candidose cutanée congénitale l.f.
cutaneous congenital candidiasis
Pustulose candidosique du nouveau-né secondaire à une contamination par voie basse avant l'accouchement, d'où la présence, avant le troisième jour, d'un exanthème maculopustuleux rapidement recouvert de vésiculopustules.
On peut trouver des facteurs aggravants : antibiothérapie ou corticothérapie maternelle, amniocentèse, cerclage cervical, souffrance néonatale et/ou réanimation. Au traitement local imidazolé doit s'ajouter un traitement parentéral en cas de localisation viscérale telle que pulmonaire ou cérébroméningée.
Étym. lat. candica : blanc
[D2,J1,O1]
candidose cutanée néo-natale l.f.
cutaneous neonatal candidiasis
Pustulose candidosique du nouveau-né secondaire à une contamination durant le travail ou pendant l'accouchement, d'où l'apparition des signes après le troisième jour.
L'évolution est bénigne avec ou sans traitement local imidazolé.
Étym. lat. candica : blanc
[D1,J1,O1]
candidose invasive l.f.
invasive candidosis
Ensemble des septicémies et atteintes des organes profonds dues à des champignons du genre Candida.
La candidose invasive est la maladie fungique la plus commune chez les patients hospitalisés dans les pays développés. Les candidoses systémiques trouvent leur origine dans une dissémination hématogène ou par inoculation directe dans un site stérile telle la cavité péritonéale. Le décès des candidoses systémiques s’élève à 40% malgré un traitement antifungique. On assiste aujourd'hui au développement des formes de Candida non albicans et à l’émergence des souches résistantes aux médicaments antifungiques.
Les études épidémiologiques évaluent à 250 000 les cas de candidose invasive par an. La candidémie est la quatrième forme la plus fréquente de septicémie. L’incidence des candidoses invasives est dépendante de l’âge : celles-ci surviennent en majorité aux âges extrêmes. Parmi les facteurs de risque les plus fréquents : un cathéter vasculaire central, la chirurgie digestive avec fuite anastomotique, un traitement antibiotique à large spectre.
L’espèce Candida albicans représente moins de 50% des candidoses invasives. C. glabrata émerge dans l’épidémiologie aux États-Unis, au Canada et dans le Nord de l’Europe tandis que C. parapsilosis prédomine dans le Sud de l’Europe, en Asie et en Amérique du Sud. La virulence varie en fonction des espèces ; C. parapsilosis et C. krusei sont moins virulents que C. albicans, C. tropicalis et C. glabrata.
Les études immunogénétiques montrent que certains gènes sont associés à un risque accru de candidose. Le polymorphisme d’un seul nucléotide dans le toll-like receptor 1-interferon-γ pathway conduit à une susceptibilité à la candidose invasive. Les patients porteurs de deux ou plusieurs allèles de ce locus montrent un risque 19 fois supérieur à ceux qui ne portent pas ces allèles. D’autre part une progression de la maladie et une candidémie persistante malgré un traitement antifungique sont associées à un polymorphisme des cytokines qui conduisent soit à une augmentation des taux circulants de l’interleukine-10 anti-inflammatoire soit à une diminution des taux de l’interleukine-12b pro-inflammatoire.
La culture est la seule approche diagnostique de certitude ; la sensibilité des hémocultures est loin de l’idéal avec une positivité de 21 à 71% rapportée dans les études de cas autopsiés. Les méthodes de recherche d’antigènes circulants et de détection de candidose invasive par PCR n’apportent pas de résultats fiables et font encore l’objet de recherches.
La prophylaxie médicamenteuse doit être limitée aux situations qui ont fait la preuve d’une efficacité : chirurgie gastro-intestinale avec fuite anastomotique, transplantation pancréatique ou de l’intestin grêle, certaines transplantations hépatiques et chez des nouveau-nés de très petit poids. Le traitement antifungique s’est enrichi de nouvelles molécules telles les échinocandines.
B. J. Kullberg, infectiologue néerlandais et M. C. Arendrup, microbiologiste danois (2015)
Étym. candida : robe blanche
Syn. candidose systémique
[D1,2015]
capuchon n.m.
hood
Coiffe au col d’une cape permettant de couvrir la tête et, par analogie, en anatomie, petite structure couvrant l’extrémité (la tête) d’un organe ou d’un noyau cellulaire en biologie (on dit alors aussi acrosome).
Nota : le masque pour oxygénothérapie utilisé chez les nouveau-nés, hood en anglais, n’a pas été inventé par le pédiatre Hood qui n’a jamais existé.
Étym. italien (piémontais) cappucio, augmentatif du bas lat. cappa : cape, manteau couvrant la tête (kap : racine indo-européenne portant l’idée de tête, lat. caput)
[A1]
cassette n.f.
cassette
1) En radiologie conventionnelle, boîte plate, étanche à la lumière, s’ouvrant comme un livre, dans laquelle on insère le film radiographique vierge qui sera ensuite impressionné par les rayons X, puis extrait dans l’obscurité pour être développé.
Ce film est maintenu entre un ou deux écrans renforçateurs destinés à augmenter considérablement le rendement photographique.
2) En radiologie numérisée, une cassette à déchargement automatique contient un écran radio-luminescent à mémoire, qui, après prise d'un cliché aux rayons X, est ensuite analysé par un système de numérisation, puis désactivé pour resservir à nouveau.
Étym. ital. cassetta, diminutif de cassa : caisse (du lat. capsa : boîte)
→ clonage moléculaire, cassette (mécanisme de la cassette)
[B2]
cathéter artériel ombilical l.m.
arterial umbilical catheter.
Cathéter introduit dans l'une des deux artères ombilicales.
Elle est abordée sur la tranche de section du cordon du nouveau-né et le cathéter ne peut être mis en place que pendant les premières heures de la vie. Son extrémité ne doit pas dépasser le niveau L3 - L4 pour éviter de produire la thrombose d'une artère rénale ou une paraplégie par obstruction de l'artère d'Adamkiewicz. Il permet la surveillance directe de la pression artérielle et de la PaO2 (surveillance des shunts fœtaux). Un cathéter ombilical peut être utilisé pour les perfusions et l'expansion volumique, mais son emploi est contrindiqué pour les perfusions de produits hyperosmolaires ou de ceux dont le pH est trop éloigné de la valeur normale. Ce type de cathétérisme ne doit être utilisé qu'en cas de nécessité et il doit être laissé en place le moins longtemps possible.
A. Adamkiewicz, anatomopathologiste polonais, membre de l'Académie de médecine (1881)
→ cathétérisme ombilical, shunt fœtal
[B3,K4,O1]
cathéter veineux ombilical l.m.
venous umbilical catheter
Cathéter placé dans la veine ombilicale abordée sur la tranche de section du cordon.
Très utile pour la réanimation du nouveau-né en salle de naissance ou dans des situations difficiles, lorsqu'aucune autre voie n'est rapidement accessible, il n'est utilisable que dans les tout premiers jours de la vie. Son extrémité doit être placée au niveau du confluent portal, à l'entrée de l'oreillette droite ou dans l'oreillette gauche pour y mesurer la PaO2.Il y a un risque important d'embolie gazeuse coronarienne ou cérébrale du fait de la communication qui existe à cet âge entre les oreillettes droite et gauche. Le cathéter ne doit pas être laissé plus de 48 heures.
[O1,B3,K4]
cellule spumeuse l.f.
foam cell, foamy cell
Cellule dont le cytoplame présente de petites vacuoles claires, sans préjuger de leur contenu lipidique, glucidique, mucineux, etc.
Ces cellules sont le plus souvent des macrophages ou des cellules musculaires lisses de la média artérielle contenant dans leurs vacuoles distendues des esters de cholestérol, sous la forme de gouttelettes soudanophiles. Dans les plaques d’athérosclérose, ces cellules sont groupées autour du cœur lipidique de la lésion. La transformation spumeuse des macrophages est en partie sous la dépendance d’une voie particulière de captation et de métabolisme des lipides, le système éboueur.
La transformation spumeuse des cellules musculaires artérielles n’est pas encore expliquée de manière aussi claire.
Les cellules spumeuses sont communément observées dans l’intima artérielle longtemps avant l’existence de la plaque d’athérosclérose. Leur présence caractérise le type I, vu chez le nouveau-né et le nourrisson quand elles sont éparses et le type II chez l’enfant et l’adolescent quand elles sont groupées en amas.
Dans les xanthomes, existent des cellules histiocytaires mononuclées, appelées cellules de Chambard, souvent de grande taille, remplies de microvacuoles lipidiques donnant au cytoplasme un aspect clarifié dû à la dissolution des graisses lors des techniques histologiques d’inclusion. Sur des coupes faites en congélation, le contenu de ces très fines vacuoles peut toutefois être coloré par le rouge Soudan. Avec ou sans les cellules de Touton, les cellules de Chambard constituent la partie la plus importante de l’infiltrat des xanthomes.
Le terme cellule spumeuse de Virchow a été attribué aux histiocytes du granulome de la lèpre lépromateuse.
Dans la vésicule biliaire, la surcharge des macrophages sous-muqueux entraîne une cholestérolose
K. Touton, dermatologue allemand (1885) ; R. Virchow, pathologiste allemand (1863)
Étym. lat. spume : écume
Syn. cellule xanthomateuse, cellule lipophagique, lipophage, cellule spumeuse
→ athérosclérose (classification des lésions d'), stries graisseuses, système éboueur, xanthomes, Touton (cellule de), Virchow (cellule de), lèpre lépromateuse, cholestérolose, Chambard (cellule de), achalasie, tumeurs stromales gastro-intestinales
[A2,K4]
céphalhématome n.m.
caput succedanum
Décollement du périoste des os de la voûte crânienne du nouveau-né par un hématome, traumatique par utilisation d’une ventouse d’extraction le plus souvent, parfois dû à une maladie hémorragique néonatale par déficit en vitamine K, se résorbant spontanément.
Étym. gr. kêphale : tête ; haïmatoma : tumeur sanguine
[O1]
céphalomètre n.m.
cephalometer
Compas qui sert à mesurer les diamètres de la tête du nouveau-né.
[O1,B3]
Chapple (syndrome de) l.m.
Chapple's syndrome
Parésie ou paralysie faciale unilatérale associée à une paralysie de la corde vocale et/ou des muscles de la déglutition du côté opposé, chez le nouveau-né.
Syndrome dû à une lésion du nerf laryngé supérieur ou du nerf récurrent par hyperflexion latérale de la tête in utero. Celle-ci entraîne une compression du nerf contre l'os hyoïde ou contre le cartilage cricoïde.
C. C. Chapple, pédiatre américain (1956)
[H1,O3]
Chikungunya (virus)
Chikungunya (virus)
Virus à ARN du genre Alphavirus (famille des Togaviridae) entraînant, chez l'Homme, une maladie aiguë fébrile avec de violentes polyarthralgies, tableau évoquant la dengue.
L'infection par ce virus est caractérisée par un début brutal avec fièvre, frissons, céphalées, photophobie, adénopathies, rash, nausées, vomissements, asthénie et surtout intenses arthralgies inflammatoires. La maladie dure, le plus souvent, de 5 à 7 jours dans les cas bénins mais des douleurs articulaires invalidantes peuvent persister plusieurs semaines ou mois (voire années). Au cours d'épidémies récentes survenues hors du continent africain, des complications plus ou moins sévères ont été observées, susceptibles de conduire au décès : manifestations hémorragiques (épistaxis, gingivorragies), insuffisance respiratoire, méningo-encéphalite, hépatite aiguë, décompensation cardio-vasculaire. Une infection survenant lors d'une grossesse peut entraîner une transmission materno-fœtale du virus (risque de méningo-encéphalite chez le nouveau-né).
Le virus a été isolé du sang d’une malade en Tanzanie en 1953. Très répandu dans toute l'Afrique sub-saharienne et en Asie (sous-continent indien et Asie du Sud-est), le virus Chikungunya sévit par épidémies pouvant toucher des milliers ou dizaines de milliers de personnes, en milieu rural comme en milieu urbain. Il a donné lieu à une vague épidémique dans les îles de l'Océan Indien en 2005-2006. En Europe, à la suite de l'implantation d'Aedes albopictus, une émergence du virus Chikungunya fut observée en Italie (Emilie-Romagne) en 2007 et des cas isolés ont été contractés en France ; le risque d'une endémisation en Europe méditerranéenne ne peut être écarté. Le virus a également étendu son aire de répartition à l'Océanie en s'implantant en Nouvelle Calédonie. En Afrique, le virus Chikungunya infecte surtout des singes, réservoirs naturels. Il est transmis par des moustiques du genre Aedes. Les vecteurs responsables de la transmission à l'Homme sont Ae. aegypti et Ae. albopictus.
Que ce soit pour désigner le virus ou la maladie, on ne doit pas dire « le Chikungunya » ou encore moins « la Chikungunya ». Pour désigner ce virus, on doit dire "virus Chikungunya" et pour l'infection ou la maladie, on doit parler d’ « infection à virus Chikungunya".
étym. : origine swahili : "qui entraîne une posture courbée", (secondaire à l'intensité des arthralgies)
Abrév. internationale : chik
[D1]
chirurgie bariatrique n.f.
bariatric surgery
La chirurgie bariatrique regroupe les interventions proposées comme remède chirurgical dans certains cas d’obésité sévère.
Elle ne se discute que chez les patients ayant un indice de masse corporelle (IMC) ≥ 40 kg/m2 appelé obésité morbide ou un IMC ≥ 35 kg/m2 associé à au moins une comorbidité susceptible d’être améliorée après chirurgie (diabète de type 2, HTA, apnée du sommeil, maladies ostéo-articulaires invalidantes, stéatohépatite non alcoolique), en deuxième intention après échec d’un traitement bien conduit pendant 6 à 12 mois (en l’absence d’une perte de poids suffisante ou en l’absence de maintien de la perte de poids), pour des patients bien informés et ayant bénéficié d’une prise en charge pré-opératoire pluridisciplinaire, ayant compris et accepté la nécessité d’un suivi à long terme, en présence d’un risque opératoire acceptable. Les interventions sont classées en deux types principaux : - les techniques restrictives : l’anneau gastrique ajustable, de moins en moins pratiqué et la gastrectomie longitudinale ou sleeve gastrectomy,- les techniques mixtes : court-circuit gastrique ou Roux-en-Y gastric bypass et aussi la dérivation bilio-pancréatique qui est très peu utilisée et réservée aux obésités extrêmes (IMC ≥ 55 kg/m2). L’anneau gastrique ajustable consiste à placer un anneau de diamètre modifiable autour de la partie supérieure de l'estomac, délimitant ainsi une petite poche. Les aliments vont s'écouler très lentement selon le principe du sablier. L'anneau est relié par un petit tube à un boitier de contrôle placé sous la peau. La gastrectomie longitudinale qui consiste à retirer 2/3 de l’estomac, réduit sa partie fonctionnelle à un tube vertical en lui donnant une forme allongée comme une manche (sleeve). La partie de l’estomac réséquée secrète la ghréline, hormone régulatrice de la faim, dont la diminution de la concentration sanguine réduitla sensation de faim. Le court-circuit gastrique crée une poche gastrique proximale de capacité restreinte et la continuité digestive est rétablie par une gastro-jéjunostomie.La dérivation bilio-pancréatique consiste à réséquer une partie de l’estomac et à diviser l’intestin grêle en deux parties l’une anse alimentaire dans laquelle transitent les aliments et l’autre ne contenant ni bile ni suc pancréatique. Ces interventions chirurgicales se pratiquent le plus souvent sous cœlioscopie. L’anneau gastrique ajustable est pratiquement abandonné en raison de complications tardives et de reprise du poids conduisant à son retrait chez presque la moitié des patients. Après bypass gastrique, les complications chirurgicales sont les fistules digestives, l’occlusion par hernie interne, la dilatation aigue de l’estomac exclu, l’hémorragie digestive, la sténose gastro-jéjunale.Après sleeve gastrectomy, les complications chirurgicales dominantes sont liées au risque de rupture de la ligne d’agrafes, créant une fistule ou un saignement et la sténose médio-gastrique. Cette intervention peut aussi favoriser l’apparition d’un reflux gastro-œsophagien avec le risque d’endobrachyœsophage. Les complications médicales sont dominées par les déficits nutritionnels, vitaminiques et en oligoéléments s’ils ne sont pas reconnus et corrigés. Ils peuvent entraîner, en particulier, des complications neurologiques sévères. Les autres complications sont les pathologies psychiatriques, les suicides, le dumping syndrome, les hypoglycémies fonctionnelles, la lithiase biliaire, la néphrolithiase.Avant et après l'acte chirurgical, le protocole comporte un suivi pluridisciplinaire par endocrinologue, nutritionniste, chirurgien, psychiatre ou psychologue. La consultation psychiatrique a pour but de repérer les troubles du comportement alimentaire : boulimie ou autre. Les recommandations sont consultables sur le site de la haute autorité de santé : « Obésité : prise en charge chirurgicale chez l’adulte (2009). Chirurgie bariatrique : un nouveau set d’indicateurs pour évaluer la qualité de la prise en charge chirurgicale chez l’adulte (2013). Définition des critères d’éligibilité pour la réalisation d’une chirurgie bariatrique chez les moins de 18 ans (2016) ». Le site obesite.sante.gouv. permet d’accéder au plan Obésite 2010-2013 et de consulter la liste des centres spécialisés et intégrés et les établissements partenaires dans la prise en charge de l’obésité. La chirurgie bariatrique est efficace entraînant une réduction pondérale, une réduction de la mortalité cardio-vasculaire et par cancer, améliorant le diabète, l’hypertension artérielle, le statut lipidique, l’apnée du sommeil, la qualité de vie.
→ court-circuit gastrique, gastrectomie longitudinale, leptine, syndrome du court-circuit digestif
[L2,R1,R2]
Édit. 2017
Chlamydia trachomatis
Chlamydia trachomatis
Bactérie pathogène coccoïde agent du trachome, cosmopolite mais avec une prédominance intertropicale, dont le réservoir est humain.
La transmission est directe ou indirecte (objets de toilette, cosmétiques oculaires, mouches).
Lorsqu’elle est sexuellement transmise, elle est responsable : chez l’homme d’urétrite, avec quelquefois diarrhée et conjonctivite, réalisant le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter, et de la lymphogranulomatose vénérienne ou maladie de Nicolas-Favre ; chez la femme de salpingite avec périhépatite, de stérilité et de douleurs chroniques;chez le nouveau-né de pneumopathie, de méningite et d’ophtalmie purulente contractées lors de l’accouchement.
→ Chlamydia, trachome, syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter, maladie de Nicolas-Favre
[D1, L1, M3, O1, O3, P1]
Édit. 2020
cholestases intrahépatiques progressives familiales l.f.p.
progressive familial intrahepatic cholestasis
Les cholestases intrahépatiques progressives familiales constituent un groupe hétérogène de maladies autosomiques récessives rares, apparaissant chez le nouveau-né ou au cours de la croissance chez l'enfant ou l’adolescent et affectant la sécrétion biliaire.
La prévalence exacte n'est pas connue, elle est estimée à la naissance entre 1/50 000 et 1/100 000. Trois types de PFIC ont été identifiés sur le plan moléculaire. Les gènes impliqués codent pour des transporteurs hépatocytaires jouant un rôle dans la sécrétion biliaire. Les PFIC1 et PFIC2 se manifestent le plus souvent dès les premiers mois de vie alors que la PFIC3 peut se révéler plus tard dans la petite enfance, l'enfance voire chez l'adulte jeune.
Les principales manifestations cliniques sont une cholestase, un prurit, un ictère et une hépatomégalie. Des atteintes extrahépatiques peuvent compliquer l'évolution des PFIC1. Tandis que les enfants atteints de PFIC1 ou de PFIC2 présentent une activité gamma-glutamyltransférase sérique (γGT) normale, les enfants atteints de PFIC3 ont une γGT élevée.
Les PFIC1 et PFIC2, toutes deux dues à un défaut de sécrétion des acides biliaires dans la bile, sont liées respectivement à des anomalies des gènes ATP8B1 (codant la protéine FIC1) et ABCB11 (codant la protéine BSEP, pompe d'export des sels biliaires). Des mutations du gène ABCB4, codant la protéine MDR3 (Multi-Drug Resistant 3), impliquée dans la sécrétion biliaire des phosphatidylcholines, sont responsables de la PFIC3.
Le diagnostic se base sur l'examen clinique, l'échographie hépatique, la cholangiographie, l'histologie hépatique et sur l'exclusion des autres causes de cholestase par des tests spécifiques. L'étude par immunomarquage de l'expression hépatocytaire des protéines MDR3 et BSEP et l'analyse de la composition en lipides de la bile peuvent orienter le diagnostic qui est confirmé par biologie moléculaire. Un diagnostic prénatal peut être proposé aux familles lorsque les mutations causales ont été identifiées.
Une surveillance du risque de carcinome hépatocellulaire, notamment chez les patients PFIC2, doit être assurée dès la première année de vie.
Sigle PFIC
Réf. Orphanet, C. Baussan, E. Gonzales, E. Jacquemin, A. Spraul (2011)
→ syndrome d'Alagille, , cholestase intrahépatique progressive familiale de type 1, cholestase intrahépatique progressive familiale de type 2, cholestase intrahépatique progressive familiale de type 3, Byler (maladie de)
[A4, C1, C3, L1, O1, O6, Q2]
Édit. 2018
chymosine A n.f.
chymosine A
Enzyme du suc gastrique des nouveau-nés qui hydrolyse la caséine en un site spécifique de la chaine К pour coaguler le lait.
La chymosine active est formée à partir d'une prochymosine, zymogène activé par le milieu gastrique après la secrétion du suc gastrique. Son action spécifique est similaire à celle de la pepsine A. La faible activité protéolytique de la chymosine permet aux nourrissons au cours des premières semaines, de recevoir des immunoglobulines du lait maternel sans que celles-ci soient inactivées par la digestion.
La chymosine agit sur la К -caséine en libérant un caséinoglycopeptide de masse moléculaire 8 kDa contenant 28% de glucides.
Elle catalyse l'hydrolyse de liaisons peptidiques et phosphamide (pH opt. 4-5). Elle est sécrétée par l'estomac des mammifères jeunes et par la caillette des jeunes ruminants à partir de laquelle elle a été obtenue à l'état cristallisé (masse moléculaire 40 kDa). On l'utilise dans la fabrication de fromages.
Syn. rénnine A
→ présure
[C1,C2,O1]
cinéscanner l.m.
cine scanner
Nouveau type de scanographe, particulièrement intéressant pour l'exploration cardiaque, qui permet d'obtenir jusqu'à 30 images par seconde.
Dans cet appareil, un canon à électrons émet un faisceau, focalisé par des bobines, projeté sur quatre anneaux-cibles en tungstène disposés en couronne autour du malade. Ces anneaux (les anodes) émettent un faisceau de rayons X, collimaté et recueilli par deux couronnes de détecteurs juxtaposées, concentriques aux anneaux. Le lit d'examen, disposé au centre des anneaux et des couronnes de détecteurs, est la seule pièce mobile de la machine. Le balayage de chaque anneau se fait très rapidement. L'appareil peut fonctionner soit en mode haute résolution, permettant d'acquérir 10 images/seconde ; soit en mode cinéma (d'où son nom), permettant d'obtenir 30 images/seconde.
Syn. imatron
[B2]
clamp ombilical de Bar l.m.
Clamp à usage unique placé sur le cordon ombilical du nouveau-né à la naissance, destiné à en faire l'hémostase lors de la section du cordon.
Syn. omphalotribe
Clifford (classification de) l.f.
Clifford’s classification
Evaluation de l’état clinique d’un nouveau-né post-mature, en fonction de son degré de déshydratation, sa coloration, la présence de méconium et de vernix sur la peau.
S. H. Clifford, pédiatre américain (1954)
[O1]
Clostridium difficile l.m.
Clostridium difficile
Bacille à Gram+ anaérobie sporulé produisant une toxine A entérotoxique et une toxine B cytotoxique : un taux de portage asymptomatique de 40 à 50% est observé chez le nouveau-né, diminuant avec l'âge et disparaissant chez l'adulte.
L'administration d'antibiotiques, en modifiant la microflore intestinale, favorise le développement de Clostridium difficile et la production de toxines. C. difficile serait responsable de 20 à 30% des cas de diarrhée associée à l'antibiothérapie et de plus de 80% des colites pseudomembraneuses postantibiotiques. Le métronidazole et la vancomycine sont actifs sur C. difficile et utilisés dans le traitement de la colite pseudomembraneuse.
[D1]
colorant capillaire l.m.
dye
Substance colorante destinée à la chevelure.
Les colorants capillaires présentent un risque autant pour les coiffeurs que pour les usagers. Ils provoquent en effet chez le coiffeur un eczéma du deuxième espace interdigital et de la face interne des doigts. La PPD (paraphényline diamine), un moment interdite, puis de nouveau introduite en France et autorisée par l'Union Européenne, est un colorant d'oxydation, qui peut être responsable d'eczéma de contact. Elle est quelquefois remplacée par la N-diamine, qui peut, elle aussi, provoquer des eczémas du visage, du cou, des oreilles chez l'utilisatrice. Pour diminuer le risque d'eczéma chez ses clientes, le coiffeur est tenu d'effectuer une touche préalable avec le colorant qu'il envisage d'utiliser. Les dermites aux teintures capillaires sont reconnues comme maladies professionnelles (Tableau n° 15 du régime général).
[G3,J1]
colosse aux pieds d'argile l.m.
infant of diabetic mother
Nouveau-né hypertrophique, né de mère diabétique, dont l'aspect extérieur peut être contredit par les risques de complications métaboliques et infectieuses.
→ nouveau-né de mère diabétique
[O1,O4]
compétence n.f.
competence, competency
1) En microbiologie, état naturel ou obtenu artificiellement au laboratoire qui permet l’entrée d’ADN étranger dans une bactérie au cours de la transformation.
2) En psychiatrie, capacité active du nourrisson à utiliser ses aptitudes sensorielles et motrices pour agir ou tenter d'agir sur son environnement.
P. ex. l'échelle de Brazelton a pour but de cataloguer le comportement interrelationnel du nouveau-né, c'est-à-dire d'évaluer sa compétence interactive.
3) En droit, capacité fondée sur les connaissances scientifiques ou techniques et sur l’expérience, que l’on reconnaît à une personne physique ou morale.
C’est l’aptitude d’une autorité publique à accomplir des actes dans des conditions déterminées. Plus spécifiquement, c’est le droit qu’un tribunal ou un juge a de connaître de telle ou telle matière ou de telle ou telle cause.
Dans le domaine expertal, l’expert judiciaire doit être compétent dans la discipline et la spécialité qu’il exerce pour émettre un avis sur les faits, mais le juge reste seul compétent en matière de droit.
La compétence s’acquiert, elle ne se délègue pas.
T. B. Brazelton, J. K. Nugent, pédiatres américains (2001)
Étym. bas lat. competentia : proportion, rapport exact
→ expert, expert judiciaire, expertise, expérience
[C1,H3]
confidentialité n.f.
Caractère de ce qui doit rester secret, confidentiel.
Le respect de la confidentialité des données recueillies et notées par les professionnels de la santé est l’une des obligations liées au secret médical.
Par exemple, tout nouveau procédé d’enregistrement des données individuelles et de leur exploitations pour un projet statistique par informatique doit respecter la confidentialité.
→ commission nationale de l'informatique et des libertés, registre
[E3]
conjonctivite à Chlamydia l.f.
Chlamydia conjunctivitis
Après incubation de 5 à 14 jours, conjonctivite aigüe avec larmoiement abondant, purulent, pouvant aboutir à la formation de fausses membranes.
Chez le nouveau-né, le risque de survenue est de 30 à 40% si la mère présente une affection à Chlamydia trachomatis non traitée. Chez l'enfant plus grand, elle survient après des bains en piscine, d'où le nom de "conjonctivite des piscines" qui lui est attribué. Le diagnostic se fait par mise en évidence de Chlamydia et par des sérodiagnostics immunologiques. Son traitement curatif nécessite une antibiothérapie par voie générale.
→ trachome
[P2,D1]