
La catalase protège les cellules contre les effets toxiques de l'eau oxygénée produite par certaines oxydations.
Étym. gr. katalusis : dissolution, destruction
[C1]
cataracte secondaire l.f.
after-cataract
Opacification postopératoire inhérente à des opacités constituées secondairement.
Il peut s'agir aussi bien d'une fibrose de la capsule postérieure, consécutive à la métaplasie des cellules épithéliales situées exclusivement sur la capsule antérieure que de reliquats cristalliniens, surtout capsulaires et épithéliaux.
Si les progrès des techniques chirurgicales rendent ceux-ci plus rares, il est classique d'en décrire différents aspects :
- l'anneau ou le bourrelet de Soemmering,
- les lentoïdes (faisceaux de fibres cristalliniennes erratiques flottant dans l'humeur aqueuse,
- les perles ou corps d'Elschnig (amas vésiculeux et ballonnisés séquellaires.
S. T. Soemmering, anatomiste allemand (1801) ; A. Elschnig, ophtalmlogiste aurichien (1863-1939)
[P2]
cavité du septum pellucidum l.f.
cavum septi pellucidi (TA)
cave of septum pellucidum
Cavité virtuelle limitée par les deux lamelles nerveuses qui forment le septum lucidum.
Il s’agit d’une déhiscence entre les cellules névrogliques et non une cavité ventriculaire vraie.
F. de le Boë dit Franciscus Sylvius, anatomiste, physiologiste et médecin néerlandais (1614-1672) ; C et J. Wenzel, anatomistes allemands (1806 et 1812)
Syn. anc. sinus du septum lucidum, ventricule de la cloison, ventricule du septum, ventricule de Sylvius, ventricule de Wenzel, cinquième ventricule
[A1,H1]
Édit. 2015
CCL3 sigle angl.pour chemokine CC ligand 3
Chimokine impliquée dans l’inflammation et l’attraction des cellules pourvues de CCR5 vers leurs cibles.
Syn. MIP-1-alpha (macrophage inflammatory protein 1 alpha)
→ CCR 5
CCL4 sigle angl. pour chemokine CC ligand 4
Chimokine impliquée dans l’inflammation et l’attraction des cellules pourvues de CCR5 vers leurs cibles.
Syn. MIP-2 (macrophage inflammatory protein 1 bêta)
→ CCR 5
CCL5 sigle angl. pour chemokine CC ligand 5
Chimokine impliquée dans l’inflammation et l’attraction des cellules pourvues de CCR5 vers leurs cibles.
Syn. RANTES (regulated on activation normal T cell expressed and secreted)
→ CCR 5
CCR 5 sigle angl. pour CC-chemokine receptor type5
Récepteur membranaire de chimiokines présent essentiellement sur les lymphocytes T et les macrophages, indispensable à l’entrée dans ces cellules du virus de l’immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1)
CCR5 est une protéine codée par le gène de même nom porté par le chromosome 3. Elle appartient à la famille des récepteurs couplés à la protéine G. Cette protéine est ainsi appelée parce que, activée, elle échange une molécule de GDP (guanosine diphosphate) et une molécule de GTP (guanosine triphosphate). CCR5 se lie à plusieurs chimiokines dont CCL3 (chemokine CC ligand 3), CCL4 (chemokine CC ligand 4) encore connues comme MIP-1-alpha ( macrophage inflammatory protein 1 alpha) et MIP-2 (macrophage inflammatory protein 1 bêta), respectivement, et CCL5 ou RANTES (regulated on activation normal T cell expressed and secreted ») impliquées dans l’inflammation et l’attraction des cellules pourvues de CCR5 vers leurs cibles. CCR5 est également la voie de pénétration, dans les lymphocytes et les macrophages, de souches du virus VIH-1 à tropisme M (M-tropic strains of HIV-1 »). Les sujets homozygotes porteurs de la mutation CCR-Д32 sont protégés de la maladie. Elle est atténuée chez les sujets hétérozygotes.
→ virus de l'immunodéficience humaine, protéine G, chimokine
CD 3 sigle pour Cluster of Differentiation
Complexe formé de cinq chaînes polypeptidiques transmembranaires associées avec le récepteur d’antigènes des cellules T, exprimé par les thymocytes double-positifs et les lymphocytes T matures.
Ces chaînes sont les suivantes γ (25-28 kDa),
La molécule CD 3 est nécessaire pour la transduction du signal consécutif à la liaison du TCR avec son ligand et à l’oligomérisation des complexes TCR-CD 3. CD 3 permet en outre l’expression membranaire du TCR.
[C3,F3]
CD 4 sigle pour Cluster of Differentiation
Molécule transmembranaire de la superfamille des immunoglobulines possédant quatre domaines extramembranaires.
Le domaine distal interagit avec le domaine ß2 des molécules de classe II du CMH (fonction de corécepteur d’antigènes de CD4). CD 4 est en outre le récepteur principal des virus VIH1 et VIH2 (interactions avec la glycoprotéine membranaire gp120).
CD 4 est exprimé en forte densité sur les thymocytes et sur environ 2/3 des lymphocytes T périphériques. Il est exprimé en faible densité sur les monocytes, les macrophages et les cellules de Langerhans.
[C3,F3]
CD 10 sigle pour Cluster of Differentiation
Molécule transmembranaire de 100 kDa exprimée sur les lymphocytes T et B immatures.
C’est une endopeptidase neutre dépendant du zinc qui assure l’hydrolyse d’hormones peptidiques. C’est un marqueur des cellules de la leucémie lymphoblastique aigüe de type B (CALLA : common acute lymphocytic leukemia antigen). Les autres molécules CD à activité protéasique sont CD 13 (aminopeptidase N), CD 26 (dipeptidylpeptidase-4), CD 73 (ecto-5’nucléotidase responsable de la libération d’adénosine à partir de l’adénine).
[C3,F3]
CD 14 sigle pour Cluster of Differentiation
Protéine liée à la membrane lipidique par un pont phosphatidyl-inositol glycane, de 55 kDa, de la famille des protéines à motifs riches en leucine.
CD14 est exprimé principalement à la membrane des monocytes et des macrophages. C’est le récepteur des lipopolysaccharides, dont la fixation induit un signal activateur avec synthèse d’IL-1 et de TNFα. La forme soluble de CD14 est susceptible de se lier aux cellules endothéliales et de les activer. Elle est le précurseur de la molécule appelée présepsine, marqueur sérique d’infection bactérienne.
[C3,F3]
Édit. 2015
CD 28 sigle pour Cluster of Differentiation
Molécule membranaire de la superfamille des immunoglobulines exprimée par les lymphocytes T et B.
CD28 interagit avec CD80 (B7.1) et CD86 (B7.2) sur les cellules présentatrices d’antigène. Cette interaction délivre un signal d’amplification de la transcription du gène de l’interleukine-2 et de prolongation de la demivie des ARNm de cette cytokine.
[C3,F3]
CD 36 sigle angl. pour Cluster of Differentiation
Récepteur membranaire, connu également sous le nom de « fatty acid transferase » (FAT) et de glycoprotein IV ou IIIb (gpIV et gpIIIb), exprimé par un grand nombre de cellules et possédant un site de fixation pour de nombreux ligands dont les acides gras à longue chaîne et les LDL (« low density lipoprotein »), la thrombospondine et les hématies parasitées par Plasmodium falciparum.
Le gène de CD36 est situé sur le chromosome 7. La protéine faite de 472 acides aminés est fortement glycosylée. Plusieurs polymorphismes génétiques du CD 36 ont été décrits dont un favorisant l’attraction pour les acides gras et l’obésité et un doué d’un effet protecteur vis-à-vis d’accès palustres sévères.
→ Plasmodium falciparum, lipoprotéine de basse densité, thrombospondine
CD 45 sigle pour Cluster of Differentiation
Antigène commun des leucocytes présents sur l’ensemble des cellules lymphoïdes et myéloïdes.
La région cytoplasmique de cette molécule possède une activité tyrosine phosphatase. Les régions extracellulaires existent sous de multiples isoformes obtenues par épissage différentiel des ARNm. La forme CD45RA qui possède le produit de l’exon A est exprimée par les lymphocytes T naïfs, tandis que la forme CD45RO qui ne possède aucun des exons A, B et C, est exprimée par les lymphocytes T préactivés ou lymphocytes T à mémoire.
[C3,F3]
CD 71 sigle pour Cluster of Differentiation
Protéine transmembranaire homodimérique (90-95 kDa) exprimée sur les cellules souches hématopoïétiques, les lymphocytes T, B et NK et les monocytes.
[C3,F3]
CD 79 B sigle pour Cluster of Differentiation
Molécule transmembranaire hétérodimérique de la superfamille des immunoglobulines exprimée par les cellules pré-B et B matures.
Ces molécules sont associées aux immunoglobulines membranaires des lymphocytes B. Elles possèdent dans leurs régions cytoplasmiques des motifs ITAM et assurent la transduction du signal consécutif à la liaison du BCR avec l’antigène. Ce sont les homologues de la molécule CD3 au niveau des lymphocytes B.
[C3,F3]
CDC sigle angl. pour Cell Division Cycle
Ensemble des gènes et les protéines qu'ils codent impliquées dans le cycle mitotique.
Chacun de ces gènes porte un numéro spécifique : p. ex. le gène CDC25 de la levure induit la synthèse d'une protéine CDC25 qui stimule l'échange GDP/GTP sur les protéines ras. Le gène CDC2 de nombreuses cellules induit la synthèse d'une protéine p34cdc2 qui associée à une cycline B forme un complexe phosphorylable et déphosphorylable responsable de la transition métaphase-anaphase.
[C3]
cellule à bâtonnet l.f.
rod cell
Neurone situé dans le feuillet interne de la rétine dont l'extrémité photoréceptrice est en forme de bâtonnet, et qui constitue un des deux grands types de cellules photoréceptrices de la rétine.
Le terme elliptique de bâtonnet est le plus souvent utilisé pour désigner cette cellule. Les bâtonnets, qui font partie avec les cônes des éléments récepteurs de la rétine, ne permettent pas la réception colorée. On en dénombre 100 millions par œil chez l'homme. Ils sont répartis sur l'ensemble de la rétine sauf dans la fovéa et forment un anneau de densité maximale d'un diamètre d'environ 20° centré sur la fovéa. Les bâtonnets convergent en grand nombre sur la même cellule ganglionnaire, ce qui contribue à leur faible résolution spatiale (acuité). En revanche leur extrême sensibilité (de l'ordre de 1 photon) et leur convergence assure une vision sous de très faibles éclairements, de l'ordre de 10-6 à 10-2 cd.m2 (vision photoscopique), correspondant à une nuit étoilée sans lune. Sous des illuminations supérieures à 100 cd.m2 (vision photopique), les bâtonnets sont saturés et ne contribuent plus à la vision.