Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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oxygène (stockage de l') l.m.

oxygen storage

Conservation de l’oxygène sous forme gazeuse, comprimé en bouteille sous forme liquide dans des récipients «thermos» (type vase de Dewar) ou sous forme chimique (ex. chlorate de sodium).
L'oxygène médical est un médicament : comme tel il doit être contrôlé selon les règles pharmaceutiques.
L'oxygène gazeux comprimé sous une pression de 150 ou 200 bars est contenu dans des bouteilles en acier ou en alliages spéciaux qui sont vérifiées par le service des mines. Ces bouteilles sont munies d'une «tête de bouteille» portant le robinet et le détendeur, le tout devant être normalisé. Pour la sécurité, les bouteilles doivent être solidement fixées lors du transport et lors de l'utilisation afin d'éviter des chutes, le détendeur, autrefois fixé perpendiculairement à l'axe de la bouteille, est maintenant dans l'axe pour éviter une rupture de la tête de bouteille en cas de chute. Le robinet doit permettre une fermeture étanche afin de ne pas fuir, ce qui risquerait de produire une concentration dangereuse d’oxygène en cas de stockage dans un espace clos (lorsque le taux d’oxygène dans l'ambiance dépasse 27% il y a risque d'incendie). Mais, il n'y a jamais de robinet parfaitement étanche, surtout lorsque la bouteille est soumise aux vibrations du transport : aussi des essais sévères portent-ils sur le robinet lors de la procédure d'homologation.
L’oxygène doit être exempt d'humidité, qui oxyde l'intérieur de la bouteille et le robinet, qui peut givrer : l'oxygène médical ne doit avoir qu’une très faible concentration de vapeur d'eau, l'oxygène aéronautique est encore plus sec. Lors de l'utilisation il ne faut jamais vider complètement une bouteille d'oxygène car, sous l'influence des variations de température et de pression barométrique, l'air ambiant chargé d'humidité pénètre dans la bouteille et l'eau s'y condense.
L'oxygène liquide bout à une température de - 183°C : il doit donc être conservé dans des vases bien isolés thermiquement. Un litre d’oxygène liquide donne à peu près 800 litres d’oxygène gazeux dans les conditions ambiantes.
Pour l'oxygénothérapie à domicile ou dans de petites unités médicales isolées, les extracteurs d’oxygène sont préférables aux bouteilles d’oxygène comprimé qui nécessitent un transport et un stockage. Dans les hôpitaux une distribution centrale à partir d'évaporateurs d’oxygène liquide est la solution généralement retenue.
Dans les sous-marins atomiques l’oxygène est produit par électrolyse de l'eau.

→ détendeur, extracteur d'oxygène, oxygène (transport industriel)

Édit. 2017

oxygène (toxicité de l') l.f.

oxygen toxicity

La toxicité de l'oxygène a été signalée par Priestley (1775) puis par Lavoisier (1785).
Elle prédomine sur l'appareil respiratoire pour des pressions partielles inférieures à 2 bars (Seiler,1881) et sur le système nerveux pour les pressions supérieures à 3 bars (Paul Bert -1878). Le mécanisme de cette toxicité est très comparable à celui des radiations ionisantes (l'effet des radiations est accru par l'hyperoxie et diminué par l'hypoxie) : il procède par libération de radicaux libres qui détruisent ou bloquent les enzymes, particulièrement ceux comprenant des groupes sulfhydriles.
L'effet dit «Lorrain-Smith» se manifeste, en O2 pur au niveau de la mer, à partir de 5 à 6 heures pour une PO2 ≥ 25 kPa = 200 mm de Hg. Outre son action sur les voies respiratoires, l’oxygène produit une irritation oculaire.
Les convulsions apparaissent en conditions hyperbares pour une PO2 = 3 ata au bout de 2 heures et beaucoup plus rapidement si la PO2 est plus forte. Le mécanisme de ces convulsions met en jeu l'ischémie cérébrale par vasoconstriction des vaisseaux sous l'influence de l'hyperoxie. En outre, l'inhalation d’oxygène entraîne une dénitrogénation de l'organisme qui favorise les barotraumatismes en cas de décompression.
Schématiquement les effets toxiques d'une PO2 élevée sont :
- l'inhibition des enzymes par action sur les radicaux - SH ;
- la destruction du surfactant pour une PO2 > 25 kPa (effet Lorrain-Smith) ;
- l'effet Paul Bert (convulsions) pour une PO2 > 300 kPa, par vasoconstriction des artères cérébrales ;
- la fibroplasie rétrolentale et une bronchodysplasie pulmonaire chez les prématurés par effet toxique sur l'endothélium des vaisseaux ;
- l'arrêt de la formation des globules rouges par un mécanisme mal connu ;
- un effet toxique sur tous les tissus, par un mécanisme mal connu ;
- la destruction des germes anaérobies.

J. Priestley, philosophe naturel britannique (1775) ; A. Lavoisier, chimiste français (1785) ; M. Seiler, médecin français (1881) ; P. Bert, physiologiste français (1878)

→ Lorrain-Smith (effet), oxygénothérapie hyperbare, oxygénothérapie normobare

Édit. 2017

oxygène (transport industriel) l.m.

industrial transport of oxygen

Le transport de l'oxygène peut se faire sous forme gazeuse, liquide, ou en combinaison chimique.
Étant donné la faible densité de l’oxygène gazeux à la pression atmosphérique, le vieux procédé de ballons d’oxygène est abandonné.L’oxygène comprimé (à 150 ou 200 bars) est utilisé pour le transport sous forme gazeuse. Il ne faut jamais transporter de bouteilles vides mais y laisser toujours une petite pression pour éviter que l'air extérieur pénètre dedans, car il apporterait de la vapeur d'eau qui se condenserait, humidifierait l’oxygène (risque de détérioration des détendeurs et de corrosion de la bouteille). L'inconvénient de ce mode de transport est le poids considérable des bouteilles, surtout les petites, par rapport à la quantité d’oxygène transportée.L’oxygène liquide est 4 fois plus avantageux que celui comprimé à 200 bars (un litre d’oxygène liquide dégage 800 litres d’oxygène gazeux dans les conditions ambiantes au niveau de la mer). Les réservoirs, constitués comme les vases de Dewar, sont légers et se prêtent bien au transport pour approvisionner les hôpitaux. Des petits dispositifs portables basés sur le même principe sont utilisées par les insuffisants respiratoires lors de leurs déplacements. Ces petites bouteilles «thermos» sont remplies à partir de gros récipients d’oxygène liquide. Le stockage de ces bouteilles et des gros récipients doit être fait dans un endroit aéré, car l'évaporation n'est jamais nulle même avec un très bon isolement thermique.Sous forme solide, on utilise des composés chimiques riches en O2 qui libèrent le gaz sous l'influence de la chaleur vers 300 à 400°C : les peroxydes alcalins, Na2O2, K2O2, sont hygroscopiques et produisent de l'eau oxygénée, ceux des métaux divalents sont plus stables mais ils sont peu réactifs, les superoxydes, LiO2, NaO2, etc., réagissent avec l'eau pour donner de l’oxygène et de l'eau oxygénée, les ozonides de métaux alcalins, type NaO3, réagissent vigoureusement avec l'eau. Tous ces produits sont instables, hygroscopiques et explosifs, donc difficiles à transporter et à stocker. On leur préfère des préparations à base de chlorates, par ex. NaClO3 → NaCl + 3/2 O2, mais il peut survenir une production de chlore (2NaClO3 → Na2O + Cl2 + 5/2 O2) qu'on neutralise avec du dioxyde de baryum (Cl2 + BaO2 → BaCl2 + O2). Le mélange à base de chlorate est comprimé en chandelles compactes, faciles à transporter. La réaction s'amorce avec un percuteur. Elle est très exothermique (température de la paroi 250°C) et se propage de proche en proche dans la chandelle. Un dispositif protecteur sur l'emballage est nécessaire pour éviter les brûlures. Fournissant un gaz à 99,65% d’oxygène, de telles chandelles sont utilisées pour les premiers secours. Comme le mélange est explosif à la percussion, des précautions antichoc spéciales doivent être prises lors du transport : dans leurs étuis protecteurs les chandelles doivent être solidement arrimées et leurs percuteurs verrouillés. Sans de telles précautions, des explosions en cours de transport ont eu lieu : notamment un avion a été perdu à la suite de l'explosion en soute de telles chandelles mal arrimées.

Édit. 2017

perméabilité à l'oxygène l.f.

oxygen permeability

Quantité d'oxygène passant à travers un matériau, par unité de surface, par unité de temps, pour une unité d'épaisseur et par unité de différence de pression à température constante spécifiée.

pression d'oxygène de demi-saturation l.f.

PO2 for 50% O2 saturation. P50
Pression d'oxygène nécessaire pour saturer 50% de l'hémoglobine avec l'oxygène.

pression partielle d'oxygène transcutanée l.f.

transcutaneous oxygen pressure

Mesure de l'oxymétrie de la peau grâce à une électrode de Clark.
La normalité est aux environs de 70 mm de mercure. En-dessous de 30 mm de mercure, un trouble trophique aura des difficultés à cicatriser. Au-dessous de 10 mm de mercure, un trouble trophique ne pourra pas cicatriser.

radical libre oxygéné l.m.

oxygen free radical

Radical libre provenant de réactions d’oxydo-réduction univalentes de l’oxygène, tel que l'anion superoxyde, le radical hydroxyle, le radical libre hydroperoxyde ou d'autres composés comme le HPETE.
Les radicaux libres oxygénés sont produits lors des syndromes inflammatoires, d’une hypo ou hyperoxygénation, du syndrome ischémie-reperfusion, d’états de choc circulatoire, lors de la sénescence ou d’intoxications. Ils provoquent une hyperoxydation membranaire cellulaire : membrane plasmique, lysosomes, mitochondries, etc. ; ils augmentent le chimiotactisme cellulaire : macrophage, polynucléaire. Certains agissent sur l’ADN et sont, à ce titre, mutagènes et cancérigènes. Ils ont une fonction bactéricide. Ils sont fixés ou détruits par divers agents biochimiques, tels que les flavonoïdes, les anthocyanes, les thiols comme le glutathion, la vitamine E, l'acide ascorbique, le β-carotène, l'interféron, et des enzymes tels que les superoxyde-dismutases et indirectement les catalases et peroxydases.

saturation du sang en oxygène l.f.

oxygen blood saturation

Rapport de l'hémoglobine oxygénée à l'hémoglobine totale.
Normalement, le sang artériel est saturé en oxygène à 97% et le sang veineux mêlé à 73%. La mesure de la saturation du sang artériel permet d'apprécier la valeur de la fonction pulmonaire d’oxygénation du sang.

→ oxygène du sang, capacité du sang en oxygène

taux de transmission de l'oxygène en ophtalmologie l.m.

oxygen transmission rate

Quantité d'oxygène qui diffuse à travers une lentille de contact donnée, par unité de temps, pour une unité de différence de pression régnant de part et d'autre de la lentille, dans des conditions spécifiées.

air alvéolaire l.m.

alveolar gas

Mélange de gaz et vapeur d'eau saturante contenu dans les alvéoles pulmonaires.
La ventilation alvéolaire, qui équilibre les échanges gazeux entre l'air et le sang, maintient stable la PCO2 artérielle et celle de l'air alvéolaire.
Du fait de la pesanteur, les parties hautes des poumons sont mieux ventilées et moins irriguées que les basses (sauf en microgravité), ainsi le sang allant au cœur droit n'est pas homogène et ne correspond pas exactement à l'air alvéolaire «moyen» : il en résulte un écart alvéolocapillaire normal (de l'ordre de 2 à 3 mm de Hg = 3 à 4 hPa), mais cet écart peut être important dans les pneumopathies et les atteintes de la paroi thoracique ou du diaphragme, les changements de position peuvent alors entraîner une forte hypoxie.

Étym. lat. alveolus : petite cavité

→ altitude, décubitus, ventilation/perfusion (rapport), conditions alvéolaires

[C2,K1]

Édit. 2017

arc alvéolaire de la mandibule l.m.

arcus alveolaris mandibulae (TA)

alveolar arch of mandible

Ensemble des alvéoles dentaires creusées dans le bord supérieur du corps de la mandibule.

arc alvéolaire du maxillaire l.m.

arcus alveolaris maxillae (TA)

alveolar arch of maxilla

Ensemble des alvéoles dentaires creusées dans le bord inférieur du maxillaire.

artère alvéolaire l.f.

→ artère alvéolaire supérieure et postérieure

artère alvéolaire inférieure l.f. 

arteria alveolaris inferior (TA)

inferior alveolar artery

Vaisseau de gros calibre qui se détache de l’artère maxillaire dans son trajet interptérigoïdien.
Elle fournit l’artère du nerf lingual et l’artère mylo-hyoïdienne puis elle s’engage dans le canal mandibulaire par le foramen mandibulaire et se distribue à la mandibule et aux dents par les rameaux dentaires et péridentaires. Elle se termine en deux branches, le rameau mentonnier qui sort  par le foramen mentonnier et se distribue aux parties molles du menton, et une branche incisive pour les racines des canines et des incisives.
 Syn. anc. artère dentaire inférieure , artère alvéolo-dentaire

artère alvéolaire supérieure et postérieure l.f.

arteria alveolaris superior posterior(TA)

posterior superior alveolar artery

Branche collatérale de l’artère maxillaire.
Elle donne un rameau jugal et, sous le nom de branche antrale, perfore la tubérosité maxillaire, fournissant des rameaux au sinus maxillaire et des rameaux dentaires et péridentaires destinés aux molaires et prémolaires supérieures qui peuvent emprunter les canaux dentaires postérieurs.

Syn. anc. artère alvéolaire, artère alvéolo-antrale

artère alvéolaire supéro-antérieure l.f.

arteria alveolaris superior anterior(TA)

anterior superior alveolar artery

Rameau collatéral de l’artère infra-orbitaire, habituellement unique, parfois multiple.
Né dans le canal infra-orbitaire, il s’engage dans le canal dentaire supérieur et antérieur et se rend à la pulpe des incisives et des canines qu’elle irrigue par les rameaux dentaires et péridentaires

Syn. anc.  artère dentaire supérieure et antérieure, rameau dentaire antérieur

bilan rétro-alvéolaire technique long cône l.m.

retro-alveolar status long cone

→ status dentaire

Édit. 2017

bronchiolo-alvéolaire adj.

bronchioloalveolar

Relatif aux alvéoles des bronches.

Édit. 2017

cancer bronchiolo-alvéolaire l.m.

alveolar carcinoma, bronchioloalveolar carcinoma

Affection maligne liée à une prolifération cellulaire anormale développée aux confins des bronchioles et des alvéoles.
C'est un sous-type rare (3% des cancers broncho-pulmonaires dans sa forme pure) des adénocarcinomes broncho-pulmonaires primitifs dans la classification O.M.S.de 1999, mais il existe un continuum anatomoclinique avec les adénocarcinomes mixtes comportant une composante bronchiolo-alvéolaire, beaucoup plus fréquents. Il est défini comme une prolifération tumorale de cellules mucineuses ou non mucineuses (pneumocytes de type II ou cellules de Clara) se développant à la surface des alvéoles, sans réaction stromale ni infiltration des parois inter-alvéolaires. Il touche plus souvent la femme non fumeuse. L'expression radiologique la plus fréquente est celle d'un nodule périphérique unique en verre dépoli. Plus rarement, sont observées des formes pneumoniques ou des nodulesmultiples.
Il s’agit d’une tumeur a priori de bon pronostic, puisque sans pouvoir métastasiant. Les formes de type mucineux peuvent toutefois diffuser par voie alvéolaire et sont souvent multifocales. Leur chimiorésistance classique est remise en cause et elles pourraient bénéficier des inhibiteurs de la tyrosine-kinase de l’EGFR ("Epidermal Growth Factor Receptor").

M. Clara, anatomopathologiste allemand (1937)

Syn. carcinome bronchiolo-alvéolaire

→ adénocarcinome bronchique, cancer bronchique, cellule de Clara

[F2,K1]

capillaire alvéolaire l.m.

vas capillare
alveolar capillary
Vaisseau sanguin pulmonaire le plus élémentaire naissant des artérioles pulmonaires terminales, non musculaire et organisé en un immense réseau.
Un capillaire a rarement plus de 8 µm de diamètre. La barrière entre l'air et le sang est très mince (0,2µm), c'est la membrane alvéolo-capillaire, au niveau de laquelle se font les échanges d'oxygène et de gaz carbonique entre le sang et l'air.
Étym. lat. capillarus : cheveu

[A1,K1,K4]

Édit. 2015

carcinome bronchiolo-alvéolaire l.m.

alveolar carcinoma, bronchioloalveolar carcinoma

Syn.   cancer bronchiolo-alvéolaire

→ cancer des bronches, cancer bronchiolo-alvéolaire

[F2,K1]

carcinome bronchio-alvéolaire lépidique l.m.

Forme anatomo-clinique d’adénocarcinome bronchiolo-alvéolaire d'architecture lépidique pure, caractérisée par le recouvrement de parois alvéolaires normales ou discrètement épaissies par des cellules tumorales en couches unicellulaires.
Cette structure lépidique respecte l'architecture vasculaire et élastique normale propre à la paroi alvéolaire. Elle correspond à une tumeur non invasive, extrêmement rare (moins de 3 % des adénocarcinomes).

Étym. gr. lepidos : écaille

→ lépidique, cancer du poumon

[F2,K1]

cellule alvéolaire l.f.

pneumocyte

→ pneumocyte

[A2,K1]

comblement alvéolaire (syndrome de) l.m.

alveolar filling

Ensemble des signes radiologiques indiquant une atteinte des espaces aériens distaux au cœur du lobule pulmonaire secondaire.
Les lumières alvéolaires sont comblées selon les cas par du liquide, des cellules ou une substance amorphe, en remplacement de l’air qui est résorbé.
Bien que la pneumonie soit la première étiologie à évoquer devant un syndrome alvéolaire, une origine maligne reste possible d’où l’intérêt de pousser les investigations diagnostiques.

→ syndrome alvéolaire

[B2,K1]

Édit. 2020

cul-de-sac alvéolaire l.m.

→ saccule alvéolaire

[A2]

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