chéilite n.f.
cheilitis
Inflammation des lèvres secondaire à de nombreux processus (irritants, allergiques, infectieux, expositions chroniques aux rayons ultraviolets).
On parle de chéilite angulaire ou de perlèche lorsqu'existe une atteinte des commissures labiales.
Étym. gr. kheilos : lèvre ; itis : inflammation
[N1,P3,D1]
chéilite angulaire l.f.
→ perlèche
[N1,P3]
chéilite apostémateuse l.f.
[N1,P3]
chéilite exfoliatrice de Crocker l.f.
exfoliative cheilitis, factitious cheilitis
Chéilite débutant généralement dans l'adolescence et touchant les jeunes femmes, caractérisée par des squames croûteuses qui atteignent essentiellement la lèvre inférieure, et entretenue par un mordillement continuel des lèvres.
L'ablation des croûtes est à l'origine d'érosions et de fissures saignantes et douloureuses.
H. R. Crocker, dermatologue britannique (1888)
Syn. desquamation persistante des lèvres de Brocq, cheilitis exfoliativa
[N1,P3]
chéilite glandulaire l.f.
glandular cheilitis
Hyperplasie rare, souvent infectée, des glandes labiales accessoires qui siègent presque électivement à la lèvre inférieure.
On décrit trois formes cliniques :
- la chéilite glandulaire simple, ou cheilitis glandularis simplex, décrite par Puente et Acevedo, débute dans l'enfance et se traduit, sur la face muqueuse de la lèvre inférieure, par de petits orifices souvent entourés d'un halo blanchâtre d'où sourdent des gouttelettes de salive. La lèvre supérieure est parfois atteinte. La palpation donne l'impression de petits nodules ou grains de plomb. L'évolution est chronique, se compliquant parfois de suppuration. Une transformation carcinomateuse est à craindre ;
- la chéilite glandulaire apostémateuse de Volkmann est beaucoup plus rare. C'est une forme chronique, suppurée, profonde. La macrochéilite est permanente et douloureuse, recouverte de croutes adhérentes qui, enlevées, laissent voir des pertuis orificiels d’où sourd du pus. Une transformation carcinomateuse est à craindre. Le traitement est chirurgical ;
- la chéilite suppurée superficielle, ou cheilitis glandularis purulenta superficialis, décrite par Baelz et Unna, serait une forme atténuée. La lèvre inférieure, œdémateuse, douloureuse, est parsemée d'orifices recouverts de croutes impétiginisées. Le traitement repose sur l'antibiothérapie, parfois complétée par un traitement chirurgical.
J. Puente et A. Acevedo, dermatologistes argentins (1927) ; E. von Baelz, médecin interniste allemand (1890) ; P.G. Unna, dermatologiste allemand, membre de l'Académie de médecine (1890) ; R. von Volkmann, chirurgien allemand (1870)
Étym. gr. apostèma : abcès, tumeur purulente
[N1,P3,D1]
chéilite granulomateuse de Miescher l.f.
granulomatous cheilitis, Miescher's cheilitis
Inflammation granulomateuse chronique de la lèvre de cause inconnue.
Elle se traduit initialement par une tuméfaction intermittente, parfois asymétrique d'une lèvre. Puis l'hypertrophie devient permanente : c'est la macrochéilite ; la lèvre prend une consistance élastique. Seule une biopsie profonde permet de retrouver les petits granulomes gigantoépithélioïdes caractéristiques. Elle peut accompagner une maladie de Crohn. Le syndrome de Melkersson-Rosenthal associe une macrochéilite identique à celle de Miescher, une langue plicaturée et une paralysie faciale périphérique.
A. G. Miescher, dermatologiste suisse (1945) ; E. Melkersson, neurologue suédois (1928) ; C. Rosenthal, neuropsychiatre allemand (1931)
→ macrochéilite granulomateuse
[N1,P3]
chéilite kératosique l.f.
keratotic cheilitis, keratosis of lip
Lésions squamo-croûteuses, parfois fissuraires, voire ulcérées, de la lèvre, surtout inférieure, généralement dues aux effets secondaires des expositions solaires chroniques.
On évoque parfois le rôle d'un tabagisme associé lorsqu'il existe, en plus, des lésions endobuccales ou une atteinte de la lèvre supérieure en miroir. La lèvre est recouverte d'une zone leucoplasique plus ou moins diffuse et épaisse. Ces lésions peuvent évoluer vers une transformation carcinomateuse invasive.
Étym. gr. kheilos : lèvre ; itis : inflammation ; keras : corne
[N1,P3]
cheilophagie n.f.
cheilophagia
Tic de mordillement des lèvres qui peut être à l'origine d'une chéilite exfoliatrice ou desquamative, encore appelée chéilite factice.
[N1,P3]
chéilose n.f.
cheilosis
Etat associant une perlèche et des lèvres rouges, lisses, brillantes, témoignant d'un déficit en riboflavine.
Étym. gr. kheilos : lèvre
→ oro-oculo-génital (syndrome)
[N1,P3,R2]
cheiropompholyx n.m.
Dyshidrose palmaire
En cas d'atteinte des plantes des pieds, on parle de podopompholyx.
Étym. gr. kheir : main ; pomphyx : bulle
[N1,J1]
Cheyne Stokes (respiration de) l.f.
Cheyne Stokes’ breathing
Trouble respiratoire caractérisé par la survenue d'une apnée plus ou moins prolongée à laquelle succède une série de mouvements respiratoires d'amplitude croissante puis une série de mouvements d’amplitude décroissante aboutissant à une nouvelle pause.
Le trouble serait la conséquence de l'effet sur le centre respiratoire des troubles métaboliques de l'urémie terminale. Il est désormais prévenu par la mise en route au moment adéquat des méthodes d'épuration extrarénale. Il s’observe aussi dans l’insuffisance cardiaque, lors de certaines atteintes du tronc cérébral et chez l’obèse.
J. Cheyne (1818) et W. Stokes, médecins irlandais (1854)
[K1,N1]
Cheyne Stokes (respiration de) l.f.
Cheyne Stokes’ breathing
J. Cheyne (1818) et W.Stokes, médecins irlandais (1854)
→ respiration de Cheyne Stokes
[K1,N1]
choc n.m.
shock
1) En accidentologie et en général, effet produit par un coup.
Il entraîne la projection du corps choqué ou sa déformation, réversible (choc élastique avec production de vibrations, voire d'une onde de choc dans le corps) ou irréversible qui produit des dommages et des écrasements si l'on dépasse une certaine limite.
2) En médecine, syndrome consécutif à une désadaptation du contenant cardiocirculatoire et du contenu sanguin. Il entraîne des troubles microcirculatoires et de l'utilisation de l'oxygène, avec augmentation de la lactacidémie, témoin du métabolisme anaérobie : c'est l'état de choc.
Même si le point de départ est local (ex. levée de garrot), les déchets toxiques, libérés dans le sang et transportés par la circulation dans tout l'organisme, produisent des lésions cellulaires et des troubles microcirculatoires. L'évolution se fait en trois temps.
1) En général, intense réaction neurovégétative avec production de catécholamines entraînant une vasoconstriction générale (choc froid), sauf dans les territoires à structure privilégiée du cœur et du cerveau. Si le système neurovégétatif est paralysé le sang artériel va directement vers les veines court-circuitant les capillaires (choc chaud).
2) Vasoplégie générale : l'endothélium capillaire a été lésé et a laissé fuir le plasma vers les tissus, ce qui augmente le collapsus et mène à l'arrêt cardiaque en quelques heures.
3) Même si le traitement a pu momentanément rétablir la situation, la défaillance multiviscérale apparaît après un intervalle libre de quelques jours (les reins sont bloqués, les poumons œdématiés, une fibrinolyse possible, etc.), l'issue fatale est très difficile à éviter : le choc est dit «irréversible».
L'exploration hémodynamique avec cathétérisation du cœur droit (cathéter de Swan-Ganz) permet de mesurer le débit cardiaque et les résistances circulatoires : ces données sont utiles pour classer le choc et guider le traitement.
Étym. moyen néerlandais schokken : heurter, recevoir un coup
→ classification des états de choc, état de choc, collapsus, défaillance multiviscérale généralisée, rein de choc, poumon de choc, classification des états de choc, syndrome de choc
[N1,K2]
choc allergique l.m.
allergic shock
[N1,G1]
choc anaphylactoïde l.m.
anaphylactoid shock
État de choc se distinguant du choc anaphylactique par sa pathogénie non-immunologique, il est dû à une libération d'histamine et de leucotriènes par les leucocytes basophiles ou à d'autres modes de libération chimique d'histamine.
Le choc anaphylactoïde peut être dû à une activation du complément par voie alterne.
Le traitement d'urgence est le même que celui du choc anaphylactique mais la prévention est différente.
Étym. gr. ana : contraire de ; phulaxis : protection : anaphylaxie = qui fait le contraire d'une protection
→ anaphylactique (choc), anesthésie (accident)
[N1,G1]
choc apexien l.m.
heart apical beat
Mouvement systolique de la pointe du cœur perçu normalement par la palpation du 4e ou 5e espace intercostal gauche.
Il peut être difficile à percevoir chez l’obèse. Certains états pathologiques modifient le choc apexien soit dans son siège, soit dans son aspect (choc en dôme, choc étalé, choc en masse).
[N1,K2]
choc colloïdoclasique l.m.
colloidoclasic shock
Type de choc, englobant essentiellement les chocs anaphylactique et anaphylactoïde.
Fondé sur une pathogénie périmée de «déséquilibre» des colloïdes du sang, ce terme est désuet et déconseillé.
[G1,N1]
choc compensé l.m.
[G1,N1]
choc décompensé l.m.
[G1,N1]
choc de levée de garrot l.m.
tourniquet' shock
État de choc apparaissant lors du relâchement d'un garrot laissé serré plusieurs heures.
La pose d'un garrot sur un membre et l'arrêt circulatoire local qui en résulte entraînent la production de déchets cellulaires toxiques qui s'accumulent dans le membre. La levée du garrot après six heures les libère dans la circulation générale où ils produisent un collapsus cardiovasculaire immédiat qui induit le développement d'un état de choc, souvent mortel. La formation des secouristes faite dans les pays occidentaux rend cet accident exceptionnel.
Ch. Roubier, médecin militaire français (1918)
[G1,N1]
choc émotionnel l.m.
emotional shock
Se disait des conditions de survenue des névroses de guerre observées après le premier conflit mondial.
Le concept est actuellement abandonné, ainsi que la théorie mécaniste de l'ébranlement post-commotionnel" qu'il prolongeait, au profit de celui, à contenu psychodynamique, de traumatisme psychique
A. Fribourg-Blanc et M. Gauthier, neuropsychiatres militaires français (1935)
[H3,N1]
choc en dôme l.m.
Choc perçu par la main palpant la pointe du cœur, généralement abaissée jusqu’au sixième ou septième espace intercostal gauche : choc systolique brusque et violent, donnant parfois la sensation d’une balle se durcissant.
C’est un signe d’insuffisance aortique sévère.
[K2,N1]
choc fœtal l.m.
fetal shock, acute fetal distress
Etat de souffrance aigüe résultant d'une anoxie ou d'une hémorragie, pendant la grossesse ou le travail d’accouchement.
[N1,O3,O6]
choc froid l.m.
cold shock
Choc caractérisé par une peau froide : la pression artérielle est basse et les résistances vasculaires sont élevées.
→ choc, choc (classification des)
[N1,G1]
choc hyperkinétique l.m.
hyperkinetic shock
[N1,G1]